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Sortir du glyphosate est dangereux et infondé

Analyse du livre de Gil Rivière-Wekstein, Glyphosate. L’impossible débat

lundi 31 mai 2021, par Aymeric Belaud

Depuis 2019, le glyphosate est interdit à la vente et à l’usage pour les particuliers, complexifiant l’entretien des jardins. Cette interdiction est également prévue pour les agriculteurs, à une date pas encore fixée. Et elle n’est en aucun cas légitime ! Si certaines cultures pourraient s’adapter grâce à des innovations techniques, d’autres sont en revanche dépendantes de l’herbicide dont la suppression sans solution de rechange pourrait entraîner une baisse drastique de la production agricole nationale. Attention au danger pour notre agriculture que cette interdiction représente. D’autant plus que sa nocivité pour l’homme, comme pour l’environnement, est scientifiquement infondée !

Une interdiction dangereuse pour la production agricole française

Commençons par un chiffre édifiant. Sans substitut, l’interdiction du glyphosate menace de faire baisser de 40 % [1] les rendements agricoles français ! Le chiffre est énorme, mais le risque est bien réel.

Deux rapports scientifiques récents viennent le confirmer. L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), sont parvenus à la conclusion que la sortie du glyphosate mettrait en péril l’agriculture française. Il n’est pas impossible que l’interdiction du Roundup et de ses dérivés conduise à abandonner des pans entiers de notre agriculture. Ces cultures seront ainsi exploitées dans d’autres pays. De quoi encore plus saborder notre souveraineté alimentaire.

Certes, pour certaines cultures, des alternatives innovantes existent. Mais elles vont souvent nécessiter plus de mécanisation, donc plus de passages en tracteurs, donc plus d’émissions de CO2. Dans d’autres secteurs, il n’y a aucune autre option : les techniques ne sont pas au point, ou sont impossibles à mettre en place. La production de certains légumes, par exemple, exige une absence totale de mauvaises herbes : difficile de se conformer aux exigences des industriels sans glyphosate !

Guenael Brohan, producteur de légumes dans le Morbihan, explique qu’une interdiction du glyphosate lui ferait consommer beaucoup plus de carburant. Quand il traite les mauvaises herbes avec du glyphosate (à petite dose), il consomme environ 1.5 L de carburant à l’hectare. Sans glyphosate, les passages en tracteur vont se multiplier par 5 ou 6 : sa consommation de GNR (gazole non routier) pourrait grimper jusqu’à 70 L à l’hectare sur certaines terres qui nécessitent plus de travail au sol ! Il faut ajouter à cela une usure plus rapide du tracteur et du matériel, qui est une autre forme de pollution.

L’agriculteur breton le dit très clairement : il sera impossible de produire des légumes en France à des prix abordables et compétitifs sans glyphosate ; et « ce qui ne sera pas produit chez nous sera produit ailleurs ».

Cette interdiction va donc de facto entraîner un surcoût, non seulement pour les agriculteurs, mais aussi pour d’autres secteurs d’activités ! Rappelons cet exemple maintes fois cité mais peut-être pas dans le détail : l’abandon du glyphosate provoquerait pour la SNCF une grande augmentation du coût du désherbage des voies.

Le montant actuel de la facture pour le désherbage avec glyphosate des voies et pistes appartenant à la SNCF est de 29 millions d’euros €/an. Selon un rapport conjoint du CGEDD (Conseil général de l’environnement, et du développement durable) et du CGAAER (Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux), sans glyphosate, les coûts d’entretien exploseraient. Le prix d’une solution de substitution chimique à standard constant serait de 472 millions d’euros/an, et celui d’une solution mécanique à standard constant, de 1,22 milliard d’euros/an ! Une hausse vertigineuse, financée par le contribuable dans le cas de la SNCF, pour un bénéfice sanitaire nul.

Car l’interdiction du glyphosate est injustifiable sur le plan sanitaire et environnemental. Un livre nous en apprend beaucoup sur le sujet : celui de Gil Rivière-Wekstein, Glyphosate. L’impossible débat.

Aucune preuve scientifique ne justifie l’interdiction

L’auteur de cet ouvrage navigue à contre-courant. Journaliste spécialiste des questions agricoles et environnementales, fondateur de la revue Agriculture et Environnement, Gil Rivière-Wekstein (ou GRW sur twitter) se bat contre les préjugés. Il va même, comme l’IREF, jusqu’à prendre position contre les tromperies du bio. Mais contrairement aux militants écologistes et pro-bio, il avance des arguments purement scientifiques.

Ils vont tous dans le même sens sur la question du glyphosate. On peut même évoquer un consensus scientifique sur le sujet. Une tribune soutenue par le collectif NoFakeScience rappelle ceci : « Aux expositions professionnelles et alimentaires courantes, les différentes instances chargées d’évaluer le risque lié à l’usage de glyphosate considèrent comme improbable qu’il présente un risque cancérogène pour l’homme. »

Ce consensus est également rappelé dans le livre de GRW. Toutes les agences sanitaires du monde estiment que le glyphosate n’est pas cancérogène pour l’homme. Pour l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), « Il est improbable que le glyphosate présente un risque cancérogène pour l’Homme ». Pour l’autorité de protection de l’environnement de Nouvelle-Zélande, « Il est peu probable que le glyphosate soit cancérogène pour l’Homme ». Pour le FSC (agence japonaise), « Aucune cancérogénicité n’a été observée ». Pour l’OSAV (Office fédéral suisse de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires), « L’exposition par le biais de l’alimentation ne présente pas de danger pour la santé ». On pourrait continuer. Toutes les agences disent la même chose, y compris l’OMS.

Seul le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) a classé le glyphosate comme « cancérogène probable ». D’une part, cela ne veut pas dire que le glyphosate est cancérogène (les éléments de preuve épidémiologiques étant limitées). D’autre part, des indices laissent fortement soupçonner une implication du lobby anti-glyphosate dans ces conclusions, comme nous le verrons plus loin.

Militantisme et gros sous

La presse a été militante sur le sujet. Sur un total de 33 articles parus après que l’étude du CIRC a été publiée, 73 % font état de cet avis défavorable, dont la moitié déforme « cancérigène probable » en « cancérigène ». Ce qui n’est pas la même chose. A l’inverse, 12 % citent l’avis favorable de l’EFSA, mais aucun ne détaille le consensus scientifique sur le sujet. Pourtant, il existe bien. Contre l’avis du CIRC, 12 agences de sécurité alimentaire et sanitaire ont confirmé l’absence de risque cancérogène du glyphosate (Union européenne, France, Nations Unies, Suisse, Nouvelle-Zélande, Australie, Etats-Unis, Japon, Corée du Sud, Canada).

Comme nous l’avons dit précédemment, le disgnostic du CIRC n’est pas exempt de tout reproche. Les agences contestent la fiabilité de ses preuves et la rigueur de son étude. En outre la présence de Christopher J. Portier parmi les 12 scientifiques de son équipe jette un sérieux doute sur son objectivité. Qui est ce M. Portier ? Un militant écologiste anti-OGM qui a travaillé pour plusieurs associations et ONG anti-pesticides soutenues par le « biobusiness », ou en a été membre. Et ce n’est pas tout. Ce même M. Portier a été en lien avec des cabinets d’avocats américains bataillant contre Monsanto (il a empoché 160 000 dollars de la part de l’un d’eux) et il est très actif dans le lobbying anti-glyphosate. Difficile d’admettre qu’il puisse rendre un avis positif sur cette substance.

On dira que Monsanto a été condamné, notamment par la justice américaine. Justement, l’avis du CIRC a été une aubaine pour ces cabinets d’avocats. Il leur a facilité la tâche pour faire quand même, sans pouvoir produire aucune preuve scientifique, condamner Monsanto et empocher des millions, voire des milliards de dommages et intérêts et d’honoraires. Les « Monsanto papers » ont été concoctés par ces mêmes cabinets d’avocats, qui ont dépensé, en 2019, plus de 100 millions de dollars en campagne publicitaire afin de trouver des clients potentiellement contaminés par le glyphosate. Des cabinets d’avocats qui ont comme par hasard choisi de plaider en Californie , Etat qui s’est illégalement opposé au glyphosate en 2017.

Oui, mais Monsanto a bel et bien été condamné ? diront les opposants. Certes, mais la justice n’est pas la science. Aux Etats-Unis, les deux parties s’entendent souvent pour obtenir des dommages et intérêts (le juge n’est qu’un arbitre). Et Monsanto-Bayer préfère payer plutôt que de dépenser encore plus de milliards pour obtenir gain de cause à chaque procès. La mauvaise image du « méchant Monsanto » participe également aux condamnations, émises parfois par des jurys populaires Outre-Atlantique.

C’est une attaque en règle contre le géant Monsanto et son repreneur Bayer. Mais la vérité sur le glyphosate ne se trouve pas dans les palais de justice ou dans les cabinets d’avocats. Elle se trouve dans les laboratoires d’agences scientifiques indépendantes n’ayant aucun intérêt particulier.

Le cas du glyphosate est symptomatique du militantisme écologiste qui propage des informations infondées et qui, par le biais des médias complaisants, instrumentalise une cause. En l’occurrence, faire croire que le glyphosate est un poison. Mais au-delà du glyphosate, c’est tout le système agricole mondial moderne qui est remis en cause par, comme l’appelle Gil Rivière-Wekstein, la « nébuleuse écolobio ».

Ce livre est salvateur, il devrait être mis entre toutes les mains afin que les Français apprennent la vérité sur le glyphosate. Il est temps d’en finir avec le lobbysme du bio et le marketing de la peur.

Achetez le livre

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Sortir-du-glyphosate-est-dangereux-et-infonde

[1M. De Greef-Madelin, F.Paya, Normes, réglementations…. Mais laissez-nous vivre, chapitre 5 : « L’agriculture entre contraintes et contrôles ». Plon, 2020, p.109.

Messages

  • Le livre de GRW est intéressant pour qui veux ce faire une idée sans a priori bien que restant sur des généralités citant de prestigieux laboratoires de toutes horizons. les arguments ne sont pas faux mais incomplets. Par exemple quand il parle comme l’auteur de l’article de la condamnation de Monsanto par la justice Américaine tout en expliquant les rouages qui ont abouti celons lui a un accord. Pourquoi ne parle t’il pas de la condamnation de Monsanto par la justice française suite a la plainte d’agriculteur tout aussi honorables que l’agriculteur Breton cité dans l’article.Justice qui a un processus tous a fait différent que la justice Américaine. Quand aux Laboratoires indépendants la récente crise du Covid a montré leurs faiblesses. le Livre de GRW est intéressant a condition de lire également le Livre de Monique Robin " le monde selon Monsanto" écrit après une enquête de par le monde de plus de deux ans. Parfois la vérité est faite de contradictions.

    • Bonjour et merci pour votre réponse cordiale.

      En ce qui concerne le procès en France et le cas de Paul François, je tiens à rappeler que la justice n’est pas la science. Il faut aussi rappeler que, comme tout produit phytosanitaire, une exposition ou une mauvaise utilisation du glyphosate peut entrainer des dommages sur le corps humains.

  • Malheureusement le nombre d’experts travaillant pour les organismes scientifiques internationaux tout en étant stipendiés par des sociétés privées est trop important pour qu’une étude quelconque échappe encore au doute et à l’incrédulité.

  • Comme souvent dans ce genre de texte, on base toute la discussion sur le caractère cancérogène ou pas du produit. Tout le monde sait qu’il est quasiment impossible de prouver qu’un produit est cancérogène : sur les paquets de cigarettes on écrit "le tabac tué" mais pas le tabac est cancėrogène !
    Je rappelle que le glyphosatr a été breveté pour trois propriétés. C’est un herbicide mais aussi un agent chélatant des métaux divalents qu’il rend solubles dans l’eau et conduit à leur élimination du sol
    L’autre propriété est sa propriété antibiotique à spectre large (brevetée par Monsanto) et dont l’accumulation dans le sol détruit le microbios
    Le bilan à longt terme est une stérilisation du sol.
    Voilà quelques èléments qui devraient atténuer l’enthousiasme de l’article

    • Bonjour,

      Il n’est scientifiquement pas prouvé que le glyphosate soit dangereux pour la biodiversité.

      D’ailleurs, le labour intensif que va provoquer la sortie du glyphosate pourrait être beaucoup plus nuisible pour la terre que l’usage de produits phytosanitaires

  • Je partage l’analyse sur le glyphosate de ce livre d’autant plus qu’il est complémentaire d’un livre que je viens de lire "les écolos nous mentent" on pourrait également se poser la question de savoir si les firmes qui fabriquent ce produit n’ont pas intérêt à ce que ce produit soit interdit car il ne leur rapporte plus rien, à la place elles vont sortir une nouvelle molécule dont on ne saura pas les risques et qui coûteront une fortune aux agriculteurs !!

  • Je tiens a faire remarquer que le proces intenté a monsanto par Mr Paul François concerne le Lasso et non le Round Up ((glyphosate)
    D’autre part je m’interroge sur le fait que seul monsanto soit poursuivi au sujet du glyphosate alors qu’il est loin d’etre le seul producteur de cette matière active....

    • Bonjour et merci pour votre commentaire.

      En effet vous avez raison, le procès de M. François concernait le Lasso, interdit d’ailleurs.
      En revanche le glyphosate n’est pas uniquement commercialisé sous l’appellation Roundup, mais il a des dérivés sous d’autres marques.

      Monsanto est probablement plus ciblé car il a été le détenteur du brevet du glyphosate jusqu’en 2000. Depuis cette date il est tombé dans le domaine public.

  • Bonjour, je n’ai pas lu le livre,
    Mais je pratique le glyphosate toute l’année grâce à mon gentil voisin qui fait du pensionnat d’équidés et qui a comme statut le mot "agriculteur..... " autorisé selon le code rural préfectoral ...
    Pourquoi le glyphosate....?
    Rendement, économie , concurrence commerciale, business, ....
    Pourquoi pas....?
    Écologie, santé pour tous, produits plus sain, commerce équitable (au propre comme au figuré.....), production moins intense,
    On fait pousser des céréales pour nourrir des bêtes pour surproduire de la viande invendue et donc jetée.. Là je dis bravo.... .... Etc etc...... Etc....
    On ne pense que rendement..... Les messieurs de la Grande Economie...
    Mais si tout le monde pensait comme ça ... On est mort demain.....!!!
    Anihilation des formes microbiennes vivantes dans la terre.... Ça veut dire qu’on flingue tout..... Et ça comprend l’espèce humaine.... On dépend tous des uns et des autres....
    Pas reconnu comme cancérigène...? Trop tard pour en parler à ceux qui sont mort...
    Le mode d’emploi d’un produit mortel ?..... Allez voir dans les champs comment il le pratique le mode d’emploi.....
    En métropole, on n’y pense pas car on ne le vit pas..
    Mais quand vous sortirez de Paris pour aller à la campagne.... Avec des beaux champs à pertes de vue ..... Pensez au villages, aux ruisseaux, aux fleuves, aux insectes et oiseaux qui ne trouveront plus leur nourriture et dont le microcosme aura disparu....
    Je pense qu’il faut raisonné autrement pour avancer, et vite, car la faune et la flore prennent très cher ce dernier siècle.... Ouvrer votre fenêtre et compter les oiseaux..... Pas les pigeons, les oiseaux....
    L’argent ne se mange pas.....

    • Bonjour,

      Je vous invite justement à lire ce livre très instructif.

      Le rendement est tout simplement ce qui permet de faire vivre les agriculteurs d’une part, et d’autre part de nourrir la France entière, voire le monde entier. Sans rendement, c’est le retour des tickets de rationnement.

      Non, le glyphosate n’est pas dangereux pour l’environnement. Et comme dit dans un autre commentaire, le labour intensif qui remplacerait le glyphosate serait plus néfaste pour le sol.

      Aucune personne n’a été à l’heure actuelle déclarée morte à cause du glyphosate. Il a justement permis, grâce aux rendements, de sortir un nombre important de la population mondiale de la mal et sous-nutrition, donc empêché des morts de faim.

      Il se trouve que je suis très bien placé car je connais le monde agricole qui utilise le glyphosate, et qui plus est, je suis né et je vis en campagne. Et les agriculteurs qui emploient cet herbicide (et c’est valable pour tous les autres produits) respectent non seulement le mode d’emploi, mais utilisent parfois moins de produits phytosanitaires que la dose recommandée, car ce n’est pas nécessaire.

      Le nombre d’oiseaux n’a d’ailleurs pas chuté. Nous trouvons même dans nos champs de nouvelles espèces qui y élisent domicile.

  • Les militants anti-glyphosate allemand puis français ont tenté de faire peur à l’opinion publique en prétendant montrer que chaque consommateur avait des traces de glyphosates dans leur urine. Les agences officielles françaises, elles même mise en cause n’ont pas réagit. Les agriculteur ont fini par réaliser des tests comparatifs des différentes méthodes de mesure et on fait appel à des scientifiques. L’enquête très fouillé est à retrouver sur le site https://sites.google.com/view/glyphosateconference
    C’est le laboratoire Bio check en Allemagne qui réalise cette analyse en utilisant le kit de mesure de la société Abraxis. Il apparait que la maison mère ne valide pas l’utilisation du kit aux seuil pratiqués par Bio Check. Il apparait que dans 7 à 8 cas sur 10, lorsque le test rapide de bio Check détecte des traces de la molécule il s’agit en fait de faux positifs. La méthode de référence, la chromatographie, que Abraixis demande d’utiliser en confirmation ne retrouve pas, elle, de traces de glyphosate.

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