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Agriculture « BIO » : tromperies subventionnées

Le « bio » a conquis l’assiette de nombreux Français et témoigne de préoccupations alimentaires légitimes de la population. Dans ce nouveau rapport, l’IREF analyse les prétendues vertus de cette consommation et montre, littérature scientifique à l’appui, que l’agriculture dite « biologique » ne tient pas ses promesses. L’IREF propose d’abandonner l’interventionnisme massif et coûteux de l’État en faveur de cette pratique pour permettre le libre choix alimentaire des consommateurs.

Résumé
• Avec 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le « bio » a conquis l’assiette de nombreux Français. Pourtant, la littérature scientifique ne permet pas de prouver la supériorité de l’agriculture dite « biologique » (AB) sur l’agriculture conventionnelle (AC), que ce soit sur les plans sanitaires, nutritionnels, organoleptiques et environnementaux.
• La doctrine anti pesticides et anti OGM, qui n’est pas respectée en pratique, relève plus de l’idéologie réactionnaire et anticapitaliste que d’une approche basée sur le progrès des sciences et des technologies.
• L’AB bénéficie de subventions supplémentaires par rapport à l’AC, ce qui crée un effet d’aubaine en faveur de la conversion. Un litre de lait « bio » est subventionné 50 % de plus qu’un lait conventionnel. Le label AB d’État sert de caution morale aux fausses promesses du « bio ». Les 20 % de « bio » obligatoire dans les cantines offrent une rente légale d’au moins 1,1 milliard d’euros à la filière.
• Face à cette « rente de la peur » organisée et subventionnée par l’État, l’IREF propose de supprimer les subventions spécifiques pour l’AB et son lobby, de privatiser le label AB, d’abolir le monopole intellectuel sur le mot « biologique » et de supprimer la loi forçant la consommation de « bio » dans la restauration collective.

Introduction

L’agriculture dite « biologique » fait l’objet d’un engouement populaire chaque année plus marqué. Les produits étiquetés « bio » ont envahi les rayons des supermarchés et se retrouvent désormais dans des secteurs comme l’habillement ou le cosmétique.

Bien plus qu’une mode, le phénomène « bio » traduit de nouvelles exigences et préoccupations des consommateurs, lesquelles sont d’ailleurs parfaitement respectables. L’agriculture dite « biologique » (AB) est-elle toutefois aussi vertueuse qu’annoncée par ses défenseurs ? Dans un rapide état des lieux de la littérature scientifique, nous montrerons que ses principes sont opposés à la démarche rationnelle et portent un projet politique dont le bien-fondé est discutable (partie 1).

Au-delà du choix des consommateurs, l’AB fait l’objet d’un soutien massif de l’État par des subventions, un label monopolistique mensonger, des réglementations anticoncurrentielles et des campagnes de dénigrement de l’agriculture conventionnelle (AC) (partie 2). L’IREF interroge cet interventionnisme et propose de réformer le dirigisme agricole afin que les choix de consommation reviennent aux consommateurs, qu’ils décident de manger « bio » ou non.

1. Les fantasmes et les réalités de l’agriculture « biologique »

D’après le Codex alimentarius, « l’agriculture biologique est un système de gestion holistique de la production qui favorise la santé de l’agrosystème, y compris la biodiversité, les cycles biologiques et l’activité biologique des sols. » Pour cela, elle repose sur les principes suivants : « utiliser le moins possible d’apports de l’extérieur, et éviter l’emploi d’engrais et de pesticides de synthèse. » De plus, « tous les matériels et/ou les produits obtenus à partir d’organismes génétiquement modifiés (OGM) ne sont pas compatibles avec les principes de la production » (FAO/OMS, 2018).

Figure 1 : évolution du nombre d’opérateurs et des surfaces engagées en bio

Figure 1 : évolution du nombre d'opérateurs et des surfaces engagées en bio

(Agence BIO, 2018)

Figure 2 : évolution du chiffre d’affaires bio par circuit de distribution de 1999 à 2017

Figure 2 : évolution du chiffre d'affaires bio par circuit de distribution de 1999 à 2017

(Agence BIO, 2018)

D’après les estimations de l’Agence pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique (Agence BIO), plus de 36 000 producteurs cultivaient 1,77 million d’hectares en « bio » ou en conversion en 2017, soit 6,5 % de la surface agricole utile française (Figure 1) (Agence BIO, 2018).

La production « bio » prend de plus en plus de place dans l’alimentation des Français avec une croissance soutenue depuis les années 2000 et qui atteint un chiffre d’affaires d’un peu plus de 8 milliards d’euros aujourd’hui (Figure 2). D’après un sondage CSA, 73 % des personnes interrogées affirment consommer un aliment « bio » au moins une fois par mois (37 % en 2003), 34 % au moins une fois par semaine et 16 % tous les jours (CSA, 2018). Ce qui n’était initialement qu’un achat de niche pour militants est devenu une consommation de masse.

Cette croissance de la production et de la consommation peut-elle se justifier par des vertus scientifiquement fondées de l’agriculture dite « biologique » ?

1.1. Que dit la science ?

Afin d’évaluer la potentielle supériorité de l’agriculture dite « biologique » (AB) par rapport à l’agriculture conventionnelle (AC), les critères sanitaires, nutritionnels, organoleptiques, environnementaux, agronomiques, économiques et sociaux doivent être examinés. Pour cela, il est utile de se baser sur des revues de littérature rassemblant de nombreuses études académiques afin de déceler les tendances globales.

1.1.1. Des intérêts sanitaires et nutritionnels limités

De nombreuses revues de synthèse arrivent à la conclusion que les aliments « bios » ne sont pas nécessairement meilleurs pour la santé (Guéguen & Pascal, 2010) (Dangour, et al., 2010) (Smith-Spangler, et al., 2012) (Jensen, Jørgensen, & Lauridsen, 2013).
D’un point de vue nutritionnel, on n’observe pas de différence remarquable globale en termes de matière sèche, de glucides, de protéines, de lipides, de minéraux et d’oligo-éléments, de vitamines et de phytomicroconstituants. Une des dernières revues de synthèse relève quelques différences qui ne présentent pas d’intérêt significatif concernant les polyphénols antioxydants des fruits, les protéines, le cadmium des céréales et les résidus de pesticides de synthèse (Barański, et al., 2014).

Une vaste étude entre consommateurs « bios » et « non bios » n’a pas montré de différence statistiquement significative concernant l’incidence des cancers (Bradbury, et al., 2014). Ce résultat a été récemment contredit (Baudry, et al., 2018). Cette dernière étude reste néanmoins critiquée sur son protocole et sur l’élimination des biais (Hemler, Chavarro, & Hu, 2018). En l’état actuel des connaissances, il est impossible d’affirmer que la consommation de produits « bios » est moins cancérogène que l’AC.

1.1.2. Pesticides : une peur exagérée

L’argument souvent avancé par les partisans du « bio » concerne les pesticides qui seraient néfastes pour la santé et l’environnement. Les traces de pesticides de synthèse dans les aliments « bios » sont logiquement moins élevées. Les cultures « bios » ne sont toutefois pas exemptes de pesticides contrairement à ce qu’un Français sur deux pense. Aucune agriculture ne peut d’ailleurs s’en passer. Les plantes produisent elles-mêmes naturellement des substances toxiques contre les organismes nuisibles. 99,99 % des pesticides que nous ingérons par notre alimentation sont produits par les plantes (Ames, Profet, & Gold, 1990).

Officiellement, le cahier des charges AB accepte les pesticides dits « naturels » et se refuse d’utiliser des pesticides de synthèse, mais les dérogations sont nombreuses (ITAB, 2018). « Naturel » ne signifie pas non plus exempt de risque, comme le cas de la roténone le démontre. Ce pesticide « naturel », largement utilisé en AB avant son interdiction, présente un risque accru et démontré de développer la maladie de Parkinson. La qualification de pesticide « naturel » est totalement arbitraire. À titre d’exemple, le sulfate de cuivre, produit industriellement par le décapage chimique du cuivre par l’acide sulfurique, est un fongicide particulièrement toxique utilisé en AB et considéré comme « naturel ».

En AC, les aliments respectent à plus de 96,2 % les limites résiduelles autorisées et 50,7 % d’entre eux ne présentent pas de traces quantifiables de résidus (EFSA, 2018). L’autorité européenne considère qu’il est peu probable qu’une exposition à long terme des résidus de pesticides affecte négativement la santé des consommateurs. Certains scientifiques commencent à analyser l’effet cocktail des traces de pesticides et décèlent des perturbations métaboliques chez les rats (Lukowicz, et al., 2018). Néanmoins, en l’état actuel des connaissances, l’emballement médiatique autour des risques associés aux traces de pesticides dans les aliments n’est pas scientifiquement fondée.

Historiquement, certaines substances ont pu gravement affecter la santé des personnes exposées lors de l’application en champs, comme les agriculteurs ou les riverains des exploitations. À l’image de la roténone ou du chlordécone, elles ont alors fait l’objet d’interdictions légitimes.

Le processus de mise sur le marché de nouveaux pesticides est devenu très rigoureux. La prévention, les formations et les technologies d’épandages plus sécurisées se sont multipliées. Néanmoins, des expositions accidentelles sont toujours possibles chez les applicateurs et les effets sur la santé à long terme sont par définition difficiles à prédire.

L’Inserm considère que les présomptions sont grandes pour expliquer huit formes de cancer et trois maladies neurodégénératives (notamment la maladie de Parkinson) surreprésentées chez les agriculteurs à cause des pesticides « bios » ou non (Inserm, 2013). L’incidence globale des cancers est toutefois plus faible chez les agriculteurs que dans le reste de la population.

Enfin, l’utilisation des pesticides est associée à une perte de biodiversité, que ce soit pour les insectes, les rongeurs et leurs prédateurs (oiseaux, mammifères carnivores) ou pour la faune aquatique, ce qui est parfaitement logique au vu de leur fonction (voir parties 1.1.5. et 1.3.1.). Cela peut poser problème quand cela affecte d’autres acteurs. Des bonnes pratiques doivent alors être discutées entre les différentes parties prenantes. Les pesticides sont notamment pointés du doigt par les apiculteurs. La mortalité des abeilles domestiques reste anormale depuis plusieurs années, mais les interdictions successives de plusieurs insecticides néonicotinoïdes initialement accusés n’ont rien changé. L’acarien parasite de l’abeille, Varroa destructor, jouerait un rôle prépondérant tout comme d’autres facteurs biologiques et chimiques et la recherche doit continuer (ANSES, 2015). Si un pesticide de synthèse ou une famille de pesticides peuvent être incriminés dans des externalités négatives, cela ne veut pas dire que tous les pesticides sont à bannir.

Le refus dogmatique des pesticides de synthèse limiterait le développement de certaines pratiques prometteuses telles que l’agriculture de conservation des sols. Cette dernière permet d’éliminer le labour grâce aux rotations culturales et l’utilisation de couvert végétal, mais implique d’appliquer un herbicide total comme le glyphosate. Cette pratique protège la vie microbiologique du sol, améliore sa qualité et freine son érosion (INRA, 2017). L’agriculture de conservation des sols permet d’allier productivité et performance écologique, avec des résultats souvent plus intéressants que l’AB et l’AC.

1.1.3. OGM : une opposition incompréhensible

L’amélioration génétique est un pilier essentiel des gains de productivité de l’agriculture. Plusieurs biotechnologies ont été développées au cours des deux derniers siècles. Les premières améliorations furent réalisées par sélection génétique ou par hybridation. Puis, à partir des années 1930, la mutagenèse aléatoire, chimique ou par radiation ionisante, permit de développer beaucoup des aliments que nous consommons aujourd’hui, comme le riz, les poires ou le tournesol. Dans les années 1980, la transgénèse fit son apparition. À l’époque, le terme « OGM » faisait référence à cette biotechnologie. Enfin, l’édition génomique, qui consiste à réécrire l’ADN de manière très précise et localisée, se développe depuis quelques années (New Breeding Techniques (NBT) en anglais).

Les nombreuses études menées par des centaines de groupes de recherche pendant plusieurs décennies permettent de bâtir un consensus scientifique très clair. Les biotechnologies, en particulier les OGM, ne sont pas intrinsèquement plus risquées pour la santé et l’environnement que la sélection génétique traditionnelle (Commission européenne, 2010) (The National Academies of Sciences, Engineering, Medecine, 2016). Il faut bien sûr prendre des précautions avec tout nouvel OGM mis sur le marché, tout comme toute nouvelle semence. Mais le caractère « OGM » ne doit pas être source d’inquiétude particulière.

Les OGM, c’est-à-dire initialement les produits transgéniques, font l’objet d’une réglementation spécifique et très contraignante (directive 2001/18/CE) bien qu’ils soient le résultat d’une ingénierie génétique beaucoup plus maîtrisée et contrôlée que les techniques plus anciennes. Suite à des campagnes anti OGM de la part d’organisations militantes comme Greenpeace, l’État français utilise une clause d’exclusion de cette directive pour interdire la culture des OGM sur le sol français. Cet arsenal légal ne repose sur aucune considération scientifique et relève hélas davantage d’une technophobie irrationnelle.

Figure 3 : les avancées de l’amélioration génétique des plantes, d’après

Figure 3 : les avancées de l'amélioration génétique des plantes, d'après

(Folta, 2018)

Un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) datant du 25 juillet 2018 pose un problème juridique. Il implique que tous les produits issus de la mutagenèse doivent être évalués comme ceux de la transgénèse, à l’exception « des techniques de mutagenèse qui ont été traditionnellement utilisées » (CJUE, 2018). La mutagenèse aléatoire, beaucoup moins contrôlée et plus ancienne, n’est donc pas soumise à la directive, contrairement aux NBT qui sont beaucoup plus maîtrisées. Cette incohérence réglementaire sur la définition des OGM montre toute l’absurdité de l’environnement légal qui encadre les biotechnologies en Europe.

L’AB refuse l’utilisation d’OGM par principe. L’AB cultive pourtant de nombreuses plantes issues du génie génétique, comme la variété de blé Renan ou le riz de Camargue. Si l’AB voulait maintenir sa cohérence intellectuelle en ne cultivant que des plantes dont le génome n’a pas été modifié par l’homme, elle devrait abandonner une grande partie des cultures actuelles.

L’opposition systématique aux OGM dans l’AB est difficilement compréhensible tant le génie génétique ouvre des perspectives d’améliorations nutritionnelles, sanitaires, agronomiques et écologiques considérables tout en limitant ou diminuant les intrants de synthèse, notamment les pesticides. Un collectif de 107 Prix Nobel a d’ailleurs lancé en 2016 un appel à Greenpeace et aux gouvernements pour lever les interdictions et les campagnes anti OGM, notamment à l’encontre du riz doré, un riz génétiquement modifié qui aurait le potentiel de réduire ou d’éliminer la plupart des décès et maladies causées par une carence en vitamine A dans les pays pauvres d’Afrique et d’Asie du Sud-Est.

1.1.4. Le « bio » n’a pas meilleur goût

Plusieurs évaluations en aveugle montrent que les consommateurs ne font pas de différence de goût entre les produits issus de l’AB ou de l’AC (Zhao, Chambers, Matta, Loughin, & Carey, 2007) (Basker, 2009). Si certains peuvent juger meilleurs les fruits et les légumes des boutiques « bios » par rapport à ceux des supermarchés, cela s’explique par le degré de maturité souvent plus optimal pour le « bio » lorsqu’ils sont distribués, mais pas par le mode de culture.

1.1.5. AB et AC au coude-à-coude sur l’environnement

La question de l’intérêt environnemental fait l’objet de débats parmi les scientifiques. Il est globalement reconnu que l’AB est plus écologique à l’hectare que l’AC. Mais pour une unité de produit, il n’est pas possible de dégager de tendance nette en faveur de l’AC ou de l’AB en termes de performances environnementales (INRA, 2013).

Indépendamment des conditions pédoclimatiques, les exploitations en AB présentent en général une meilleure qualité de sol et moins de pertes de nutriments par hectare, mais ces pertes sont moins élevées en AC lorsqu’elles sont mesurées par unité de produit. Toujours par unité de produit, l’AB consomme généralement moins d’énergie, mais utilise plus de surface. Les potentiels d’acidification et d’eutrophisation aussi sont plus élevés en AB par unité de produit (Tuomisto, Hodge, Riordan, & Macdonald, 2012).

Si les parcelles en AC hébergent moins de biodiversité que celles en AB (avec une forte variabilité, parfois inversée en faveur de l’AC), la différence est mineure au niveau des exploitations, car la biodiversité se concentre essentiellement dans les espaces naturels intercalaires (haies, bandes enherbées …) (Schneider & al, 2014). Une parcelle agricole n’est pas un espace destiné à maximiser de la biodiversité et il est normal que celle-ci y soit moindre que dans un espace « naturel ». L’agriculteur doit arbitrer entre l’exploitation de son écosystème pour en tirer des fruits et le maintien d’un niveau de biodiversité suffisant pour éviter qu’il dépérisse à terme.

Grâce à ses meilleurs rendements, l’agriculture intensive peut utiliser des surfaces plus petites, consommer moins d’eau et générer moins de pollutions, de gaz à effet de serre et d’érosion tout en laissant plus d’espace pour les réserves naturelles et la biodiversité (Balmford, et al., 2018). Améliorer le rendement par unité de fertilisant ou par unité de nourriture animale serait plus efficace pour limiter les dommages environnementaux que la généralisation de la conversion de l’AC vers l’AB (Clark & Tilman, 2017).

La littérature scientifique ne permet pas d’affirmer que l’AB présente un intérêt nutritionnel, sanitaire ou organoleptique supérieur à l’AC. Sur le plan environnemental et pour une unité produite, les performances globales sont similaires entre l’AB et l’AC.

1.2. Des intérêts économiques et sociaux limités

Plusieurs études concordent pour dire que le rendement moyen de l’AB est de l’ordre de 20 % inférieur à celui de l’AC (de Ponti, Rijk, & van Ittersum, 2012) (Seufert, Ramankutty, & Foley, 2012). Cette moyenne cache néanmoins de grandes disparités selon les cultures considérées. En France, la perte de rendement est encore plus importante, car l’AC est très performante, allant jusqu’à – 50 % pour de nombreuses cultures (INRA, 2013). À conditions pédoclimatiques équivalentes, la sous-performance agronomique de l’AB s’explique par le refus de certains pesticides, des fertilisants de synthèse et des biotechnologies les plus avancées.

Bien que le coût de la main-d’œuvre soit plus important, les coûts totaux de production ne sont pas forcément très différents pour une exploitation « bio », car ils sont compensés par une baisse des intrants agricoles (Commission européenne, 2013) (Crowder & Reganold, 2015).

Malgré une productivité physique à l’hectare moindre et des coûts de production comparables, les produits « bios » sont généralement plus rentables, car ils sont vendus plus cher. D’après une revue de littérature mondiale sur le sujet, les produits « bios » sont en moyenne 30 % plus chers, ce qui permet d’obtenir une marge en moyenne 20 % plus importante que celle réalisée en AC (Crowder & Reganold, 2015). D’après l’UFC-Que choisir, les fruits et les légumes « bios » des grandes surfaces françaises sont 79 % plus chers que les non « bios » (UFC-Que choisir, 2017). Les analyses de l’INSEE révèlent que les exploitations viticoles en AB sont plus profitables à l’hectare qu’en AC. Les performances économiques pour le maraîchage et pour les vaches laitières en AB sont en moyenne sensiblement les mêmes qu’en AC, malgré des rendements plus faibles (Dedieu, Lorge, Louveau, & Marcus, 2017).

Les préoccupations sociales sont aussi au cœur du choix de consommation « bio ». L’AB aurait les vertus d’être une plus grande pourvoyeuse d’emploi, de « protéger » les petites exploitations, de favoriser les circuits courts, et de permettre de renouer le lien humain entre producteurs et consommateurs. Enfin, elle serait une voie de développement agricole plus « durable » pour les pays pauvres.

1.2.1. Fausse bonne idée 1 : protéger l’emploi et les petites exploitations

Du fait des avancées scientifiques et technologiques (fertilisation et pesticides de synthèse, sélection génétique, mécanisation) et de leur spécialisation, les agriculteurs ont considérablement augmenté leur productivité. Les exploitations se sont agrandies et l’emploi agricole a fortement chuté, entraînant l’exode rural et la spécialisation de la population dans les secteurs secondaires et tertiaires. L’industrialisation de l’agriculture a pu mener à des dérives écologiques qui sont de plus en plus prises en compte (surconsommation d’eau, pollutions, érosion, monoculture). Elle a surtout permis de nourrir le monde et d’éliminer inexorablement la malnutrition, passant de 19 % de la population mondiale en 1991 à 11 % aujourd’hui (FAO, 2018).

Face à cette industrialisation, une certaine nostalgie de la paysannerie s’est rapidement développée en France. De nombreux partisans du « bio » regrettent l’époque de paysans en harmonie avec une nature bienveillante. Cette époque n’a jamais existé. L’homme a de tout temps dû affronter les caprices et les ravages d’une nature inhospitalière qui les conduisait trop souvent à la famine. Au XIXe siècle, les paysans utilisaient déjà de l’arsenic, de la nicotine, des huiles ou des goudrons pour protéger les plantes. Les progrès scientifique et technique ont permis de remplacer ces produits peu efficaces par des alternatives bien moins toxiques.

Derrière l’image d’Épinal du « c’était mieux avant », les partisans de la « petite exploitation familiale » remettent en cause la base de l’industrialisation qui est la seule forme d’agriculture connue à ce jour qui permette de nourrir en abondance et en qualité la population tout en rémunérant correctement le producteur. Dans un précédent rapport, nous avions montré comment ce dogme, qui explique la suradministration de l’agriculture française, joue un rôle délétère sur la compétitivité de l’Hexagone (Pahpy, 2018).

Cette industrialisation de l’agriculture n’épargne d’ailleurs pas non plus l’AB. Agrandissement des structures, spécialisation, mécanisation, intégration verticale, marketing de masse, intermédiation, globalisation : on parle même de « conventionnalisation » de l’AB (INRA, 2013). En Australie, par exemple, les exploitations « bios » atteignent en moyenne 13 000 ha de surface, à comparer aux 40 ha moyens de l’Union européenne (FiBL & IFOAM, 2018).

Un corollaire de ce refus de l’industrialisation se trouve dans la célébration de l’augmentation de l’emploi agricole grâce à l’AB. En effet, en France, cette dernière nécessiterait 60 % de plus de main-d’œuvre (Mahé & Lerbourg, 2012). Nombreux sont les partisans du « bio » qui y voient ici une réussite sociale à mettre au tableau des performances de l’AB. Or l’emploi n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour permettre la création de richesses. Se féliciter que l’AB est plus intensive en main-d’œuvre va à l’encontre de la définition même du progrès économique, qui consiste à produire plus en fournissant toujours moins de temps de travail.

1.2.2. Fausse bonne idée 2 : favoriser les circuits courts

La consommation « bio » permettrait de privilégier les circuits courts pour limiter la pollution associée au transport des produits agricoles sur de longues distances. Cet argument n’est pas évident pour deux raisons. D’une part rien n’empêche d’importer des produits « bios » de l’autre bout du monde. D’après l’Agence BIO, 31 % du « bio » consommé en France est importé. D’autre part, les importations de produits agricoles sur des longues distances ne sont pas forcément écologiquement néfastes, bien au contraire.

Comme nous l’avions expliqué dans une récente étude sur le libre-échange agricole, plusieurs travaux montrent que les émissions de CO2 associées aux transports ne sont pas proportionnelles à la distance parcourue par la nourriture (Pahpy, 2018). Il peut être plus écologique de produire des denrées dans des territoires qui requièrent moins de ressources et d’énergie (climat plus favorable, terres plus fertiles, intersaison plus optimale, structures de production et de transport plus intégrées), quitte à les transporter ensuite à l’autre bout de la planète.
1.2.3. Fausse bonne idée 3 : renouer le lien entre producteur et consommateur

Bien que l’on puisse se féliciter que certains producteurs « bios » réussissent à renouer un lien plus intime avec leurs consommateurs, il serait dommageable que cette communion se fasse par opposition à l’AC qui fournit aussi des aliments de qualité. Les agriculteurs peuvent difficilement défendre simultanément le conventionnel et le « bio » (qui puise sa légitimité dans un militantisme hostile aux pesticides et aux OGM). Difficile pour les consommateurs de s’y retrouver face à cette incohérence, qui risque d’augmenter leur défiance vis-à-vis des agriculteurs en général. De plus, le « bio » n’échappe pas à l’industrialisation. La vente directe entre producteurs et consommateurs n’est pas propre à l’AB et existe d’ailleurs depuis des dizaines d’années sur les marchés en AC.

1.2.4. Fausse bonne idée 4 : la voie à suivre dans les pays pauvres

Dans leur refus de l’agriculture industrialisée, certains experts promeuvent l’AB comme voie alternative de développement dans les pays pauvres (Dufumier, Rivière-Wekstein, & Doré, 2013). Certes ils affirment que l’AB n’est pas un retour en arrière, car, malgré leur refus des intrants de synthèse et des OGM, ils cherchent à mieux connaître les processus naturels pour en tirer profit.

Il n’existe pas d’alternative à l’industrialisation de l’agriculture pour éliminer la faim, que ce soit en Occident ou dans les pays qui se sont récemment enrichis. La promotion des pratiques de l’AB comme alternative viable pour les pays pauvres semble irresponsable dans la mesure où elle n’a pas fait ses preuves dans les pays riches.

Plus profitable pour l’agriculteur des pays riches, l’AB est toutefois moins productive. Si les justifications socio-économiques avancées pour défendre cette pratique partent d’un bon sentiment, l’AB ne se trouve pas être une alternative viable et effective pour y répondre.

1.3. Aux racines du « bio » : obscurantisme et anticapitalisme

Le choix du « bio » est justifié par les consommateurs pour plusieurs raisons : la nutrition et la santé ; le goût ; les préoccupations environnementales ; la défiance vis-à-vis des produits issus de l’AC ; le bien-être animal ; le soutien de l’économie locale ; le souhait d’une alimentation plus équilibrée ; la volonté d’un « retour aux sources » ; et, enfin, l’effet de mode ou la curiosité (Shaw Hughner, McDonagh, Prothero, Shultz, & Stanton, 2007). Comme nous l’avons vu précédemment, si ces préoccupations peuvent sembler légitimes, le « bio » ne permet pas de répondre à la quasi-totalité d’entre elles. Mais cela importe peu pour de nombreux promoteurs de l’AB, car ils défendent avant tout un projet politique dont le bien-fondé est discutable.

1.3.1. Une idéologie réactionnaire et obscurantiste

Le mouvement « bio » prend racine au début du siècle dernier avec la naissance de l’agriculture biodynamique, pratique ésotérique inventée par Rudolf Steiner dans les années 1920. Il se développe en Angleterre avec Albert Howard, en Suisse avec Hans et Maria Müller, au Japon avec Masanou Fukuoka et en France avec l’association Nature et Progrès et la société Lemaire-Boucher. Les premiers à critiquer l’utilisation d’intrants de synthèse sont réactionnaires, agrariens et antimodernistes. Les initiateurs du mouvement n’hésitent pas à verser dans les théories du complot ou à invoquer des concepts douteux comme la « grande loi du retour », l’ « azote vivant » et l’ « azote mort », les « forces cosmiques » ou les « forces vitales » (Dufumier, Rivière-Wekstein, & Doré, 2013).

Les défenseurs du « bio » prétextent souvent la défense de la santé et de l’environnement pour vilipender tout ce qui représente de près ou de loin l’agriculture « industrielle ». Mais comme nous l’avons vu dans les parties précédentes, les justifications scientifiques du refus des intrants de synthèse et des dernières avancées biotechnologiques sont limitées, voire incohérentes. Pour beaucoup de précurseurs de l’AB, l’AC incarnerait la tentative de la société moderne de s’affranchir des contraintes primitives imposées par la « nature », érigée en quasi-divinité bienveillante. Le propre de l’agriculture est pourtant de modifier la « nature ». Par définition, la culture et l’élevage transforment les écosystèmes spontanés qui nous entourent à notre profit (Lévêque, 2013).

L’action humaine se rendrait coupable de violation du jardin d’Eden. Cette mythologie moderne voue un culte au naturel tout en jetant l’opprobre sur les produits synthétiques qui dénatureraient et perturberaient un état initial appelé « climax ». Ce concept ne correspond pourtant à aucune réalité validée par les écologues, car les écosystèmes ont toujours été dynamiques et changeants (Lévêque, 2013). Ce paradigme qui puise notamment sa source dans le créationnisme très répandu aux États-Unis est à la base du discours radical de certaines organisations adeptes de la deep ecology.

C’est l’agriculture « industrielle » qui a éliminé la famine en utilisant des produits phytopharmaceutiques contre les nuisibles (naturels) qui ravageaient les cultures. Cette Révolution verte s’est aussi faite en optimisant artificiellement les propriétés génétiques des végétaux et des animaux que nous mangeons aujourd’hui. La nature a toujours été à la fois néfaste et pourvoyeuse de ressources.
1.3.2. Une idéologie anticapitaliste

À partir des années 1970, la haine des produits industriels et synthétiques opère un basculement curieux de l’extrême droite à l’extrême gauche, avec des figures bien connues des Français comme José Bové ou Nicolas Hulot. Manger « bio » devient un projet politique dans les milieux anticapitalistes à visées décroissantes (Rivière-Wekstein, 2011). Nombreux sont les slogans des écologistes partisans de l’AB qui dénoncent le profit égoïste comme la cause des maux environnementaux.

Le progrès technique serait entaché de vice, stimulé par des rapports marchands guidés par l’appât du gain des multinationales. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreux militants de l’AB redoutent la présence de plus en plus forte des grandes firmes institutionnelles sur ces segments de marché.

Cette haine du profit n’est pas justifiée. L’agriculture est un arbitrage fragile, mais nécessaire entre protection de l’environnement, maintien de la productivité agricole et sécurité sanitaire pour les producteurs et les consommateurs. Nous avons intérêt à ce que les entreprises trouvent leur compte en nous fournissant des solutions toujours plus efficientes pour améliorer notre condition. Historiquement, les régimes politiques qui ont cru pouvoir se débarrasser de cette incitation n’ont rien laissé d’autre que les catastrophes humanitaires, la misère et la famine.

Le danger du discours de certains partisans de l’AB est donc de propager dans l’opinion des idées qui remettent en cause la sécurité alimentaire durement acquise en rendant l’alimentation plus coûteuse pour les individus et la collectivité.

Les promoteurs de l’AB laissent croire que le « bio » est meilleur pour la santé et l’environnement. Ces considérations non validées par la démarche scientifique cachent mal un projet politique réactionnaire, obscurantiste et anticapitaliste.

Quels sont alors les avantages du « bio » ? Le développement de l’AB a permis de faire émerger des technologies mécaniques de désherbage. Certaines productions « bios » n’ont pas d’équivalent dans l’AC souvent considérée comme trop « standardisée ». De nombreux amateurs des goûts et des saveurs trouvent leur bonheur dans les épiceries « bios ». Derrière l’étiquette « bio », des producteurs passionnés réinventent des cultures parfois oubliées.

L’asymétrie d’information propre à la nourriture nécessite des tiers de confiance pour garantir des standards de qualités sanitaires, nutritionnelles et/ou organoleptiques. Les préoccupations écologiques, sociales et éthiques, sur le bien-être animal notamment, impliquent aussi de pallier la déficience de transparence de l’AC et de changer certaines pratiques. La multiplication des labels, chartes éthiques, marques et autres appellations va dans ce sens.

Bien entendu, il en va de la liberté de conscience de chacun de choisir ce qu’il mange, « bio » ou non. Toutefois, comme nous allons le voir dans la partie qui suit, l’État, par son action, soutient et promeut aux frais du contribuable la production et la consommation de produits « bios » en France. Et il y a fort à parier que, sans l’action de l’État, les choix des consommateurs seraient bien différents.

2. La culture d’une rente de la peur

Comme nous l’avons vu dans la première partie, les vertus du « bio » sont très discutables et l’AB relève davantage du projet politique réactionnaire et anticapitaliste que d’une démarche basée sur le progrès scientifique et technique. Pourtant, l’Union européenne (UE) et l’État soutiennent la filière « bio » à travers une véritable planification de l’économie agricole appelée « Programme Ambition Bio 2022 » et un système de certification monopolistique nommé « label Agriculture biologique ». Dans cette partie, nous montrerons en quoi ces mécanismes offrent une rente à certains producteurs et distributeurs, aux frais du contribuable et du consommateur.

2.1. L’effet d’aubaine des subventions pour l’AB

Dès les années 1980, l’UE et les États membres s’intéressent à l’agriculture biologique. Curieusement, certains gouvernements y voient un moyen de lutter contre la surproduction. À cette époque, la planification agricole, les subventions et la fixation des prix entraînent fatalement des surproductions massives. L’AB étant sous-performante, la subventionner est une opportunité de diminuer la surproduction (Padel & Lampkin, 2007).

Une partie des subventions de la politique agricole commune (PAC) est allouée au soutien de l’AB par les États membres. Cela crée des distorsions en faveur de la conversion vers l’AB. La réforme de la PAC de 1992 établit de nouvelles règles du jeu. Une partie des subventions devient indépendante de la productivité. Le montant des aides est désormais calculé à l’hectare ou à la tête sur la base de productions moyennes. Du fait de sa moindre productivité, cela revient à subventionner plus au kilo la production issue de l’AB.

Figure 4 : surfaces certifiées AB ou en conversion en Europe

Figure 4 : surfaces certifiées AB ou en conversion en Europe

(Stolze & Lampkin, 2009)

Dans certains pays, lorsque les aides n’étaient plus maintenues, une part significative des exploitations converties à l’AB revenait vers l’AC. À titre d’exemple, dans les années 2000, les surfaces « bios » déclinent sensiblement en Italie et au Royaume-Uni (crise du lait « bio »). Entre 2000 et 2008, les exploitations en AB ont diminué de 20 % au Danemark, en Finlande et en Italie, essentiellement pour des raisons économiques et de manque de subventions (INRA, 2013). Ces conclusions sont à nuancer selon les productions, certaines étant peu ou pas subventionnées comme l’horticulture ; d’autres recevant au contraire beaucoup plus de financements de l’UE comme l’élevage de ruminants (bœufs, chèvres, moutons et production laitière).

La distribution des subventions de la PAC diffère sensiblement entre les États membres. Une étude comparative montre qu’en grande culture ou en production laitière, les exploitations sont en moyenne plus subventionnées en AB qu’en AC par unité de main d’œuvre. Cette situation est observé en Allemagne et en Autriche, mais pas en France (hors subvention d’investissement) (Commission européenne, 2013). Néanmoins, en France, lorsque l’on mesure les aides par unité de produit, par hectare, ou par tête, l’AB est plus subventionnée que l’AC pour le lait, la viticulture et le maraîchage (Dedieu, Lorge, Louveau, & Marcus, 2017). Précisons que les subventions pour la viticulture et le maraîchage sont peu significatives au regard de la valeur ajoutée moyenne des exploitations, « bio » ou non, contrairement au lait. Les subventions par vache en AB sont près de 20 % supérieures à celles de l’AC, mais comme les premières sont aussi 20 % moins productives, le litre de lait « bio » est subventionné au moins 50 % de plus que le lait conventionnel.

Figure 5 : montant moyen de subventions dans les principales productions

Figure 5 : montant moyen de subventions dans les principales productions

(Dedieu, Lorge, Louveau, & Marcus, 2017)

Le maquis des subventions agricoles est d’une grande complexité. Plusieurs types de subventions existent pour les exploitations en AB.

• Les subventions de la PAC pour toutes les exploitations, en AB ou en AC, qu’elles soient découplées proportionnelles aux surfaces, couplées avec les primes animales proportionnelles aux effectifs (pilier 1). En pratique, les caractéristiques de production de l’exploitation déterminent si les montants d’aides découplées et couplées sont plus ou moins élevés en AB qu’en AC. Les exploitations en AB étant moins productives, par unité de produit, le « bio » est souvent plus subventionné.
• Les subventions handicaps naturels et les aides contractuelles de la PAC, dont les mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) (pilier 2). Parmi les MAEC, celles de la conversion (5 ans) et du maintien en AB qui, par construction, ne sont pas offertes à l’AC, pour 160 millions d’euros par an (MAAF, 2016). Notons que l’État français a décidé de mettre fin aux aides au maintien à partir de 2018 mais que les régions peuvent les maintenir si elles le veulent.
• Les subventions spécifiques à l’AB versées par les régions, les départements ou les communes (aides à la certification, aides à l’investissement, infrastructures agroécologiques, mise à disposition de matériel, baux ruraux environnementaux…).
• Le fonds de structuration « avenir bio » de l’Agence BIO (8 millions d’euros par an).
• Le crédit d’impôt bio de 3500 euros jusqu’en 2020.
• Autres financements publics (volet agricole du grand Plan d’investissement).

Le gouvernement a récemment annoncé la mise en place du plan « Ambition bio 2022 » qui fait suite au plan « Ambition bio 2017 » dont l’objectif de doublement de la production n’avait pas été atteint malgré les moyens engagés. Le nouveau plan, dévoilé en juin 2018, a pour but d’atteindre 15 % de surface agricole utile en bio en 2022 (contre 6,5 % en 2017) (MAAF, 2018). Pour subventionner les conversions en AB, le plan est doté de 1,1 milliard d’euros, contre 700 millions pour le précédent, soit une augmentation de 62 %. Il inclut 630 millions d’euros du fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), 200 millions d’euros de crédits d’État et 50 millions d’euros par an par la redevance pour pollutions diffuses à partir de 2020.

Les échecs répétés de cette planification démontrent que le marché ne suit pas la décision politique, et ce, malgré le renfort des redistributions forcées du contribuable. Et la tendance ne risque pas de s’inverser : même le lobby des producteurs « bios » émet de sérieux doutes sur le financement et la tenue des objectifs au regard des enveloppes déjà allouées (FNAB, 2018).

Plusieurs études relativisent l’importance des subventions dans la conversion vers l’AB en montrant que d’autres facteurs jouent un rôle déterminant, comme les convictions militantes des agriculteurs (Padel & Lampkin, 2007) (Alavoine-Mornas & Madelrieux, 2014). Mais il est indéniable que les revenus des producteurs « bios » sont sensiblement soutenus par les subventions qui créent un effet d’aubaine en faveur de cette pratique.

Les partisans de l’AB affirment que l’AC est elle aussi subventionnée, ce qui est vrai. Pourtant, du fait d’aides spécifiques, le « bio » a tendance à recevoir plus d’argent du contribuable par hectare, par tête ou par unité de produit. Dans tous les cas, les subventions agricoles faussent les signaux de prix, créent des illusions de richesses et entraînent une allocation sous-optimale des ressources, des surcoûts administratifs et des scandales de corruption (Pahpy, 2018). Le risque est aussi d’observer une redistribution inversée, les impôts des plus pauvres subventionnant la consommation de « bio » des classes les plus aisées. 62 % des CSP+ déclarent consommer du « bio » au moins une fois par semaine contre 45 % des CSP- (CSA, 2018).

Au regard des intérêts sanitaires et environnementaux limités de l’AB, il est difficilement compréhensible que l’AB soit davantage subventionnée que l’AC. Dans un premier temps, l’IREF propose de supprimer cet effet d’aubaine en stoppant toute forme de subvention spécifique à l’AB. Dans un second temps, l’ensemble des subventions au secteur agricole devrait être progressivement éliminé afin de rétablir les signaux de prix et de laisser au consommateur le libre-choix de sa consommation, « bio » ou non.

Figure 6 : le cercle vicieux de la subvention agricole

Figure 6 : le cercle vicieux de la subvention agricole

2.2. Le label AB, une publicité mensongère organisée par l’État

L’apparition des premières formes d’AB nécessite l’instauration de labels différenciant la production « bio » de celle de l’AC auprès des consommateurs. Les premiers labels privés se développent assez tôt en France avec le premier cahier des charges Nature & Progrès mis en place en 1974. Sous l’impulsion du lobby mondial du bio, l’IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements), des recommandations de standards minimums communs sont établies dans les années 1980. Les États, dont l’État français, commencent à reconnaître l’AB à la même période en harmonisant des cahiers des charges privés. Afin de pouvoir les subventionner, ils établissent des critères pour distinguer les exploitations en AB et en AC. L’OMS et la FAO développent conjointement des orientations au niveau mondial dans le Codex Alimentarius (Schmid, 2007).

En 1991, un règlement sur l’AB est adopté au niveau européen pour les productions végétales. Il est élargi au secteur animal en 1999. Il est remplacé par les règlements CE 834/2007, 889/2008 et 1235/2008, en application aujourd’hui. Un nouveau règlement entrera en application début 2021. Un label d’État français est créé en 1985 et un nouveau label européen harmonisé « Eurofeuille » est imposé en 2010.

Figure 7 : logos des labels AB de l’État français (à gauche) et de l’UE (à droite)

Figure 7 : logos des labels AB de l'État français (à gauche) et de l'UE (à droite)

Pour communiquer sur les prétendues vertus de l’AB, le lobby du « bio » est parvenu à s’appuyer sur la caution morale des pouvoirs publics. Le label d’État joue un rôle essentiel dans la diffusion du « bio » auprès des consommateurs et sur la confiance que ces derniers lui accordent (Padel & Lampkin, 2007).

Nous avons vu dans la partie 1.1. que des notions telles que « naturel » ou « OGM » sont arbitraires et ne reposent pas sur des considérations scientifiques. Pourtant, ces concepts sont à la base de la réglementation sur les autorisations de pesticides en AB (voir partie 1.1.2.). Il est difficilement compréhensible que l’UE et l’État fassent la promotion de pratiques qui refusent en théorie les solutions biotechnologiques, mais qui les utilisent en pratique (voir partie 1.1.3.).

Cette publicité mensongère est menée de manière très habile : il est affirmé nulle part dans le règlement que le « bio » est meilleur pour la santé et l’environnement, mais les consommateurs voient ces vertus dans ce label et c’est au nom de celles-ci qu’ils consomment « bio ». Le label AB est devenu le porte-étendard de ce qu’on pourrait qualifier de « marketing de la peur », avec la caution tacite de l’État.

Ce « marketing de la peur » repose sur un monopole intellectuel : l’appropriation du mot « biologique » par le lobby du « bio ». Étymologiquement, « biologique », vient de la biologie, c’est-à-dire l’étude du vivant. Or l’agriculture travaille toujours sur le vivant. Elle devrait donc toujours être considérée comme biologique. D’un strict point de vue étymologique, l’AC n’est pas moins « biologique » que l’AB. Le lobby du « bio » fait donc croire insidieusement que l’AC est non biologique, non vivante, « chimique », morte. Avec le monopole sur l’utilisation du mot « bio » permis par l’État, l’AB s’arroge le monopole du vivant, du bon. Avec la caution morale de l’État, l’AB se place en pratique vertueuse au détriment de l’AC qui n’a plus le droit de revendiquer la vie et qui passe pour mortifère. Cette situation inique s’est par exemple concrétisée en 2006 quand la célèbre marque de yaourts « Bio » de Danone s’est vue contrainte de changer de nom. Danone ne devrait pourtant pas avoir moins de légitimité à utiliser le mot « bio » que les producteurs en AB.

Le monopole intellectuel sur le mot « bio » est ainsi devenu un puissant instrument anticoncurrentiel qui ne repose sur aucune considération scientifique. Bien entendu, dans un souci de transparence, de traçabilité et de publicité, les producteurs en AB devraient pouvoir utiliser leurs propres labels et leurs propres marques, mais cela devrait rester dans un cadre strictement privé et concurrentiel. Les labels de l’AB sont d’ailleurs nés de cette manière et il en existe toujours un grand nombre sur le marché, comme Demeter, Nature & Progrès, BioBourgogne, SIMPLES, Biodyvin, Biocohérence … (Poméon, Desquilbet, & Monier-Dilhan, 2014). Ces labels privés qui représentent près de 9 % des producteurs « bios » démontrent que l’AB peut se passer du label d’État.

Si l’agriculture a besoin de transparence et de traçabilité, un label d’État monopolistique sur le concept arbitraire d’« agriculture biologique » n’est pas une réponse adéquate. Le label AB entretient un marketing de la peur qui ne s’appuie pas sur des considérations scientifiques. L’IREF propose de supprimer le monopole intellectuel sur le mot « biologique » et de privatiser les labels AB de l’État et de l’UE ainsi que l’INAO qui l’administre.

2.3. Les cantines « bios », une rente offerte sur un plateau

Le plan « Ambition bio 2022 » prévoit un volet de planification de la consommation (axe 3) incluant des campagnes de promotion d’État et une obligation de consommation « bio » pour la restauration collective publique (MAAF, 2018). La loi Egalim précise que les repas devront comprendre au moins 50 % en valeur des produits tenant compte de l’environnement (écolabel pêche ou autres certifications environnementales), dont 20 % de « bio » à partir de 2022 (article L230-5-1).

Cette obligation revient à offrir une rente corporatiste légale à l’AB d’au moins 20 % des achats alimentaires de la restauration collective publique. D’après l’étude d’impact du projet de loi, l’approvisionnement en « bio » générerait un surcoût de 18 à 30 % (Assemblée nationale, 2018). La rente des uns étant la taxe des autres, ce surcoût ne pourra être assumé que par le contribuable.

Selon l’Agence bio, le marché de l’approvisionnement de la restauration collective atteignait 7,9 milliards d’euros en 2016. La part des achats « bio » de la restauration collective publique et privée s’élevait à 2,9 % en 2016, soit 229 millions d’euros. Toutes choses égales par ailleurs, avec 74 % de la restauration collective relevant du secteur public, cette consommation forcée par la loi s’élèverait à au moins 1,1 milliard d’euros (hors surcoût), soit environ 14 % du chiffre d’affaires annuel du « bio ».

Cette planification alimentaire dans les cantines scolaires joue en outre un rôle considérable dans la promotion du « bio » dans la population et le changement de comportement alimentaire des parents (Pernin, 2014).

L’IREF propose d’abroger la loi forçant la consommation « bio » dans les établissements de restauration collective pour rétablir l’autonomie des gestionnaires et la libre-concurrence.

2.4. Les subventions du lobby « bio »

Le lobby « bio », à savoir la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) pour les agriculteurs et le Syndicat national des transformateurs de produits naturels et de culture biologique (SYNABIO) pour les transformateurs et les distributeurs, s’appuie sur des organisations telles que Générations futures, Agir pour l’environnement, Inf’OGM pour propager des campagnes anxiogènes contre l’AC, les pesticides ou les OGM. Si ces pratiques malhonnêtes relèvent de la liberté d’expression, il n’est pas acceptable que ces organisations touchent de l’argent du contribuable.

Générations futures mène par exemple des campagnes très médiatisées en réalisant des études sur les pesticides présents en traces infimes dans les aliments. L’organisation omet systématiquement de parler des pesticides « bios » et de préciser le lien entre dose et poison dans le seul but de discréditer l’AC. En 2017, elle a reçu 90 000 euros de subventions publiques, soit près d’un tiers de son budget. Inf’OGM, une organisation alimentant la peur anti OGM, a quant à elle reçu des subventions du ministère de l’Environnement et de la mairie de Paris en 2016.

De son côté, la FNAB a bénéficié d’une subvention 665 000 euros en 2017 dans le cadre du Programme national pour le développement agricole et rural (PNDAR, 2017).

L’Agence BIO est le bras armé du lobby « bio » dans l’administration. Son conseil d’orientation rassemble notamment le lobby « bio » et le lobby écologiste. Cette agence d’État fait de la promotion de l’AB auprès du grand public, suit et analyse les évolutions de la filière, coordonne le fonds de structuration « avenir bio », administre le recensement des agriculteurs « bios » et gère la marque AB.

L’IREF propose de supprimer les subventions aux organisations du lobby « bio » et de privatiser l’Agence BIO.

2.5. Les autres privilèges au service de l’AB

Dans cette partie, nous nous sommes attardés sur quatre « privilèges » au service de l’AB (subventions, label monopolistique, rente dans les cantines, subventions au lobby « bio »). Voici la liste résumée de tous les autres privilèges que l’État offre à l’AB aux frais des contribuables (Stolze & Lampkin, 2009) (IFOAM, 2017).
2.5.1. Instruments légaux
• Monopole intellectuel sur le mot « biologique » (voir partie 2.1.).
• Label AB d’État (voir partie 2.1.).
• Interdiction des OGM (voir partie 1.1.3.).
• Le contrôle des structures favorisant les exploitations « bios » dans les schémas directeurs régionaux des exploitations agricoles.
• Consommation forcée dans la restauration collective publique (voir partie 2.3.).

L’IREF propose d’abolir le monopole intellectuel sur le mot « biologique », de privatiser le label AB, de supprimer le principe de précaution sur les OGM, de supprimer le contrôle des structures et d’abroger la loi forçant la consommation « bio ».

2.5.2. Instruments financiers

• Maquis des subventions aux producteurs (voir partie 2.1.),
• Subvention de campagnes de communication,
• Marchés publics dédiés à l’AB,
• Subvention d’investissement pour les transformateurs et les distributeurs,
• Subvention de nouvelles structures de vente et de coopératives de consommateurs,
• Subvention d’études de faisabilité et d’analyses de marché,
• Subvention des interprofessions bio,
• Subvention du lobby « bio » (voir partie 2.4.).

L’IREF propose de supprimer tous ces mécanismes interventionnistes et, de manière générale, supprimer toutes les subventions au secteur agricole (après l’avoir préalablement libéré de ses réglementations étouffantes).

2.5.3. Instruments de communication et de coordination

• Conseil et assistance technique avec l’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB),
• Programmes éducatifs spécifiques dans les écoles,
• Label AB,
• Campagnes de promotions,
• Foires, salons et évènements autour de l’AB,
• Campagnes de désinformation et d’agribashing sur les chaînes de la télévision d’État (Envoyé spécial et Cash investigation sur les pesticides, le lait et le glyphosate).

L’IREF propose de supprimer les mécanismes interventionnistes de promotion.

L’interventionnisme d’État en faveur de l’AB est multiforme et joue un rôle indéniable dans le développement de la demande et de l’offre. Sous la pression d’un lobby du « bio » très bien structuré au niveau mondial, la plupart des pays du monde adoptent des mécanismes interventionnistes semblables (IFOAM, 2017). Certains pays restent néanmoins plus mesurés comme les États-Unis. S’ils réglementent bien un label « bio », le gouvernement offre beaucoup moins de subventions. Dans ce pays, seulement 0,6 % de la surface agricole a été convertie, contre 5,7 % pour l’UE, alors que les États-Unis sont le premier marché de consommation de produits « bios », devant celui de l’UE. Cette différence significative montre bien que la production « bio » européenne est sous perfusion d’argent du contribuable.

Conclusion

Le « bio » a conquis l’assiette de nombreux Français bien qu’il ne soit meilleur ni pour la santé ni pour l’environnement. La doctrine anti pesticides et anti OGM, qui n’est pas respectée en pratique, relève davantage de l’idéologie réactionnaire et anticapitaliste que d’une approche basée sur le progrès des sciences et des technologies.

Si la croissance du marché du « bio » est en partie soutenue par la demande, il est indéniable que l’État organise et subventionne cette croissance aux frais du contribuable. Sans l’effet d’aubaine des subventions, la caution morale du label AB, la promotion du lobby « bio » et la rente de la restauration collective, il est probable qu’une grande partie des consommateurs se tourneraient vers d’autres choix alimentaires.

Face à cette « rente de la peur » organisée et subventionnée par l’État, l’IREF propose de supprimer les subventions spécifiques pour l’AB et son lobby, de privatiser le label AB, d’abolir le monopole intellectuel sur le mot « biologique » et de supprimer la rente de consommation « bio » dans la restauration collective.

Chacun est libre de produire ou de consommer « bio », il en va de la liberté de conscience. Il n’est toutefois pas acceptable que ce libre-choix soit faussé par l’État, que ce soit en faveur de l’AB ou d’une autre forme d’agriculture. La question agricole doit être dépolitisée afin que la concurrence, la responsabilité et l’innovation permettent d’offrir aux consommateurs la meilleure alimentation possible.

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Messages (11)

On nous prend pour des pommes !

le 1er mars, 15:34 par Eliza

Je ne crois plus au bio depuis qu'un employé chez un distributeur m'a dit que, lorsqu'ils ne voulaient pas jeter des légumes moches, ils les mettaient dans les bacs "bio", ce qui en plus leur permettait de les vendre plus cher !

1er mars, 17:35 - zelectron

. . . les marchands du temple !
In fine la piste la plus sérieuse me semble être la permaculture.

1er mars, 22:46 - Jeepy

Ça c'est de la tromperie, ça se règle auprès de la DGGCFR et c'est punissable.
De plus ça n'a rien à voir avec le BIO ;)

16 juillet, 15:45 - Yann

@Elisa - Ce que vous relatez n'est pas du fait de l'agriculteur, ou de l'agriculture biologique. Mais d'une tromperie organisée par le commerçant.

- Répondre -

Article très salutaire

le 1er mars, 17:40 par HANLET

Merci de cette analyse éclairante. Je connais des gens aux revenus très modestes qui se saignent pour nourrir leurs familles "bio", persuadés que sans cela, ils empoisonneraient leurs enfants. (On retrouve le même genre de manipulation médiatico-politique de l'opinion à propos de la lutte contre le C02 ou la pollution de l'air, qui n'a jamais été aussi pur...)

- Répondre -

L'idéologie avant tout

le 1er mars, 18:16 par Dominogris

A l'instar des éoliennes pour l'énergie, on peut se demander s'il ne s'agit pas de provoquer la pénurie pour instituer la décroissance voulue par les adeptes de la deep ecology...
Le tout sur fond d'obscurantisme scientifique, de manipulation médiatique et de subventions massives...
On peut douter que les propositions de l'IREF voient le jour...

2 mars, 14:56 - Kako31

Espérons le !

- Répondre -

Binaire !

le 1er mars, 19:25 par Guede

Article binaire, partial et court-termiste !

2 mars, 00:53 - Murps

Article nuancé, objectif et qui prend de la hauteur.
Bravo !
Evidemment qu'il faut supprimer toutes ces lois imbéciles qui étouffent les marchés agricoles.

- Répondre -

N'importe quoi !

le 2 mars, 07:23 par daniel40

Impossible de réfuter autant d'âneries en quelques signes !juste une remarque : quand un agriculteur fait à la fois du bio et du conventionnel (cela arrive) demandez-lui donc quels sont les produits qu'il consomme pour lui-même ?

2 mars, 08:51 - melaure

Ni l'un ni l'autre ; il a comme me le disait un jardinier, son propre jardin perso absent de tout produit phytosanitaire. Impossible d'être plus clair !

2 mars, 10:25 - Murps

Affirmation gratuite et complètement invérifiable mais qui laisse entendre que le paysan empoisonne ses productions et se nourrit uniquement de bio...
Facile de distiller des informations vagues et bidons puis de se sauver...

4 mars, 15:18 - Seppi

"Ni l'un ni l'autre ; il a comme me le disait un jardinier, son propre jardin perso absent de tout produit phytosanitaire. Impossible d'être plus clair !" ?

Parce que vous pensez qu'il va s'emm… à traiter ses tomates ? Il a toute la surface nécessaire pour planter le nombre de pieds qui lui assureront sa consommation sans bouillie bordelaise ("bio")

- Répondre -

Décu par votre doxa.

le 2 mars, 14:33 par Michel GATEAU

La réforme de l'agriculture ne pourra se faire qu'avec un volonté politique.
1. Réformer l’agriculture :
Constat de l’agriculture Française
Début de la dérive (après la guerre de 14)
Le monde agricole et rural sort bouleversé de la Première Guerre Mondiale. La tendance lourde de diminution de la population rurale, amorcée depuis 1840-1850, se poursuit, inexorable, touchant désormais aussi la population agricole, propriétaires et ouvriers agricoles, et pas seulement les commerçants et artisans, combinée à un élément nouveau, la baisse de la fécondité des familles. Par sa brièveté, la période entre deux guerres peut donner l’apparence d’être moins riche en actes politiques et en progression économique et technique que la précédente. Mais, dans cette nouvelle situation, les années 20 et 30 sont, dans le secteur agricole, comme pour les autres secteurs de la société, celles de l’émergence d’idées nouvelles, dans le domaine technique tout comme dans celui des évolutions sociales.
La Seconde Guerre mondiale en limitera les effets, mais elles se manifesteront pleinement et trouveront les conditions favorables à leur maturité au cours de la période suivante : il est donc essentiel de les mentionner à la période au cours de laquelle elles se sont faites jour.

Industrialisation (des années50 à nos jours)
Dans la phase ultime de « la fin des terroirs » les témoignages des personnes ayant encore dans leur mémoire les traditions locales vécues dans les familles et les villages, révèle le fossé entre les schémas technocratiques de progrès technique et les pratiques traditionnelles d’élevage qui ne manquent pas de rationalité sur un plateau de montagne à la confluence des départements de l’Aveyron, de la Lozère et du Cantal. Mais l’agriculture « en famille », en tant que mode de vie, qui avait prévalu jusqu’alors durant des siècles, fait place au concept moins poétique d’exploitation agricole à « 2 UTH ». Ceci signifie que l’on assigne un objectif économique à l’exploitation agricole, la rémunération du travail de deux personnes à plein temps, en clair le chef d’exploitation et son conjoint.
Intensification des modes de production par la rationalisation des fonctions physiologiques au niveau des plantes et des animaux, expansion de la motorisation, généralisation de l’usage des engrais chimiques et des pesticides, perfectionnement de l’amélioration des plantes, amélioration génétique des animaux par la combinaison de l’insémination artificielle, du contrôle de performances, et du traitement informatique de l’information, permettant la mise en œuvre effective des modèles de la génétique quantitative élaborées au cours des années 30 (loi sur l’élevage de 1966)… Au cours des années 60 et 70, les exemples des secteurs de production concernés par cet accroissement des rendements sont nombreux dans le sud-ouest de la France : les maïs hybrides et le développement de l’irrigation, l’élevage ovin et le fromage de Roquefort, les vaches laitières à haut niveau de productivité, les poulets « label ». Le corollaire en est le mouvement de spécialisation des exploitations agricoles au nom d’économies d’échelle que recherchent les groupes coopératifs issus du regroupement des coopératives de base. Agriculture et forêt, élevage, ressources naturelles et eau, maîtrise du vivant, tous ces secteurs sont concernés, associés à des enjeux centraux pour les besoins vivriers de la société et devenant une part importante de l’activité économique du pays, contribuant pour une part non négligeable à la balance positive du commerce extérieur (Cf. le « pétrole vert » désigné par Valéry Giscard d’Estaing). Coïncidant avec la période des « trente glorieuses », le développement de l’agriculture française conjugue « croissances agricoles » avec « construction et développement des filières « agroalimentaires ».

Perte de repères (tout chimique sinon rien)
C’est ce modèle d’agriculture qui sera bientôt qualifié de « productiviste » et soumis à critiques de plus en plus fortes quant à ses conséquences pour la population rurale, et sur la population Nationale. Les agriculteurs sont devenus des « Producteurs » et ne se retrouvent plus en tant que paysans, LA TERRE n’est plus nourricière mais un support qu’il faut traiter à grands renforts d’engrais chimiques elle n’est plus un partenaire qu’il faut soigner au même titre que les plantes. Il était donc essentiel de mentionner la période au cours de laquelle elle s’est faites jour. La qualité des aliments comme pour la qualité de l’environnement, éléments qui n’avaient pas été pris en compte dans leur cahier des charges. L’homme une fois de plus a joué les apprentis sorciers.

Où allons-nous ?
Ainsi, en ce début du 21ème siècle par les conséquences des actes d’achats des consommateurs mal éduqués et les aspirations des citoyens, sans oublier la question devenue majeure du changement climatique et de l’épuisement des ressources en énergie fossile sur fond d’accroissement de la population mondiale, tout ceci remettant en selle le rôle des politiques publiques pour assurer la satisfaction des besoins alimentaires du monde. Défi inédit : l’agriculture du futur va devoir produire encore plus, mais comment ?

Rien n’est plus nouveau que ce qui est oublié.
Dans un contexte de libéralisation et de normalisation des échanges commerciaux à l’échelle mondiale, l’agriculture intensive est devenue davantage un moyen de faire du profit qu’un moyen de nourrir le monde et contribue à la détérioration des conditions de vie des paysans.
Une autre voie est possible. Depuis les années 80, certains agriculteurs n’ont plus accepté la mainmise de l’industrie agrochimique qui vendait la chaine complète partant de la semence au traitement phytosanitaire en passant par les engrais de synthèse, ces paysans ont vu leur sol se dégrader rapidement pour ne devenir qu’un agrégat sans vie.
Des groupements devenus des organismes tels que « Lemaire Boucher » ou « Nature et Progrès » parmi les pionniers de l’agriculture dite BIOLOGIQUE, se sont battus avec persévérance pour créer un cahier des charges de l’agriculture Biologique moderne appelé communément BIO. De ce combat sont issues des certifications et labels Français et Européens.
Des propositions concrètes : Nourrir la population avec des produits sains, abolir ce « catalogue » des semences qui est chasse gardé des industriels, nous leur laisserions si ce n’était qu’ils ont verrouillé le système en faisant interdire la vente et l’utilisation d’autres semences qui ne soient pas issues de leurs production.
Comment peut-on interdire à un paysan de produire ses semences et de les distribuer à d’autres agriculteurs qui auront choisi une autre voie, ceci est et va à l’encontre des droits de l’homme.
La mise en place : constat de ce qui existe et de ce qu’il faudra mettre en place. L’avenir ne sera jamais tout « BIO » Il y aura toujours des industriels pour s’acheter des terres et des agriculteurs ou éleveurs cupides ou prisonniers de leur monde pour mettre en œuvre leurs plans, mais l’avenir de l’agriculture sera BIO, question de survie et de calcul.
Survie, car l’agriculture intensive telle qu’on la connait a montré ses limites et n’ira pas beaucoup plus loin sans provoquer de catastrophe sanitaire et humanitaire grave.
Calcul, L’agriculture Biologique, la Permaculture, et autre méthodes d’agricultures naturelles sont de plus en plus appréciées de nos concitoyens, même par une partie des couches sociales les plus pauvres, tous préfèrent manger BIO mais tous n’ont pas les moyens de se les offrir ce en quoi ils font parfois erreur par ignorance. Mais nos chers marchands de la grande distribution, eux ne sont motivés que par le profit, qu’importe si le produit est BIO ou Chimique, l’important c’est le chiffre d’affaire et la marge qui en découle. Donc le combat sera surtout politique !
Avoir la volonté politique de mettre en place un plan de grande ampleur de réforme de l’agriculture !
Les moyens : avoir les moyens politique d’investir massivement dans le BIO, ce plan ne se mettra pas en place du jour au lendemain, 1ère étape, lutter contre le lobbying des groupes agrochimiques, ne pensez pas qu’ils resteront les bras ballants à attendre leur mort. Sachant que l’agriculture bio est surtout une agriculture paysanne, ils ne trouveront pas beaucoup de moyens d’investir sur de grandes propriétés.
L’aménagement du territoire : Une autre façon de vivre la ruralité, lentement les paysans retourneront sur leurs terres pour enfin produire une alimentation dont ils seront fiers et qui les honorera. L’agriculture Biologique, la Permaculture et l’agriculture traditionnelle naturelle sont de grandes consommatrices de main d’œuvre et c’est une vraie embellie pour nos campagnes qui vont enfin revivre, beaucoup de français, jeunes n’ayants pas trouvé à la ville le moyen de épanouir, migreront ver la campagne pour un retour à la nature, même si la vie de paysan est plus rude que celle du citadin, beaucoup y trouveront leur voie ; vivre à la campagne ne veut pas dire vivre retiré du monde, c’est fini les paysans loin de tout et de tous. Il faudra un ambitieux plan d’aménagement du territoire relier les villages aux villes par un réseau routier permettant une connexion rapide, il faudra réhabiliter les voie de chemin de fer abandonnées pour un acheminement des denrées produites par des moyens moins polluants que les camions sur de longues distances.
Toute cette nouvelle population désormais installé à la campagne aura besoin de service et de biens d’équipement, tous ces commerces qui reviendront peupler nos villages seront en demande de médecins et d’administration de proximité, de liens internet, de lieux de divertissement etc. pour 10 emplois agricoles créés 3 emplois de service se créeront. Il n’est pas utopique de penser que 500000 emplois pourront se créer en 20 ans.
Vers un peuple plus respectueux de la terre : Dès l’école apprendre les valeurs de la nourriture et de ceux qui la produisent, toutes ces modifications dans nos habitudes alimentaire, dans notre façon de consommer ne se feront pas sans une éducation incité par les pouvoirs public auprès des écoles collèges et lycées mais aussi dans les familles.
Conclusions : Produire des aliments de qualité sera un atout pour la France, la qualité à une clientèle non seulement en France mais aussi dans le monde entier. Mais il nous faudra penser à aider les pays émergeants à installer leur production vivrière par nos moyens financiers et technique, n’oublions pas que nous ne sommes pas seul sur cette terre.

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Le règlement européen est une oeuvre de propagande

le 4 mars, 15:14 par Seppi

Bonjour,

Vous avez écrit :

"Cette publicité mensongère est menée de manière très habile : il est affirmé nulle part dans le règlement que le « bio » est meilleur pour la santé et l’environnement..."

Mais c'est plus qu'implicite ! Voyez les deux premiers considérants du nouveau règlement :

"(1) La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques en matière d’environnement et d’action pour le climat, un degré élevé de biodiversité, la préservation des ressources naturelles et l’application de normes élevées en matière de bien-être animal et des normes de production élevées répondant à la demande exprimée par un nombre croissant de consommateurs désireux de se procurer des produits obtenus grâce à des substances et à des procédés naturels. La production biologique joue ainsi un double rôle sociétal : d’une part, elle approvisionne un marché spécifique répondant à la demande de produits biologiques émanant des consommateurs et, d’autre part, elle fournit des biens accessibles au public qui contribuent à la protection de l’environnement et du bien-être animal ainsi qu’au développement rural.

(2) Le respect, dans la production de produits biologiques, de normes élevées en matière de santé, d’environnement et de bien-être animal est inhérent au niveau de qualité élevé de ces produits. […] En ce sens, la production biologique poursuit, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), les objectifs inhérents à tous les systèmes de qualité de l’Union applicables aux produits agricoles."

Tous les compliments faits à l'AB dans ce texte — et ils sont nombreux, répétés ad nauseam — impliquent que ce sont des qualités que l'AC n'a pas.

Plus ici : http://seppi.over-blog.com/ ...

23 mars, 00:23 - Laurent Pahpy

Cher Monsieur,
C'est pour cela que ce règlement est habilement écrit. En le lisant, on a l'impression que le "bio" est formidable, mais il n'est pas explicitement dit qu'il est "supérieur" à l'AC. Il est donc inattaquable sur ce point.
Bien cordialement,
Laurent Pahpy

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Hé ben dis donc !

le 4 mars, 17:43 par Jean Guicheteau

Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'IREF ne fait pas dans la nuance. La promotion du BIO, elle se fait toute seule, "grâce" aux scandales agro-alimentaires à répétition qui font que les consommateurs perdent confiance dans les producteurs et surtout les distributeurs. Et qui peut prétendre que le déversement de millions de tonnes de produits chimiques dans la nature est sans effets à terme ? Bien sûr comme d'habitude, quand on s'en aperçoit, il est trop tard... Il n'y a pas QUE la connaissance expérimentale, il y a aussi la connaissance INTUITIVE (développée chez les Grecs anciens) qui nous fait réagir préventivement en conséquence. Et pourquoi les "traders" appellent la viande.. du minerai ? Lisez le livre de BRUSSET un ancien trader : "Vous êtes fou d'avaler çà !". Il est pas bio pourtant...
Bien sûr, l'agriculture "conventionnelle" (on ne voit pas pourquoi elle bénéficierait de ce qualificatif) peut limiter les intrants chimiques, ménager les sols, assurer la rotation des cultures etc. Mais on ne garantit jamais en qualité que ce qu'on est capable de MESURER et on ne peut le faire que par une CERTIFICATION qui suppose un référentiel et un audit qualité (c'est vrai aussi en ISO). Alors personne ne les empêche de développer leurs propres labels et certifications.
Est-ce anticapitaliste ? Je crois tellement au capitalisme que je voudrais que 98% de la population en profite ! Mais l'argent n'est qu'un moyen, pas une fin en soi. Ce qui compte c'est l'amour du METIER. Nous avons perdu cela.

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Quelques oublis (volontaires ?)

le 19 mars, 22:16 par Ludo

Sur le manque de rendement : la recherche technologique, agronomique et génétique a toujours été menée en lien avec l'utilisation des pesticides. Normal que l'AB aie du retard.
Sur le plan social : les exploitations en AB demandent plus de main d'oeuvre et créent plus d'emploi pour la même production en conventionnel.
D'accord avec vous sur les techniques de conservation des sols, qui respectent la vie du sol et sont moins gourmandes en énergie que des itinéraires classiques. Il faut arrêter d'opposer le bio et le conventionnel. Il s'agit du même métier, avec les mêmes contraintes et la même passion qui anime les agriculteurs. La bio fait évoluer le conventionnel et inversement. Reconnaissez au moins le mérite à la philosophie du bio d'avoir posé les questions de la qualité, de la santé, du bien-être animal, et du revenu des agriculteurs. Sans cela, pas sûr que le modèle agro-alimentaire dominant se remette en question

23 mars, 00:26 - Laurent Pahpy

Cher Monsieur,
Comme je l'explique dans le rapport, je ne suis pas sûr qu'il faille se féliciter que l'AB soit plus intensive en main d'oeuvre. De la même manière qu'il ne serait pas souhaitable de revenir au labour manuel, même si cela créerait des centaines de milliers d'emplois agricoles.
Bien cordialement,
Laurent Pahpy

11 juillet, 17:07 - Zygomar

".....moins gourmandes en énergie que des itinéraires classiques….."

>>> Sauf que, en raison de la moindre efficacité (indiscutable) des produits "naturels" utilisés par l'AB (si, si, c'est la vérité vérifiée), il faut passer et repasser et repasser (ça dépend évidemment de la pression des problèmes) pour obtenir un effet acceptable, conserver une certaine qualité et ne pas perdre toute la récolte…. Donc +tracteur = + de carburant + de CO2 et associés + tassement du sol….
Tout n'est pas rose dans le bio...

- Répondre -

la Bio c'est l'avenir de l'homme et de la femme !

le 21 mars, 15:24 par myrdhinn

Un article bien sourcé mais malheureusement très très (mal) orienté...les producteurs Bio touchent beaucoup moins d'aides que les conventionnels. En effet, les aides PAC furent calculées à partir d'une référence historique : plus on produit, plus on touche...de d'écrire et de titrer "Agriculture BIO : tromperies subventionnées" n'est pas sérieux...Les bénéfices nutritionnels et environnementaux de l'A.B ont été démontrés également dans plusieurs publications inter-nationnales*...J'invite les rédacteurs (lobbyistes anti-Bio sans doute) à méditer sur cette citation d' un économiste bien connu, Kenneth Boulding : "Celui qui croit qu’une croissance infinie peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste"

*(1) Baranski, M. et al. (2014) Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops : a systematic literature review and meta-analyses. British Journal of Nutrition, 18 p

(2) Lairon, D. (2009). La qualité des produits de l’agriculture biologique. Innovations Agronomiques, 4, 281-287.

(3) « Organic Production Enhances Milk Nutritional Quality by Shifting Fatty Acid Composition : A United States–Wide, 18-Month Study », 2013

(4) Ouvrage « Manger bio, c’est mieux ! Nouvelles preuves scientifiques à l’appui », Claude Aubert, Denis Lairon, André Lefebvre, 2012

(5) “Quality of plant products from organic agriculture” Rembialkowska, JSFA, 2007

(6) « Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique », AFSSA, 2003

(7) Communiqué de presse Nutrinet-santé du 18/10/2013

23 mars, 00:36 - Laurent Pahpy

Bonjour,
Les exploitations en AB touchent plus de subventions à l'hectare, par tête ou par unité de produit que l'AC. Vous trouverez la source de l'INSEE dans la bibliographie du rapport.
Je me suis aussi appuyé sur la première étude que vous citez (Baranski 2014) et les différences observées sont marginales et sans intérêt d'après plusieurs experts en nutrition.
La citation sur la croissance infinie dans un monde fini témoigne d'une méconnaissance des mécanismes de production de la valeur. Ces derniers consistent à réinventer sans cesse l'usage que l'on fait de ressources qui, elles, sont en effet rares et limitées. Les possibilités d'usage et d'allocation des ressources sont, elles, infinies. C'est donc l'innovation qui permet la croissance. Cf Julian Simon, The Ultimate Resource, qui n'a pas été contredit par les faits, contrairement aux prévisions ratées du Club de Rome et de tous les néomalthusiens qui nous prévoient la fin du monde sous peu.
Bien cordialement,
Laurent Pahpy

11 juillet, 17:11 - Zygomar

"....J'invite les rédacteurs (lobbyistes anti-Bio sans doute)….

>>>> Ah ! L'"argument" du désespoir et du mépris…. Si vous n'êtes pas dans ma ligne de pensée c'est que, ou bien vous n'y connaissez rien ou bien vous êtes vendu et/ou acheté par une industrie ou un "lobby"....

- Répondre -

Depuis que je mange bio

le 4 mai, 14:51 par Vincent

On est certes alimentés de toutes part par des rapports pseudo scientifiques et les lobbys des uns sont, on le sait, toujours prompts à dénoncer les lobbys des autres.
Pour ma part, je mange bio par goût, j'y ai enfin retrouvé la vraie saveur des aliments, je n'ai plus la bouche qui "pique" quand je croque dans un fruit et ce n'est pas fortuit.
Donc j'ai bien l'intention de continuer.

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