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OGM : quand les services de l’Etat font de la désinformation

jeudi 14 janvier 2021, par Aymeric Belaud

Le 5 janvier dernier, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) s’est fendue d’un tweet alertant sur les dangers, pour l’environnement et la santé, des semences génétiquement modifiées.

Il est très grave qu’un organe d’Etat produise et mette en avant de fausses informations. Les OGM mis sur le marché dans bien d’autres pays ne sont pas dangereux pour la santé et l’environnement, plusieurs études scientifiques le démontrent.

Les OGM ne sont néfastes ni pour l’environnement, ni pour la santé

Certains fantasmes hantent toujours une partie de la population française au sujet des organismes génétiquement modifiés. Cela est notamment alimenté par des études choquantes ultra-médiatisées mais qui se révèlent en grande partie mensongères. Et il est bien, contre les arguments émotionnels des néo-malthusiens, de rappeler les faits scientifiques.

Depuis que les premières plantes OGM ont été développées et autorisées à la culture, aucun effet nocif sur la santé ou sur l’environnement n’a pu être scientifiquement établi. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il est improbable que les plantes OGM commercialisées présentent un quelconque risque pour les humains. De même, il n’a jamais été scientifiquement démontré que leur consommation par le grand public, dans les pays où elles ont été homologuées, ait eu un quelconque effet délétère.

Dans un rapport daté de 2005 intitulé « Biotechnologie alimentaire moderne, santé et développement », l’OMS montrait que les aliments génétiquement modifiés peuvent même renforcer la santé et le développement ! Elle précisait que les OGM subissent tous, avant commercialisation, des évaluations de risques plus drastiques encore que les aliments traditionnels. Et à ce jour, la consommation d’OGM n’a pas provoqué d’effets indésirables connus sur la santé.

Un autre rapport de 2012 nommé « Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées », issu du programme national de recherche « PNR59 » réalisé par le Fonds national suisse, portait sur une trentaine de projets de recherches menés sur 4 ans. Il concluait que les plantes génétiquement modifiées ne sont pas nuisibles pour la santé humaine ou pour l’environnement.

En 2013, une équipe de chercheurs italiens a publié une analyse de 1783 études sur la sécurité des cultures OGM. Elle a établi que la recherche scientifique n’a détecté aucun risque important lié à l’utilisation de ces cultures.

En 2016, un rapport du National Academies of Sciences, Engineering and Medecine (NASeM, l’Académie scientifique collective nationale des États-Unis) allait dans le même sens : il n’y a aucune évidence que les aliments issus des cultures OGM soient moins sûrs que les aliments conventionnels. Aucune différence significative n’a pu être trouvée pour la santé entre une alimentation génétiquement modifiée et une alimentation conventionnelle.

Enfin, en 2020, une étude publiée dans PLOS ONE n’a révélé aucun effet indésirable du maïs transgénique MON 810. Par ailleurs, elle prouvait que la culture de ce maïs OGM entraîne une réduction significative de l’utilisation des pesticides, une protection efficace contre les ravageurs, et même des cultures plus saines et plus productives que le maïs conventionnel.

La France et l’Europe à l’écart du monde

En 2018, 90,5 % de la superficie mondiale cultivée (191,7 millions d’hectares) se répartissait dans 5 pays : les États-Unis avec 39 % de la superficie mondiale, le Brésil avec 26 %, l’Argentine 12,5%, le Canada 7 % et l’Inde 6%. Toujours en 2018, au niveau mondial, 26 pays cultivaient des OGM et une majeure partie de certaines cultures était génétiquement modifiée. Ces chiffres ont peu bougé depuis : 78 % du soja mondial est OGM, 76 % du coton, 30 % du canola et 29 % du maïs.

Le continent européen est à l’écart du reste du monde. Une seule plante génétiquement modifiée est aujourd’hui cultivée au sein de l’UE : le maïs MON 810. Mais seules l’Espagne (124 227 hectares en 2017) et le Portugal (6 344 hectares) en produisent. Il faut savoir que même si Bruxelles autorise la production d’un OGM, les Etats membres peuvent s’opposer à sa culture sur leur sol. C’est le cas de dix-sept pays, dont bien évidemment la France, qui justifie cela par une « exception géographique »...

L’Europe est isolée sur la question des OGM. La France encore plus. Alors qu’au niveau mondial, la production ne cesse d’augmenter chaque année. Même Cuba vient d’autoriser la culture d’OGM afin de faire face à une pénurie chronique d’aliments de base.

Interdiction des cultures OGM, mais importation massive

Une seule culture est autorisée, donc, dans quelques pays membres. Mais l’UE donne son feu vert à l’importation et la commercialisation... d’une soixantaine de produits OGM ! Ils sont majoritairement destinés à l’alimentation animale (soja), mais aussi utilisés pour l’industrie textile (coton), les biocarburants (colza, maïs) et, dans une faible proportion, l’alimentation humaine. Les OGM étrangers seraient meilleurs que les européens sans doute.

Et cette importation est considérable : plus de 30 millions de tonnes de soja transgénique (parfois étiqueté bio) entre 2013 et2015, soit 85 % du total du soja importé ! On est entre 0,5 et 3 millions de tonnes pour le maïs et 0,5 million de tonnes de colza transgénique.

Les OGM sont l’avenir de l’agriculture

Avec une population mondiale qui ne cesse de croître, des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, des périodes de sécheresse plus nombreuses et plus dures, la culture OGM semble être l’avenir de nos champs.

Consommant moins d’eau, étant plus résistant aux parasites, nécessitant moins de produits phytosanitaires, l’OGM est la culture écologique. Qui plus est, elle permettrait de garantir, outre la récolte, un niveau de revenus décent pour les cultivateurs dépendants, plus que tout autre profession, des aléas climatiques. Sur la période 1996-2018, les cultures OGM ont augmenté les revenus agricoles de 225 milliards de dollars, soit une hausse du revenu de 96.7 dollars à l’hectare ! On a pu grâce à elles réduire les émissions de carbone et l’utilisation des pesticides, tout en limitant l’expansion des terres pour l’agriculture [1].

Des gains pour les producteurs, mais aussi pour la planète. L’avenir de l’agriculture passera par l’innovation technique et scientifique. Et les OGM deviendront incontournables.

Sources :
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/recherche-de-la-presence-dogm-dans-les-semences-des-grandes-cultures
http://www.ogm.gouv.qc.ca/sante_et_environnement/sante/risques_potentiels/sante_risques.html
http://www.ogm.org
http://www.ogm.gouv.qc.ca/ogm_chiffres/principaux_producteurs.html
http://www.ogm.gouv.qc.ca/ogm_chiffres/importance_cultures.html
https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/21/l-europe-cultive-tres-peu-d-ogm-mais-en-importe-beaucoup_5260430_3244.html
Biotechnologies Végétales infos, numéro 22, 4e trimestre 2020.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/OGM-quand-les-services-de-l-Etat-font-de-la-desinformation

[1Biotechnologies Végétales infos, numéro 22, 4e trimestre 2020.

Vos commentaires

  • Le 17 janvier à 20:20, par Paul En réponse à : Vaccin ARM

    Contradiction française : on interdit les OGM alimentaires mais on valide pire ceux des virus avec le nouveau vaccin Covid avec du ARM modifiant le virus. C'est donc bien un OGM. Et ce dernier est injecté directement dans le corps sans filtrage de la digestion.

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