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Le BAC, l’OCDE et la vérité sur les inégalités et la croissance économique

En juin 2013, pour les filières économiques et sociales, plusieurs sujets proposés aux élèves étaient orientés idéologiquement : le document soumis aux candidats était un Tableau des Français divisés en déciles montrant les inégalités de patrimoine et les poussant à invoquer l’intervention de l’Etat afin de corriger ces inégalités. Un autre sujet demandait aux candidats de « montrer que les conflits sociaux pouvaient être un facteur de cohésion sociale ». Cette année, l’Education nationale récidive avec un sujet intitulé « Dans quelle mesure l’action des pouvoirs publics est-elle efficace pour lutter contre les inégalités ? » et comportant quatre documents.

Parmi ceux-ci, un tableau avec les niveaux de vie annuels avant et après redistribution, un autre sur l’évolution des indicateurs de pauvreté en France et un tableau avec l’espérance de vie à 35 des hommes selon leur catégorie socioprofessionnelle. De manière prévisible, l’espérance de vie des cadres est plus importante (6 ans) que celle des ouvriers. Mais pourquoi n’a-t-on pas comparé l’espérance de vie entre ceux qui travaillent dans le public et ceux du privé ? Sujet tabou en France mais la différence est encore plus importante que celle entre le cadre et l’ouvrier… Dans un autre document de la dissertation, on fait comprendre aux candidats que le taux de croissance économique à long terme ne dépend pas de la croissance du progrès technique « inexpliquée » ( ?) mais surtout des politiques éducatives, grâce à « l’impulsion donnée par une intervention publique ». Enfin, un document reprend un texte de Jacques Généreux, ancien secrétaire national à l’économie du Parti de Gauche.

La pauvreté ne cesse de baisser dans le monde

Proposer ces sujets n’a rien d’étonnant dans un pays avec 3.5 millions de chômeurs et qui attend encore des miracles de la part de l’Etat. Ce qui est inadmissible c’est l’approche biaisée en suggérant aux élèves la réponse à donner : c’est bien le rôle des pouvoirs publics d’intervenir et de remédier à la situation sociale difficile. La lutte contre les inégalités est, en effet, devenue l’arme fatale chez les politiques qui, de cette manière, arrivent à faire passer au second plan leur terrible échec contre le chômage. Il faut dire que dans ce « combat » ils s’appuient sur les travaux de M. Piketty, le Pierre Bourdieu de l’économie et aussi sur différents rapports émis par des organismes français ou internationaux. Les tromperies de Piketty sont révélées dans notre ouvrage qui vient de paraître et dans lequel nous montrons qu’en réalité le monde n’a cessé de s’enrichir depuis les années 1970 et que la grande pauvreté a continuellement perdu du terrain : en 1981, 50 % des individus habitant dans les pays en développement gagnaient moins d’1 euro par jour. Ce pourcentage a baissé de 33 points en 2012 : seulement 17 % des personnes vivant dans les pays en développement gagnent moins d’1 euro (constant) par jour. C’est encore beaucoup mais c’est beaucoup moins qu’il y a 30 ans. De même, on montre que les super-riches (les 0.01 %) attaqués par Piketty sont en réalité des entrepreneurs (70 % d’entre eux) qui créent des millions d’emplois.

L’OCDE se trompe : l’interventionnisme et la redistribution ne contribuent pas à la hausse du PIB

Plus grave encore est le fait qu’une organisation internationale comme l’OCDE se met à publier des Etudes et des Rapports qui vont dans le même sens et avec la même approche faussée. Dans le Rapport intitulé « Pourquoi moins d’inégalités peut profiter à tout le monde » (juin 2015), les auteurs affirment que la hausse des inégalités entre 1990 et 2010 aurait fait baisser le taux de croissance dans les Etats membres de l’OCDE d’environ 4.7 % en moyenne. Le Rapport incite donc les Etats membres à accélérer leurs politiques publiques afin de réduire les inégalités. Un article de Matthew Schoenfeld, analyste chez Driehaus Capital Management, et publié dans le Wall Street Journal (14 juin) montre exactement le contraire. En prenant les données de la Banque Mondiale, l’auteur montre qu’entre 2011 et 2013, les 5 pays - Israël, Etats-Unis, Turquie, Mexique et Chili - les plus inégalitaires de l’OCDE ont connu une croissance économique 5 fois plus forte (3.9 %) que les autres pays membres (0.84 %).

Un autre exemple donné dans cet article est celui de la Grèce dont les inégalités ont augmenté de 6 % entre 1999 et 2012. Et pourtant, durant cette période, la Grèce a été aussi le pays qui a redistribué le plus et dont l’économie s’est écroulée en 2010 ! Un pays comme le Chili, considéré comme le plus inégalitaire, affiche le plus fort taux de croissance du PIB (4 % en moyenne) durant la même période. Et c’est aussi le pays dans lequel le taux de pauvreté a baissé le plus : 6 % entre 2007 et 2011. En réalité, contrairement à ce que soutient le rapport de l’OCDE, plus d’interventionnisme public (et donc plus de dépenses publiques) est néfaste pour la croissance économique. Entre 1995 et 2012, les pays membres de l’OCDE qui ont augmenté leurs dépenses publiques ont connu un taux de croissance de 30 % inférieure aux pays qui ont préféré baisser leurs dépenses.

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Messages (3)

Ah, ce terme "inégalité...

le 29 juin 2015, 18:57 par Pi Bre

"montrant les inégalités de patrimoine et les poussant à invoquer l’intervention de l’Etat afin de corriger ces inégalités.".

Toujours ce terme "inégalité", repris systématiquement par les journalistes, les hommes politiques, de "droite" comme de "gauche", tombant dans le piège d'un axiome dans lequel ils plongent pour le plus grand bien de la doxa gauchiste.

En effet, prenons la cigale et la fourmi : la fourmi devrait donc, à l'issue de l'été, accepter, contrainte ou pas, de verser une partie de ses réserves acquises par un dur labeur à la cigale ayant vécu un été de tout repos, vivant de différentes aides. Afin que les deux protagonistes soient à la tête d'un patrimoine de valeur semblable...

De grâce, faisons attention. Il existe des synonymes n'entraînant pas l'écrivain et le lecteur sur le chemin d'une pensée égalisatrice pernicieuse. Les mots "différence", "disparité" peuvent être employés sans tomber dans l'égalitarisme forcené si cher à la "gauche"...

- Répondre -

LEURRES ET MYSTIFICATIONS : UNE SPECIALITE PUBLIQUE !

le 29 juin 2015, 23:20 par Lexxis

Plus d'interventionnisme public ? le Crédit Lyonnais, avec la fine fleur de l'Inspection des Finances ! Plus d'interventionnisme public ? Areva ! Plus d'interventionnisme public ? Ce n'est en tout cas pas l'affaire Cahuzac qui garantit l'intégrité de la redistribution publique ! Plus d'interventionnisme public ? vive les Ecomouv en tout genre !

L'efficacité publique ? L'incapacité de l'Etat sur plus de dix ans à concevoir et réaliser un logiciel de paye universel pour sa fonction publique. L'efficacité publique ? la pagaille récurrente du Régime Social des Indépendants et le fiasco complet du logiciel de paye Louvois pour les Armées. L'efficacité publique : les 35 heures dans les hôpitaux !

La réduction des inégalités grâce à l'Etat : il n'y a rien de plus inégal que les retraites du privé et celles du public. La réduction des inégalités grâce à l'Etat : le naufrage des évaluations par l'Administration de la base cadastrale des impôts locaux qui avantagent depuis trente ou quarante ans les propriétaires des appartements rénovés après 1970 des centres-villes ! Par ailleurs, les avantages en nature du secteur public industriel (EDF, SNCF, Air France etc) sont systématiquement et souvent outrageusement (cf. Cour des comptes !) sous-estimés, sans qu'apparemment cela ne gêne aucunement ni le fisc, ni la Sécurité Sociale !

En plus, on ne l'enseigne évidemment pas à l'Education Nationale, mais en France, la (haute) fonction publique s'est emparée du contrôle de l'Etat, alors qu'elle a fait serment de le servir. Comment avec ce conflit d'intérêt flagrant, peut-on attendre de la puissance publique qu'elle lutte contre des inégalités, à chaque fois - et c'est souvent ! - que les intérêts de la fonction publique sont en cause ?

Par contre ce que l'Education Nationale sait faire et ce qu'elle fait, c'est de biaiser les sujets d'examen en transformant pitoyablement des sujets de dissertation économique en de viles opérations de propagande et de récupération doctrinale, reposant au surplus sur des bases complètement fausses.

De toute manière, on sait depuis un certain temps avec les classements internationaux la valeur comparée de notre merveilleux outil Et l'engouement pour l'enseignement privé est la réponse de tous ceux qui craignent justement pour leurs enfants cette égalité par la médiocrité (cf Académie Française) qui devient l'objectif d'une structure de défaisance, qui a préféré la commodité du nivellement à l'ambition du progrès !

Voici un début de commentaire original, qui aurait sans nul doute valu à son auteur les joies du redoublement, comme si deux années d'enfer pouvaient enfin ouvrir les portes du Paradis !

- Répondre -

Economie en seconde...

le 6 juillet 2015, 13:30 par Picsou 75

Dans le manuel scolaire officiel d'économie en seconde :

Il est clairement "démontré" ici que la solution pour faire baisser le chômage, c'est d'augmenter les salaires afin que les consommateurs achètent plus, créant ainsi des emplois dans les entreprises…
Les élèves avaient un devoir à rédiger sur ce thème (c'est ainsi que j'ai découvert ce manuel…), en s'appuyant sur le texte de l'économiste Jacques Généreux, surtout connu par ailleurs comme étant un des membres éminents du Front de Gauche.

Page suivante la conclusion du chapitre est du même genre :
"en utilisant les notions suivantes, expliquez pourquoi un salaire décent permet de lutter contre le chômage : pouvoir d'achat, salaire, consommation, demande, emplois"

Tous les discours de gauche/extrême gauche sont ici repris intégralement, sans la moindre contradiction…
Avant de remonter la pente, et d'éduquer les élèves à la réalité de l'économie, il y a du chemin à faire !
C’est bien au niveau des idées qu’il faut se battre d’abord, avant d’espérer remporter la victoire ensuite.

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