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UberFiles : entre réglementation excessive et fin d’un monopole

par Adélaïde Motte

Le sujet défraie la chronique depuis quelques jours : Emmanuel Macron, lorsqu’il était ministre de l’Economie, aurait aidé Uber dans sa tentative de dérégulation du marché. Des documents internes montrent des tractations entre l’ancien locataire de Bercy et l’entreprise de VTC. Une déréglementation qui ne plaît pas à certains, notamment LFI. Alexis Corbière estime ainsi que ce “pacte secret” est “très grave”, quand bien même les électeurs de LFI sont sans doute nombreux parmi les clients d’Uber… et ses chauffeurs.

Les membres du gouvernement travaillent donc à soutenir leur président et Bruno Le Maire affirme notamment que le ministre de l’Economie doit “faire en sorte qu’il y ait de la concurrence sur un certain nombre de marchés pour que nos compatriotes puissent payer moins cher un certain nombre de services ». Quoiqu’ironique dans le pays de la SNCF, de la RATP ou de la Sécurité sociale, la phrase est plutôt sensée, d’autant que le monopole n’est pas réellement cassé. En 2014, le Conseil constitutionnel refusait d’élargir le monopole des taxis aux chauffeurs VTC, à l’époque regroupés sous le terme de “maraude électronique”. Cela signifie que seuls les chauffeurs de taxis peuvent conduire au hasard des rues et attendre qu’un nouveau client leur fasse signe. Les chauffeurs VTC ne peuvent trouver leur clientèle que par réservation sur un site internet ou une application.

Le monopole existait, et il fallait le casser, d’où l’intérêt de la venue d’Uber, puis de nombreux autres concurrents. Avant leur entrée sur le marché, les Parisiens n’étaient servis que par 15 600 voitures, contre 60 000 pour les New-Yorkais et 70 000 pour les Londoniens, en comptant les taxis et les voitures de réservation. Aujourd’hui, Uber emploie plus de 30 000 chauffeurs en France et ces 10 dernières années, plus 70 000  chauffeurs VTC ont utilisé la plateforme. Et 5 millions de passagers utilisent aujourd’hui Uber en France, par rapport à 14.000 il y a dix ans.

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4 commentaires

CLEMENT 13 juillet 2022 - 9:31

Proverbe chinois : quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt !
La question n’est pas de savoir s’il fallait « accompagner » UBER dans ses efforts pour contourner la réglementation française – encore que… – mais de savoir s’il est normal qu’un ministre agisse en solo, en contradiction avec l’équipe gouvernementale et le président de la République. Chacun pense ce qu’il veut de Macron mais le livre de Davet et Lhomme, « Le traître et le néant » est une mine d’or… Je sais bien que l’intelligence pousse au cynisme face au spectacle de la vie politique… Mais enfin, il faut bien des chevaliers blancs !

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Obeguyx 13 juillet 2022 - 9:56

Ah, Paris. Ses taxis, ses rats, son insécurité et j’en passe. Pourquoi toujours Paris et les grandes villes ? Avez-vous un tant soit peu conscience des désastres causés en milieu rural et urbain avec votre libéralisation à outrance ? La réglementation aurait due évoluée (certes aurait dit Chef Chaudard), mais de là à tout faire exploser. Encore une fois les techniques socialistes ont fait leurs preuves en ne prenant pas de gants, comme d’habitude.

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Picot 13 juillet 2022 - 3:45

Concurrence déloyale organisée. La licence de chauffeur de taxi est très chère et Uber s’en dispense. Mr Macron a violé les propres règles de son pays. Il proclame avoir créé des emplois? Faux, il a enrichi une société américaine sans se soucier de la loi Française. Sur Alstom il y a aussi beaucoup à dire. Il paraît qu’il y aurait une enquête à ce sujet. Si c’est vrai, elle est au pont mort. Question : Macron est il au service de la France et des Français? A l’évidence la réponse est non.

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Nicolas Lecaussin 13 juillet 2022 - 7:31

Non, il a ouvert à la concurrence un monopole et a changé les réglementations sur les licences de taxi
NL

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