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Les casseurs à la casse

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La violence devient banale et l’Etat apparaît impuissant. Les djihadistes justifient leurs crimes au nom de leur foi. Les black blocs viennent dans les manifestations, à la bassine de Sainte-Soline ou dans les manifestations urbaines, pour tuer avec des projectiles et instruments létaux comme des boules de pétanque ou des haches. Ils se prévalent plutôt de l’extrême gauche en criant leur haine du capitalisme, des gouvernements, des forces de l’ordre et de la mondialisation. Et l’Etat, démuni, laisse les gendarmes et policiers reculer devant les casseurs.

Bien sûr, ça n’est pas nouveau ! Depuis le XIXème siècle des courants anarchistes ou plus ou moins marxistes prônent des formes d’action insurrectionnelles et illégales. Mais ces violences ne sont pas qu’un défoulement de jeunes drogués ou de petites frappes en mal de larcins. Ceux-ci, même quand ils croient avec Bakounine que « La passion de la destruction est une passion créatrice », sont instrumentalisés par ceux qui font de la violence une arme politique. Déjà les révolutionnaires de 1793 propageaient la terreur et le despotisme au nom de la vertu et du bonheur d’un peuple idéalisé. Saint-Just admirait Brutus ayant décidé d’assassiner César « sans autre formalité que vingt-trois coups de poignard et sans autre loi que la liberté de Rome ». Marx, Engels et Lénine ont ensuite théorisé la violence.

Pour Engels, la violence est « l’accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs, […] l’instrument grâce auquel le mouvement social l’emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes. » (Anti-Dühring, fin du chapitre IV, 2). Marx pense qu’une révolution violente est inéluctable. Il écrit avec Engels dans le Manifeste communiste (1847) qu’il faudra que «  le prolétariat fonde sa domination par le renversement violent de la bourgeoisie. » Pour sa part, Lénine, dans L’Etat et la Révolution (1917), observe que l’État est un « pouvoir spécial de répression » exercé contre le prolétariat par la bourgeoisie auquel il faut « substituer un « pouvoir spécial de répression » exercé contre la bourgeoisie par le prolétariat (la dictature du prolétariat) ». Les déboires du communisme n’ont pas éteint ces élans chez ceux qui en font une mystique. On se souvient de Sartre disant en 1972 à propos de la Révolution française : « Un régime révolutionnaire doit se débarrasser d’un certain nombre d’individus qui le menacent et je ne vois pas là d’autre moyen que la mort ; on peut toujours sortir d’une prison ; les révolutionnaires de 1793 n’ont probablement pas assez tué. » (n° 28 du magazine Actuel, février 1973). Jean-Luc Mélenchon a, lui, approuvé les violences perpétrées sur deux cadres d’Air France et dit au micro de Jean-Jacques Bourdin, le 13 octobre 2015 : « Moi je dis aux gens : recommencez ! ». Il a récidivé, notamment en considérant à plusieurs reprises que «  la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine…». Ne nous leurrons pas, aujourd’hui il souffle sur les braises des casseurs avec ses acolytes de LFI et autres NPA pour allumer une révolution. C’est aussi dangereux qu’inadmissible.

La violence illégitime

Ces gens-là veulent la guerre à mort contre la démocratie libérale. C’est une lutte contre la civilisation. Car celle-ci est née en contingentant la violence d’abord dans une règle d’égalité des maux transcrite par la règle « œil pour œil, dent pour dent », fixant réparation du préjudice à un dommage équivalent plutôt que de laisser cours à la libre vengeance. Puis la loi du talion évolua au travers de compensations prévues en argent par les premiers codes mésopotamiens au début du deuxième millénaire avant notre ère. Le droit venait ainsi régenter et apaiser la société. Depuis, la guerre elle-même a été reconnue comme injuste sauf quand elle relève d’une « juste cause », en cas de légitime défense, pour réparer un tort ou une injustice grave. Elle doit être proportionnée à l’attaque, nécessaire à la survie d’un peuple, dépasser les intérêts matériels, le prestige ou l’influence…

Bien sûr la difficulté rappelée par Julien Freund est que « Tout régime se considère comme le plus juste, le plus capable et le plus approprié et il dure aussi longtemps que les gouvernés le considèrent comme tel. Il n’est pas faux, par conséquent, de voir dans le droit de résistance une lutte entre deux arbitraires que la puissance départagera. Mais on comprend aussi sans peine que le commandement qui a réussi à s’installer dans la bonne foi de son arbitraire condamne le droit de résistance qui par son arbitraire lui rappelle le sien propre. S’il en est ainsi, la violence est au cœur du politique et il semble exclu qu’il puisse se débarrasser, avec le temps, de ce péché originel. » (L’essence du politique, Sirey, 1965, p. 189). En ce sens, toute politique est confrontée à l’usage de la force de la part de ses adversaires qui considèrent que leur violence est juste et nécessaire, même si c’est au prix de sophismes introuvables. C’est le problème que rencontrent toutes les démocraties qui par nature sont spontanément tolérantes à l’égard des groupes violents révolutionnaires ou religieux. Mais ces violences qui sous-tendent des guerres idéologiques sont d’autant moins justifiées que la démocratie leur laisse le droit et les moyens de démontrer la valeur de leur politique et d’accéder légalement au pouvoir.

Les démocraties libérales ont donc toute légitimité pour user, dans le respect du droit et avec mesure et proportion, de la violence afin de se défendre de la violence de ceux qui échouent à démontrer l’intérêt de leurs idées dans le débat et dans les urnes. Elles y sont obligées pour éviter le retour de la barbarie et faire respecter la liberté individuelle, ce qui est leur premier devoir. Elles n’ont à avoir ni scrupules ni pusillanimité. Sauf bien sûr à être d’abord capable d’expliquer pourquoi les violences des casseurs sont injustes, une nation démocratique doit savoir soutenir ses gardiens de l’ordre et mettre les casseurs à la casse. A cet effet, il faut renforcer nos moyens légaux, humains et matériels contre la violence.

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7 commentaires

JR 16 avril 2023 - 9:40

Bonjour, les gouvernements successifs ont profité de cette force occulte, mais dont les identités sont parfaitement identifiées, pour casser les mouvements dits sociaux. Il ne serait pas difficile de coffrer cette bande de crevure et de les faire réparer les dégâts. Remarque totalement indépendante du bien-fondé ou non d’une réforme . Merci. Bien à vous

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Goufio 17 avril 2023 - 6:13

Ces démonstrations de casse, sont tolérées que par des esprits de gauche. Nos gouvernants avancent masqués mais tous leurs actes sont de gauche

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Jean Guicheteau 17 avril 2023 - 7:07

Ils sont contre le capitalisme soit-disant, mais le CAC 40 ne s’est jamais aussi bien porté ! Tous les désordres qu’ils provoquent, c’est le peuple le plus modeste qui en subit les conséquences : vitrines fracassées, transports publics à l’arrêt, pas d’essence pour aller travailler, aéroports fermés, aubettes de bus détruites, poubelles. jonchant les trottoirs… Nous sommes pris en otages par ces grévistes, manifestants et bloqueurs, la plupart privilégiés de la fonction publique, que nous payons pour être des permanents syndicaux à vie et des fauteurs de trouble. S’ils voulaient vraiment attaquer les capitalistes, ils bloqueraient l’aérodrome du Bourget, l’héliport d’Issy Les Moulineaux, le siège social de Total et l’entrée du RITZ ou du magasin FAUCHON.. Mais ils n’en font rien.

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Boisgontier 17 avril 2023 - 8:14

Cette démonstration est fort juste tant que l’on a affaire avec des esprits raisonnables, ce qui, hélas, n’est pas le cas des extrémistes ni, en l’occurence, d’une certaine gauche.

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rouzet 17 avril 2023 - 12:21

la gauche est par définition sectaire et intolérante, car l’homme de gauche sort de la cuisse de jupiter, paré de toutes les vertus pour expliquer à l’humanité toute entière comment elle devrait mener sa vie car lui est le grand sachant,
quelle rigolade, bon article qui résume tout…
on pourrait à profit leur appliquer une bonne « pinochet » qui lui avait bien compris comment éradiquer le problème. 3000 morts, 100 000 expatriés et voilà un pays nettoyé de ces parasites !!!

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Picot 17 avril 2023 - 3:48

Non Monsieur Delsol, l’État n’est absolument pas démuni. Il n’a pas la volonté politique de faire quelque chose, et ce n’est pas du tout pareil. La police connaît très bien l’identité de tous ces blacks blocks, mais elle a ordre de na pas intervenir. Donc le pouvoir est responsable du chaos. Pourquoi? C’est une question à creuser. Aux Pays Bas, par exemple, celui qui agresse des policiers se fait tirer dans les jambes à balles réelles paraît il. Et comme par enchantement la police n’est pas agressée. Quand on veut on peut.

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Astérix 4 mai 2023 - 9:13

Voila ce qui arrive lorsque l’on a des incapables qui nous gouvernent !

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