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Comment les pays vont-ils redresser leurs économies après le COVID-19 ?
Analyse comparative

La crise du COVID est en passe d’être terminée et les pays se déconfinent. Mais la crise économique a frappé tout le monde et les gouvernements doivent réfléchir à la relance. La France se réfugie dans la dette, qui pourrait atteindre les 120 % du PIB en fin d’année.
Tous les pays accordent, par des aides, une part conséquente d’argent public au sauvetage des entreprises et au soutien des ménages. Elle peut même être très importante dans certains, qui ont des finances saines et qui contrairement à la France se sont réformés, , comme l’Allemagne ou les Pays-Bas. En plus des aides, des impôts ou taxes ont été diminués comme en Australie, en Allemagne et au Pays-Bas, ou normes assouplies comme aux Etats-Unis. L’Italie avec un déficit important, a décidé de diminuer des impôts pour les entreprises afin de relancer l’offre.
Emmanuel Macron et son gouvernement devraient s’inspirer des mesures économiques d’autres pays, et profiter de cette crise pour réformer en profondeur l’Etat qui a montré toutes ses faiblesses.

La crise semble presque terminée, le nombre de morts par jour baisse de plus en plus, et les Etats rouvrent progressivement leurs frontières aux touristes. Mais ce COVID-19 a provoqué une crise économique importante, plus grave encore que celle de 2008. Pour la France, Bruno Le Maire l’a affirmé début avril : « Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable ». Pas de réformes, donc, mais toujours la dette, solution depuis la fin des années 1970. Avec cette politique, la dette française cumulée va s’envoler à près de 120 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020 tandis que le déficit public va s’élever à plus de 9 % du PIB.
Emmanuel Macron, dans son annonce télévisée aux Français du dimanche 14 juin, a déclaré que la France avait fait plus et mieux que les autres pays. Oui, la France a eu plus de morts, plus de difficultés hospitalières, plus de pénurie de masques et de gel hydroalcoolique. Et pour la relance économique, elle fera plus de dépense publique, plus de dettes, plus d’assistanat. Mais ce n’est pas le chemin que vont emprunter d’autres pays où certes, des aides seront octroyées, mais destinées en priorité aux entreprises et accompagnées de baisses tous azimuts, d’impôts, de normes, de taxes. Alors qu’en France, on assure ne pas les augmenter, donc de ne pas les diminuer non plus.

I- Union Européenne et BCE

Union Européenne :

La France et l’Allemagne proposent un plan à 500 milliards d’euros afin de soutenir une reprise durable qui rétablisse et renforce la croissance dans l’UE. Elles prônent la création d’un Fonds de relance « ambitieux, temporaire et ciblé », selon les dires des deux chefs d’Etat, dans le cadre du prochain budget.
On évoque également une mutualisation de la dette. Qui plus est, « les pays bénéficiaires du plan de relance n’auront pas à rembourser les aides », précise le président Macron. En échange, ils devront adhérer à l’objectif du dit plan, qui est d’encourager la transition écologique et le numérique.
La réaction d’autres Etats ne s’est pas fait attendre. Les « Frugal four » (les quatre frugaux ou « les radins » pour les socialistes), se sont cabrés. L’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède se sont opposés tour à tour à un projet de budget puis aux coronabonds et maintenant au plan de relance de 500 milliards d’euros de transferts budgétaires aux pays les plus touchés par la crise du coronavirus.
Ces pays frugaux ont même présenté, le samedi 23 mai, une contre-proposition. Les plus grands contributeurs nets par habitant ne souhaitent pas (encore) délier les cordons de leur bourse pour des pays qui n’ont pas su réformer leurs systèmes comme eux l’ont fait. Les bons élèves de l’UE refusent une mutualisation de la dette, car ils en seraient (une fois de plus) perdants.
Ils préconisent une aide d’urgence pour les pays gravement touchés, sous la forme de prêts ponctuels soumis à conditions. Selon une proposition publiée par le bureau du chancelier autrichien Sebastian Kurz, l’argent de ces prêts devrait être orienté vers des activités qui contribuent le plus à la reprise, telles que la recherche et l’innovation, un renforcement du secteur de la santé et une transition verte.
En outre, les bénéficiaires devraient prendre « l’engagement ferme » de mettre en œuvre des réformes d’envergure et de respecter le cadre budgétaire imposé. Les quatre frugaux rejettent en ce sens, la proposition conjointe de Paris et Berlin qui projette d’augmenter le budget de l’Union européenne.
La Commission européenne, par l’intermédiaire d’Ursula von der Leyen, veut emprunter sur les marchés 750 milliards d’euros. Jamais dans l’histoire de l’Union, une telle somme n’a été levée.
Avec sa bonne image auprès des marchés et grâce aux pays du Nord soucieux d’orthodoxie budgétaire, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, la Commission peut emprunter à des taux d’intérêt peu élevés. Une aubaine pour les pays du Sud, comme l’Italie et même la France, dont la dette publique va exploser.
Si le paiement des intérêts commencera dès 2021, le remboursement des sommes empruntées n’aura lieu qu’à partir de 2028 et devrait s’achever en 2058.
Pour rembourser la dette, la Commission propose de créer de nouvelles taxes levées dans l’Union afin de ne pas augmenter les contributions nationales des 27 dans le budget européen. C’est un argument pour tous les pays qui payent davantage qu’ils ne reçoivent, notamment les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et l’Autriche. Mais cela ne change rien pour le contribuable qui devra payer l’addition.
Parmi les impôts qui pourraient voir le jour, la Commission envisage une taxe carbone aux frontières de l’UE pour pénaliser les importations de produits fabriqués par des usines polluantes, un impôt sur les revenus des grandes entreprises, voire une taxe spécifique pour les sociétés numériques. Elle voudrait aussi récupérer une partie plus importante des revenus engendrés par les droits d’émissions de CO2.
Or, les tentatives pour instaurer des taxes européennes, fort heureusement, ont jusqu’ici échoué, comme ce fut par exemple le cas pour la taxe sur les GAFA. Elles nécessitent l’unanimité des 27 de l’UE.
Sur les 750 milliards d’euros, 500 milliards seraient redistribués sous forme de subventions qui ne seraient pas remboursées, comme le préconise le projet franco-allemand. Le reste serait sous forme de prêts aux États membres. Pour des pays aux finances exsangues comme l’Italie, ces dotations seraient les bienvenues, mais ce n’est pas l’avis des « quatre frugaux ».
Les pays du Sud comme l’Italie et l’Espagne seraient les principaux bénéficiaires avec respectivement plus de 172 milliards d’euros et 140 milliards d’euros. Ensuite vient la Pologne avec 64 milliards, et la France serait le quatrième bénéficiaire avec 39 milliards de subventions.
Néanmoins, pour obtenir ces soutiens financiers, les pays bénéficiaires devraient présenter un plan d’investissements et de réformes, censé être compatible avec les priorités de la Commission européenne, c’est-à-dire la transition écologique et numérique, ainsi que l’amélioration de la « résilience économique ». Ils devraient par exemple s’efforcer d’augmenter leur autonomie stratégique dans un certain nombre de secteurs, notamment vis-à-vis de la Chine en ce qui concerne la santé.
Les bénéficiaires des fonds devraient également tenir compte des recommandations de la Commission émises deux fois par an, lorsqu’elle encourage les pays membres à des réformes structurelles pour améliorer leur compétitivité.
Il n’est pas certain que ces conditions soient suffisantes aux yeux des « quatre frugaux », qui appellent régulièrement les pays du Sud à la discipline budgétaire et aux réformes.

Les ministres de l’Environnement autrichien, danois, italien, finlandais, letton, luxembourgeois, néerlandais, portugais, espagnol et suédois ont signé un texte appelant à ce que la relance économique prenne en compte les questions d’environnement et de climat. Ils appellent à une relance post-COVID « verte ».

BCE :
La Banque centrale européenne (BCE) sort les grands moyens pour soutenir l’économie de la zone euro face à la crise du coronavirus. Elle a décidé de renforcer et de prolonger son principal programme d’urgence, mais aussi de maintenir son principal taux d’intérêt à zéro.
Le programme de rachat de dette publique et privée « PEPP », introduit mi-mars avec une enveloppe initiale de 750 milliards d’euros, voit celle-ci augmenter de 600 milliards d’euros et a été prolongé jusqu’à fin juin 2021.
La BCE explique que l’expansion du PEPP assouplira davantage l’orientation générale de la politique monétaire, soutenant les conditions de financement dans l’économie réelle, en particulier pour les entreprises et les ménages.
La BCE a aussi indiqué qu’elle allait réinvestir à leur échéance les titres participant au PEPP et ce « au moins jusqu’à la fin 2022 ». Elle pourra aussi piloter ce stock d’actifs sur le long terme, comme elle le fait déjà pour son programme « QE » de rachats de dette mis en place en mars 2015.
Le principal taux d’intérêt a été maintenu à zéro, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50% sur les dépôts qu’elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients.
La présidente de l’institution, Christine Lagarde, a déjà tablé sur un recul du produit intérieur brut de la zone euro compris entre 8 et 12% cette année.

Regardons maintenant les différents plans de sauvetage de l’économie, ou plutôt de relance, pays par pays en commençant par les pays européens.

II- Les plans de relance pays par pays

Allemagne :
Pour contrer les retombées économiques du coronavirus, Berlin abandonne son engagement ferme en faveur d’un équilibre budgétaire. L’Allemagne alloue au moins 350 milliards d’euros (soit environ 10% de son PIB) pour soutenir la plus grande économie de la zone euro. Des fonds seront dépensés pour renflouer les entreprises en difficulté, notamment en accordant des prêts illimités et en prenant éventuellement des participations.
« Nous faisons tout ce qui est nécessaire », a déclaré la chancelière Angela Merkel. « Et nous ne demanderons pas chaque jour ce que cela signifie pour notre déficit. » Les responsables notent que l’Allemagne est prête à dépenser de manière agressive parce que le gouvernement a gardé ses finances sous contrôle ces dernières années, réduisant sa dette de plus de 80% du PIB en 2010 à moins de 60% aujourd’hui.
L’Allemagne a dévoilé le 3 juin un plan de relance de 130 milliards d’euros sur deux ans. Ce plan a pour ambition non seulement de soutenir l’offre, à travers la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée ou de nouvelles aides aux entreprises en difficulté, mais également la demande par des subventions aux familles ou encore une augmentation de la prime d’achat pour les voitures électriques.
Ce plan de relance s’ajoute ainsi à l’énorme plan de plus de 1 000 milliards d’euros mis en place en mars, au plus fort de la pandémie, prévoyant des aides aux entreprises et des milliards d’euros de prêts garantis. Parmi les mesures figurent la baisse temporaire de la TVA de 19 à 16 % (de 7 à 5 % pour le taux réduit) jusqu’au 31 décembre 2020 , des transferts de dettes des communes vers l’État fédéral, et une allocation unique de 300 euros par enfant pour les familles ou encore une baisse des coûts de l’électricité pour les particuliers. 25 milliards d’euros seront ainsi débloqués pour venir en aide aux entreprises le plus en difficulté.

Mais ce que fait l’Allemagne, la France ne peut pas le faire. La marge de manœuvre budgétaire française est beaucoup moins importante, étant donné que l’Allemagne a fait des efforts pour baisser sa dette de 20 points en dix ans. Avec un déficit public attendu à près de 11 % du PIB à la fin de l’année, contre 6 % pour l’Allemagne, l’Etat français peut difficilement se permettre les mêmes largesses.

Italie :
Le président du Conseil des ministres, Antonio Conte, avait annoncé lors d’une conférence le contenu du « décret relance ». Un décret-loi qui devra être confirmé par le Parlement prévoit des fonds d’un montant total de 55 milliards d’euros pour tenter de contrer la paralysie temporaire de l’économie nationale italienne. Les impôts des entreprises seront réduits pour une valeur de 4 milliards d’euros au total. Des réductions de loyers sont également prévues pour elles, ainsi que des réductions de loyers. La ministre de l’Agriculture veut aussi régulariser les travailleurs migrants qui sont nombreux à travailler dans les exploitations agricoles du pays. Le gouvernement italien envisagerait également une « prime de vacances » de 500 euros par famille afin de soutenir le secteur touristique. Cela s’accompagne de la décision d’ouvrir le pays le plus rapidement possible aux touristes étrangers, tout comme l’Espagne.
Au début de la crise, le gouvernement italien avait annoncé son intention de nationaliser la compagnie aérienne Alitalia.

Pays-Bas :
Le gouvernement hollandais a mis en place un plan de soutien à l’emploi de 20 milliards d’euros, avec notamment un dispositif de chômage partiel appelé « NOW ». Un autre dispositif, « TOZO », vient en aide aux auto-entrepreneurs avec une enveloppe de quasi 4 milliards d’euros.
Des mesures destinées à favoriser la trésorerie et les besoins en liquidités des entreprises ont été prises. Le dispositif de report et d’étalement de charges fiscales et sociales mis en place (impact budgétaire évalué à 36 milliards d’euros) est plébiscité par les entreprises, et semble être le plus généreux d’Europe. Plusieurs nouvelles mesures d’allégement de fiscalité pour les entreprises vont voir le jour ; elles sont estimées à 4 milliards d’euros avec notamment l’intégration anticipée de pertes dans les déclarations de revenus. Le gouvernement a également ouvert une enveloppe de 12 Mds € de garanties à l’assurance-crédit fournisseurs, renforcement des dispositifs de prêts garantis aux entreprises et de garanties de crédits export.
Une aide sectorielle d’urgence pour les secteurs les plus touchés est active. Un guichet d’urgence « TOGS » pour les secteurs les plus affectés par les mesures de restriction, a été lancé pour un montant de 1,7 Md €. Il est désormais remplacé par un dispositif de prise en charge des coûts fixes des PME, potentiellement plus généreux mais soumis à des conditions plus strictes. Des enveloppes spécifiques sont octroyées pour l’horticulture et les exploitations de pommes de terre (650 millions d’euros), pour le secteur culturel (300 Md €) et pour les médias régionaux et locaux (11 M €). Le gouvernement aide aussi ses start-up.
Un deuxième paquet de mesure a été annoncé le 20 mai dernier, concentré essentiellement sur la poursuite des mesures de soutien à l’emploi et aux revenus. Initialement prévu pour 3 mois de juin à août, ce paquet a été prolongé d’un mois jusqu’au 1er octobre. Le total des dépenses supplémentaires cumulé avec le premier paquet de 20 Mds € pourrait approcher 5% du PIB.
Le PIB au 1er trimestre n’a reculé que de -1,7% en Hollande.

Autriche :
En ayant pris des décisions fortes rapidement et en ayant agi dès le début de la pandémie, l’Autriche a pu relancer son économie très vite, autorisant la réouverture dès la mi-avril de certains commerces. Tous les autres ont pu rouvrir dès le 1er mai. Comme aux Etats-Unis, la reprise de l’économie a été accompagnée par la fin rapide du confinement.
Un vaste programme de chômage partiel (Kurzarbeit) a été adopté par le Parlement durant la crise. Mais ces dispositifs de chômage partiel sont également mis en œuvre par de nombreuses entreprises, sans que l’Etat intervienne dans leurs décisions.
Le Parlement autrichien a aussi adopté la création de plusieurs fonds de soutien pour les entreprises et les travailleurs indépendants. Au total, le gouvernement prévoit des dépenses supplémentaires d’un montant de 38 milliards d’euros, ce qui paraît raisonnable par rapport à d’autres pays. Il a promis de soutenir l’économie le plus possible et de sauver autant de postes de travail que possible. Il faut noter que l’augmentation de l’allocation de chômage et la création d’un fonds de soutien pour les employés, mesures réclamées par l’opposition de gauche, ont été refusées.

Royaume-Uni :
Le gouvernement britannique est prêt à faire des interventions qui seraient « sans précédent dans l’histoire de l’Etat britannique » pour soutenir l’économie, a déclaré le ministre des Finances Rishi Sunak début mars. Parmi ses mesures d’urgence, le Trésor s’est engagé à verser 80% des salaires des travailleurs pendant plusieurs mois pour empêcher les entreprises de recourir à des licenciements massifs. Il pourrait aussi rembourser les travailleurs indépendants pour la perte de salaire comme augmenter les allocations chômage. Aussi, le gouvernement pense à différer des paiements d’impôts. L’objectif sera aussi de soutenir les PME au travers d’un programme de prêts, mais aussi les organismes de bienfaisance en fournissant une aide de sauvetage.
La Banque d’Angleterre a abaissé son taux d’intérêt de référence à 0,5%, un niveau record, et a assoupli les exigences de fonds propres des banques. Dans un mouvement extraordinaire début avril, la Banque centrale a accepté de financer directement les dépenses du gouvernement pendant la crise, le libérant ainsi de l’obligation d’émettre de la dette sur le marché obligataire. Tout compte fait, les efforts de sauvetage pourraient voir la Grande-Bretagne dépenser plus de 400 milliards de livres, soit environ 15% du PIB.

Japon :
Comme certains de ses homologues occidentaux, le gouvernement japonais a adopté, pour relancer l’économie, un plan de secours massif d’une valeur de près de 1 billion de dollars. Le chiffre global équivaut à environ 20% du PIB du Japon, mais des analystes estiment que l’impact réel sur les dépenses sera beaucoup plus faible.
Les mesures de sauvetage comprennent des paiements en espèces aux citoyens et aux petites et moyennes entreprises, des prêts sans intérêt, des paiements d’impôts différés et des coupons de voyage et de tourisme.
Dans un contexte de volatilité des marchés à la mi-mars, la Banque centrale du Japon a annoncé qu’elle doublerait, pour atteindre plus de 100 milliards de dollars, ses achats annuels d’actions, d’obligations et d’autres actifs.

Etats-Unis :
Le gouvernement de Donald Trump a été fortement critiqué dans sa gestion sanitaire du COVID. En revanche, il a été crédité d’avoir agi de manière décisive pour stabiliser les marchés financiers. En mars, la Réserve fédérale a indiqué qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir l’économie et fournir des liquidités. Les actions historiques de la Fed ont notamment consisté à réduire les taux d’intérêt à près de zéro, à ramener les réserves bancaires à zéro, à acheter rapidement des centaines de milliards de dollars d’obligations du Trésor et de titres adossés à des créances hypothécaires, à acheter des titres de créance d’entreprises et des municipalités et à accorder des crédits d’urgence aux établissements non bancaires.
Sur le plan budgétaire, les législateurs ont adopté un plan de relance de 2 billions de dollars que certains analystes ont qualifié de prêt-relais pour sortir l’économie américaine de la crise. Il comprend des paiements directs allant jusqu’à 1 200 dollars aux particuliers, des centaines de milliards de dollars de prêts et d’aides aux entreprises, une augmentation des allocations chômage et un soutien aux hôpitaux et aux prestataires de soins de santé. « En fait, il s’agit d’un niveau d’investissement en temps de guerre dans notre pays », a déclaré le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. Ainsi, des dizaines de millions de familles américaines devraient recevoir un chèque de 1 200 dollars, plus 500 dollars par enfant, précise le New York Times. L’assurance-chômage sera allongée et élargie, y compris aux travailleurs indépendants. Quelque 377 milliards de dollars seront accordés aux petites entreprises, essentiellement sous forme de prêt, tandis que 500 milliards de dollars sont destinés aux “industries majeures” comme les compagnies aériennes, mais sous certaines conditions.
Donald Trump a signé un plan de relance à 2 200 milliards de dollars, du jamais vu.
L’administration Trump a d’ailleurs décidé, afin de relancer l’industrie américaine, de diminuer et d’assouplir bon nombre de normes, notamment environnementales.
Par ailleurs, les meilleures décisions pour sortir de la crise et favoriser la reprise économique ont été aux Etats-Unis de d’abolir les mesures de confinement et de fermeture d’entreprises le plus tôt possible. Cela s’est confirmé dès début juin. Le taux de chômage est passé de 14,7 % à 13,3 % de la population active en mai tandis que le pays a créé 2,5 millions d’emplois, le beau temps ayant favorisé le BTP.

Australie :
Afin de soutenir son économie durant la crise et de permettre une relance rapide et forte, le gouvernement australien a lancé un plan d’appui économique qui s’élève à 259 milliards de dollars australiens, soit 13,3% du PIB annuel. Des mesures fiscales ont également été annoncées et elles représentent 6,9% du PIB.
Le gouvernement soutient les entreprises et les employés par des aides, notamment en couvrant le coût des salaires pour les entreprises. Les bénéficiaires de diverses allocations recevront un supplément de 550 dollars par quinzaine. Pour les retraités, dont beaucoup investissent dans les marchés pour leurs retraites, un fonds de soutien a été créé afin de garantir d’éventuelles pertes. L’accès aux aides sociales est élargi et facilité. Des aides sont accordées aux entreprises sous forme de crédits, selon leur taille et le nombre d’employés. L’installation d’entreprises et l’investissement dans des sociétés seront également facilités par des démarches simplifiées et des coûts diminués. L’objectif est de soutenir l’investissement en réduisant de 6,7 milliards de dollars au cours des deux prochaines années les impôts payés par les entreprises. Le gouvernement soutient également l’apprentissage en prenant à sa charge 50 % du salaire des apprentis.
La Reserve Bank of Australia (RBA) a annoncé une aide aux banques. Elles auront accès à au moins 90 milliards de dollars de financement à un taux d’intérêt fixe de 0,25 %. Cela renforcera les avantages d’une réduction des coûts de financement pour les banques, ce qui contribuera à réduire les taux d’intérêt pour les emprunteurs. Afin d’encourager les prêts aux entreprises, le mécanisme offre aux banques un financement supplémentaire à faible coût s’ils développent leurs prêts aux entreprises, avec des incitations particulières s’appliquant aux nouveaux prêts pour les PME. En outre, la RBA a annoncé un nouvel assouplissement de la politique monétaire en réduisant le taux des liquidités à 0,25 %.

Brésil :
Le gouvernement brésilien a annoncé un plan de 147,3 milliards de reais (26 milliards d’euros). Cette somme servira à soutenir les petites et moyennes entreprises et les familles à bas revenus ainsi que les retraités, a indiqué le ministre de l’Économie Paulo Guedes lors d’une conférence de presse à Brasilia. Le gouvernement du président Jair Bolsonaro avait adopté un plan d’urgence de 5 milliards de reais pour le secteur brésilien de la santé.

Ce tour d’horizon nous a permis de constater que beaucoup de pays ont fait leurs choix sur une palette de solutions possibles : gros apports d’argent public pour le sauvetage des entreprises, diminutions d’impôts et de taxes, assouplissement d’un grand nombre de normes et de contraintes. La France, elle, a choisi de privilégier la dette... On peut prédire qu’elle va encore un peu s’enfoncer dans la crise, plus grave chez nous qu’ailleurs. Elle se relèvera plus tard que les autres, comme après 2008. Il faudrait souhaiter qu’elle profite de cette nouvelle épreuve pour réformer son système de fond en comble. Vœu pieux ?

Sources :
http://www.leparisien.fr/economie/c ...
https://www.lesechos.fr/monde/europ ...
https://fr.hespress.com/146833-ue-q ...
https://www.latribune.fr/economie/u ...
https://www.lefigaro.fr/conjoncture ...
https://www.challenge.ma/coronaviru ...
https://www.lepoint.fr/monde/allema ...
https://www.aa.com.tr/fr/monde/covid-19-%C3%A9tats-unis-le-d%C3%A9confinement-commence-dans-certains-%C3%A9tats/1825034
https://www.latribune.fr/entreprise ...
https://www.lemonde.fr/internationa ...
https://www.courrierinternational.c ...
https://www.courrierinternational.c ...
https://www.revolutionpermanente.fr ...
https://www.20minutes.fr/planete/27 ...
https://www.tresor.economie.gouv.fr ...
https://www.tresor.economie.gouv.fr ...
https://jean-jaures.org/nos-product ...
https://treasury.gov.au/sites/defau ...

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Messages (1)

rien qu'un catalogue sans analyse

le 7 juillet, 11:08 par Berlingen

bonjour,
pour le citoyen ordinaire il manque une analyse de cette liste de mesures ; pour moi, tous ces pays jonglent avec des millards, plus ou moins certes mais quand même ; déjà depuis des années les BCE etc injectent du fric à tout va avec un résultat médiocre voir négatif ;
alors cette fois on doit s'attendre à des miracles ? soutenir des entreprises en faillite avant le Covid me semble plus que douteux ;
il n'y avait pas une autre alternative ?

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