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Qui veut la peau des bons élèves ?

par Aliénor Barrière
Au mépris des souhaits des parents, la liberté de mettre les élèves dans des classes de niveau n’est pas reconnue en France. Pire, on leur fait la chasse.

♫ Des quotas, des quotas, encore des quotas ! ♫ Après les immigrés et les femmes, voici les lycéens boursiers. Et pas n’importe où s’il-vous-plaît, dans les deux meilleurs lycées de France : Henri IV et Louis le Grand. Oui, parce que le but des quotas n’est pas de permettre d’accéder à la normalité, mais bien de surclasser les individus en fonction des critère ethniques ou sociaux qu’ils remplissent.

Heureux êtes-vous si le revenu de vos parents est un SMIC, vous foulerez les pavés du Vème arrondissement ! Néanmoins, on s’interroge : des établissements dont les classes préparatoires accueillent déjà 30% de boursiers peuvent-ils vraiment être accusés de non-mixité sociale ? Alors que la directrice académique en charge des lycées, Claire Mazeron, vend l’imposition de quotas comme le seul moyen pour que « chacun ait les mêmes chances », regardons un peu comment Henri IV et Louis le Grand remplissent leurs salles de cours.

Jusqu’à présent ces deux lycées n’étaient pas astreints au système Affelnet créé en 2017 pour répartir les élèves de 3ème dans les différents lycées d’Ile-de-France sur la base d’un système à points en privilégiant la proximité géographique. Ils pouvaient donc continuer à recruter uniquement sur dossiers, et accueillir des élèves de la France entière. On pourrait dès lors estimer qu’avec une telle ouverture, ils sont les moins à même d’être sclérosés par un esprit parisiono-parisien. Mais la mixité sociale est une idéologie, comme le montre si bien Claire Mazeron : « On va dans le sens de l’ouverture sociale, qui est aussi le sens de l’Histoire d’une certaine façon ». Tiens c’est amusant, un monsieur barbu du XIXème siècle était également un grand amateur du « sens de l’Histoire », on en a vu les brillants résultats.

La mixité au lycée est-elle une bonne chose ? Les études ont montré qu’elle est néfaste aux bons élèves et bénéfique aux mauvais : dans une classe de niveau homogène, les bons élèves seront davantage stimulés et auront une progression supérieure de plusieurs points ; à l’inverse, les mauvais élèves seront moins poussés. On nous dit que le manque-à-gagner des mauvais élèves est quantitativement plus important que le bénéfice réalisé par les bons élèves dans de telles classes, et que c’est la raison pour laquelle la mixité sociale est tant mise en avant. Pourquoi pas, mais alors deux choses à avoir à l’esprit : d’une part les bons élèves sont toujours les perdants de la mixité sociale qui n’est dès lors pas autre chose qu’un nivellement vers le bas, et d’autre part si tel est le cas, il est légitime que deux lycées dans toute l’Ile-de-France puissent accueillir les meilleurs élèves afin de leur offrir un enseignement qui leur corresponde vraiment.

Un phénomène structurel

Cette nouvelle attaque envers les classes d’excellence n’est pas un phénomène récent. Même dans les établissements scolaires qui ne revendiquent pas le haut du podium, des classes de niveau se créent, plus ou moins officieusement, par le jeu des options. Les classes bilangues, l’allemand LV1, le latin, le grec, les cours en anglais, les classes de musique, tout cela permet d’orienter les élèves dans des classes où le niveau sera meilleur et où ils seront plus stimulés. C’est pour lutter contre un élitisme qui ne dit pas son nom que l’ancienne ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, avait décidé de supprimer la plupart des classes bilangues en France. Fort heureusement, Jean-Michel Blanquer les a réinstallées dès son arrivée rue de Grenelle.

Les classes de niveau sont en effet un sujet épineux : politiquement accusées de « fracturer la société », socialement inégalitaires, mais recherchées malgré tout par les parents comme points de repère. Or qui dit un Etat de plus en plus fort, dit aussi un désengagement inévitable des individus, et face au mastodonte de l’Education nationale, les parents ne sont pas des clients très écoutés. Le CNESCO (Centre national des études des systèmes scolaires) préconise ainsi de s’inspirer de l’international, citant les Etats-Unis (Massachusetts) où le choix des parents est « encadré » de manière à que le taux d’élèves défavorisés ne dépasse pas 15% dans chaque école, obligeant ainsi un plus grand nombre d’établissements à accueillir un pourcentage significatif d’élèves défavorisés, et la Belgique francophone dans laquelle les familles défavorisées sont autorisés à inscrire leurs enfants avant l’ouverture officielle des dates d’inscription. Quant aux établissements privés, le CNESCO encourage un engagement dans les politiques de mixité à l’école « par des incitations financières », comme l’Etat sait en faire tant peser sur les organismes privés.

A l’heure du politiquement correct, les classes de niveau mettent également en lumière quelques cruelles vérités : en France, la performance en sciences des élèves issus de l’immigration est inférieure de 62 points à celle des élèves non immigrés (sur une moyenne de 495). En Grande-Bretagne, une étude de l’Institute of Education de l’University College de Londres révèle que les élèves blancs sont davantage susceptibles d’être placés dans les groupes de niveau plus élevé en anglais (81%) et en mathématiques (77%). Les enjeux de la lutte contre les classes de niveau dépassent donc la seule intégration des boursiers…

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4 commentaires

Obeguyx 16 février 2022 - 11:11

Qui veut la peau des bons élèves ? Les mauvais élèves qui nous gouvernent depuis 40 ans, pardi. Je vous le répète :  » cherchez à qui profite le crime » !!!

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en fait 16 février 2022 - 11:25

vaste sujet, la faculté de comprendre est en danger, aussi, il nous faut un grand footballeur à l' » enseignement ». Car, par ses origines le rude monde du foot comprend très bien la concurrence, les places ne sont pas acquises à vie, il y a un grand nombre de niveaux, tous les ans, OUI tous les ans, il faut justifier sa – place – sinon c’est le niveau inférieur et ainsi de suite, . .. ….,. par contre, avec du travail, du travail et du travail il est possible de progresser et de se comparer aux autres pays . .. ….,.
Mais, bon il ne faut pas rêver tout va très bien, nous avons des technocrates, sans élèves; d’ailleurs, il suffit simplement de regarder nos évolutions vers les dernières places du classement PISA, pourtant  » lissé » par nos experts, et malgré un immense argent de dingue dépensé tous les ans pour noter, leur vaste talent destructeur.

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Picot 16 février 2022 - 12:23

C’est, hélas, toujours la même chose : l’égalitarisme en nivelant par le bas.

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JR 20 février 2022 - 8:58

Bonjour, n’est-ce pas tout simplement la néo-idéologie éscrolo-islamo-gaucho-cancelo-wokiste ? Merci. Bien à vous

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