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Zones de non-droit, communautarisme, violences gratuites, séparatisme : les mots pour le dire

par Thierry Benne
En ces périodes où notre sécurité publique chancelle quotidiennement et pas seulement dans les statistiques, on parle volontiers de zones de non-droit à propos de zones le plus souvent urbaines, où le droit de la République ne parvient plus à s’imposer. Or ce terme est tout à fait impropre car ces zones ne sont nullement dépourvues de droit, mais elles ont mis en place une sorte de droit coutumier non écrit, qui vise à supprimer tous les obstacles qui s’opposent notamment, mais pas seulement, à la conception extensive qu’elles ont de la liberté du commerce et de l’industrie.

Nos gouvernants mettent peu d’entrain à combattre ce fléau

Et si on veut vraiment aller jusqu’au au bout des choses, par rapport à notre droit républicain, ce ne sont donc pas des zones de non-droit, mais des zones d’anti-droit, ce qui n’a pas du tout la même signification. Car si la République peut envisager d’accepter exceptionnellement et sur un temps nécessairement bref des zones de non-droit, elle ne peut évidemment pas afficher la même tolérance vis-à-vis de zones qui défient ouvertement ses règles et ses principes, en prétendant substituer à l’ordre républicain un autre ordre juridique où le moins qu’on puisse dire, ce ne sont ni la démocratie, ni les droits de l’Homme (et surtout de la Femme) qui l’emportent. Mais ce glissement sémantique est tout à fait révélateur du peu d’entrain que mettent nos gouvernants à combattre ce fléau qui, dans des zones de plus en plus nombreuses, empoisonne et menace la vie de trop de nos concitoyens, y compris jusqu’aux plus paisibles.

Autre exemple:  pour qualifier la démarche qui consiste à mettre des pratiques religieuses, sociétales  ou coutumières  au-dessus des lois de la République, on parle volontiers de communautarisme. Ce mot signifie en réalité que ce n’est pas à ceux qui viennent de l’extérieur de faire effort pour s’adapter aux mœurs et aux lois du pays d’accueil, mais que c’est à ce pays d’accueil d’adapter  ses choix, ses traditions, ses lois et son art de vivre pour faire place aux nouveaux arrivants. Or à travers le mot relativement neutre de communautarisme, on occulte commodément l’aspect trop souvent prosélytique et militant de la démarche, qui consiste non pas seulement à vouloir vivre entre soi selon des règles particulières au sein d’un ensemble préexistant basé sur d’autres principes, d’autres traditions, mais à tenter par tous moyens d’empiéter sur l’ordre ancien des populations d’origine et de le faire reculer au profit de l’ordre nouveau des arrivants. Là encore, il s’agit de désamorcer par le recours à un sorte d’euphémisme la charge militante.

Les violences ne sont jamais « gratuites » et le « séparatisme » est synonyme de colonisation

On ne manquera pas de convoquer ici la délicieuse trouvaille des « violences gratuites », qui traîne dans son sillage une sorte de connotation atténuante, presque émolliente. Or ces violences ne sont jamais gratuites que pour ceux qui ne les subissant pas, peuvent les évoquer sereinement tout à loisir sous les ors de  la République. Les victimes au contraire vous assureront que très généralement, ces violences sont pour elles extrêmement préjudiciables et coûteuses dans leurs biens, dans leur intégrité physique, dans leur équilibre mental et qu’après ces violences, tout leur environnement, tout leur comportement se trouvent bouleversés, voire menacés, quel que soit le degré de violence encouru. Une fois de plus, nous refusons de voir le mal en face et nous y introduisons toujours un biais incident pour le rendre moins dommageable, plus présentable, presque acceptable.

Sans nullement prétendre à l’exhaustivité, nous en arrivons à un dernier élément de langage, tout aussi préoccupant que les précédents: le terme de « séparatisme ». Pour tout lecteur non rompu aux roueries du langage politique, le séparatisme repose sur l’idée de séparation, éventuellement de sécession. Or aujourd’hui dans son usage médiatique et politique, on taxe de séparatisme tous ceux qui préfèrent leurs propres lois, leurs propres usages à la règle commune du pays d’accueil. Mais ces « soi-disant » séparatistes n’ont nullement pour intention de se séparer du pays qui les accueille ou de le quitter. Non, un fois de plus, en s’enracinant dans ce pays d’accueil, leur volonté c’est de lui imposer peu à peu leurs propres règles, leurs propres mœurs, leur propre droit et on comprend bien que lorsqu’ils parviennent à leur fin, ils n’ont plus aucune envie de quitter un pays qu’ils sont à force de temps, de patience et d’audace parvenus à coloniser sociétalement, en attendant mieux.

Ces quatre exemples montrent suffisamment la manière dont, avant même de courber bas ce qui nous reste d’échine républicaine, nous avons assez lâchement accepté de laisser fourcher notre langue, de la laisser corrompre et altérer par tous ceux de nos politiciens complaisants et de nos médias rampants, qui craignent par dessus tout qu’on appelle un chat un chat. Il fut un temps, voici quelques décennies, où on choisissait encore ses mots pour exprimer le plus clairement possible sa pensée, désormais on les sélectionne soigneusement pour qu’ils se gardent de trop la révéler. Il y a aujourd’hui toute une série d’expressions décalées pour atténuer, pour dissimuler, pour excuser, pour travestir ou pour édulcorer la réalité  en vue de  lénifier la réaction qu’on craint  du citoyen. Pourtant, comment prétendre au courage envers les hommes, lorsqu’on commence à trembler devant les mots?

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9 commentaires

Louis MAILLARD 16 février 2022 - 9:25

Merci Monsieur Benne de votre article
Ne tremblez pas devant le mot islam ( = soumission ) puisque c’est de cela qu’il s’agit .
Bien cordialement

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BENNE Thierry 17 février 2022 - 4:46

@ Louis Maillard

Votre commentaire en forme de clin d’œil malicieux m’amuse.
Mais je ne changerai rien.

Cordialement: Th.B

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Bousgontier 16 février 2022 - 10:06

Il y a longtemps que tout ceci est une évidence, niée surtout par les tendances de gauche car il faut faire comme si « tout le monde, il est beau, il est gentil  » mais ceux qui veulent imposer leurs coutumes et leurs lois ne sont ni beaux ni gentils. Dans le cadre de mon travail, j’ai fréquenté en Algérie ces individus membres de sectes telles celles des Frères Musulmans. Leur discours est sans ambiguïté. Ce qu’ils veulent est étendre le « Khalifat » à l’Europe et y imposer leurs lois. Alors, certains font valoir qu’il s’agit d’une minorité. D’une certaine manière mais le problème, c’est que la majorité consentante ne cherche pas à contrebalancer cette tendance. Au contraire, en y consentant, elle l’approuve officiellement et la favorise.
L’issue ne peut être qu’un affrontement violent. N’avons-nous donc pas eu suffisamment de guerres civiles dans nos pays pour mettre en place tous les ingrédients d’une future confrontation ?!

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Dudufe 16 février 2022 - 10:37

Encore une fois superbe article de Monsieur Thierry Benne qui n’hésite pas à appeler un chat un chat !

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LEBLOND 16 février 2022 - 1:56

Il s’agit tout simplement du remplacement de la population autochtone par une population étrangère essentiellement africaine et musulmane, qui souhaite coloniser ce territoire qui s’appelle pour le moment la France.

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Obeguyx 16 février 2022 - 3:25

Très bon article. Merci. Oui, tous les lâches gouvernants accompagnés de leurs médias à la langue fourchue ont plongé notre magnifique pays dans les mains des islamistes en voie de gagner la bataille. Ce qui me soulage est que tous ces imbéciles vont être les premiers à passer sous le fil du couteau. Ils se croient à l’abri, ils seront les premiers exécutés et pour cela j’en remercie d’avance l’Islam conquérant qui a une sainte horreur des traitres.

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nanard 17 février 2022 - 11:38

La réalité laisse parfois pantois : il semble qu’il soit nécessaire pour des élus de la république (maire ou députés), de se présenter au chef de tribu dans certains quartiers…. avant de pouvoir y circuler « librement ». Il ne s’agit pas ici de problème de trafic et d’insécurité, mais de microsociété enkystée où l’ordre est assurée par la communité (et parfois de façon efficace…). Plusieurs questions se posent : qui assure l’éducation ? qui rend la justice ? Bien entendu ce sont des cas isolés et ultra minoritaires.

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Astérix 20 février 2022 - 8:28

Il paraît que 50 % de la population ne s’inquièterait pas de cette situation évoquée dans le titre de votre article !? ce qui ne m’étonne pas.
C’est dire le niveau de crétinisme de ces 50 % et de nos gouvernants qui ne sont que des lâches.
Ils pleureront lorsqu’il sera trop tard !
Décidément, où sont passés les Gaulois et qu’est devenue la France ??

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Rémi 20 février 2022 - 11:29

« Zones de non-droit, communautarisme, violences gratuites, séparatisme » :
Les mots pour le dire :
• « Lâcheté politique… ! »
• « Politique de la patate chaude… ! »
• « Poussière sous le tapis… ! »

« Et c’est pour cela que votre fille est muette »… !

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