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25 300 chefs d’entreprise ont fait faillite au premier semestre 2023 : merci l’État !

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Lors du premier semestre de l’année 2023, près de 25 300 chefs d’entreprises ont mis la clé sous la porte. Dans un contexte marqué par une inflation galopante et une fiscalité étouffante qui asphyxient le pouvoir d’achat des Français, cette spirale de faillites massives, conséquence notamment des choix de l’État durant la crise sanitaire, risque vraisemblablement de se poursuivre et de s’accélérer au cours des mois à venir. Plus que jamais, il est donc temps de réfléchir aux vraies réformes qui pourront réanimer notre économie.

Les petits patrons au cœur de la tourmente, les grands s’en rapprochent

Une hécatombe. Entre les mois de janvier et juin 2023, 25 296 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi, soit 140 cas par jour, une augmentation de 36,6% par rapport à l’an dernier pendant la même période, qui marque un retour aux niveaux d’avant-crise Covid. Inquiétants mais prévisibles, ces chiffres proviennent de l’observatoire de l’emploi des entrepreneurs, un outil mis au point par Altares, un groupe français leader mondial dans le domaine des datas d’entreprises, et l’association patronale GSC.

Dans le détail, l’étude indique que ce phénomène affecte avant tout (à 90%) les patrons de petites structures de moins de 5 salariés. Toutefois, il est à noter que les pertes d’emplois chez les chefs d’entreprises de plus de 20 salariés, qui avaient diminué pendant la crise Covid, ont doublé au 1er semestre par rapport à l’année dernière et que les dirigeants de grandes structures ne sont, eux aussi, plus épargnés par la menace du chômage.

Secteur le plus durement touché par les faillites : la construction, avec 5 713 pertes d’emploi de dirigeants (+50%). Exigences des nouvelles normes environnementales, augmentation des taux d’intérêts d’emprunt, pénurie de matériaux, flambée des prix et donc des coûts de construction, mais aussi baisse du nombre de carnets de commande… les raisons pour expliquer ce désastre ne manquent pas. Le secteur de la construction est talonné de près par celui du commerce, au sein duquel 5 614 dirigeants ont perdu leur poste (+47,2%), suivi par le secteur de l’hôtellerie-restauration avec 3 470 pertes d’emploi (+65,9%), puis par celui des services aux particuliers (coiffeurs, esthéticiennes…) avec 1 152 chefs d’entreprise ayant perdu leur activité professionnelle.

Inflation, fiscalité, normes : le gouvernement, un pompier pyromane

L’association GSC retrace l’enchaînement logique :  le contexte inflationniste qui contraint les ménages à réduire leurs dépenses, la baisse subséquente de la demande dans ces secteurs et, donc, des défaillances d’entreprises. Que ce soit les carburants, l’énergie, l’alimentation, le logement… tous les pans du quotidien des Français sont touchés par cette hausse des prix qui érode leur pouvoir d’achat. Rien d’étonnant à ce qu’ils rognent sur le superflu pour se concentrer sur l’essentiel. L’Iref a pour sa part maintes fois décortiqué ces causes et conséquences de l’inflation dont il tient les politiques publiques du gouvernement largement responsables.

Cependant, d’autres facteurs contribuent à faire considérablement baisser le pouvoir d’achat : les lourdes réglementations et la forte fiscalité. En France, l’excès de taxes et de normes réduit annuellement le revenu d’un ménage moyen de quelque 4 300 euros nets par rapport à la moyenne de l’Union européenne, révélait en décembre 2022 une étude produite par l’Institut économique Molinari (IEM). Et comme les dépenses de l’État ne cessent de s’alourdir – on nous rappelle assez la nécessité de financer la nécessaire et coûteuse « transition énergétique » – les impôts ne sont pas près de baisser (cf. Iref 1er septembre 2023). De 600 milliards d’euros en 2013, ils ont atteint en 2022 le chiffre mirobolant de… 802.8 milliards. Soit une hausse de 25%.

Le « quoi qu’il en coûte », ce cadeau empoisonné

A tous ces éléments il faut ajouter l’« effet ciseaux », sur les entreprises, des mesures fiscales mises en œuvre par l’État durant la crise sanitaire. Non seulement les aides publiques exceptionnelles ne leur sont plus versées, mais l’heure est au remboursement des prêts garantis par l’État et des cotisations sociales encore non payées. Sans surprise, l’observatoire de l’emploi des entrepreneurs estime que cela « pourrait encore accélérer le rythme des défaillances observées début 2023 ».

Une trajectoire, en réalité, déjà entamée l’année dernière. Selon un rapport des cabinets d’audit financier Ernst and Young et AU Group publié en février 2023, l’exercice 2022 s’était soldé par 41 020 liquidations d’entreprises, un chiffre en nette augmentation par rapport à 2021, année où seulement 27 592 sociétés avaient fait faillite. Comme l’expliquaient alors les auteurs du rapport, « beaucoup de médias parlent d’une vague de défaillances. C’est plutôt là un effet de rattrapage des années covid ». Une analyse que faisait déjà l’IREF en juillet 2022.

Sous perfusion durant la crise sanitaire, de nombreuses entreprises ont ainsi été maintenues en vie artificiellement, les aides publiques ne faisant que retarder un inéluctable redressement judiciaire ou une liquidation. De l’argent jeté par les fenêtres au frais du contribuable. Au lieu de procéder à des versements d’aides ciblées, le gouvernement a arrosé massivement et aveuglément l’économie, dont il a simplement brouillé le cycle naturel. Résultat : la dette de l’État liée au Covid a augmenté de 165 milliards, auxquels s’ajoutent 160 milliards correspondant à la baisse des recettes fiscales provoquée par la chute du PIB durant cette période.

La dette, c’est l’impôt de demain. Il faudra la rembourser. Alors ministre délégué chargé des Comptes publics, Gabriel Attal l’a d’ailleurs clairement confirmé dans une interview au Figaro en juillet (« Ce serait mentir que de dire qu’il n’y aura pas un effort global demandé à tous les Français pour réduire la dette »), tout en assurant – en même temps – que ménages et entreprises paieront en 2027 moins d’impôts qu’en 2022. Si le désendettement de l’État français est bel et bien une « urgence nationale », il est donc plus que jamais temps d’engager de vraies réformes qui permettront aux entreprises de retrouver leur souffle. Ce n’est qu’en réduisant les impôts et les taxes, en supprimant les normes et réglementations, en accordant la liberté et la responsabilité aux individus, que les entrepreneurs pourront guérir notre économie malade. L’État, en l’aidant, encore, ne fera que faire monter la fièvre.

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6 commentaires

Brignone 15 septembre 2023 - 7:37

Il faut absolument aller chercher l’argent que l’état nous a pris dans ses poches
il faut l’arrêter de nous nuire
Nous ne pouvons pas continuer à subir sans réagir

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Picot 15 septembre 2023 - 8:32

Macron a ét mis en place, après deux élections truquées, pour détruire la France et les Français. Pour lui tout va bien, le plan se déroule parfaitement. Il est vain d’espérer une solution de la part de ceux qui sont responsables de cette catastrophe, il faut les virer. Comment? C’est une autre histoire.

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lelièvre 15 septembre 2023 - 8:51

Mais à part ça, Monsieur le marquis, tout va très bien, tout va très bien !!!

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Oncpicsou 15 septembre 2023 - 10:10

Vous voulez sauver les entreprises en France ? voila une piste !
La fonction publique est le ténia de la France. Ce boulet capte le fruit du travail des français créateurs de richesses et s’en nourrira à leur dépends jusqu’à la mort.
Quand des politiciens responsables (ça existe?) prendront ils le taureau par les cornes et se pencheront enfin sur ce problème majeur?
Qui n’a pas été témoins de l’inefficacité des services publiques, si ce n’est pour conserver des taches inutiles afin de justifier leur existence?
Qui n’a pas assisté au spectacle réjouissant de 5 employés municipaux réunis autour d’un massif de fleurs, 2 en train de travailler, les 3 autres de regarder?
Qui n’a pas perdu son temps en rendez vous inutiles pour se faire dire qu’il faut remplir un document et le renvoyer?
Qui n’a pas du corriger des erreurs, après un soi disant « contrôle »par l’administration?
Mon épouse fonctionnaire, reprise après 15 ans de disponibilité(!), sans formation, pourrait témoigner du comportement de ses collègues: pauses à répétition, jeux vidéos, ne pas faire remarquer l’inutilité de certaines tâches, « ça pourrait nous enlever du travail » !
Et cet ami, ancien jardinier professionnel, embauché dans une mairie après mutation de son épouse, qui nous déclarait: « ils sont 4 à faire le travail que je faisait tout seul !
etc…
Pourquoi un tel aveuglement, pourquoi une telle lâcheté, pourquoi tous ces mensonges, certains allant jusqu’à se féliciter de « cette administration que tout le monde nous envie » … corruption?

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Lombled 18 septembre 2023 - 8:48

Tout cela n’est pas nouveau, mais personne ne fait le nécessaire pour que çà change.

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Eschyle 49 26 septembre 2023 - 10:09

Vous avez une solution très simple : la Bulle Parens Scientiarum ; je l’ai expérimentée , ça marche . Voulez-vous en savoir plus ? Envoyez-moi un mèl .

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