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General Electric : une entreprise est libre de licencier et de se restructurer !

La France est un curieux pays. La liberté contractuelle est hissée au rang de principe constitutionnel[1]. Il en va de même pour la faculté de rompre unilatéralement un contrat à durée indéterminé[2]. En droit de la famille, le mouvement récent en faveur de la libéralisation du divorce a été accueilli comme un pas de plus vers la justice et le respect des volontés individuelles. Pourtant, en matière commerciale, le recours quelquefois indispensable à la séparation ne cesse d’être dénigré.

C’est ainsi que General Electric est conspué pour vouloir supprimer plus de 1000 emplois sur le territoire de Belfort. Les hommes politiques étant généralement dispensés de rigueur, les commentaires indignés se passent généralement de toute analyse sur la situation financière du géant américain. Or il convient de rappeler que General Electric, qui fut longtemps le symbole du génie industriel américain et occidental, est loin d’être en bonne santé. Les rapports annuels du conglomérat américain (tableau 1) ainsi que le cours de son action (figure 1) attestent cette dégringolade.

TABLEAU 1 : résultats financiers de General Electric

TABLEAU 1 : résultats financiers de General Electric

Source : General Electric, rapport annuel 2018

FIGURE 1 : évolution du cours de l’action de General Electric depuis 5 ans

FIGURE 1 : évolution du cours de l'action de General Electric depuis 5 ans

Source : Google finance

Ces résultats financiers semblent s’expliquer par le recul du marché des turbines à gaz.

Liberté de licencier et destruction créatrice

Dans un contexte d’incertitude, il est impératif pour une entreprise de pouvoir gérer sa main d’œuvre comme elle l’entend pour rester productive et compétitive. Le licenciement fait partie du processus de destruction créatrice identifié par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter. Restreindre la capacité de General Electric – ou de toute entreprise en difficulté – de licencier pour s’adapter à la demande est donc absurde. Ces atteintes inconstitutionnelles à la liberté d’entreprendre sont le meilleur moyen de saboter l’économie et de décourager l’entrepreneuriat et l’investissement en France. L’enjeu pour la France est de se doter d’un environnement favorable aux affaires qui permet à un travailleur de retrouver rapidement un emploi en cas de licenciement.

Et il est vrai que sur ce plan là, la France semble se définir par une plus grande difficulté des travailleurs à retrouver un emploi rapidement par rapport à d’autres pays.

FIGURE 2 : durée du chômage pour certains pays sélectionnés en 2017

FIGURE 2 : durée du chômage pour certains pays sélectionnés en 2017

(source OCDE)

Ces difficultés françaises à retrouver un emploi, ainsi que le chômage de masse, expliquent sans doute pourquoi le licenciement est beaucoup plus mal vécu dans l’Hexagone que dans d’autres pays. Or précisément, la capacité d’un pays à créer toujours plus d’emplois pour remplacer les métiers rendus obsolètes dépend d’un marché du travail flexible et respectueux de la liberté d’entreprendre. Sans oublier une fiscalité attractive qui encourage les investissements.

Le licenciement est un risque avec lequel tout travailleur doit composer. Mais ce risque sera d’autant mieux accepté que notre économie sera dynamique et en plein-emploi.

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Messages (3)

Mémoire courte

le 4 juin, 14:17 par RR

Je n'ai rien contre GE et sa manière de gérer l'entreprise. Ce que je déplore c'est que pour avoir été "choisie" en 2016 contre Siemens , cette même entreprise avait promis la création de 1000 emplois , comme si personne n'était au courant que le marché potentiel de GE allait se réduire du fait de l'abandon progressif en Allemagne des centrales à charbon ! Et tout cela avec l'assentiment ou la complicité de qui ? D'un dénommé Macron !Décidément de qui se moque t on ?

- Répondre -

certes mais il ne faut pas pousser

le 4 juin, 14:48 par pierre45

la demonstration est exact, MAIS lors d ela prise d epouvoir par GE dans des conditions sujettes à caution, incarceration d'un dirigeant aux USA pour faire pression etc.. GE s'etait engagé à embaucher 1000 personnes, il me semble qu'au final il n'y en aura eu que 500 postes créés, à de dedommagement GE s'etait engage à compenser par l'apport de 50 millions d'euros (qui seraient abondes d'autant par l'état, en passant merci les contribuables) et maintenant GE va supprimer 1000 emplois soit au total 1500 ! et notre état fait sembalant en amalgament tout de croire que ces 50 millions sont le plan social ! on reve
Je veux bien croire que GE ait des difficultés, mais pour avoir travaille avec la branche turbine d'Alstom cela fait un certain temps que l'on voyait venir le coup !. je suis foncierement pour la liberte d'entreprendre, moi même ai crée une societe et vais en créer une seconde, mais on tient ses engagements !trop simple d'absorber un concurrent dans des conditions plus que sujettes à caution, aide en cela par son etat d'origine, ce qui en passant permet de capter des savoirs faire a haute valeur ajoutée pour ensuite réduire la voilure !
le liberalisme n'excuse pas tout !

4 juin, 19:51 - Tresceptique

Entièrement d'accord avec vous sauf que nous sommes en France et l'état qui n'y connait rien s'occupe de tout, sauf de border ses contrats

- Répondre -

par Ferghane Azihari, le 3 juin 2019

le 21 juin, 21:45 par Michel

Article dont les données du chômage ne veulent rien dire (MW : méga watt ???) quel rapport ?
Aucune connaissance de General Electric : vous parlez du marché des turbines gaz, mais aucune précision 60Hz, 50Hz ??? Prière de vous inspirer de l'article de Le Floc Préjent "un chef d'entreprise !!!"

- Répondre -

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