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EDF : les Français encouragent la concurrence

lundi 7 décembre 2020, par Aymeric Belaud

Selon une analyse de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), EDF, producteur et fournisseur d’électricité en France détenu à plus de 83 % par l’Etat (en situation de monopole jusqu’à l’ouverture à la concurrence en 2007), a perdu près de 8 % de ses clients en deux ans. Et le rythme s’accélère.

150 000 Français par mois quittent EDF

Jean-François Carenco, président de la CRE, constate qu’EDF « perd des clients aux tarifs réglementés à toute vitesse ». Ils ont été 100 à 150 000 par mois à lâcher la compagnie d’Etat durant l’année 2019. EDF détenait 74% du marché des particuliers fin 2019, ce qui est encore énorme, mais ce chiffre s’élevait à 82% en 2017. Il restait à Electricité de France, selon l’analyse de la Commission de régulation de l’énergie, 27.2 millions de clients fin 2019. Dans le même temps, les autres fournisseurs ont vu leur part de marché progresser de 18% en 2017 à 26% en 2019. Et cette hausse se vérifie dans le résidentiel où le nombre d’offres a explosé ces deux dernières années.

Les changements de contrat s’effectuent souvent à l’occasion d’un déménagement. Il est plus rare qu’un particulier change d’opérateur lorsqu’il est bien installé chez lui. Mais il y a fort à parier que les nouveaux fournisseurs attireront de plus en plus ce segment de la population, le service client d’EDF en lassant plus d’un.
Cette année marquée par la COVID-19 n’a pas ralenti l’hémorragie. Le nombre de clients a poursuivi sa chute : 87 000 en moins lors du premier confinement – ce qui, somme toute, était assez contenu. Mais en deuxième partie de l’année, ce chiffre est passé à plus de 100 000 par mois…

Si les choses se poursuivent ainsi, EDF pourrait perdre entre 12 et 18 millions de clients dans les dix prochaines années (12*100 000*10 / 12*150 000*10) et donc, de fait, ne serait plus leader sur le marché.

EDF a 47 concurrents, dont deux se détachent nettement, Engie et Total Direct Énergie. Engie comptabilise 4,8 millions de clients (une augmentation de 19 % en deux ans) mais se fait rattraper par les prix et services attractifs de Total Direct Energie. Ce troisième fournisseur (le premier totalement privé) a 3,3 millions de clients, ils se sont accrus de 51 % en deux ans, soit à un rythme beaucoup plus élevé que son principal rival Engie, soutenu en partie par l’argent public.

La concurrence bénéficie aux clients

La concurrence permet à chacun de bénéficier du meilleur service adapté à ses besoins, ainsi qu’à un meilleur prix. Et c’est ce qui se réalise ici sur le marché de l’électricité.

La France comptait, en 2019, 34 fournisseurs d’électricité pour les particuliers et 46 pour les professionnels. Ce nombre augmente chaque année (sept de plus en 2019). Et qui dit plus de fournisseurs signifie baisse des prix.

Pour le CRE, « Le nombre d’offres de marché continue à croître, en électricité comme en gaz naturel, la majorité d’entre elles permettant aux consommateurs de réduire leurs factures par rapport aux tarifs régulés ».

Comparons les prix TTC du kWh de quelques fournisseurs d’électricité au premier novembre 2020. (En rouge le prix le plus élevé, en vert le pus bas).

Tableau comparatif des tarifs des fournisseurs en option Base (tarif unique à toute heure) pour les particuliers au 1er novembre 2020

On remarque que deux nouveaux venus, Mint énergie et Wekiwi, proposent des prix très attractifs : la concurrence permet bien une baisse !

Deux des principaux concurrents d’EDF, ENI et Engie, attirent des clients malgré des tarifs plus élevés. Ce qui montre le rôle important des services associés, et ils sont probablement plus satisfaisants que ceux d’EDF.

Rappelons qu’Engie, second distributeur français est détenu à 23.6 % par l’Etat ; le prix de son kWh est le plus élevé dans notre succincte comparaison. Total Direct Energie, sans aucune participation de l’Etat, est, lui, l’un des plus compétitifs. Il est possible, s’il réussit à allier prix bas et service de qualité, qu’il devienne le concurrent n°1 d’Engie, que peut-être même il le dépasse, pour aller ensuite battre EDF sur le marché de l’électricité.

Une concurrence faussée par les taxes

Un marché en expansion est une excellente chose. Encore faudrait-il, pour que cela profite pleinement aux Français, que les taxes baissent. Au nombre de quatre, elles représentent en moyenne 37 % de la facture. Il y a la CSPE (Contribution au service public de l’électricité), la CTA (Contribution tarifaire d’acheminement) qui finance le régime spécial de retraite des agents professionnels des industries électriques et gazières, les TCFE (taxes sur la consommation finale d’électricité) et la TVA. Particularité de la TVA sur ce marché, elle s’applique sur le prix de l’abonnement au taux de 5.5 %, à la consommation au taux de 20 %, mais également sur les autres taxes (5,5% sur le montant de la CTA, 20% sur ceux de la TCFE et de la CSPE) ! Une taxe sur des taxes, il fallait y penser…

Qui plus est, la note s’alourdit du fait d’une hausse écrasante de ces taxes, en particulier de la CSPE. Créée en 2003, son taux a augmenté de 650 % entre cette date et 2016 ! Cette augmentation monstrueuse a d’ailleurs fait passer le prix du mégawatt/heure de 3€ en 2002 à 7.5 € en 2010 puis à 22.5 € en 2018 selon Total Direct Energie.

La concurrence dans le marché de l’électricité n’est donc pas encore parfaite. Certes les prix commencent à diminuer pour les particuliers et les entreprises avec l’apparition de dizaines de nouveaux fournisseurs, mais de lourdes taxes viennent empêcher une réelle libération du secteur.

Il faudrait donc franchir encore un cap dans la course à de justes tarifs : privatiser EDF en faisant passer une partie de l’entreprise en délégation de service public par exemple, et surtout s’attaquer aux taxes, les baisser drastiquement et même en supprimer certaines. Alors seulement, les Français pourront peut-être choisir leur fournisseur « en toute transparence », notion si chère à nos dirigeants.

Sources :

https://www.lefigaro.fr/conso/edf-perd-plus-de-100-000-clients-par-mois-20201123
https://www.lepoint.fr/economie/150-000-clients-en-moins-chaque-mois-la-concurrence-fait-fondre-edf-23-11-2020-2402248_28.php
https://prix-elec.com/tarifs/fournisseurs
https://total.direct-energie.com/particuliers/parlons-energie/dossiers-energie/comprendre-le-marche-de-l-energie/les-differentes-taxes-sur-l-electricite-et-le-gaz

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/EDF-les-Francais-encouragent-la-concurrence

Messages

  • La concurrence en face d'EDF est complètement artificielle et n'existe que par la vente forcée de 25% de la production nucléaire d'EDF à des sociétés qui ne font que de la commercialisation, ces fameux intermédiaires que l'on retrouve dans l'agriculture et l'alimentaire. Ces derniers vivent au crochet d'EDF et se fournissent aussi sur le marché. Que le marché poursuive la hausse de ses tarifs et ces fournisseurs alternatifs seront étranglés et feront faillites, en 2020 ils avaient d'ailleurs demandé à bénéficier de plus de 25% de nucléaire. Cette politique est suicidaire elle plombe les marges d'EDF,(vous connaissez des entreprises qui accepteraient de vendre 25% de leur production au prix de revient à la concurrence) et pénalise sa capacité d'investissement.
    Il ne peut y avoir de concurrence que dans un concept économique qui comprend la chaine complète, production commercialisation, après-vente. Ce que l'on voit avec Engie qui produit, commercialise et dont les tarifs sont proches de ceux d'EDF.

    • Bonjour,

      c'est pour cela que nous proposons de franchir un cap en privatisant EDF et en ouvrant plus largement à la concurrence la production d'électricité et le transport de cette dernière.
      La concurrence doit être globale.

  • Le mot de concurrence vous aveugle et vous dispense de regarder la réalité. En fait, il n'y a pratiquement pas de concurrence sur la production : presque toute l'électricité produite en France est produite par EDF : tout le nucléaire, presque tout l'hydraulique, une bonne partie des renouvelables intermittents. Il n'y a pas non plus de concurrence sur le transport d'électricité, qui est assuré" par un monopole d'Etat. Il y en a encore moins sur le produit (le KWh), qui est rigoureusement identique pour tous. La "concurrence" ne porte que sur la distribution, c'est-à-dire sur des gadgets commerciaux. Pour faire marcher cette pseudo concurrence, la loi oblige EDF à vendre à ses pseudo-concurrents le quart de sa production nucléaire, soit la bagatelle de 100 TWh, à un prix fixé par décret à un niveau très bas (44 €/MWh). Quant à la CSPE, dont vous critiquez à juste titre l'envolée, elle sert principalement à financer le surcoût de l'électricité renouvelable, qui est la seule que produisent, en petite quantité, les soit-disant concurrents d'EDF. En réalité, il y a peu de secteurs aussi non-concurrentiels, c'est-à-dire aussi fortement étatisés, que le secteur de l'électricité. Avec les inefficacités et les rentes que cela implique. Dans le domaine de l'électricité, EDF est pratiquement le seul industriel ; les autres intervenants sont au mieux des commerçants, au pire des parasites. Il n'y a pas à se réjouir de voir ceux-ci gagner du terrain sur le dos de celui-là.

    • Bonjour,

      c'est pour cela que nous proposons de franchir un cap en privatisant EDF et en ouvrant plus largement à la concurrence la production d'électricité et le transport de cette dernière.
      La concurrence doit être globale.

    • Bonjour,

      Je suis tout à fait en accord avec les deux commentaires précédents.

      Votre article aborde un sujet capital mais, malheureusement de manière lacunaire et à l'évidence bien trop peu documentée.

      Privatiser EDF permettrait (sans doute) de rationaliser certaines dépenses et de mieux gérer les opérations. Par là, on imagine bien une baisse du coût de production du MWh.

      Cependant, cette entité (appelons-la EDFprivée) se trouverait en situation de quasi-monopole sur la production (comme évoqué dans un commentaire précédent).
      Dès lors, les mécanismes classiques de concurrence ne pourraient pas jouer pour faire baisser les tarifs.

      Pour qu'une situation de réelle concurrence puisse s'exercer, il faudrait une certaine pluralité dans la possession des moyens de production.
      Or, construire un nouveau barrage hydro-électrique ou une nouvelle centrale nucléaire ne se fera pas en un jour... à cause des contraintes techniques (sécurité), administratives, écologiques, capitalistiques, etc...

      Le secteur de la production et du transport de l'électricité est hyper concentré, pour des raisons historiques.
      Créer un véritable "marché" suppose qu'il y ait concurrence de la production à la distribution.
      On a déjà vu que pour la production cela semble difficile de construire de nouvelles centrales ou barrages.
      Pour la distribution, contrairement à la téléphonie où les bornes sont discrètes et faciles à déployer, on imagine mal un 2è ou 3è réseau en parallèle de RTE / Enedis...

      Sauf à démanteler EDF et à vendre les centrales et lignes de transport à la découpe (?).

      Le mécanisme qui force EDF à vendre 100TWh de sa production à un prix fixe de 42€ MWh s'appelle l'ARENH et date de 2011 pour sa mise en place.

      C'est uniquement grâce à cette contrainte réglementaire que de petits acteurs ont pu apparaître sur le marché, mais ils ne proposent rien de différenciant.
      1 MWH d'électricité à 230V et 50Hz est en tous points identique qu'il provienne du nucléaire, de l'hydro, d'une éolienne et quel que soit le vendeur.

      Aucun différenciation produit n'est possible, tous vendent EXACTEMENT la même chose.

      Quant aux services associés...

      Le dernier point est que cette fixation des prix par l'Etat - à laquelle je répugne autant que vous - limite les marges financières d'EDF et donc ses capacités d'investissement pour l'avenir, pour provisionner le démantèlement du parc existant...
      De même que l'encadrement des loyers conduit à un part immobilier vétuste in fine, bloquer les prix de l'électricité va rendre notre parc de production vieillissant.

  • Dans cet article vous avez omis d'évoquer le Linky car pour passer chez un autre fournisseur il faut avoir le Linky qui est en fait un espion.
    Le fournisseur revendra vos données à des industriels ( ce qui est prévu) sans omettre que ce mouchard reconnait quels sont les éléments que vous branchez et dans le cadre de la voiture électrique, une taxe supplémentaire vous sera appliquée...hé oui les kapos fiscaux ont pensé à tout !

  • Ecrire que les taxes représentent 37.% de la facture(en fait 37.7%) est juste mais c'est prendre cela du petit bout de la lorgnette. Vous faites d'ailleurs la même erreur que le CLCV.
    Voici les chiffres de ma facture de mai 2020 :
    Total de l'abonnement plus consommation 825.35 euros.
    Total de la facture 1326.67 euros.
    Donc total des taxes ajouté 1326.67:825.35 = 1.607 soit 60.7 % !!!
    C'est donc un scandale jamais dénoncé.

    • Attention, tapez "observatoire des marchés de détail CRE" sur votre navigateur. Tout y est détaillé. Pour obtenir votre ratio, vous additionner les taxes et les tarifs d'utilisation des réseaux (TURPE). Le TURPE finance le travail de RTE et d'Enedis (le transport et la distribution). Cette part vaut autant que la production sur votre facture (à peu près)

  • La formule de calcul des tarifs réglementés d'EDF est basée sur les prix de marchés et l'ARENH et non sur les coûts de fonctionnement d'EDF. Donc on garanti aux alternatifs de pouvoir être rentables (il suffit de délocaliser les services d'appels non délocalisés par EDF qui emploie en France pour être plus concurrentiel en fait...). Ne pas oublier que les tarifs ont explosés depuis l'ouverture à la concurrence et notamment la nouvelle formule des TRV en 2014. votre article occulte cela. On parle quand même d'un domaine dont les économies d'échelles sont croissante avec la taille (distrib, transport, production et fourniture). L'énergie est un domaine de monopole naturel où les acteurs doivent être subventionnés pour lancer le moindre investissement matériel qui se rentabilise à très long terme

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