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L’économie de partage : la bête noire des Etats et la bonne nouvelle des peuples

Le troc a toujours existé. Il était devenu très limité et synonyme d’une certaine marginalité. Mais désormais, il retrouve des lettres de noblesse sous le nom plus flatteur d’économie de partage qui élargit la portée des anciens marchés d’occasion de livres ou de meubles et plus encore qui permet de profiter à plusieurs d’un même bien. Il ne s’agit plus seulement d’échanger directement des produits et services, mais de vendre ou acheter des articles et surtout de partager sa voiture ou son taxi, d’échanger ses maisons… Les parents achètent, pour pas grand-chose, les jouets des enfants aux « vide greniers » et les vendeurs qui n’en n’ont plus besoin sont aussi contents que les jeunes parents qui peuvent gâter leurs enfants à très bon marché. Les vêtements s’échangent facilement ou se donnent. Wikipedia fournit une encyclopédie gratuite et constituée, avec les aléas y afférents certes, par des contributeurs bénévoles.

Ce vaste marché d’un nouveau troc s’organise parfois dans des boutiques comme celles qui revendent les habits usagés ou surtout les sites qui permettent le partage en ligne pour les voitures (BlaBlaCar) ou les vacances, et ceux, plus anciens, qui sont devenus d’immenses marchés d’occasion (E Bay, Price Minister…). Ces entreprises peuvent parfois être taxées par les pays dans lesquels ils sont implantés, mais c’est plus difficile pour ceux dans lesquels se font les échanges sans qu’il n’y ait aucune installation physique. Et surtout, les profits réalisés par les particuliers sont difficiles à identifier, et donc à imposer par les gouvernements en peine de ressources fiscales. Ils sont plus difficiles encore à localiser et évaluer quand les transactions sont opérées dans l’une des cent monnaies communautaires ou alternatives qui existent (litecoin, ripple…) et notamment en Bitcoins.

Une étude récente (Iddri) a estimé que ces solutions d’échange et de partage pourraient représenter une économie de 7% du budget des ménages et de 20% des déchets ! Les contribuables ont, d’une certaine façon, trouvé la parade à l’oppression fiscale. Ils fuient à leur manière les transactions taxées pour vivre dans un monde hors de portée de l’Etat. C’est l’une des causes qui vérifie la loi toujours vraie selon laquelle « trop d’impôt tue l’impôt » ou, comme le disait déjà le ministre Barthélémy de Laffemas sous Henri IV : « Les hauts taux tuent les totaux ».

Par ailleurs cette économie de l’échange contribue à créer de nouvelles solidarités choisies. Les MOOC, ou plateforme d’enseignement par internet (Massive Open Online Course) étendent déjà aux Etats-Unis les communautés d’élèves autour des meilleurs professeurs à un prix inférieur de 75% à ceux pratiqués par les universités. Le crowdfunding, qui permet de recueillir via internet de très nombreuses et petites participations au capital d’entreprises, généralement nouvelles ou jeunes, en est une autre illustration. A ceux qui se désolent que la civilisation des écrans enfonce chacun dans un individualisme pervers, il faut ouvrir les yeux sur cette nouvelle forme de vie participative dans laquelle chacun essaie de trouver son intérêt au bénéfice des autres.

Cette évolution est plutôt sans doute la démonstration sans cesse renouvelée que la nature humaine manifeste des traits constants dans des environnements mouvants. Chacun souhaite vivre en société sous réserve que celle-ci ne soit pas trop pesante. Face à la pression, ou répression, aujourd’hui essentiellement fiscale, chacun trouve sa parade. Dans son rapport aux autres, chacun sait utiliser les moyens les plus appropriés et les plus modernes pour communiquer et partager. C’est plutôt un signe d’espérance.

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Messages (1)

La productivité du partage

le 22 septembre 2014, 13:43 par mousy

Tout cela est vrai, en particulier que le client est efficace dans ses choix. En fait l'économie du partage est aussi la nouvelle couche de productivité qui fait que l'on se contente de l'usage ou usufruit d'un produit ou service sans financer sa possession. Combien de marteaux dorment dans les placards avec un taux d'utilisation de 3 fois 10 minutes par an ? Une fois de plus le consommateur se révèle plus malin que les professionnels ou les théoriciens, encore faut-il qu'il trouve la manière ....

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