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Lecture : les élèves français à la traîne

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De la nouvelle étude internationale Pirls sur les compétences en lecture sortie mardi 16 mai 2023, il ressort, grosso modo, que rien n’a réellement changé. Le niveau scolaire des élèves français est encore en-dessous de la moyenne européenne, et les ingrédients pour garantir un meilleur niveau sont toujours les mêmes : le milieu social et l’investissement des parents. Sans surprise également, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons.

L’étude dévoile plusieurs chiffres alarmants. Par exemple ceux-ci : 16%, le faible pourcentage d’enseignants ayant recours à l’enseignement personnalisé pour la lecture (contre 36% en Europe),à cause notamment de classes surchargées ; 50%, celui des élèves de 6ème ayant atteint le niveau requis en lecture et maîtrise de l’écrit ; un tiers des élèves de 3ème ne savent pas lire correctement une page de texte, un tiers aussi des élèves de CE1 ont des difficultés pour simplement lire les mots..

Tout juste au-dessus de la moyenne internationale, la France paye des années de réformes malencontreuses : après les ravages de la méthode globale, enfin remise en question, la suppression des notes, dans notre organisation propre par ailleurs inchangée, continue à fausser la perception du niveau réel des écoliers. Quant au redoublement, il est toujours interdit en maternelle et exceptionnel en primaire. Il est pourtant indispensable dans un système scolaire tel que celui de la France, qui maintient les élèves dans un cursus général le plus longtemps possible ; les pays qui ont renoncé au redoublement constituent des classes de niveau et spécialisent leurs élèves beaucoup plus tôt. L’étude dénonce également le fait que tous les efforts portent sur l’année du CP, alors que l’apprentissage de la lecture commence dès la maternelle, et se poursuit jusqu’au début du collège pour être bien maîtrisé. Il faut prendre les élèves où ils en sont.

Même si les conclusions qu’on peut tirer de cette étude ne sont finalement que des redites, il serait peut-être temps de prendre enfin le problème à bras-le-corps : il n’y a aucun intérêt à payer des organismes pour dresser des constats qui sont toujours les mêmes. Plusieurs pistes peuvent déjà être explorées : instauration de plus petits effectifs et de classes de niveau, disparition des écrans, méthode syllabique, formation des enseignants sur la dyslexie, retour des dictées et du calcul mental, des notes, des sanctions… Il faut aussi, bien sûr, revenir sur le laxisme qui a, presque par principe, prévalu après Mai 68 et appuyer sans réserve les professeurs afin qu’ils retrouvent une pleine autorité dans leurs classes, sur les élèves comme sur les parents

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4 commentaires

Roven 17 mai 2023 - 5:24

Pour satisfaire l’ego et l’ambition politique des ministres de l’éducation, on a caché les baisses de niveau en supprimant les redoublements et en donnant le bac à tous les élèves. Mais ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on combat la fièvre. Les caïmants du ministère peuvent se flatter, à force d’incompétence masquée sous un verbiage abscons, ciment de l’entre soi, d’avoir en même temps (!) cassé la culture française et l’aptitude professionnelle.

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Oncpicsou 17 mai 2023 - 6:33

Une macro analyse pourrait être :
Pourquoi des responsables politiques, s’autoproclamant « elite » ou « sages » etc. Nous ont mis (en 50 ans, tout de même !) dans une telle situation ?
Je propose l’explication suivante : la confusion entre « mémoire  » et « intelligence  »
Le cursus scolaire est basé sur l’enseignement de connaissances, ce qui signifie que plus vous aurez de capacité à mémoriser plus vous réussirez, l’intelligence n’a pas sa place dans ce contexte.
Qui se souvient encore des performances de Laurent Fabius à l’émission télé  » la tête et les jambes  » une prouesse de… mémoire, pas d’intelligence, ce qui ne l’exclue pas, mais montre que celle ci n’est pas indispensable à la réussite.
Réussir en politique demande t il de l’intelligence ? Quand on constate toutes les erreurs de bon sens commises je pense qu’un niveau bien moyen suffit, et puis ils ont des conseiller…
Le dilemme est: faut il choisir un conseiller plus intelligent que soit et ne pas suivre ses conseils pour montrer qui est le « patron », ou moins intelligent pour rester le « patron »?
On commence a percevoir un début dexplication.
Quelqu’un d’intelligent qui a mille occasions d’exercer celle-ci dans le privé aurait il envie de sembourber dans la politique?
Il reste donc un boulevard pour les imbeciles instruits…
ChatGPT vient de démontrer la puissance de la mémoire dans le processus de simulation de l’intelligence… CQFD

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GNA46 17 mai 2023 - 9:17

Ce pays s’est acharné à fabriquer de faux intellectuels depuis ces quarante et quelques dernières années. Je m’interrogeais à ce sujet jusqu’à ce que je comprenne enfin que, empêcher à une grande masse de la population d’atteindre à un savoir minimal, permet aux autres partisans du moindre effort (pas besoin de citer de nom…), de dominer sur tous les fronts. Ecouter les locutions de ceux et celles qui ont été finement choisis pour leur illettrisme donne la mesure du danger auquel nous sommes confrontés dans des décisions prisent dans tous les secteurs par ces crétins des Alpes.

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JEAN LUC rv 17 mai 2023 - 5:54

Exemple imbattable de crétin des Alpes un certain ministre qui nous parle de démarche scientifique a propos de ses ratiocinations woke et qu’on nous présente comme un grand intellectuel alors qu’il nous montre que ses connaissances en Histoire sont inexistantes et uniquement du délire idéologique. Et qui au lieu de prendre à bras le corps les vrais problèmes prêche pour le respect des délires d’aliénés et autres idioties. La maison brûle et il coupe l’herbe dans le jardin…

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