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Les écoles privées ont sauvé l’enseignement en Suède

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Dès la fin des années 1980, une première série de réformes a été opérée en Suède par le gouvernement social-démocrate, transférant aux municipalités la responsabilité des écoles et leur laissant une grande liberté pour l’affectation et l’utilisation des ressources en fonction du contexte et des besoins locaux. Puis au cours des années 1990, le gouvernement conservateur-libéral a voulu donner aux parents la liberté de choisir l’école de leurs enfants et favoriser la concurrence entre les établissements pour notamment améliorer la qualité de l’enseignement public.

Ainsi, en 1992, il a institué le chèque éducation alloué aux familles pour qu’elles le remettent à l’école, privée ou publique, de leur choix tout en interdisant que ces écoles leur prélèvent des frais de scolarité. Les écoles privées, qui recevaient initialement 85% de la dotation par élève du public, reçoivent depuis une décision des sociaux-démocrates en 1994 la même dotation que celle des écoles publiques. Parallèlement, des règles libérales ont permis qu’au cours des années 2000 de nombreux établissements privés soient ouverts.

 Figure 1. Proportion d’élèves dans les établissements privés (« libres ») dans l’enseignement obligatoire et l’enseignement secondaire supérieur en Suède et à Stockholm, 1999-2017 (en %)

Source : Statistics Sweden

Toute personne physique ou morale peut créer une école sous réserve de remplir les conditions requises par l’inspection scolaire suédoise et d’être agréée par l’Agence nationale de l’éducation. Les premières écoles libres, les friskolor, ont été ouvertes localement par des associations, des parents ou des enseignants. Puis des entreprises ont investi de plus en plus dans ce secteur de l’éducation. En 2017, 68 % des établissements privés d’enseignement obligatoire et 86 % des établissements secondaires supérieurs privés étaient gérés par des sociétés à responsabilité limitée (Alexiadou et al., 2019).

Face à l’ampleur de ce développement a été mis en place un contrôle accru de la performance et de la qualité par l’État. Aujourd’hui, environ 16 % des élèves en primaire et collège et 30 % de ceux du lycée fréquentent des écoles privées alors qu’il n’y en avait que 1% il y a trente ans.

La dégradation du système éducatif

La gauche européenne, qui ne comprend pas comment un pays social-démocrate a pu favoriser ainsi les écoles privées, dénonce la qualité de ces écoles libres et affirme que les mauvais résultats PISA des années 2010 sont dus à la privatisation. En réalité c’est l’inverse.

Aux scores PISA, la Suède avait des résultats honorables en 2000, de 516 (10ème au classement général) en compréhension de l’écrit, 510 (16ème) en mathématiques et 512 (11ème) en sciences. Ces scores se sont dégradés avec, en 2012, 483 (37ème) en compréhension de l’écrit, 478 (38ème) en mathématiques et 485 (38ème) en sciences. Mais ils se sont relevés en 2018 avec 506 (11ème) en compréhension de l’écrit, 502 (18ème) en mathématiques et 499 (20ème) en sciences. Au score Pisa 2022, les résultats sont en baisse à respectivement 482,487 et 494, comme ceux de presque tous les pays du monde, mais la Suède est 19ème, quatre places devant la France

La baisse de qualité son système éducatif est due principalement à l’immigration massive que la Suède a accueillie sans compter, notamment depuis la fin du siècle dernier.

Le nombre d’immigrés non occidentaux en Suède était d’environ 1% de la population dans les années 1970 et de plus de 10% en 2015, voire 15% en incluant les demandeurs d’asile. Selon l’OCDE, « en 2014-2015, la Suède a vu le plus grand flux de demandeurs d’asile par habitant jamais enregistré dans un pays de l’OCDE ». Corrélativement, le nombre d’immigrés sans emploi y était extrêmement important. En 2015, 82,9% des natifs et 59,6% des personnes nées à l’étranger, dans la tranche d’âge 20/64 ans, avaient un emploi rémunéré. Ce taux n’était que de 53,6% chez les immigrés extra-européens.

Les vertus de la concurrence

Il est reproché aux entreprises qui gèrent des écoles privées de faire du profit avec l’argent public qui leur est remis par les familles. Mais si elles font du profit c’est parce qu’elles réussissent à attirer des élèves qui ont le choix d’aller dans des écoles publiques. Si elles y parviennent, c’est parce qu’elles sont meilleures et si elles font du profit c’est parce qu’elles sont mieux gérées. La concurrence joue en effet un rôle efficace pour améliorer les résultats. Certes, les écoles publiques communales sont obligées d’accepter des élèves moins bons, notamment les nombreux immigrés qui ont afflué en Suède ces dernières années, mais n’est-ce pas aux pouvoirs publics qui ont favorisé cette immigration massive d’en supporter les conséquences ?

Des écoles privées font faillite ou sont obligées de fermer parce qu’elles ne respectent pas leurs obligations. Au demeurant, les écoles privées sanctionnées ne sont pas si nombreuses. Selon Le Monde, l’Inspection scolaire en aurait fermé 25 au cours des cinq dernières années. Un chiffre modeste au regard du nombre d’écoles. En France aussi, nombre d’écoles publiques mériteraient d’être fermées mais la carte scolaire oblige les élèves à les fréquenter et l’argent public couvre leurs dépenses quoiqu’il en coûte. C’est précisément la vertu d’un système privé contraindre les écoles inaptes à fermer.

Pour remédier à l’effondrement de son système scolaire, pourquoi la France n’engagerait-elle pas une vraie privatisation de ses écoles, avec allocation de bons scolaires ?

L’ancien maire conservateur d’Upplands Väsby, Oskar Weinmar, cité par M le magazine du Monde, observe : « Le principe d’une école uniforme ne fonctionne pas. Les enfants ne se ressemblent pas, ils apprennent différemment. Nous avons besoin de diversité et de permettre aux élèves et à leurs parents de choisir l’école qui leur convient le mieux et d’éliminer celles qui ne leur plaisent pas. »

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4 commentaires

Laurent46 11 décembre 2023 - 7:10

En France la République gauchiste et fainéante les a supprimé tant que peut parce que c’était Catho ou issu des Patrons. C’est cela la République gauchiste et laïque tant vénérée par le médiocre monde politique et gauchiste en France. Et aussi pour que les Français ne soient pas trop cultivés pour constater les désastres et les escroqueries parmanentes de la mafia politique.

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LYBD 11 décembre 2023 - 8:45

Excellent sujet. La France insiste et persiste avec son éducation nationale majoritairement publique Et l’on en découvre les résultats. La comparaison internationale est affligeante. La situation nationale est déconcertante. Preuve en est la désaffection des enseignants.La volonté de créer une éducation nationale est venue à l’opposé de l’instruction. Pour des raisons politiciennes, le corps enseignant de l’époque a voulu « massifier » l’enseignement en croyant y trouver formation et justice sociale. Une démarche professionnelle qui n’aurait pas du être politicienne.

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Roven 11 décembre 2023 - 8:55

Quand le public s’aperçoit qu’il est inefficace, il empêche le privé de le concurrencer pour éviter toute comparaison… Une fois de plus, le « service » public met la poussière sous le tapis !

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Lombled 11 décembre 2023 - 3:03

Il est impossible de mettre au même niveau notre enseignement public avec celui d’autres pays européens, pour une raison toute simple, les enfants d’immigrés très majoritairement musulmans font de l’opposition à l’enseignement français et donc la mixité fait tomber le niveau de l’ensemble au plus bas.

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