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Le transport aérien français souffre d’un retard technologique alarmant

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Un rapport du Sénat du 21 juin dresse un constat alarmant sur le retard technologique du transport aérien français par rapport aux autres pays européens. Les programmes de modernisation du contrôle aérien lancés par la direction des services de la Navigation aérienne (DSNA), le prestataire de services de navigation aérienne qui dépend indirectement du ministère chargé des Transports, auraient « accumulé les déboires tant en termes de délais que de surcoûts financiers ». Les estimations s’élèvent à 1 milliard d’euros pour les surcoûts, 10 ans pour le retard de projets comme 4-Flight et Coflight, et à 37 millions d’euros de pertes sur le programme de modernisation Synat. Le Sénat note que ces grands plans masquaient une autre réalité : l’obsolescence et la vétusté des systèmes et des infrastructures de la DSNA, dont le déficit de financement annuel se chiffre « entre 50 et 70 millions d’euros ».

Ce retard technologique s’illustre par le fait que les contrôleurs aériens français utilisent des bandelettes de papier comme support de travail pour recevoir les informations de vols et donner les instructions aux pilotes, alors qu’à Maastricht, un centre de contrôle aérien a « basculé en environnement tout électronique dès 1992 ». Or, c’est l’une des causes des nombreux retards de la DSNA qui représentent 21 % des délais sur le réseau européen en 2022. Selon le Sénat, la situation actuelle s’explique notamment par le fait que la DSNA ne se confronte pas suffisamment à des avis extérieurs dans ses programmes de modernisation. Il préconise donc une réforme qui s’articule autour de trois volets : l’organisation du travail des contrôleurs aériens, la restructuration du réseau des implantations de la DSNA, ainsi qu’une modernisation technologique. Ce n’est pas la première fois que la gestion budgétaire et opérationnelle du transport aérien est pointée du doigt par la Chambre haute. C’est la raison pour laquelle l’IREF soutient la privatisation du contrôle aérien : les exemples anglais, canadien et australien sont la preuve qu’elle offre de bien meilleures perspectives en termes de réduction des coûts et d’amélioration des prestations (réduction du temps d’attente), sans dépendre financièrement de la puissance publique.

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4 commentaires

nanard 14 juillet 2023 - 7:19

Effectivement la vision des « strips » parait archaïque devant des écrans modernes et l’informatique. Toutefois, ce ne sont que des outils pour assurer la sécurité (espacement, alertes etc…) . On pourra consulter ce lien qui explique l’usage de ces bandelettes de papier et leur évolution : https://www.lri.fr/~mackay/pdffiles/IHM97.Radicalement.pdf . Il serait plus pertinent de se poser la question de la sécurité de façon moins centralisée, en généralisant les dispositifs d’alerte à bord des appareils (TCAS, ACAS, FLARM etc )en les couplant au GPS de bord, qui sans se substituer au contrôle devrait apporter un gain en matière d’anticollision. Il restera toujours des terrains de moindre trafic où les contrôleurs ne sont pas forcement présents et sur lesquels de tels équipements ne sont pas envisageables financièrement. D’ailleurs certains se sont vu supprimés des aides à l’atterrissage (ILS) pour des raisons économiques…. Sur ces terrains « secondaires » ce ne sont pas toujours des contrôleurs qui opèrent, mais des agents AFIS qui rendent un service plus réduit et parfois il n’y a personne à la tour… Alors se pose le problème financier face à la sécurité…. On peut légitimement penser que ce sont les équipements à bord qui amélioreront la sécurité, en se développant comme pour les vols autonomes…. grosse révolution en vue, certains se demandent si leur métiers ne vont pas disparaitre…

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François Audouze 14 juillet 2023 - 9:00

La CGT utilise les contrôleurs aériens comme moyen de bloquer le pays. Elle n’a aucune volonté de voir cette fonction se réformer. On raconte une histoire amusante qui a peut-être un fond de vérité. Les Contrôleurs du Ciel travaillent 5 heures par jour pendant 5 jours et font grève car c’est pénible. Ils obtiennent 4 heures par jour. C’est encore pénible. Ils obtiennent 3 heures par jour pendant 5 jours car 3 heures c’est le maximum de temps pour être vigilant. Ils trouvent alors que se déplacer pour seulement 3 jours, c’est assez stupide et font grève pour obtenir de travailler 5 heures pendant seulement 3 jours par semaine. ..
La modernisation de la fonction n’arrivera jamais tant que la CGT est là.

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Almaviva 14 juillet 2023 - 12:03

Et si tout cela était privatisé ! Nous n’en serions pas là !

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AlainD 19 juillet 2023 - 8:34

Les officiers contrôleurs aériens (excusez du peu) sont des fonctionnaires fortement syndiqués, c’est tout le problème…

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