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Enfin une bonne nouvelle : les entreprises du CAC 40 ont versé 100 milliards à leurs actionnaires en 2023

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Les bonnes nouvelles sont suffisamment rares en ce moment pour que nous ne nous fassions pas l’écho de la somme versée par les entreprises composant l’indice CAC 40 à leurs actionnaires.

Ces derniers ont reçu, en 2023, près de 100 milliards d’euros (Md€) – 97,2 Md€ très exactement –, soit près de 20 % de plus qu’en 2022. Cette somme se répartit en dividendes pour 67 Md€ et en rachat d’actions pour 30 Md€.

Près de 40 % de cette somme proviennent de trois entreprises : TotalEnergies (18,4 Md€), BNP Paribas (presque 10 Md€) et le géant du luxe LVMH (7,5 Md€). Si l’on ajoute Stellantis, Axa et Sanofi à ce trio de tête, on franchit la barre des 50 % de la somme versée par le CAC 40.

Cette bonne nouvelle est cependant en demi-teinte. Si nous pouvons nous réjouir d’avoir quelques champions mondiaux dans l’indice phare de la Bourse de Paris, nous pouvons, dans le même temps, nous inquiéter que quelques entreprises seulement sortent du lot. Une meilleure répartition des dividendes serait plus rassurante sur la bonne santé des grandes entreprises françaises.

Si nos champions nationaux gagnent néanmoins de l’argent, c’est parce qu’ils ont su conquérir les marchés étrangers. Nous avons déjà eu l’occasion de le démontrer : les multinationales françaises réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires à l’étranger. Elles y réalisent aussi l’essentiel de leurs bénéfices. Par conséquent, critiquer leurs marges et vouloir les taxer toujours davantage est contreproductif.

Enfin, on pourrait regretter que ces 100 Md€ ne profitent pas davantage aux Français. En effet, 40 % du CAC 40 sont détenus par des investisseurs étrangers. Pour l’ensemble des actions française cotées sur Euronext Paris, le taux est légèrement plus faible, à 36,7 %. Si certains se réjouiront que nos fleurons nationaux restent détenus par des Français, d’autres s’inquièteront d’un chiffre faible par rapport aux standards européens. En Allemagne, les étrangers possèdent 52 % du capital des sociétés cotées ; aux Pays-Bas, c’est même 85 %. En effet, si les investisseurs étrangers s’intéressent aux entreprises d’un pays, n’est-ce pas parce que celles-ci sont innovantes, en bonne santé financière et pleines de promesses de gains futurs ?

Un environnement fiscal et réglementaire plus attractif permettrait assurément à toutes les entreprises françaises – au-delà du CAC 40 – d’être plus compétitives. Et, par conséquent, de verser plus de dividendes et d’attirer les investisseurs, quelle que soit leur nationalité.

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