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Comment la crise sanitaire révèle la médiocrité de l’école

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Vendredi 25 novembre ont été publiés les résultats des évaluations nationales, qui donnent les compétences en mathématiques et français des élèves de CP, CE1, 6e et seconde. Les effets néfastes de la crise sanitaire et des fermetures d’école à répétition sont confirmés. Qui pouvait imaginer que priver les enfants d’instructeurs qualifiés et les confier aux connaissances inégales de leurs parents ait le même résultat que leurs cours habituels ? Les évaluations nationales révèlent en revanche un point beaucoup plus intéressant : en 2017, 15% des enfants avaient des connaissances en mathématiques suffisantes pour intégrer le groupe 6, le plus performant. Aujourd’hui, ils sont 18,4%. De l’autre côté de l’échelle, 32,5% des élèves se classent dans le groupe le moins à l’aise, contre 30,8% en 2017. Autrement dit, les inégalités se sont creusées.

Les écoliers se scindent donc en trois catégories à nuancer. Ceux dont les parents ne peuvent se substituer aux professeurs et ne les poussent guère à travailler, ce qui conduit   les enfants vers un décrochage accéléré par la crise sanitaire. Certains ont des parents insuffisamment savants pour être instituteurs mais suffisamment motivés pour veiller à ce que les devoirs soient faits et les leçons sues. Ceux-ci ont besoin de l’école et en profitent mais se trouvent en difficulté lorsqu’elle disparaît. Ils ont donc rejoint, au moins en partie, le groupe des élèves en difficulté. Les derniers ont la chance d’avoir des parents qui peuvent leur enseigner ce qu’ils doivent savoir. Les crises sanitaires leur ont permis d’avoir des cours particuliers dont ils ont bien plus profité que des leçons d’école perturbées par des élèves peu soucieux d’apprendre ou ralenties par ceux dont les capacités intellectuelles sont moindres. Ces enfants sont venus grossir le groupe 6, le plus compétent.

La crise sanitaire prouve ainsi ce que chaque parent sait : l’école est égalitaire parce qu’elle enferme tous les élèves dans une médiocrité tout juste suffisante au passage d’examens dont le niveau s’abaisse sans cesse. L’excellence n’existe plus que par les parents qui peuvent y consacrer du temps, de l’énergie et des connaissances.

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2 commentaires

Obeguyx 1 décembre 2022 - 8:22

Merci Adélaïde pour cet article. Plus on abaisse le niveau et plus le niveau baissera. Il faudra un demi-siècle pour revenir au niveau des années « 60 », à condition de réagir dès maintenant. Et ce n’est pas avec le gaucho bobo qui est à la tête de l’éducation nationale que ça va s’arranger. Le précédent avait eu le mérite de stabiliser la dégringolade aux enfers que le nouveau s’est empressé de déverrouiller. Pauvre France et surtout pauvre Macron, suffisant et à la limite de la paranoïa (et dieu sait si je n’aime pas employer ce mot foutoir).

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PhB 1 décembre 2022 - 10:20

Merci Adélaïde, je suis tout à fait d’accord et en accord avec le commentaire d’Obeguyx.
Notre génération à passé son Bac avec la Règle à Calcul mais avec le « citron » bien mieux équipé du côté des connaissances que beaucoup de jeunes d’aujourd’hui.
De notre temps (surtout dans les années 60), l’instruction (l’éducation: c’est le rôle des parents) était dispensée de façon à nous permettre de faire nos devoirs, à peu près en toute autonomie, tout seul à la maison, les parents ayant surtout un rôle de contrôle.
On était 6 enfants à la maison, fallait que « ça marche »!
J’avais bien un frangin en difficulté scolaire, mais pour les cinq autres, de mauvais résultats venaient d’un manque de travail (moi inclus).
Avec mes enfants, en milieu scolaire dans les années 90, la situation a complètement changé.
Impossible pour eux de faire bien leurs devoirs sans l’aide des parents.
En fait les enseignants ont reporté certaines tâches de la pédagogie sur les parents.
Ceci a bien augmenté la fracture et inégalité du partage des connaissances dans le milieu scolaire!
Faut laisser aux jeunes quand même, que les deux années « Covid » ont été une grosse galère pour eux.
Salutations le plus cordiales
PhB

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