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Macron : l’hypocrisie verte

par Morgane Afif
 Réélu avec 58,5% des suffrages exprimés, Emmanuel Macron a redéfini dans son discours au Champ-de-Mars, sur fond d’hymne européen, les grandes lignes de son second quinquennat. Le président a confirmé son virage écolo-stratégique : « faire de la France une grande nation écologique ».

Étrange métamorphose pour Jupiter : exit le roi Soleil, bienvenue Père Nature. Emmanuel Macron n’a pas hésité à opérer ce séduisant — pour les jeunes consciences influençables et convaincues par les idées de Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon — virage à 180° entre le premier et le second tour de la présidentielle. Stratégique : le président réélu a ainsi attiré à lui la foule des électeurs déçus LFI et EELV qui ont exigé à contrecœur le traditionnel (et soit dit en passant antidémocratique) « barrage à l’extrême droite ». Mission réussie dimanche 24 avril à l’annonce des résultats.

S’attirer un électorat jeune et « éco-anxieux »

Pour Emmanuel Macron, mieux valait faire profil bas dans cet entre-deux-tours. Pari gagné pour celui qui accusait Marine Le Pen d’être la source du mal de ce siècle : « vous êtes climato-sceptique » proclamait-il alors ; insulte suprême pour la bien-pensance contemporaine. Ironique pour le seul président de l’histoire dont le gouvernement a été condamné par la justice pour inaction dans la lutte contre le changement climatique, selon les conclusions de ladite « Affaire du siècle » en 2019. Sans approuver ces mesures à la mode ; elles révèlent, du moins, l’hypocrisie de celui qui s’est proclamé héraut de l’écologie pour attirer à la lui les voix des déçus du premier tour, en surfant sur la vague entraînée par le divin rapport du GIEC sur le climat.

L’initiative, emportée par l’affaire Grande-Synthe, du nom de cette commune du Nord qui a déposé plainte contre le gouvernement pour inaction climatique, avait aussitôt été rejointe par quatre ONG dont la Fondation pour la Nature et l’Homme créée par Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique et solidaire du gouvernement Édouard Philippe. Le tribunal administratif de Paris avait alors reconnu, début février 2021, le gouvernement coupable de n’avoir pas respecté ses engagements de réduction des gaz à effet de serre. La haute juridiction administrative avait ainsi accordé à l’Etat un délai de neuf mois, jusqu’au 31 mars 2022, pour corriger son « inaction climatique ». Silence radio boulevard Saint-Germain. Qu’est-il advenu des nobles aspirations d’Emmanuel Macron ? Il déclarait pourtant, en 2017 lors de son accession à l’Elysée, faire de la santé environnementale une « priorité du quinquennat ». L’interdiction du glyphosate, totem de l’écologie, était à ce titre l’une des promesses phares candidat qui s’était engagé à interdire le pesticide controversé, avant de revenir sur sa parole en 2019.

Pourtant, dans les bureaux des Verts, à qui le président réélu a montré patte blanche durant l’entre-deux-tours, personne n’est dupe. Hypocrite, le président ? « Il avait cinq ans pour agir et il ne l’a pas fait, il a été condamné pour inaction climatique, donc il n’y a aucune raison de croire véritablement en ses promesse. […] Je n’attends rien d’Emmanuel Macron. », déclarait Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, le 17 avril sur le plateau de France Info. Souvenir amer des propos du président qui avait comparé en septembre 2020 les écologistes aux « modèle Amish » utilisant « la lampe à huile ». Quid, dès lors, du nucléaire ? Le candidat est-il toujours hanté par le mauvais souvenir de Fessenheim, la centrale alsacienne fermée en 2020 ? Quid, également, de la loi Hulot de 2017, qui prévoit la fin de l’exploitation des hydrocarbures au-delà de 2040 ? Pas de doute, c’est en dénaturant nos côtes et nos campagnes à grands frais en les piquant d’éoliennes qu’Emmanuel Macron, nouveau messie, sauvera la planète.

Asseoir une majorité aux législatives

Tout porte à croire que la nouvelle religion écolo du président réélu retombera comme un soufflet une fois les législatives passées et la majorité assurée. Adieu les promesses du meeting de Marseille, lorsque l’ancien candidat proclamait au Pharo : « La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas ». L’idée n’était pourtant pas de lui, pour attirer dans ses filets les 22% de votants ayant soutenu Jean-Luc Mélenchon au premier tour, Emmanuel Macron n’a pas hésité à récupérer les propositions du candidat Insoumis concernant l’écologie, comme l’attribution au premier Ministre de la « planification écologique ». Rappelons, du reste, que sous François Fillon, Jean-Louis Borloo, alors numéro deux du gouvernement, était lui-même chargé de l’Écologie, comme Ségolène Royal sous Manuel Valls et Nicolas Hulot sous Édouard Philippe, ce qui n’a pas eu d’autre effet sensible que de peindre en vert les consciences de l’Elysée et de Matignon. Ces nouvelles mesures rachètent le président aux yeux des électeurs éco-anxieux (nouveau terme à la mode) pour attirer à lui les voix de l’écologie médiatique… Jusqu’au prochain rapport du GIEC annonçant l’apocalypse.

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