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Le privé et les impôts : les vaches à lait face aux vaches sacrées

par Olivier Barrat
L’Histoire nous apprend que la servilité fiscale du peuple français s’avère presque sans limite. Nous sommes un pays écrasé d’impôts et qui ne se révolte pas. Il nous est expliqué que cette prédation massive des richesses par l’Etat serait nécessaire au nom des exigences de la justice sociale et du besoin de financement des services publics. Chacun peut cependant constater que ce discours tient de la fable. Comment expliquer, sinon, qu’avec un tel niveau de prélèvements obligatoires nous ayons aujourd’hui plus de neuf millions de pauvres, une école publique et des hôpitaux en quasi ruine, une justice et une police à l’agonie ?

L’impôt est une forme moderne de servage

L’impôt constitue, en France, un système de pouvoir au service d’une gigantesque oppression, par laquelle une caste tient sous sa botte une nation tout entière. Il s’agit ni plus ni moins que d’une forme moderne de servage drapée dans les apparences d’une démocratie. Le secteur privé sert de vache à lait, écrasé sous la tyrannie fiscale, condamné à nourrir les vaches sacrées de notre oligarchie. L’Etat finance une série innombrable de rentes, de privilèges et d’injustices avec l’argent du contribuable. Les profiteurs sont structurés en administrations, en organismes divers, en syndicats, en partis et en associations de toute nature, captant à leur avantage les ressources publiques. Ils maquillent l’opération en prétendant agir au nom de l’intérêt général. Ils mentent sans vergogne. Ils ont ainsi transformé des idéaux de solidarité pour en faire les faux nez d’un « hold-up » permanent. Le socialisme, la social-démocratie, le progressisme ne servent plus aujourd’hui que d’alibi au racket des populations.

L’économiste autrichien Joseph Schumpeter avait parfaitement prévu ce danger. Il en avait expliqué les causes. Le monde de l’entreprise, et particulièrement les classes moyennes libérales, se trouve en effet dans l’incapacité psychologique et sociale de lutter politiquement face aux oligarchies bureaucratiques et à leurs clientèles. Accaparés par leurs engagements professionnels, les catégories actives du secteur privé ne disposent pas du temps nécessaire, ni des savoirs politiciens, leur permettant de s’investir dans la conquête et l’exercice du pouvoir. De plus, par tempérament, ils sont plutôt des adeptes de la négociation, du compromis, de l’échange et du dialogue dans le but de parvenir à une coopération libre et harmonieuse avec ceux qui possèdent des intérêts contraires. Ils se trouvent par conséquent désarmés quand ils sont confrontés à des apparatchiks qui raisonnent, pour leur part, en termes de rapports de force, de contrainte et de domination. Les uns pensent comme Adam Smith et sa philosophie morale, les autres fondent leur compréhension du monde sur celle de Machiavel. Les uns savent travailler et produire de la richesse, les autres savent opprimer, taxer et confisquer. Les uns conçoivent les écoles et les universités comme les lieux d’apprentissage à l’industrie, au commerce et à la liberté personnelle, quand les autres en font des centres d’endoctrinement et de conditionnement aux mains de petits maitres idéologiques organiquement dépendants de l’Etat, car ne sachant vivre que d’argents publics.

Quant à la démocratie, elle se trouve rongée de l’intérieur, privée de sens

Les classes sociales du secteur privé ont cru qu’elles parviendraient à contrôler les oligarchies administratives grâce au recours à un système juridique chargé de protéger les droits fondamentaux, accompagné d’un système politique fondé sur la démocratie représentative. Il s’agissait ainsi de tenir en laisse la bureaucratie, de la maintenir sous la tutelle des citoyens pour éviter les dérives. Mais le monstre leur a totalement échappé. La loi ne défend plus les libertés individuelles concrètes, au premier rang desquelles se trouvait le droit de propriété en tant qu’il demeure le seul moyen de garantir au citoyen son autonomie d’existence face à l’Etat. Tout au contraire, nos lois modernes sont devenues des mécanismes d’encadrement des existences et de spoliation des biens. Il est d’ailleurs à craindre que les théories de l’écologie punitive qui sont en train de s’imposer progressivement ne fassent qu’accroître encore d’avantage la domestication des citoyens. Quant à la démocratie, elle se trouve rongée de l’intérieur, privée de sens et vidée de sa substance la plus élémentaire. La récente crise sanitaire a démontré d’une manière éclatante à quel point le Parlement, pourtant officiellement composé des représentants du peuple, a sombré en une simple chambre d’enregistrement des décisions prises par la haute administration et les cabinets d’experts qui la conseillent. Les dernières élections, marquées par un très important taux d’abstention et un vote en forme de rejet de Marine Le Pen plutôt que d’adhésion à Emmanuel Macron, maintiennent au pouvoir une clique fermée sur elle-même, poursuivant sa fuite en avant en matière de déficits et de dépenses publiques devenus absolument hors de contrôle.

La facture économique et politique de cette situation sera lourde. Les vaches sacrées se dressent toujours sur leurs trônes ou leurs autels, bien décidées à ne rien lâcher de leurs privilèges. Elles entendent plus que jamais faire payer leurs vaches à lait autant qu’elles le pourront. Et peu leur importe si tout finit en ruine.

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