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Présidentielle et entreprises : des mesures incomplètes

par Adélaïde Motte
Pour sortir de plusieurs années de déficit commercial et de baisse de la compétitivité des entreprises, le futur chef d’Etat doit permettre à celles-ci d’utiliser l’ensemble de leurs compétences. Malheureusement, les programmes électoraux ne s’en préoccupent guère.

Les sujets dont dépend la bonne santé des entreprises sont légion. Il peut s’agir des modalités de départ à la retraite, des cotisations salariales et patronales, des réglementations administratives, des impôts divers, des quotas et autres incitations de recrutement, du temps de travail, des niveaux de salaire, des normes sociales et environnementales ou des subventions publiques. Les programmes des candidats relatifs aux entreprises se doivent d’être denses et précis, et surtout lucides pour aborder justement ce domaine dont dépend notre économie et, sur certains points, notre indépendance.

Impôts et fiscalité des entreprises : la gauche accélère, la droite freine trop peu

La France est, à maints égards, un enfer fiscal pour les entreprises. Les dépenses publiques représentaient 56% du PIB avant crise, soit dix points de plus que la moyenne européenne, la dette publique frôle les trois mille milliards, la balance commerciale est en déficit depuis près de vingt ans, les impôts de production sont quatre fois plus élevés qu’en Allemagne, bref, les indicateurs économiques sont dans le rouge. Permettre aux entreprises de retrouver leur compétitivité passe par la réduction massive de la fiscalité, afin qu’elles innovent et embauchent. C’est ce que ne comprennent pas les candidats de gauche, et que ne perçoivent pas suffisamment les candidats de droite.

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon, crédité de plus de 10% dans les derniers sondages, propose un impôt sur les sociétés progressif, basé sur les bénéfices réalisés et leur usage. Ainsi, non seulement les entreprises ne seront pas incitées à produire, mais en plus l’Etat se permettra de plus ou moins les imposer en fonction de leurs choix. Une façon de les contrôler, par exemple sur leurs modalités de recrutement ou d’approvisionnement. Si l’on ajoute à cette mesure communiste le fait que le candidat de La France Insoumise souhaite augmenter le SMIC, on comprend combien un tel candidat serait dangereux pour la compétitivité du pays. Ces propositions sont également présentes chez les candidats de gauche moins importants.

Le libéralisme trop timide de la droite

Si les candidats de droite, Valérie Pécresse, Marine Le Pen et Eric Zemmour, avancent des mesures un peu plus intéressantes, ils sont loin d’être assez ambitieux. Leurs positions respectives sur les retraites, que Valérie Pécresse et Eric Zemmour voudraient pousser à 65 et 64 ans, est un exemple de constat juste débouchant sur des mesures inefficaces. L’instauration d’un pilier de retraite par capitalisation permettrait d’augmenter, et surtout de garantir à long terme les retraites des cotisants actuels, de laisser les travailleurs partir lorsqu’ils le veulent et de limiter les dépenses de l’Etat dans ce secteur. De quoi régler les difficultés que pose le modèle actuel tout en améliorant un système usé jusqu’à l’os. Il est vrai qu’une telle mesure demanderait certains efforts pédagogiques de la part des équipes de campagne, mais leur rôle n’est-il pas justement d’expliquer le programme de leur candidat et de convaincre les électeurs de son bien-fondé ?

Concernant les différentes occurrences de la fiscalité, les candidats de droite présentent plusieurs similitudes, notamment sur les impôts de production. Le MEDEF demande qu’ils soient diminués de 35 milliards sur cinq ans, pour que la France rejoigne la moyenne de l’OCDE. Marine Le Pen veut supprimer la CFE, mais aussi la C3S dans les zones de relocalisation. Valérie Pécresse propose également de supprimer la C3S, ainsi que les cotisations sur les attributions gratuites d’actions aux salariés et le forfait social, ce qui diminuerait la fiscalité des entreprises de dix milliards. Il est regrettable que sa mesure ne soit pas plus ambitieuse, surtout quand on sait que Valérie Pécresse fait dépendre une baisse plus importante des impôts de production de celle de la dépense publique. On s’attendrait plutôt à ce qu’elle présente un plan chiffré et précis de cette baisse. Eric Zemmour, lui, souhaite réduire les impôts de production de trente milliards, en s’attaquant également à la C3S, mais aussi à la CVAE. Ses mesures économiques se démarquent par leur financement, où l’on retrouve l’immigration, son sujet fétiche. Pour lui, les aides sociales ne dépendant pas d’une cotisation, comme le RSA ou les aides au logement, devraient être réservées aux Français. Ces économies financeraient la baisse de la fiscalité sur les entreprises.

Il est regrettable que les divers candidats de droite, si timides sur le plan économique, ne parviennent pas à proposer des baisses plus importantes de la dépense publique, notamment par l’abolition du statut de la fonction publique et la privatisation de certains secteurs. Ce courage leur permettrait d’offrir des baisses d’impôts plus importantes et des perspectives plus enthousiasmantes que le remboursement d’une dette qui ne cesse de se creuser. Malheureusement, peut-être trop centrée sur l’immigration, la campagne accorde trop peu de place à des mesures économiques efficaces.

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6 commentaires

LAURENT46 2 mars 2022 - 7:19

La République, L’Europe, Les médias même combat la me.de US avant tout, plus un mot sur le passe sanitaire et les masques à vie ? plus un mot sur le plus important pour la France les élections Présidentielles Mais que de paroles sur tous ceux qui ne veulent pas se mêler à ce qui se passe en Ukraine ou la me.de US s’était imposée comme en France détruisant leur culture LGBT, Woks, écolos qui après les voitures sont à détruire notre alimentation, Féministes avec des enfants qui se font tout seuls, Homos hommes ou femmes il n’y a plus une série voir pub sans les voir se rouler sur un lit, Associations, ONG aussi merdeuses les unes que les autres, et le pompon sur la galette Macron pour 5 ans de plus. Tous les ingrédients sont là pour une guerre beaucoup plus large et haineuse.
La destruction de l’Europe ce ne sont pas les Russes mais bien les US avec son bras armé l’OTAN et les institutions Européennes.

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François MARTIN 2 mars 2022 - 7:45

La situation catastrophique des producteurs Français n’appelle pas de savantes analyses. Ils sont tout simplement écrasés d’impôts et taxes et paralysés par des réglementations à la prolifération monstrueuse.

Evidemment cela retentit fortement sur le sort de l’ensemble des Français : “De 1975 à 2019 la France est passée du 5ème au 26ème rang mondial pour le niveau de vie par tête“. (Jacques de Larosière. 40 ans d’égarements économiques. Éditions Odile JACOB).

Il est sidérant qu’aucun candidat ne propose d’arrêter “tout ça“.

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en fait 2 mars 2022 - 9:18

OUI, pourquoi changer un très juteux Régime, il fonctionne très bien pour la Caste, d’ailleurs certains avec un cynisme exceptionnel font semblant – une fois à la Royale retraite – de dénoncer leurs propres manquements.
– au premier tour le 23 04 2017 le N1 a obtenu quasi 16 % des voix des citoyens de plus de 18 ans soit un très beau levier comme dans le monde de la finance, tous les pouvoirs avec 84 % de contre, chapeau l’artiste !.
– au niveau  » municipal » les royales subventions » permettent des leviers encore plus importants, ensuite, c’est la vie sans soucis.
– le système des retraites par répartition permet au  » moyen » de toucher au mini un x10 de ses cotisations, et pour les politiques cela débute à x30,
Aussi, avec les outils actuels, quand la confiance en  » Turing » disparaitra, il faudra enfin réfléchir.
Cependant, il ne faut pas trop rêver, les fromages sont trop nombreux au moins 1500 en France, . .. ….,
donc tout va bien.

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Verdun 2 mars 2022 - 10:44

Vous raisonnez encore comme un pays riches. la réalité c’est que les marges de manœuvre sont de plus en plus étroites.

Ce n’est peut être pas La priorité. Avant de rebâtir une ruine faute d’entretien depuis 50 ans et de mettre un nouveau système de chauffage, il faut démolir, isoler et tous les acteurs devraient mettre la main au portefeuille y compris ceux qui ont voté cette alternance de « droite »..

En revanche il faut redonner plus de sens à la fonction publique et lui imposer des objectifs de performance cohérents et la débarrasser de ses nombreux parasites.

Bien à vous

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Obeguyx 2 mars 2022 - 3:59

J’oserais dire qu’on ne peut parler que de ce qu’on connait. Or, faire des économies n’est dans la conception, ni la connaissance des politiciens, pour 80 % au moins. Alors, nous allons encore et encore subir pendant des décennies.

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JR 2 mars 2022 - 8:44

Bonjour, et je m’étonne toujours que l’on oublie les chiffres clés. En 1980 1,8 M de fonctionnaire et 5,7 M en 2020, pour seulement 22 % (55 M vs 67 M) de population en plus. Que s’est-il passé ? Alors qu’en 1980, la France était la 3 ème puissance mondiale, que nous étions fiers d’être Français, que nous étions enviés, que nous étions dans un pays parfaitement bien administré et que tous les services fonctionnaient bien avec humanité et sans informatique. Je ne m’explique pas comment cette inflation des fonctionnaires a pu être validée et ce qu’elle a apporté à nos concitoyens contribuables. Si vous pouvez éclairer ma lanterne ? Merci. Bien à vous

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