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Journal des Libertés - Eté 2019
Un Journal des Libertés riche de réflexions

Avec l’été, nous avons fêté ce 21 juin dernier le premier anniversaire du Journal des Libertés en même temps que la publication sur notre site internet de son numéro 5 désormais en ligne à l’adresse habituelle : journaldeslibertes.fr. Ce numéro est riche de réflexions notamment sur les thèmes de la démocratie, du libéralisme et de l’union européenne.

Pascal Salin introduit le sujet de la démocratie en s’inquiétant de son usage immodéré dans des institutions qui ne sont pas faites pour fonctionner avec elle : les écoles ou universités, les familles, les entreprises… Le risque survient quand la majorité s’arroge tous les droits au nom de la démocratie et de l’intérêt dit général, le cas échéant pour spolier la minorité. Pour éviter cette dérive et faire en sorte que la démocratie reste un moyen, « une simple règle de décision collective », et qu’elle soit à même de garantir la liberté humaine, ce qui devrait être le seul objet de tout pouvoir, il faut qu’elle ait pour principale mission de faire respecter la propriété de chacun. « À partir du moment où les droits de propriété sont déterminés, on sait ce que chaque membre d’une société a le droit de faire ou de ne pas faire et l’on peut alors déterminer la responsabilité de chacun. Être responsable c’est subir les conséquences de ses actes…C’est sur ces trois principes indissociables – la liberté, la propriété et la responsabilité – qu’une société libre est fondée ». Hélas, l’Etat n’est trop souvent que la proie de ceux qui veulent utiliser son pouvoir de coercition à leur profit personnel masqué sous le nom d’intérêt général. Il ne faut donc pas confondre la démocratie avec ce que certains en font aujourd’hui, comme d’ailleurs le libéralisme dont Alain Laurent dénonce dans son article la confusion que la gauche sociale démocrate, voire socialiste, déforme sciemment pour s’approprier le concept et le détruire,

Une même maladie affaiblit l’Union européenne qui s’enlise dans un centralisme technocratique. Mais il y a sans doute des moyens de revenir à la source et de redonner du sens aux mots et de la force aux concepts. Jean-Philippe Feldman évoque l’Europe pour constater que « Les institutions existantes sont, à plusieurs égards, défectueuses. Leur échec s’est traduit par un accroissement des normes au détriment de la liberté. Les risques sont mêmes accrus du fait des situations engendrées par les institutions existantes en termes de budget et de fiscalité. ». Il propose des réformes institutionnelles pour y remédier par, notamment, une meilleure séparation des pouvoirs au sein de l’Union, l’application d’une véritable subsidiarité conduisant à la réduction des pouvoirs de l’Union et le respect de la concurrence plutôt que l’uniformisation cachée sous le nom falsifié d’harmonisation. Victoria Curzon Price raconte d’ailleurs comment la Suisse résiste à la pression de l’union européenne qui lui demande de conclure un « Accord institutionnel » tendant à intégrer peu ou prou le pays de Guillaume Tell dans une Europe de plus en plus « harmonisée » et centralisée au risque d’un un certain déficit démocratique inévitable, « tandis, écrit-elle, que la Suisse représente une sorte de preuve archéologique du contraire – une nation construite sur le maintien des différences et le respect des expressions politiques subsidiaires et locales ». Il faut aussi sans doute que les institutions européennes soient l’objet d’un contrôle strict qui n’est guère assuré pas l’OLAF dont c’est pourtant la charge ainsi que le démontre Alain Mathieu.

Dans son introduction, Pierre Garello, directeur du Journal, observe que « Le service public c’est ce que l’Etat, dans un esprit de subsidiarité, peut faire pour notre société. C’est donc, par définition, quelque chose de limité à ce que les économistes dénomment les « biens publics » — et les économistes libéraux s’empressent en général d’ajouter que l’initiative privée peut parfois produire, voire même prendre à sa charge, ces biens et services très spécifiques ». Jacques Garello analyse les notions de biens publics, services publics, dépenses publiques pour conclure « qu’il y a bien d’autres solutions pour régler des questions qui concernent une population entière ou très étendue que d’en confier la gestion à la puissance publique. Les solutions politiques souffrent toujours du comportement de la classe des politiciens, car la démocratie représentative engendre le clientélisme électoral, et crée sans cesse de nouveaux privilèges, c’est-à-dire de nouveaux transferts qu’il faut bien financer. Il est facile de trouver de bons prétextes pour subventionner, pour secourir ». Précisément, Erwan Queinnec évoque les moyens de Réguler l’écologie au moyen de la liberté dans un Bref plaidoyer en faveur de « l’écolibéralisme ».

Il y a donc dans les débats de ce numéro tout à la fois un grand mélange et une sorte de trame commune autour de la liberté. C’est l’objet même de notre revue. La démocratie est un instrument qu’il faut préserver mais sans en faire l’absolu de la vie sociale. C’est d’ailleurs sans doute le dévoiement de la démocratie qui souffle sur les braises du populisme comme l’évoque Pierre Garello dans son article sur Ce que révèle une analyse économique du populisme et ce que soulignent de nombreux auteurs de l’ouvrage conçu comme une vaste enquête internationale sur La démocratie dans l’adversité dont il est fait la recension. Peut-être que la démocratie a été pervertie par le marxisme qui l’a réifiée ainsi que l’observait Vaclav Havel, « comme si les structures idéologiques du XXème siècle, en s’en allant, avaient laissé à la démocratie leur forme propre : une rationalité excessive, un statut idéologique qui ne lui convient pas ». Le problème tient peut-être au fait que nous autres occidentaux sommes en train d’oublier que l’homme est imparfait et limité autant que porté à chercher la perfection et l’absolu. L’Histoire de l’humanité est une succession de victoires de l’individu face à ceux qui ont essayé de le soumettre comme le rappelle Roger Scruton dans l’ouvrage commenté par Nicolas Lecaussin. Le combat ne doit jamais être abandonné en faveur des libertés. C’est le souci du Journal des libertés et c’est pourquoi je vous incite à le lire, à vous y abonner gratuitement sur son site ou, mieux encore, à sa version papier moyennant un prix raisonnable.

Jean-Philippe Delsol

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