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Quelles réformes après le confinement ?
Que faire ?

Il y a 33 ans, le président américain Ronald Reagan interpellait Mikhaïl Gorbatchev devant le mur de Berlin pour lui demander de détruire ce mur. Deux ans plus tard, le socialisme semblait avoir définitivement perdu. Rien n’est moins sûr aujourd’hui.

La crise sans précédent que nous connaissons dévaste l’économie dans des proportions jamais vues depuis la Seconde Guerre mondiale. Sans surprise, l’Etat prétend sauver la situation en faisant le choix d’un interventionnisme massif et plus important que jamais en temps de paix : décision administrative de fermer des commerces, fixation des prix, rationnement de certains produits, pression sur les dirigeants d’entreprises, intervention arbitraire dans des contrats de droit privé, décision à la place des assemblées générales d’entreprises de supprimer des dividendes, prise en charge de 10 millions de salariés au chômage partiel, soit environ la moitié des salariés du secteur privé …

La France en réanimation ?

Alors que la France détient le triste record d’avoir la pression fiscale la plus importante du monde, 6 millions de fonctionnaires et assimilés et un endettement public qui dépasse les 100% du PIB, nous constatons que, proportionnellement à sa population, elle fait partie des pays les plus impactés par le coronavirus. Un Etat très puissant et en déficit structurel depuis 45 ans n’était pas prêt à affronter cette pandémie. Les lits dans les hôpitaux manquent, ainsi que le personnel médical, les respirateurs et les masques alors que le stock public était d’1,4 milliard de pièces en 2012.

En décidant de confiner strictement la population, le gouvernement français a porté un coût d’arrêt sévère à l’économie. D’après l’INSEE, pendant le confinement la perte d’activité pour le secteur marchand est de 41%, et même 49% en excluant les loyers. Rompant avec son vocabulaire habituel, sobre et administratif, l’INSEE a comparé l’économie française à « un organisme placé sous anesthésie [qui] n’assure plus que ses fonctions vitales »[1].

Le coût de ce confinement pour les finances publiques n’est pas encore chiffrable, mais devrait se compter en centaines de milliards d’euros, répartis notamment entre des manques à gagner fiscaux, des crédits d’impôt, des abandons de créances, des prêts aux entreprises, des aides publiques aux ménages ou aux associations ou encore des prestations sociales, comme la prise en charge du chômage partiel. Toutes ces dépenses n’ont été ni budgétées, ni provisionnées et viennent s’ajouter aux 2 400 milliards d’euros de dette publique que portait déjà la France avant le confinement.

Le prix d’une vie sauvée

Cet arrêt brutal de l’économie nous conduit à nous interroger : le remède n’est-il pas pire que le mal ?

Fin avril, le bilan officiel annonce plus de 22 000 morts du coronavirus. Selon une étude épidémiologique de trois chercheurs de l’EHESP et du CHU de Rouen, 61 739 décès auraient été évités en un mois. En admettant que sur l’ensemble du confinement ce chiffre puisse être porté à100 000, à quel prix cela s’est-il fait ? Si le coût de la crise s’élève à 200 milliards d’euros pour l’Etat, cela revient à 2 millions d’euros par vie sauvée. Sans négliger aucunement la valeur de toute vie humaine, rappelons que l’âge médian des personnes décédées du coronavirus est de 84 ans. 75% ont plus de 75 ans et 38% meurent en EHPAD. Par ailleurs une très grande partie des personnes décédées présentaient des causes de comorbidité (problèmes cardiaques, problèmes respiratoires, obésité, diabète…).

Les 22 000 morts du coronavirus sont ceux que l’on voit, mais le confinement et la crise économique qu’elle engendre causent également des décès, liés entre autres à des rendez-vous médicaux annulés, des opérations chirurgicales reportées, des détections de maladies qui seront retardées, des recherches sur des traitements médicaux qui prennent du retard ou qui seront stoppées faute de ressources, une dégradation de l’hygiène de vie, l’anxiété et les risques associés pour les personnes licenciées ou ne pouvant pas entrer sur le marché du travail faute d’opportunité, des suicides… Tous ces décès indirects ne seront évidemment jamais comptabilisés dans les statistiques officielles. Il n’est pas possible de savoir si le nombre de morts « épargnées » est supérieur au nombre de morts causées par le confinement.

Une chose est certaine cependant, les personnes temporairement sauvées sont en immense majorité des personnes âgées. Ce ne sont pas elles qui devront payer la facture, pendant de longues années.

Choisir entre la peste, le choléra et... les réformes

Quel que soit le montant exact du coût de la crise pour les finances publiques, comment sera-t-il assumé ? Comment la répartition des richesses va-t-elle s’opérer ?
Trois options semblent possibles.

La moins vraisemblable serait un défaut sur la dette, ce qu’a fait le Liban le 9 mars dernier, en n’honorant pas une dette d’1,2 milliard de dollars. Le Premier ministre, Hassan Diab, a renoncé à payer les créanciers, constatant que des Libanais étaient « dans l’incapacité de subsister et de répondre à leurs besoins les plus élémentaires ». Le président Macron s’est prononcé pour l’annulation de la dette des pays africains. Faire défaut sur une dette est une humiliation pour un Etat. C’est également une rupture de contrat, qui remet en cause un fondement de l’économie de marché. Etant données les circonstances actuelles, la France n’est pas le seul Etat confronté à une dette publique. Une faillite individuelle de l’Etat français ne semble pas le scénario le plus crédible.

L’option apparemment la plus logique serait une augmentation de la fiscalité, pour rembourser les dettes. Seulement, avant la crise du coronavirus, la dette publique dépassait déjà 100% du PIB. Dans ce cas de figure, elle ne peut être remboursée que si le taux de croissance de l’économie est supérieur au taux d’intérêt de la dette. Or cette crise fait simultanément baisser le PIB et augmenter la dette publique, le taux d’endettement va donc exploser. La France va se retrouver dans le cas de l’Italie, avec un taux d’intérêt sur la dette supérieur au taux de croissance, ce qui enferme le pays dans le cercle vicieux d’un endettement toujours plus important. Toute la valeur ajoutée créée ne suffisant même pas à payer les intérêts, une partie croissante de la richesse passe sous contrôle des créanciers. Augmenter la fiscalité, bien que ce soit une pratique fréquente pour nos dirigeants, ne semble pas une option possible, car la France a certainement dépassé « l’optimum de Laffer », si bien qu’une augmentation des impôts ne ferait que diminuer les recettes fiscales et aggraver la situation.

La solution la plus probable, la plus facile à assumer politiquement et en apparence la moins dommageable pour l’économie, serait de recourir à la création monétaire. Les banques centrales, à l’exemple de la banque centrale américaine, se sont déjà engagées à créer ex nihilo des centaines, voire des milliers de milliards, pour acheter les dettes publiques de leurs Etats. Une création monétaire considérable, conjuguée à une diminution des biens et services disponibles, parce que, la production ayant chuté, les prix vont fortement augmenter. L’inflation permet aux responsables politiques de ne pas perdre la face en déclarant leur pays en faillite. L’inflation est politiquement plus facile à assumer que l’augmentation des impôts, nécessairement impopulaires, surtout dans un pays comme la France où 46% de la richesse créée est accaparée par des prélèvements obligatoires. L’inflation provoquée par les banques centrales peut paraître plus douce qu’un nouvel impôt, il s’agit pourtant ni plus ni moins que d’un vol de pouvoir d’achat pour tous les détenteurs de cette monnaie. L’inflation va léser les ménages dont l’épargne a un rendement inférieur au taux d’inflation, notamment l’assurance vie. Elle bénéficiera par ailleurs aux ménages et entreprises endettés, ainsi qu’à l’Etat, qui verront le coût de leur dette allégé. L’inflation, comme la fiscalité, opère une redistribution des richesses. Heureusement les épargnants ont aujourd’hui des moyens de se protéger contre la spoliation liée à l’inflation, en investissant dans des cryptomonnaies, des métaux précieux, des matières premières ou dans l’immobilier.

Les finances publiques, ainsi que la légitimité du gouvernement vont ressortir exsangues de l’épreuve. Qu’il nous soit permis d’espérer que de cette crise donnera néanmoins quelques bons fruits, que le gouvernement ne se contentera pas de naviguer à vue mais réalisera, de gré ou par la contrainte des faits, des réformes dont la France a besoin depuis des années et dont elle se meurt à petit feu de ne pas les voir se réaliser.

Une to-do list pour la France

Osons esquisser ici une brève énumération des réformes à engager :
• Mettre fin au cours légal et forcé de l’euro, en laissant une liberté monétaire aux entrepreneurs et aux citoyens.
• Faire basculer la fiscalité sur la consommation, en supprimant la fiscalité du capital et des revenus.
• Proposer aux actifs qui le souhaitent de basculer progressivement vers un système de retraite par capitalisation.
• Ouvrir l’assurance maladie à la concurrence.
• Privatiser les activités qui ne sont pas liées à la sécurité nationale du pays : enseignement, transport ferroviaire, services postaux ou gestion des aéroports…
• Introduction d’un chèque scolaire et d’un libre choix des écoles pour les familles.
• Sélection à l’entrée des universités.
• Vente des logements HLM à leurs locataires.
• Suppression des 35 heures.
• Suppression du salaire minimum.
• Réforme du code du travail.
• Suppression du statut de fonctionnaire pour tous les agents qui n’exercent pas une activité régalienne.

La liste n’est évidemment pas exhaustive.

Monsieur Macron « Laissez-nous faire ! Laisser-nous entreprendre ! » La France vous en sera reconnaissante et vous pourrez dire que nous avons gagné la guerre.

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Messages (2)

Donc...

le 5 mai, 11:05 par Picot

Très belle analyse. Donc... Il faut quitter l’euro et l’ UE

- Répondre -

Oui, mais

le 5 mai, 23:36 par Martinet

Bien sûr, comme à l'accoutumée, vous énoncez des vérités, même si ce sont des évidences.
Mais quel serait le sort d'un candidat Président avec un tel programme dans cette France quasi-nationalisée et quasi-socialiste ?
N'oublions pas que beaucoup d'allemands de l'Est ont amèrement regretté le régime bolchevique quand il a fallu affronter le combat quotidien de la vie capitaliste... avant d'en percevoir l'intérêt.
Mais n'est pas Helmut Kohl qui veut !

- Répondre -

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