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PAC : chaque emploi agricole « sauvé » coûterait 375 000 euros par an au contribuable

Revitalisation des zones rurales désertées, agriculture plus écologique, protection des exploitations familiales face aux investisseurs étrangers, les justifications pour subventionner l’emploi agricole sont nombreuses. Derrière ces bons sentiments se cache pourtant une réalité économique désastreuse. Les aides européennes de la politique agricole commune (PAC) sont les béquilles des agriculteurs à qui l’État a cassé les genoux.

Le coût faramineux des subventions

Une récente étude de l’Université de Louvain s’est intéressée à l’efficacité de la PAC dans le maintien de l’emploi agricole dans l’Union européenne (UE). Les auteurs rappellent que les subventions européennes sont loin d’être efficaces à cet égard, car près de 180 000 postes d’agriculteurs européens continuent de disparaître en moyenne chaque année, malgré le financement public de l’UE.

Les auteurs modélisent qu’une réduction de 10 % du budget de la PAC augmenterait cette perte d’environ 16 000 postes. Autrement dit, un dixième des 60 milliards d’euros dépensés chaque année ralentirait la chute de l’emploi agricole de seulement 16 000 postes. Cela reviendrait donc à environ 375 000 euros par emploi « sauvé » et par an au contribuable européen ! C’est bien plus que les salaires mirobolants des hauts fonctionnaires de Bercy. Il serait beaucoup moins coûteux pour le contribuable de subventionner des allocations chômage confortables à ces personnes que de continuer cette gabegie improductive.

Évolution des dépenses de la PAC depuis 1990

Évolution des dépenses de la PAC depuis 1990

Source : DG agriculture et développement rural

L’IREF a publié en 2018 un rapport complet sur la situation catastrophique de l’agriculture française. Nous calculions qu’en incluant le financement du déficit colossal de la Mutualité sociale agricole, le contribuable français est forcé de débourser près de 33 milliards d’euros pour le secteur chaque année, soit environ 100 € par ménage par mois.

Les subventions de l’échec

Comme l’expliquent les auteurs de l’étude, la mise sous perfusion de l’agriculture au nom du maintien de l’emploi peut même parfois se révéler contre-productive et supprimer des postes ! Les subventions peuvent être détournées vers des surinvestissements en machines qui remplacent des travailleurs. Elles peuvent être utilisées pour agrandir les exploitations, ce qui fait baisser leur nombre. Au-delà de ces constats, les subventions génèrent de nombreux effets pervers comme des illusions de richesse, des surcoûts administratifs, des scandales de corruption ou des redistributions des revenus des plus pauvres vers les producteurs les plus riches.

Les calculs de l’IREF montrent que le montant des subventions hors investissement correspond peu ou prou à ce qu’il reste pour l’exploitant après avoir payé ses charges (le revenu net d’exploitation). Concrètement, pour 1 € de subvention, un exploitant obtient environ 1 € de revenus. Comble de l’absurdité, dans de nombreux cas, il serait plus rentable de toucher la subvention et de ne pas travailler. Ce n’est pas les servir que de maintenir une telle illusion de productivité aux frais du contribuable. D’autant plus que la tendance est de subventionner plus (à l’hectare) les petites fermes, souvent les moins compétitives.

Un constat largement partagé par la Cour des comptes et qui confirme les analyses de l’IREF. Les magistrats de la rue Cambon ne mâchent pas leurs mots. L’évaluation et le pilotage par objectif sont jugés insuffisants et le suivi du verdissement de la PAC est « très lacunaire ». Les aides sont réparties de manière injustifiée, car elles s’appuient sur des situations historiques révolues. Le calcul des subventions allouées jusqu’en 2015 était basé sur les chiffres de production de 2000-2002 ! La Cour des comptes européenne révèle même des cas de gains exceptionnels pour certains agriculteurs qui bénéficient de droits à paiement historique pour des terres qu’ils n’exploitent plus.

La Cour explique que « les droits acquis au versement d’aides directes découplées ont constitué, pour certains bénéficiaires, une rente ou un actif patrimonial négociable » et qu’ « une part de la valeur des aides aurait été captée par l’amont et l’aval des filières. » De plus, « les effets du verdissement sont considérés comme limités, sinon nuls, du fait d’exigences trop faibles et de régimes d’exemption. » Les magistrats concluent que l’efficacité des aides est incertaine tant sur le revenu des agriculteurs, l’économie des exploitations que sur l’environnement.

Une mauvaise réponse pour un mauvais constat

Malgré cette mise sous perfusion, la situation des agriculteurs français est dramatique. Troisième exportateur mondial il y a encore 15 ans, la France est passée en sixième position, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. Cette chute de compétitivité s’accompagne d’une baisse drastique des revenus de très nombreux agriculteurs : un tiers d’entre eux a gagné moins de 350 € par mois en 2015. La Cour des comptes révèle que le nombre d’agriculteurs bénéficiaires du RSA est passé de 8 000 en 2010 à 33 000 en 2016 !

Un problème bien posé est à moitié résolu. En agriculture, le constat est malheureusement erroné. L’emploi n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour parvenir à la création de richesses. Or l’agriculture gagne en productivité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mécanisation, intrants de synthèse, biotechnologies, la Révolution verte permet de produire plus et mieux. Le besoin de travailleurs baisse et c’est une excellente nouvelle. Vouloir maintenir l’emploi à tout prix, c’est risquer de faire chuter la compétitivité de l’agriculture.

Ce qui tue l’agriculture, c’est sa fonctionnarisation. Une véritable technostructure administrative emprisonne les agriculteurs avec près de 1 fonctionnaire pour 20 exploitations et plus de 30 organismes publics et parapublics corporatistes (SAFER, chambres d’agriculture, interprofessions). Près de 12 administrations différentes sont habilitées à contrôler les exploitants. Un sondage évalue que les agriculteurs passent en moyenne près de 9 heures par semaine à traiter leurs démarches administratives pour 57 heures de travail hebdomadaire.

« Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, réglementez-le. Si ça s’arrête de bouger, subventionnez-le. » Cette célèbre citation de Ronald Reagan convient parfaitement pour décrire la terrible situation des agriculteurs du pays. La PAC post 2020 est en train d’être négociée. Aucune tendance à la libération des agriculteurs de l’assistanat à l’horizon. En cherchant à maintenir toutes les exploitations à flot à coup de milliards, c’est toute l’agriculture qui sombre. Arrêtons cette culture des subventions, libérons les agriculteurs du joug administratif, laissons les moins compétitifs tourner la page et les plus performants gagner de nouveaux marchés tout en produisant plus et mieux !

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Messages (1)

Et s'il y avait moins de contraintes ?

le 15 janvier, 05:09 par Laurent46

Au début de cet article je voulais simplement dire et si on "emmer.ait" un peu moins les petits agriculteurs ? moins de contraintes particulières à la France ? oui comme vous le dites si bien moins de fonctionnaires !
Mais cette situation n'est-elle pas identique à toute activité libérale et petites et moyennes entreprises ? Même débat, mêmes contraintes avec en plus un tas de normes NFC souvent conflictuelles avec les normes Européennes et Internationales ce qui interdit à de nombreuses petites entreprises à bien se situer sur les marchés de l'international. La France est un pays dans lequel il y a davantage de parasite qui vivent sur les dos de ceux qui créent de la richesse que d'entrepreneurs. Pire encore, les avantages financiers et les horaires de travail de tous ces parasites sont largement supérieurs à ceux des entrepreneurs sans oublier la prétention hors normes de ces parasites et donneurs de leçons qui se prennent pour les créateurs de richesse du pays, un peu comme es collectivités locales avec toutes les strates anti-démocratiques mises en place ces dernières années et bien entendu les "corps intermédiaires" et la crème des parasites qui ont tous domicile à Paris dans des palais luxueux avec les avantages qui vont avec. Mais à bien analyser la situation depuis les années 60, à mesure de l'augmentation des taxes, contraintes et parasites la France s'est proportionnellement endormie sur ses lauriers pour atteindre aujourd'hui un point de non-retour sans violence car tous ces parasites sont devenus beaucoup trop nombreux et ne cherchent qu'à préserver leurs avantages bien mal acquis.

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