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Nicole Belloubet, les prisonniers avant les ainés et les policiers

Dans un entretien donné à 20 minutes, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a décidé de distribuer 100 000 masques de protection dans les prisons afin d’enrayer l’épidémie de coronavirus au sein du système pénitentiaire français. Mais également, et surtout, afin d’endiguer de possibles mutineries.

Les prisonniers, mieux lotis que nos aînés

Cette distribution est destinée à l’ensemble des prisons de France. Or, des cas de coronavirus ne sont à l’heure actuelle (19.03) connus que dans une seule prison, celle de Fresnes[1].
Les parloirs ont d’ailleurs été suspendus pour endiguer la transmission du virus. Une bonne mesure, mais qui fait face à des résistances de prisonniers, avec un fort risque de mutineries à l’image de ce qu’il s’est passé en Italie. Et c’est ce que souhaite éviter le ministère.
Cette mesure est à l’image de la politique du gouvernement, qui n’a pas su prévoir la crise et l’e ensuite minimisée.
Les prisonniers, qui sont dans un endroit confiné, ont la priorité du gouvernement pour les masques. Nos aînés, eux, bloqués dans les maisons de retraite sans possibilité de sortir ou de voir leurs familles, n’ont pas droit à ce traitement de faveur.
Les maisons de retraites et en particulier les EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) sont confrontés à un manque de masques pour protéger le personnel et les résidents.
Pendant que les prisonniers pourront faire du sport et continuer les promenades, les activités des seniors, essentielles pour leur bonne santé mentale et physique, seront limitées voire supprimées du fait que les animateurs sont des personnes extérieures qui ne peuvent pas venir, confinement oblige.
Pour rappel, fin 2015, 728 000 personnes étaient présentes en établissements d’hébergement pour personnes âgées (80 % dans des EHPAD)[2] contre 70 651 détenus début 2020[3]. Bien évidemment, les surveillants pénitentiaires doivent être protégés, mais la gravité de la situation exige que l’on protège en priorité les personnes les plus faibles, de surcroît innocentes.
A défaut d’avoir su prévoir les bonnes mesures au bon moment, le gouvernement se doit de choisir les priorités.
Et l’Etat français, aux fonctions régaliennes faibles, incapables de faire respecter le confinement dans certains quartiers, préfère donc éviter des mutineries qu’il serait incapable d’enrayer, et ne pas distribuer ces masques à nos personnes âgées, population vulnérable, qui n’opposeront pas de résistance.
De même, il n’entend pas distribuer de masques aux policiers et gendarmes, présents sur le terrain pour faire respecter la loi, et qui se retrouvent en contact avec des gens possiblement contagieux.

Les policiers ne peuvent pas utiliser de masques

C’est bien 100 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie qui sont mobilisés afin de faire respecter le confinement dans toute la France. Et ce n’est pas chose aisée. En effet, ils doivent appréhender les passants dans la rue, contrôler leurs attestations, engager une discussion avec eux et parfois les interpeller physiquement. Nos forces de police sont obligatoirement exposées à des risques de contamination. Et les scènes de personnes toussant exprès sur les policiers pour les faire reculer ou ignorant délibérément les consignes, voire narguant des policiers déjà à bout de souffle depuis plusieurs mois, sont choquantes.
A titre de comparaison, 84 agents avaient été testés positifs au COVID-19 le 19 mars, et près de 5 200 agents étaient confinés[4], contre cinq cas en prison dont un détenu décédé.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a affirmé ce même jeudi, 19 mars, que les policiers ne courent pas de « risque » lorsqu’ils contrôlent les attestations de déplacement. Pour lui, le masque n’est nécessaire que s’ils font face à une personne contaminée ou qui le revendique, mais... comment le savoir ? Selon le « premier policier de France », les fonctionnaires doivent uniquement respecter les « gestes barrières » et éviter de prendre en main des documents pouvant être « porteurs du virus »[5]. Apparemment, les attestations de déplacement ne le sont pas, comme par miracle étatique.

La grogne qui monte dans les rangs de la police est parfaitement compréhensible, tout comme le désarroi des personnels des maisons de retraites, ajouté à celui des infirmiers et médecins, en première ligne contre le virus et en manque de masques.
Notre Etat-nounou devenu maman a accouché d’un système de santé en pénurie, et d’un laxisme judiciaire et policier, conduisant à préférer éviter l’instabilité dans des prisons déjà fortement insécurisées, plutôt que de sécuriser les personnes fragiles et celles qui nous protègent.

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