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Le lobby anti-tabac préfère dénigrer l’IREF que débattre de ses propositions visant à lutter contre le tabagisme

lundi 17 mai 2021, par Patrick Coquart

Le site Génération Sans Tabac (GST), créé par Demain Sera Non-Fumeur (DNF)et le Comité de lutte contre le tabagisme (CNCT), s’est fendu d’un long article (10 pages) sur notre étude « Repenser la fiscalité des nouveaux produits du tabac et de la nicotine pour lutter contre le tabagisme ». Nous nous réjouissions de pouvoir débattre de nos propositions avec ce qu’il faut bien appeler le lobby anti-tabac.

Las ! Nous nous réjouissions trop vite ! Plutôt que de discuter de nos propositions, l’article préfère attaquer l’IREF et l’auteur de l’étude, montrant ainsi que GST s’inscrit pleinement dans la mouvance gauchiste actuelle de la cancel culture faite de censure, d’ostracisme, d’annihilation de tout débat.

Des associations gauchistes, abreuvées d’argent public

GST confirme lui-même son positionnement à gauche puisqu’il critique les propositions de l’IREF visant à supprimer le statut de la fonction publique, l’ouverture de l’assurance santé à la concurrence ou la suppression des subventions publiques aux syndicats, propositions mises en œuvre dans d’autres pays et visant à rendre les individus et la société plus libres.

Il faut dire que GST, tout comme DNF et le CNCT, n’existe probablement que grâce aux subventions publiques. Ces associations s’en prennent au prétendu manque de transparence de l’IREF – qui vit grâce à des donateurs privés, particuliers et entreprises, souhaitant rester anonymes, précisément pour ne pas être les victimes expiatoires de ces nouveaux « moralisateurs » – mais sont bien incapables de fournir sur leur site respectif la moindre information concernant leurs donateurs et leurs budgets.

GST s’en prend également à l’auteur de l’étude, sous-entendant qu’il n’y connaît rien en matière de lutte contre le tabagisme. On aurait aimé, à notre tour, vérifier les compétences fiscales de celui qui a écrit l’article pour GST. Hélas, l’article n’est pas signé.

Bref, nous sommes attaqués par une hydre qui avance masquée, peut-être pour respecter les gestes barrières, plus sûrement pour éviter d’être victime des méthodes de dénigrement qu’elle chérit.

Nous ne reprendrons pas un à un l’ensemble des arguments de l’auteur anonyme, comme il s’est amusé à le faire sur notre étude. Cette dernière répond à toutes ses critiques, sans qu’il soit la peine d’y revenir ici.

Non, nous voudrions plutôt souligner ce que l’article omet ou travestit.

Des silences qui en disent long

Silence sur les pays qui, avec des taxes moins élevées que la France, ont une proportion de fumeurs moindre. Avec un paquet de cigarettes à 10 €, la France compte 30 % de fumeurs. Avec un paquet à 5,50 €, l’Italie a 22 % de fumeurs. Avec un paquet à 4 €, la Suède a 11 % de fumeurs. L’importance des taxes (composante majoritaire du prix) n’est en rien corrélée au nombre de fumeurs. Seule exception, le Royaume-Uni avec un paquet à 11 € (soit 10 % de plus qu’en France) et une proportion de fumeurs de 14 % (soit 53 % de moins qu’en France) parce que le pays favorise parallèlement les produits à risques réduits que sont la cigarette électronique et le tabac à chauffer. GST croit-elle sérieusement qu’une augmentation du prix du paquet de cigarettes de 10 % permettrait de faire reculer la proportion de fumeurs français de 53 % ? L’augmentation du prix du paquet de cigarettes de 212,5 % entre 2000 et 2020 n’a fait reculer le nombre de fumeurs que de 14 %. Malgré tout, GST prétend que « la recherche scientifique indépendante s’accorde à dire que les hausses de taxes demeurent le levier le plus puissant pour réduire la consommation tabagique d’une population »

Silence sur le confinement qui a dévoilé la réalité du commerce parallèle. Pendant les périodes de confinement de 2020, les ventes de tabac ont augmenté de 30 % en France par rapport à l’année précédente parce les fumeurs qui s’approvisionnaient sur les marchés parallèles ont été contraints d’acheter leurs cigarettes dans les bureaux de tabac. Les fumeurs ont donc préféré, pendant les périodes de confinement, payer leurs cigarettes au prix fort plutôt que d’arrêter de fumer. Mais GST continue de croire que la hausse du prix des cigarettes est efficace dans la lutte contre le tabagisme.

Silence sur le fait que, depuis 2016, la Haute autorité de santé (HAS) considère la cigarette électronique « comme une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs », parfois plus efficace que les autres substituts nicotiniques. Silence sur le fait que Santé Publique France indique qu’au moins 700 000 fumeurs ont décroché grâce à la cigarette électronique. Silence sur la recommandation de l’Académie nationale de médecine « à passer à la vaporette au lieu du tabac ». Silence aussi sur la note de la très sévère Food and Drug Administration (FDA) américaine reconnaissant que l’Iqos, produit du tabac à chauffer de Philip Morris, « contient moins de produits chimiques toxiques que la fumée de cigarette, et que de nombreuses toxines identifiées sont présentes à des niveaux plus faibles que dans la fumée de cigarette ». Silence sur le fait que la FDA a autorisé en juillet 2020 la commercialisation de l’Iqos et de ses recharges de tabac en tant que « produit du tabac à risque modifié » (Modified Risk Tobacco Product ou MRTP). Cette désignation signifie que la commercialisation du produit est autorisée car il est bénéfique pour la santé dans le sens où il est exempt de tabac, en contient un niveau réduit ou permet au consommateur d’être moins exposé.

Silence sur le fait que le gouvernement britannique a créé, en 2019, une nouvelle catégorie pour le tabac à chauffer qui a eu pour conséquence une baisse des taxes et, donc, une réduction du prix pour le consommateur. D’ailleurs près des deux-tiers des États membres de l’UE ont créé une catégorie fiscale spécifique pour le tabac à chauffer aboutissant à une taxation égale ou inférieure au produit du tabac le moins taxé. La France se distingue en étant le pays qui taxe le plus fortement le tabac à chauffer dans l’Union européenne. Si l’on rapporte la taxation au poids, on constate que le tabac à chauffer est le produit qui supporte le plus de taxes pour un kilogramme (de 620 à 700 euros selon les produits).

Silence sur le snus suédois, une poudre de tabac humide généralement consommée sous formes de petites boulettes placées entre la gencive et la lèvre supérieure (et apparentée au tabac à chiquer ou à mâcher), qui fait que la Suède a été, en 1997, le premier pays de l’Union européenne à avoir atteint l’objectif de réduire de 20 % la consommation de cigarettes dans la population adulte en 2000, et qu’elle est également le pays qui a le taux le plus bas de maladies liées au tabac dans l’UE.

Mensonge, enfin, sur l’une de nos propositions. L’IREF ne demande pas, comme l’écrit GST, que la fiscalité du tabac à chauffer soit alignée sur celle de la cigarette électronique. Nous attirons seulement l’attention sur le fait qu’un traitement fiscal différencié des produits du tabac et de la nicotine en fonction de leurs risques serait juridiquement plus assuré que la situation actuelle. En effet, un des grands principes régissant le droit fiscal est le principe d’égalité. Le Conseil constitutionnel a développé, au fil de sa jurisprudence, une méthode d’appréciation constante du respect de ce principe. La différence de traitement fiscal entre le tabac à chauffer et la cigarette électronique, qui ont tous deux un niveau de risques réduits par rapport aux produits du tabac combustible, ne semble pas conforme à ce principe constitutionnel. Par conséquent, il ne s’agit nullement de demander que le tabac à chauffer soit exempt de taxes comme la cigarette électronique (hormis la TVA), mais qu’il soit moins taxé que le tabac à brûler parce présentant un niveau de risque réduit. Cependant, si le tabac à chauffer présente davantage de risques que la cigarette électronique, comme nombre d’études tendent à le prouver, rien ne s’oppose à ce qu’il soit davantage taxé que celle-ci.

Les fumeurs, grands oubliés du lobby anti-tabac

GST, dans son article, évoque le tabac, la nicotine, l’industrie du tabac, mais oublie les fumeurs ! A aucun moment, dans les 10 pages de son article, il n’est question d’aider les fumeurs. Ceux-ci ne sont bons qu’à être montrés du doigt, vilipendés et, bien sûr, taxés. Quelles alternatives le lobby anti-tabac propose-t-il aux fumeurs ? Comment souhaite-t-il les aider à fumer moins ? En fait, pour GST, le CNCT et DNF, la santé des fumeurs n’est pas une préoccupation.

Ces associations ne cherchent, en réalité, qu’à promouvoir des solutions qui ont échoué – le triptyque culpabilisation, interdiction, taxation – seules à même de préserver leur pré carré et les subventions publiques qu’elles reçoivent. Une proportion de fumeurs élevée est la condition de leur existence. Et plus de taxes signifie plus de subventions. Tout cela ne serait donc qu’une basse opération financière ?

Terminons-en en soulignant que GST s’abrite toujours derrière la « science » laissant entendre que ce n’est pas le cas de l’IREF. Le marxisme se prétendait, lui aussi, authentiquement « scientifique » ! Tout comme se définissent comme « scientifiques » les études de genre ou les idéologies racialistes qui ne sont que de nouveaux lyssenkismes.

Notre étude s’appuie pourtant sur nombre de rapports scientifiques qui disent parfois le contraire de ce qu’affirme GST. C’est que la science progresse par essais et erreurs ; qu’elle teste, confirme, infirme, valide, remet en cause les recherches précédentes ; qu’elle est faite de controverses et de débats. C’est de cette façon que la recherche progresse. La pandémie de Covid-19 nous a bien montré que les scientifiques ne formaient pas un ensemble homogène et qu’ils pouvaient parfois être virulents entre eux. Mais, pour GST, seules les recherches scientifiques appuyant ses thèses méritent d’être rattachées à la « science ». Est-ce à dire que tous ceux qui professent une opinion contraire à GST ne devraient pas avoir droit à la parole ?

Tout cela ne devrait pas nous surprendre. Anathème, censure et moralisme ont été, de tout temps, les armes des moins vertueux et des ennemis de la liberté.

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