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L’aide à domicile, un secteur qui recrute mais ne trouve pas

dimanche 28 mars 2021, par Aymeric Belaud

La France connaît un fort taux de chômage, 8.0 % au quatrième trimestre 2020. Pourtant, de nombreux secteurs cherchent à recruter, même pendant cette période de crise sanitaire et économique. Par exemple, celui de l’aide à la personne, en plein boom économique depuis quelques années. Mais il peine à trouver du personnel dans notre pays.

Un secteur en pleine expansion, avec des avantages…

L’aide à domicile a de l’avenir. Avec une population française vieillissante et de nombreux départs en retraite d’aides-soignants, ce sont 300 000 emplois qui seront à pourvoir d’ici à 2030, dont près de 80 % en CDI ! Des emplois en masse, stables qui plus est, et disponibles partout en France.

Les associations, les entreprises, les communes et les personnes dépendantes elles-mêmes (ou leur famille) sont les principaux employeurs. Le métier est souvent décrié, considéré comme précaire, mais la situation évolue. Les associations et les entreprises spécialisées dans le service à la personne font tout pour fidéliser et accompagner le salarié. Le contrat de travail s’adapte même aux besoins des salariés.

En effet, il existe dans cette branche professionnelle ce qu’on appelle un contrat de modulation, qui fixe un nombre minimum d’heures à effectuer dans le mois. Il peut, selon les volontés de l’association ou du salarié, être de 130 heures comme de 50. La particularité du contrat de base est que, si l’employé ne peut effectuer toutes les heures prédéfinies, il est rémunéré à hauteur de ce que le contrat indique et peut rattraper les heures non effectuées plus tard. S’il en fait plus, elles lui sont comptées en heures supplémentaires (+10 %), versées en fin d’année. Cela lui assure donc un revenu fixe (avec bonus) dans une branche où le nombre d’heures peut varier d’un mois à l’autre.

Dans la plupart des associations/entreprises, et notamment en zone rurale, les temps de déplacement et les kilomètres sont indemnisés. Certaines ont même des voitures de service ! C’est un gros atout en zones rurales ou semi-urbaines.

…mais qui fait face à une forte pénurie de main d’œuvre

Les candidats sont malgré cela peu nombreux bien que, sur les sites internet des organismes concernés, la rubrique « emploi » soit grandement mise en valeur. De l’aide à domicile au livreur de repas en passant par l’auxiliaire de vie sociale, tous les métiers du secteur recrutent.

Déjà l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural), l’une des plus grandes associations de France qui emploie plus de 90 000 salariés et compte autant de bénévoles, recrute pas moins de 10 000 postes salariés sur tout le territoire ! Mais ça n’est pas suffisant.

Ce manque de main d’œuvre, allié à la hausse de la demande, provoque de nombreux problèmes. La pénurie de personnel crée des déséquilibres. Les aides à domicile sont au bord de l’épuisement, car trop sollicitées. La situation empire quand les arrêts de maladie se multiplient, augmentant d’autant la charge de ceux et celles qui restent et qui, parfois, enchaînent plusieurs week-end de travail. C’est un cercle vicieux. La qualité des services s’en ressent et les responsables des plannings s’arrachent les cheveux.

L’ADMR, et d’autres, ont donc mis en place, en les finançant entièrement, des centres de formation et des parcours d’intégration. Une personne non qualifiée, quel que soit son âge, a ainsi la possibilité d’apprendre sans aucun frais le métier de A à Z. Une aubaine en ces temps de crise économique, en particulier pour des jeunes non-diplômés ou pour des personnes plus âgées en reconversion professionnelle. Reste à voir si ces centres de formation feront le plein…

La malheureuse particularité de la France, c’est d’avoir un des taux de chômage les plus forts d’Europe alors que de nombreux secteurs offrent des postes par dizaines de milliers… Notre pays a choisi le chômage plutôt que l’emploi. L’assistanat français non seulement maintient des millions de personnes dans la pauvreté, mais peut mettre en difficulté des secteurs économiques entiers. Reconnaissons aussi sans fausse pudeur qu’une partie de la France ne veut pas travailler. Que l’on ne joue pas les vierges effarouchées : certains postes ne sont pourvus que par des immigrés qui, eux, veulent travailler et s’en sortir.

Il faut redonner aux Français le goût du travail, leur faire prendre conscience que l’assistanat est une trappe à pauvreté, et centrer la politique sociale sur l’emploi. Mais pour cela, il faudrait qu’un gouvernement ait le courage d’engager les réformes nécessaires pour libérer l’économie.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/L-aide-a-domicile-un-secteur-qui-recrute-mais-ne-trouve-pas

Messages

  • Pour bien balayer un escalier, il faut commencer par le haut. L’intelligent et non trop instruit Monsieur PINAY avait en 1974 suggéré LA solution à l’Enarque Absolu VGE : remplacer toutes les charges sociales par une taxe ’et non une TVA de fraude) sur tout chiffre d’affaires et un prélèvement sur les énergies produites et dépensées. Trop simple pour les oligarques car cela aurait protégé les PME/TPE et le made in France en supprimant la corruption et les passe-droits. Pas des commissions mais des actions

  • Il n’y a pas de pénurie de main d’oeuvre mais seulement un manque de formation et trop de charges inutiles. A combien est le SMIG et quel est le cout horaire des ADMR et autres ? Pôle emploi a tué l’emploi aussi surement que les 1000 offices HLM et leurs foncières le logement dit social

  • Le problème essentiel porte sur le temps de travail auprès de la personne dépendante. 1/2 h pour le petit-déjeuner, la toilette et l’habillage, préparation de la personne qui reste seule jusqu’au déjeuner, 1/2h pour le déjeuner vaisselle et préparation de la personne qui reste seule jusqu’au soir, 1/2 h pour le dîner et le couchage (habillage de nuit), c’est demander l’impossible à ces personnes qui doivent gérer en plus les critiques des familles, la méchanceté de certaines personnes (démence sénile).
    Une personne âgée est très lente dans ses déplacements, il faut prendre cela en considération.
    Un reportage sincère sur le quotidien de ces aides ménagères serait le bienvenu. Et aussi auprès des gestionnaires de ces associations...

  • J’ai été immergé dans ce système pendant 8 ans. Ce secteur d’activité est un secteur qui "frôle" l’esclavagisme du personnel et la maltraitance des bénéficiaires. Les entreprises privées ou associations de ce secteur sont toutes puissantes pour imposer des conditions de travail (d’exploitation) et de prise en charge qui ne cessent de se dégrader. Comme le disait très justement une autre contributrice en plus d’autres remarques très pertinentes, le temps de travail est calculé par rapport à l’employé et non pas par rapport au bénéficiaire beaucoup plus lents qui de ce fait auront tendance à devenir méchants. Idem pour le matériel de prise en charge comme les lèves malades, verticalisateurs, les fauteuils roulants, etc. Des jeunes femmes de 50 kilo se retrouvent à devoir sortir de leur lit et porter des patients qui en font le double avec tous les problèmes articulaires que cela leur engendre lorsqu’elles veulent faire leur travail consciencieusement.
    En témoigne les nombreux recours juridiques aux prud’hommes qui ne trouvent aucune réponse judiciaire, les maladies professionnelles et le turn over. Partant de ce constat, les employeurs conservent parmi leur personnel des employées qui n’ont pas le niveau d’empathie suffisant pour faire ce métier.
    Quand aux familles des bénéficiaires (même si celles-ci s’investissent), il leurs est sans cesse rappelé, à juste titre, qu’une autre société ne leur procurera pas plus de satisfaction et elles se retrouvent piégées dans un système d’entente illicite des associations. En ce qui concerne les employés c’est le même constat. Elles essaient plusieurs sociétés puis acceptent les conditions de travail minables ou quittent ce secteur d’activité. Quant aux prétendues formations, c’est tout simplement un abus de langage. Même les notions d’hygiène de base ne sont pas enseignées et les employées deviennent des vecteurs de maladies "nosocomiales". L’aide à domicile est pourtant censé être le relais entre le médecin, l’infirmière et la famille. Le constat est le même que dans les ehpad où malgré un loyer de 2500 euros, vous pouvez finir votre vie dénutri ou encore à l’hôpital.
    L’Etat semble ne plus avoir aucun moyen de pression pour inverser cette tendance ou ne pas vouloir y remédier. Il faut cesser l’hypocrisie. Etre payé au lance pierre pour maltraiter les bénéficiaires à la chaine tout en sachant que son employeur fait des profits colossaux et qu’il se constitue un groupe plus puissants que le conseil territorial qui est censé mettre des gardes fous, ce n’est pas donné à tout le monde ; il faut le supporter physiquement et surtout psychologiquement ou partir. Le suivi administratif de la part de l’association ou du service public est quasi inexistant. Les aides à domicile changent régulièrement et n’ont que peu de connaissance des problématiques des patients.
    Ce secteur paramédical est tout simplement dévalorisé et mal cadré.
    Quant à l’argent public consacré à ce système social, il semble, comme tant d’autres, en grande partie détourné au profit d’employeurs d’un secteur privé peu scrupuleux. Dès que les caisses sociales seront considérées vides, ce système, aujourd’hui prétendument pourvoyeur d’emploi, s’éteindra évidemment.

  • Suite aux quelques commentaires présents ici, je me dois de clarifier à nouveau certaines choses.

    De nombreux proches travaillent dans le secteur de l’aide à domicile que je connais depuis l’enfance. Ils occupent ou ont occupé des postes de direction, de contrôle, comme d’aide à domicile faisant des week-ends et des soirées.

    Oui, le travail d’aide à domicile est difficile, il n’est pas question de le nier. Mais beaucoup d’autres le sont également : travailler à l’usine et faire les trois huit n’est pas des plus agréables, tout comme travailler sur les chantiers. Qualifier les associations et les entreprises de la branche "d’esclavagistes" est purement diffamatoire.

    Qui plus est, et comme rappelé dans l’article, ces conditions de travail compliquées sont la cause du manque de personnel.

    "Ce manque de main d’œuvre, allié à la hausse de la demande, provoque de nombreux problèmes. La pénurie de personnel crée des déséquilibres. Les aides à domicile sont au bord de l’épuisement, car trop sollicitées. La situation empire quand les arrêts de maladie se multiplient, augmentant d’autant la charge de ceux et celles qui restent et qui, parfois, enchaînent plusieurs week-end de travail. C’est un cercle vicieux. La qualité des services s’en ressent et les responsables des plannings s’arrachent les cheveux."

    Cela vaut également pour le peu de temps passé avec les bénéficiaires. En effet, si le personnel manque, celui en place doit donc travailler plus, aller chez plus de personnes et donc prendre moins de temps avec chaque bénéficiaire.

    En ce qui concerne les formations, je vous invite à y assister : tout y est appris, et un accent sur l’hygiène est bien posé.

  • ...et trés peu rémunéré !
    Les efforts ne sont pas récompensés et ce type d’assos et de stés se montent comme des champignons prenant leurs salariés pour des esclaves modernes !
    D’ailleurs les Tribunaux Prud’Hommaux sont remplis de dossiers de salariés lésés avec le turn-over en conséquence !
    Concernant les avantages, est-ce que être payé au smic sans évolution rémunératrice est-il un avantage ?
    Celà m’étonnerait non ?,

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