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Royaume-Uni : les premiers avions d’expulsion des clandestins peinent à décoller

par Adélaïde Motte

Le premier avion transportant des migrants illégaux, qui devait décoller du Royaume-Uni mardi 14 juin, a été annulé dans la nuit. Initialement, il devait embarquer 31 personnes, nombre ensuite ramené à 8 à cause de différentes contestations. Les avions de Boris Johnson ont du mal à passer dans l’opinion britannique et le prince Charles lui-même, qui n’a pourtant pas le droit de donner son avis sur les choix du gouvernement, a dénoncé une “politique épouvantable”. Une militante explique qu’elle craint que les communautés LGBT du Rwanda pâtissent de l’envoi dans leur pays des migrants venus clandestinement au Royaume-Uni car ceux-ci “sont des Kurdes, ils sont musulmans”. Cet argument étrange, qui craint des musulmans supposément homophobes et paraît plus soucieux de la communauté LGBT rwandaise que britannique, se couplait à des saisines de tribunaux par les ONG, notamment Care4Calais. Des associations devaient également venir devant le centre de détention des migrants pour empêcher les avions de décoller. De son côté, l’ONU, en la personne de Filippo Grandi, Haut-commissaire aux réfugiés, s’indigne d’un accord qui “ne va pas du tout pour tellement de raisons différentes”.

L’année 2021 a été le théâtre d’une augmentation record des traversées de migrants dans la Manche. Pour “casser les structures des passeurs”, Boris Johnson a conclu un accord avec le Rwanda pour externaliser les procédures d’examen des migrants. La lutte contre l’immigration illégale est en effet sa première priorité après le Brexit. Il multiplie donc les mesures, qu’il s’agisse de sites Internet destinés à décourager les migrants, d’autorisation pour les garde-côtes de repousser les embarcations hors des eaux territoriales ou d’accord avec des pays d’Afrique. Le Royaume-Uni profite de la liberté que lui donne le Brexit pour concevoir sa politique migratoire avec les outils les plus adaptés à sa situation. Une liberté que beaucoup de pays devraient lui envier, au lieu de pointer du doigt une politique destinée à protéger la population face à l’afflux incontrôlé de migrants. Mais il faudrait encore qu’elle démontre son efficacité.

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Obeguyx 15 juin 2022 - 4:51

Ne vous inquiétez pas. Les bateaux coulent et personne n’en parle. Tout va bien dans le meilleur des mondes lorsqu’on n’est plus soumis à l’UERSS.

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