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Force ouvrière : le nouvel interlocuteur privilégié pour les prochaines réformes sociales ?

par Benoît Chrétien

Moustache et métallurgie, voilà bien sans doute les deux seuls motifs de rapprochement entre Philippe Martinez et Frédéric Souillot, respectivement secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) et de Force Ouvrière (FO). En effet, FO serait en passe de s’inscrire dans le sillage réformateur traditionnellement emprunté par la CFDT, au grand dam des partisans du « Grand Soir » qui composent encore majoritairement la CGT et une partie de FO.

Alors que la ligne de fracture entre les staliniens de la CGT et les trotskystes de FO a pu amener ces derniers à établir des rapports ambigus, voire liquides, avec le patronat de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) par le passé, c’est seulement la récente nomination de Frédéric Souillot qui semble marquer le retour d’un courant réformateur qui ne s’était plus imposé à la tête du syndicat depuis André Bergeron.

Mais quels sont les signes de cette mue soudaine ?

Tout d’abord Frédéric Souillot a bénéficié de l’appui de son ancien adversaire, Jean-Claude Mailly dont la radicalité de l’engagement trotskyste a semble-t-il été tempérée par son adhésion de longue date au Parti socialiste et par son récent soutien au candidat de la majorité présidentielle (Ensemble !) dans la circonscription de Toul. C’est d’ailleurs de Jean-Claude Mailly que semble avoir émergé l’idée de la création d’un Conseil national de la refondation (CNR), portée depuis peu par Emmanuel Macron, et dont les contours restent encore bien flous.

Dans le cadre d’une rencontre avec le président de la République le 10 juin de laquelle la plupart des protagonistes sont sortis « rassurés », les principaux syndicats dont FO (mais pas la CGT) ont été amenés à prendre part aux discussions relatives à ce CNR qui devrait voir le jour avant le mois de juillet. La place accordée par l’exécutif aux syndicats de salariés, pourtant de moins en moins représentatifs, constitue sans doute une manœuvre pour préserver son bras gauche et limiter la dynamique de la Nupes.

Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron, qui avait déjà montré des signes d’affaiblissement à propos de la réforme des retraites entre les deux tours de la présidentielle, s’attire ici les faveurs d’un syndicat de plus pour tenter de mettre en œuvre ses réformes sociales et économiques.

Trotskyste ou libéral, il va falloir choisir…

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