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Le mirage Zemmour et ses conséquences

par Nicolas Lecaussin

La scène électorale n’est pas une salle de rédaction, encore moins un bureau calme propice à l’écriture d’articles et de livres. Il y faut plus qu’un talent d’essayiste pour réussir. Eric Zemmour a démarré en trombe, comme les voitures de course. Il s’est crashé à la même vitesse. En choisissant un thème de campagne juste – le(s) problème(s) posé(s) par l’immigration musulmane en France – il a eu du mal à faire comprendre aux électeurs, surtout à ceux qui ne sont pas confrontés à ces problèmes, que son programme abordait aussi d’autres thèmes. Il faut dire qu’il était difficile d’y voir clair, entre quelques baisses d’impôts d’un côté et plus de protectionnisme et d’étatisme de l’autre. L’électeur était perdu. D’autant plus que Zemmour ne parlait que de la France du passé, de la gloire perdue… alors que seulement une partie de l’électorat vibre à cette nostalgie politique. De plus, sa voix n’a pas porté et, même s’il a rempli les salles, sa présence dans les médias a été un échec. Il donnait l’impression qu’il savait tout sur tout et qu’aucun autre avis ne l’intéressait. Pas étonnant qu’il ait dit « Je rêve d’un Poutine français ! ».

En obtenant le ralliement de Marion Maréchal, il a cru pouvoir compenser ce déficit médiatique. Mais ça n‘a pas marché. Comme très souvent, les ralliements de dernière minute déconsidèrent le candidat. Il a  essayé quelques excès de langage, mais ça n’a pas marché non plus. On ne peut pas improviser et faire du Jean-Marie Le Pen du jour au lendemain…

Avec cette déroute électorale, Zemmour a donné des munitions à ses adversaires et à tous ceux qui contestent le fait que la France soit en « danger » ou que « le grand remplacement » soit une réalité. Il est très probable que, prochainement, quand on parlera de l’islamisme ou de l’insécurité dans les banlieues, on rappellera l’échec de Zemmour comme un argument imparable : « s’il y avait vraiment des problèmes de ce genre, les Français auraient voté pour lui ».

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12 commentaires

Laurent46 15 juin 2022 - 4:47

Mais n’est-ce pas simplement le rôle joué par la grande majorité des médias ? Car le vrai danger de notre société c’est bien le monde médiatique de nos jours et ce 24/24. Autre milieu particulièrement dangereux celui de la pub et du cinéma qui leur emboîte le pas. En premier lieu le monde audiovisuel qui est de loin le grand responsable de la situation actuelle et comme le hazard fait bien les choses le monde le plus assisté et parmi le plus fainéant. Il n’y a pas de fumée sans feux.

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Daniel 1945 15 juin 2022 - 3:34

Vous avez raison, la pub est une vrai plaie. Exemple une marque automobile qui vous incite à prendre votre vélo et/ou les transports en commun et toutes les autres, toutes marques confondues, qui n’ont pas de mots assez forts pour vanter l’énergie électrique, reniant tout ce qu’elles ont produit durant des années.

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Gauthier 15 juin 2022 - 6:26

Il ne faut pas généraliser en disant « les Français « .
Il ne vous a pas échappé qu’une grande partie de l’électorat n’adhère tout simplement pas aux idées de Zemmour voire même trouve que Z est dans l’obsession du grand remplacement.
Et ceux qui lui donnent raison ont préféré,pour des raisons de pouvoir d’achat ou de peur d’un changement radical , voter LRM ouLR ou RN.
Le programme de Z n’a séduit que 7% de l’électorat.
Le danger que constitue l’islamisme est largement sous-estimé et l’invasion migratoire avec les problèmes que cela génère n’est pas pris en compte par Macron lui-même et sa fine équipe et par de nombreux médias qui cherchent à masquer la réalité.
Une grande partie des Français voit le problème mais a choisi la politique de l’autruche pratiquée par les gouvernements successifs.
L’épisode du stade de France en est la triste illustration .

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Maellys93 19 juin 2022 - 10:21

@Gauthier: « Une grande partie des Français … a choisi la politique de l’autruche pratiquée par les gouvernements successifs.»
Force de constater qu’il s’agit principalement des «Papy-boomers» qui majoritairement se déplacent pour voter!

Il n’y a pas besoin d’être expert en géo stratégie pour constater que la population mondiale s’élevait à 1,5 Mds à leur naissance et qu’elle sera de 8Mds à leur mort.
En regardant de plus près, la population de l’Afrique atteindra les 2 Mds d’individus alors que celle de l’Europe stagnerait à 400 M sans les phénomènes de migration.
J’aurais vécu au temps des Gaules, certes l’envahissement par les Romains m’aurait agacé et contrarié.
Mais en contrepartie ils m’apportaient les routes, l’agriculture, l’écriture, l’architecture, l’expérience des grands travaux, un art et un confort de vivre…
Bref, une CULTURE de PROGRES avec un bilan gagnant pour les générations futures.
A contrario, que peuvent nous apporter les africains quand ils vont débarquer en masse?
60 ans après leur « libération arrachée au méchant colonisateur européen et blanc », a part le chaos et les conflits ethniques et/ou religieux, je ne constate rien de très positif.
C’est le message d’Eric Zemmour.
Les «papy-boomers» n’en ont pas voulu.
Dont acte!
Voila une génération que je qualifierait d’irresponsable, jouissive de l’instant présent et prête pour la soumission.

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Dupond 15 juin 2022 - 7:14

Beaucoup de questions attendent des réponses , le temps viendra.
Analyser le taux d’abstention dans les villes par quartiers serait très instructif .

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François Audouze 15 juin 2022 - 8:42

Ma petite fille qui a présenté Normale Sup lettres a voté Mélenchon et elle estime qu’au dessus d’un certain salaire ou d’une certaine épargne on n’en a plus besoin. Il est donc normal qu’on prenne tout. Dans ce contexte si Zemmour veut être candidat en 2027 il doit faire de la pédagogie et uniquement de la pédagogie pour contrer la terrible influence des profs gauchistes. Zemmour a sans doute été maladroit, d’où le recentrage sur la pédagogie, mais ses idées sont bonnes et il faut les faire triompher.

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Pierre 75 15 juin 2022 - 10:28

Vous laissez de côté beaucoup de paramètres qui n’ont rien à voir avec la minutie politique (telle ligne idéologique, telle forme dans les médias) : la notoriété (Marine, Macron et Mélenchon étaient très identifiés et constituaient un vote « rassurant » pour leurs électorats respectifs) qui joue un rôle immense pour les retraités et les gens peu politisés (soit l’écrasante majorité des votants), le rôle des médias (une plus large partie du public n’a été cherchée par ces derniers que pour relayer les pseudo-scandales des enfants handicapés ou de l’Ukraine, sondages quotidiens pour appeler au vote utile, répétition en boucle que le programme de Zemmour se limitait à l’immigration alors qu’il portait un message fort sur l’école, la méritocratie, l’industrie, entre autres) ou encore l’urgence dans laquelle s’est faite cette campagne, puisqu’il fallait tout créer de A à Z en 6 mois.

Qualifier de « mirage » Zemmour est aller vite en besogne et oublier le travail sémantique qu’il a réussi à abattre en quelques mois. Il a rassemblé plus de 100 000 adhérents, y compris beaucoup de jeunes militants. Il a imposé dans le paysage médiatique des termes jusqu’ici réservés aux milieux « complotistes » ou d' »ultra droite » (grand remplacement, banlieues islamisées, remigration, wokisme, etc.) Il a inspiré, et continuera à le faire, beaucoup de gens à ne plus se taire alors qu’ils étaient ostracisés socialement (au bureau, à la maison, partout) et a lancé le mouvement d’une jeunesse (plus ou moins jeune) à se battre dans tous les milieux (culturel, éducatif, financier, associatif) pour reprendre en main le destin de son pays.

La défaite électorale est indéniable, mais cela est arrivé à tous les hommes politiques de France depuis que le vote existe. En revanche la guerre culturelle, métapolitique est bien lancée, et la position autoproclamée d’équilibre raisonnable tenue par LREM/LR finira par craquer pour laisser place aux fossoyeurs de la France contre ses défenseurs. Zemmour a donné à ces derniers le courage de se lancer dans la bataille contre le fatalisme.

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Nicolas Lecaussin 15 juin 2022 - 1:10

Je l’ai bien dit (aussi dans des articles plus anciens) et sans hésitation que son constat était plutôt juste ! Mais son échec décrédibilise son constat !
NL

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Picot 15 juin 2022 - 1:34

Il a perdu mais il a planté des graines, avec d’autres moins audibles audibles. Les graines pousseront plus ou moins vite, mais elles pousseront.

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Obeguyx 15 juin 2022 - 5:05

Nicolas a raison lorsqu’il dit que Zemmour est en échec. Mais il n’est pas encore « mat ». Le PS et LR sont en voie de décomposition avancée et il faudra bien trouver un équilibre quelque part. Mélenchon, Macron et Le Pen représentent à eux trois 45 % de français. Je suis sûr qu’il faudra passer par un régime de « rigueur » et pas que budgétaire, retrouver notre souveraineté nationale et instaurer un vrai « libéralisme » responsable pour s’en sortir sans trop de violences. Les 53 % de Français (plus les 7 % de non inscrits) n’attendent que ça. Quant aux graines plantées, il va falloir faire gaffe au réchauffement climatique !!!

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PIERRE GODICHEAU 16 juin 2022 - 4:22

L’échec de Zemmour est contenu dans la note et le profil Lewino que je lui mets.

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Essentielliste 19 juin 2022 - 8:58

Parler d’échec de Zemour à l’élection présidentielle alors que le candidat ne l’est devenu que quatre mois avant ,
qu’il a eu jusqu’à 15 % de voix dans les sondages et finir à 7% après une campagne de dénigrement et de destruction systématique de toute la classe journalistique devrait plutôt être salué et non dénigré.

Zemour a eu le courage de remettre en question les politiques fort peu courageuses des quarante dernières années de reprendre le flambeau de messieurs Seguin et Pasqua et du Chirac du premier mandat avec beaucoup de justesse dans ses analyses.
Malheureusement le monde médiatique et monsieur Lecaussin n’a retenu que quelques propos bien maladroits du candidat et a voulu oublié l’essentiel de ses propositions politiques d’une France qui doit se reprendre dans une nouvelle dynamique souveraine et prospère.
Il est vrai qu’après les meetings de début de campagne parfaitement réussis, grâce à des arguments et des formules a la fois fort justes et faisant mouche, Eric Zemour s’est focalisé sur la question de l’immigration zéro et autres erreurs inadmissibles pour un homme de qualité qui ont été mises en boucle par les médias pour le discréditer et l »achever politiquement en l’accablant et falsifiant ses prises de position.
On a vu ensuite la meute gauchiste l’achever avec de faux arguments.

Contrairement à Monsieur Lecaussin je pense que cette nouvelle force politique n’est pas morte car elle correspond Dieu merci, à l’espoir d’une partie non négligeable des français qui souhaitent que leur cher pays reprenne une voie politique courageuse et non soumise à la fatalité des urnes à la recherche des solutions de facilité de court terme pour une paix sociale engendrant à terme la faillite du Pays.

Oui Monsieur Lecaussin Reconquête est bien le parti du courage avec ses 100.000 adhérents et ces jeunes qui entendent relever la tête et non se soumettre à la politique du pire et des faux semblants de Monsieur Macron qui
par ses renoncements et ses mensonges mène la France à la ruine.

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