Accueil » La liberté d’installation des médecins en danger ?

La liberté d’installation des médecins en danger ?

par Aliénor Barrière

Alors que les zones blanches se réduisent comme peau de chagrin, les déserts médicaux ne cessent de croître. Pour y remédier, les politiques ont une solution toute trouvée : abolir la liberté d’installation des médecins libéraux.

Car oui, la France est un pays ultra-libéral (selon certains), mais en même temps des personnes ayant choisi l’exercice libéral de la médecine, et payant généralement beaucoup d’impôt, devraient être spoliées de la liberté la plus élémentaire : celle de choisir leur lieu de vie et d’exercice professionnel. Comme ça, au nom de l’intérêt général.

Des chiffres effrayants sont avancés pour illustrer ce phénomène : « 70% des Français déclarent avoir renoncé à des soins par impossibilité d’accéder à un médecin ». Or d’une part ce pourcentage est loin de correspondre à celui des Français vivant en zone rurale (19% en 2020), et d’autre part de plus en plus d’urbains ont un mal fou à obtenir un rendez-vous médical avant 4 ou 6 mois, que ce soit pour le dentiste, le gynécologue, l’ophtalmologue ou le dermatologue.

Dès lors, peut-on honnêtement considérer que le principal obstacle à une bonne prise en charge médicale est la liberté d’installation des médecins ? Ne serait-ce pas plutôt le numerus clausus en vigueur jusqu’à la rentrée universitaire 2020, et le trop faible nombre de médecins qu’il a permis de diplômer ? Pour compenser cette pénurie organisée, la France a été obligée de faire appel à des médecins étrangers pour exercer sur son sol : l’ordre des médecins compte ainsi 22 568 médecins à diplôme étranger en activité régulière (le double d’il y a dix ans), dont seuls 45,5% ont des diplômes européens. La majorité des médecins étrangers ont eu leur diplôme au Maghreb ou en Afrique sub-saharienne. En moyenne, il y a 834 médecins étrangers par région, avec une concentration particulière en Ile-de-France (près d’un médecin sur trois), en Rhône-Alpes et en PACA.

A l’heure où Jean-Luc Mélenchon rêve d’un troisième tour pour le porter à Matignon, il est bon de garder en tête que ce candidat communiste veut imposer aux médecins libéraux le lieu de leur installation en début de carrière.

You may also like

6 commentaires

Simba 21 avril 2022 - 4:23

Je vous signale que ce principe s’applique depuis longtemps aux pharmaciens, aux taxis, aux débits de boissons alcoolisées par la licence 4, etc…

Répondre
Laurent46 21 avril 2022 - 5:16

Ce serait très juste, leur études coûtent très cher à la collectivité il n’y a pas de raison d’avoir un juste retour. Il faudrait aussi les obliger à refaire des jours de garde les dimanches et jours fériés et des remplacements lors de leurs congés comme cela se faisait autrefois seule solution pour réduire la pression sur les urgences. En quelques sortes, la grande majorité des médecins sont devenus de gros fainéants vivant grassement sur le dos de la sécu. Cela n’étant pas assez il faut encore leur payer les locaux et leurs outils de travail ! Et si en plus de cela majoritairement ils étaient de bons médecins ce qui est loin d’être le cas, mais c’est encore un autre problème au regard de la dictature des nouvelles couches administratives toutes aussi irresponsables et fainéantes les une que les autres et n’ayant d’existence que de devenir des assistés et des rentiers de la République. Il ne faut plus s’étonner alors qu’il n’y ait plus de moyens pour soigner correctement ceux qui cotisent pour cela.

Répondre
Picot 21 avril 2022 - 5:32

@Laurent 46
Cher monsieur vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez. Vivre grassement sur le dos de la Sécu? Il y a quelques années : revenu moyen d’un généraliste 6500 euros / mois, avec 50 à 60 heures de travail par semaine, peu de congés, et à condition de ne pas tomber malade. Pour un plombier c’était 6000 euros. Les études coûtent chers à la collectivité? Peut être mais c’est la même chose pour les étudiants en droit, par exemple, et là vous ne dites rien? En libéral, désolé, mais c’est le médecin qui finance ou loue ses locaux et c’est lui qui achète la totalité de son matériel, même l’informatique imposée par la Sécurité Sociale, vous n’y êtes pas du tout. C’est un métier difficile, dangereux (gare aux erreurs et aux procès) et mal payé (comme dans le secteur public d’ailleurs). Consultation, prix moyen en Europe 45 à 50 euros, 70 euros en Espagne, 25 euros en France. Il reste, après règlement des frais professionnels, environ 12 euros au médecin avant payement de l’impôt sur le revenu. Médecins maltraités, patients mal soignés. Parfaitement logique.

Répondre
Courroy 21 avril 2022 - 9:06

Numerus et sous paiement de l’acte médical = des médecins qui bossent plus de 60h/s, découragés, désabusés et des jeunes diplômé ( e surtout)s qui ne veulent pas s’installer Pénurie du libéral = afflux de patients asphixiant l’hôpital en coûtant beaucoup plus cher à la nation. Et la réponse des politiques, des énarques et de l’ineffable Valletoux, c’est  » plus d’argent pour l’hôpital  » Plus de 60% ,au minimum, des patients qui y sont vus aux urgences (et dans quelles conditions …!) pourraient être vus par les libéraux pour 6 à 7 fois moins cher. Sauvez l’hôpital, ce n’est pas alourdir encore son coût, c’est lui permettre de rester à ses fonctions essentielles dans la sérénité en laissant le Libéral faire le reste
.Slogan allemand  » le plus pour le libéral le mieux pour l’hôpital  » Mais pourquoi demander de corriger un tel désastre à ceux qui l’ont organisé si brillamment ? A pleurer …

Répondre
Obeguyx 21 avril 2022 - 9:57

Les médecins ne gagnent plus correctement leur vie, eu égard aux études faites. Ne cherchez pas plus loin le problème. Je le dis avec liberté car, je n’ai aucune personne attachée à la santé dans toute ma famille. Les soignants sont tous à la même enseigne et le numérus clausus n’y changera rien. Une infirmière punie pour non vaccination vient d’être sollicitée pour reprendre du service. Entre temps, elle a retrouvé du travail dans le privé non médical, gagne mieux sa vie, dispose d’un emploi du temps correct et surtout comme disait Pompidou : n’est plus emmerdée.
De ce fait elle ne retournera plus aux « soins » et tant pis pour les malades, qu’ils aillent se plaindre aux politiques et aux gestionnaires publics.

Répondre
Emile 22 avril 2022 - 4:04

On ne regle pas les problemes avec ceux qui les ont créés, mais les Lapins Cretins y croient toujours !
Pauvre France , regardez bien le Doigt , la Lune c est trop loin pour Vous !

Répondre

Laissez un commentaire