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Fin de la trêve hivernale : quand l’Etat met un pansement sur une jambe de bois

par Adélaïde Motte

Au 1er avril la trêve hivernale – qui interdit les expulsions de locataires pour loyer impayé – prendra fin (avec cependant quelques exceptions). Cette trêve avait été prolongée à l’occasion de la crise sanitaire, ce qui avait conduit à une baisse importante des expulsions locatives. Une diminution dont certains se réjouissent, oubliant les nombreux propriétaires spoliés qui ne peuvent renvoyer leurs locataires.

Le plan du gouvernement pour résoudre cette situation, doté de huit millions d’euros sur deux ans, s’incarne dans des travailleurs sociaux mobiles. Ils contactent les locataires en difficulté et viennent les voir, au lieu d’attendre que ces derniers viennent à eux. Déployés dans vingt-six départements et pilotés par les préfectures, ils disposent d’informations qui leur permettent de trouver les coordonnées personnelles et professionnelles des locataires en difficulté mais inconnus des services sociaux. Les départements de la Côte-d’Azur et du Nord-Pas-de-Calais sont notamment ciblés. Pour indemniser les propriétaires, s’ajoute à ce dispositifune enveloppe de 20 millions d’euros qui vient augmenter les 30 millions du budget habituel.

Ici comme dans bien d’autres sujets, le problème n’est-il pas la ponction fiscale qui pèse indirectement ou directement sur les locataires et les  empêche de vivre correctement de leur travail ? Entre les cotisations patronales et salariales, les impôts et taxes, et pour finir les divers impôts dus par les entreprises qui se répercutent inévitablement sur le coût des produits, nombre de Français ont du mal à s’offrir le nécessaire, et doivent choisir entre manger et se loger. Quant aux propriétaires, qui ne sont pas nécessairement millionnaires, on ne peut les contraindre à loger gratis ceux auxquels ils ne doivent qu’un logement vivable, à condition que ce dernier soit payé. En baissant les diverses charges, l’Etat ferait plus pour les expulsions locatives qu’avec des travailleurs sociaux qui, quelles que soient par ailleurs leurs compétences, se retrouvent souvent face à une porte fermée.

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2 commentaires

Verdun 18 mars 2022 - 1:59

Comme dans l’article suivant sur l’emploi, c’est la concurrence qui permet ici de maintenir en tension la bulle immobilière ou décrédibiliser Pôle emploi en faisant doubler le nombre de bénéficiaires pris en charge par un agent lorsque le nombre de chômeurs double aussi. L’immobilier ou le marché de l’emploi sont toujours en tension artificielle avec des entrées de 600000 migrants par an. Le loyer explose et le salaire s’effondre à qui profite et qui pâti de cette mise en tension ?

Bien à vous

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Obeguyx 19 mars 2022 - 10:30

La carence vient toujours de l’Etat et ce depuis au moins 45 ans. En conséquence, l’Etat doit prendre en charge les loyers impayés en totalité, remises en état comprises et se débrouiller avec les locataires indélicats. Un seul commandement de payer resté infructueux de la part d’un huissier devrait suffire à engager la responsabilité de l’Etat. Les bailleurs n’ont pas à souffrir de l’idéologie de certains débiles mentaux qui nous gouvernent ou nous ont gouvernés depuis des décennies. Il faut remettre la loi sur la location d’habitation telle qu’elle existait avant 1981. La loi de 1948 n’étant toujours pas abrogée, il serait facile pour certains cas de la toiletter (je peux aider, je la connais bien, puisque je la subis avec un de mes locataires) et ainsi de palier à tous les problèmes actuels et à venir. Ainsi l’investissement locatif privé pourrait retrouver tout son sens et le logement social pourrait de nouveau être remisé, voir supprimé. Imaginez le poids financier en moins pour l’Etat en quasi faillite économique.

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