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Le Conseil d’analyse économique préconise la mise en concurrence de Pôle Emploi

par François Turenne

Le Conseil d’analyse économique (CAE)  a rendu un rapport très surprenant le 14 mars dernier. En effet, il préconise une externalisation de l’accompagnement des demandeurs d’emploi vers des prestataires privés. Les économistes jugent que Pôle Emploi n’a pas les capacités nécessaires pour accompagner tous les chômeurs. En conséquence, le conseil préconise que des prestataires privés agréés puissent avoir accès aux fichiers de Pôle Emploi et contacter des demandeurs d’emploi directement pour leur proposer des postes vacants.

En outre, le marché de l’emploi actuel souffrirait, selon eux, d’un manque d’informations entre les acteurs privés (entreprises) et l’agent en charge des chômeurs (Pôle Emploi). Les entreprises ne bénéficient pas suffisamment d’informations claires sur les caractéristiques des candidats et des offres d’emploi. En d’autres termes, une des raisons du taux de chômage élevé serait le manque de communication entre les acteurs privés et publics. Ainsi, dans l’optique d’optimiser la rencontre entre la demande et l’offre d’emploi, le CAE propose que des prestataires privés soient mis en concurrence pour diriger les chômeurs vers les besoins de main d’œuvre des TPE/PME.

Si l’idée paraît surprenante, elle n’est néanmoins pas neuve. Déjà en 2005, Pôle Emploi (en fait l’Unedic à l’époque) avait eu recours à des prestataires privés dans le but de réduire les dépenses de l’assurance chômage. Cette expérimentation n’avait pas eu les effets désirés : un bilan réalisé par le ministère du travail, en 2012, indiquait que Pôle Emploi faisait mieux que le privé.

Il faut dire que les marchés avaient été attribués aux prestataires les moins chers qui ont délivré des prestations de piètre qualité, comme l’indique un rapport de la Cour des comptes de 2014. Par ailleurs, les prestataires n’étaient pas managés, ils recevaient les personnes les plus éloignées du marché du travail que Pôle Emploi ne savait pas traiter, et ils étaient contraints par des procédures administratives empêchant toute expérimentation novatrice.

Il faut aller plus loin que les propositions du CAE, à savoir privatiser Pôle Emploi et le mettre réellement en concurrence. Chaque chômeur pourrait recevoir un chèque emploi, valable auprès d’un organisme de son choix chargé de l’accompagner jusqu’au retour à l’emploi. L’organisme serait alors rémunéré sur présentation de ce chèque et en fonction de ses résultats.

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3 commentaires

Rémi 18 mars 2022 - 9:37

POLE EMPLOI, pachyderme, MAMMOUTH de la France se trouve de fait sur la Marché de l’emploi où il y a une concurrence ouverte entre l’employeur et les candidats….

Cette vérité ÉCONOMIQUE répond à la Loi de « l’offre » et de la » demande » avec ses règles qui sont celles de la compétitivité….

Ainsi, Notre MAMMOUTH administratif , qui remplit des dossiers avec des administratifs, vit de ses lourdeurs dans une partie nationale qui l’exclue de fait….Tels :  » des Prêtres qui vous parle du mariage » …

Ainsi peut on faire appel au Marché concurrentiel aux travers les initiatives venant du secteur « Privé » ( en ligne, en associations ou en cabinets dont la vie ne se nourrit que de leurs compétences réelles au travers leurs résultats dans les faits)

De plus les employeurs se placent en circuit court qui permet cette interactivité nécessaire dans le cadre de l’emploi.

Pôle emploi qui s’agite beaucoup …..Pôle Emploi se meurt, vivre Pôle emploi…!

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Verdun 18 mars 2022 - 10:40

Celui qui veut tuer tuer son propre chien dit qu’il a la rage. Il n’y a pas de ministère chargé de l’emploi capable d’organiser cette administration pour en faire une fusée ?

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Obeguyx 19 mars 2022 - 10:08

Ex ANPE. Organisme totalement inutile et aujourd’hui obsolète. De plus Très coûteux et fabrique à fainéants. Entrepreneurs pendant 42 ans, j’ai toujours fait appel à ces organismes qui n’ont « réussis » à me fournir qu’une seule employée qui n’est restée que 48 heures dans mon entreprise en qualité de secrétaire. Pour le reste de ma carrière je me suis toujours débrouillé seul.

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