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Réglementation, fiscalité et choix publics : nouveaux travaux de recherche de l’IREF

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Le département universitaire de l’IREF dirigé par le professeur Enrico Colombatto accorde tous les ans plusieurs bourses à des chercheurs travaillant un peu partout en Europe. Plusieurs sujets et travaux sont sélectionnés par le Comité scientifique et sont présentés lors d’une journée de séminaire. Lors du dernier séminaire tenu ces 15 et 16 octobre 2021 (voir le programme), pas moins de huit sujets ont été abordé par plusieurs universitaire.

L’exploitation croissante du deuxième corps du citoyen, celui qui produit la richesse.

Carlo Lottieri et Luigi Marco Bassani se sont penchés sur la taxation et le travail forcé dans la théorie politique moderne. Sous ce titre provocateur, les auteurs observent que l’esclavage ou l’ancien servage et les corvées ont disparu, mais ont été remplacés par une fiscalité imposée par la force et souvent excessive. Les deux auteurs montrent qu’il n’y a rien d’innocent dans la fiscalité. Ils étudient les différents rapports du sujet avec l’autorité politique (esclavage, travail forcé, fiscalité) dans le but de montrer que la monétarisation de l’exploitation politique, qui a été l’un des signes de la modernité, n’a peut-être pas modifié l’essence de la domination. La sacralisation du corps physique du sujet a permis qu’il n’y ait plus de torture ou d’atteinte à la vie des sujets par la puissance publique, mais a ouvert la voie à une n’a pas empêché une autre forme d’exploitation croissante du deuxième corps du citoyen, celui qui produit la richesse.

Mieux vaut dérèglementer et confier au privé le plus des missions possibles

Dans un autre rapport, trois chercheurs tchèques, Peter Bolcha, Michael Fanta et Pavla Vozarova ont abordé le thème des marchés publics dans la construction des infrastructures et des transports dans leur pays. Bureaucratie, incertitude, réglementations, normes, voire corruption, plein d’éléments peuvent rendre le travail difficile et la réalisation des contrats assez aléatoire. Mieux vaut dérèglementer et confier au privé le plus des missions possibles. Sergio Beraldo, un chercheur de Naples, a analysé pour sa part les transformations de l’Etat providence dans 36 pays membres de l’OCDE entre 1985 et 2018. Il a pu les organiser en « clusters » en fonction des réformes qu’ils ont faites en particulier sur le marché du travail. Ont-ils rendu la vie des chômeurs plus « difficile », dans le sens d’une incitation à travailler et une moindre protection ? Les pays les plus actifs dans ce sens ont été les pays nordiques et l’Allemagne, ceux qui ont très peu réformé sont la France et ceux du Sud de l’Europe. L’assistanat et la protection des chômeurs pour des durées longues ont contribué à la persistance d’un chômage de longue durée dans ces pays et d’un taux de chômage en moyenne plus élevé que dans les pays de l’autre cluster.

Un travail de recherche très original a été produit par un autre Italien, professeur de littérature à l’Université de Banja Luka en Bosnie, par Stefano Adamo, qui s’est penché sur la littérature moderne consacrée à la finance. De nombreux romanciers italiens ont choisi le prétexte de la crise de 2009 pour écrire des ouvrages et des nouvelles à charge contre le monde de la finance. Ils connaissaient le monde de la finance, mais ils n’en ont présenté qu’une vision partielle et partiale. Une situation qu’on rencontre aussi sur la place littéraire française où les auteurs gauchisants sont pléthore. En Italie, il existe une tradition marxiste dans la littérature et le cinéma depuis les années 1950-60 qui a fait de l’anticapitalisme et de l’anti-libéralisme sa source principale d’inspiration. Il s’agit d’une propagande idéologique dont l’impact est assez difficile à quantifier mais le succès de certains ouvrages montre qu’elle bénéficie d’un public !

Les conséquences des lois anti-discriminations dans le monde du travail et la société

Pablo Duarte, enseignant dans une université allemande, a choisi de voir combien les inégalités sont…injustes. Sujet toujours d’actualité, l’IREF y a consacré de nombreux travaux, y compris un livre intitulé « Anti Piketty ». Dans un Etat de droit qui fonctionne correctement y-a-t-il moins d’inégalités que dans d’autres ; si les individus sont égaux devant la loi, les inégalités sont-elles moins nombreuses ? Difficile de faire des corrélations évidentes mais les recherches de Pablo Duarte sont stimulantes et seraient très utiles à ceux qui voient des inégalités partout, même là où elles ont baissé depuis longtemps.

L’Italien Ricardo Di Carria a analysé les conséquences des lois anti-discriminations dans le monde du travail et la société. A vouloir faire le bien des autres à tout prix on dénature les relations professionnelles et on fausse même la vie de tous les jours. « La fraternité doit être volontaire », disait Bastiat. En effet, on ne décrète pas la solidarité. Et derrière les belles intentions, il y a le politiquement correct dont les ravages sont de plus en plus visibles. On ne sait d’ailleurs plus jusqu’où va aller la discrimination positive et comment elle façonnera le monde.

Enfin, les deux dernière interventions (Yulie Foka-Kavalieraki et David Stadelmann) étaient consacrées au phénomène des « nudges ». La théorie du nudge ou coup de coude en anglais, a été développée par le prix Nobel d’économie 2017 Richard Thaler. Cette technique issue de l’économie comportementale se propose d’influencer nos comportements dans « notre propre intérêt ». Une approche qui intéresse les pouvoirs publics. De plus en plus, ils décident à notre place et considèrent qu’ils savent mieux ce que nous ce qui est bon ou non. L’esprit moutonnier convient à l’Etat pour mieux contrôler les individus en instituant par ces « nudges » une forme de paternalisme moderne. A force de décider à leur place, il peut imposer plus facilement des normes, des réglementations et augmenter les taxes et les impôts. A la société civile de réagir !

Workshop
Current research in fiscal and regulatory issues and public choice
October 16th, 2021

09:00 Welcome address
09:10 Luigi Marco Bassani and Carlo Lottieri, Taxation and forced labour: the two bodies of the citizen in modern political theology
09:50 Peter Bolcha, Michael Fanta and Pavla Vozárová, Transport infrastructure expenditure in Czechia: law compliance in the public procurement
10:30 Sergio Beraldo, The contractual approach to welfare state reform: an empty promise?
11:00 Coffee Break
11:30 Stefano Adamo, The Italian financial novel. Finance as told by financial professionals
12:10 Pablo Duarte, How much of today’s inequality is unfair?

13:15 Buffet Lunch

14:30 Riccardo De Caria, Offers they can’t refuse: a (negative) assessment of the impact on business and society of the recent anti-discrimination laws and policies
15:10 Yulie Foka-Kavalieraki and Niki Sotiriou, Libertarian paternalism in policy-making: empirical, methodological and philosophical problems
15:50 David Stadelmann and Gustavo Torrens, Behavioural biases: how markets can outperform paternalism

Authors in italics will not be present at the workshop

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