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L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

Il faut supprimer les contrats aidés et mettre en place un choc de compétitivité en direction des entreprises

dimanche 3 octobre 2021, par Romain Delisle

L’idée de fonder une organisation mettant en relation offres et demandeurs d’emplois, développée dès le 17e siècle, reposait à l’origine sur l’initiative du secteur privé caritatif. Ce n’est qu’en 1967 que Jacques Chirac fonde l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) avec le même objectif.

En 2008, Pôle emploi est créé par la fusion de l’ANPE et des Assedic, rassemblant les politiques actives et passives de l’emploi sous l’autorité d’un seul organisme. Dans le cadre de notre système d’assurance sociale bismarckien, son fonctionnement est assuré par une convention tripartite entre l’Etat, l’Unedic et lui-même.

Le budget de fonctionnement l’agence est de 4,4 Mds€ en 2018, tandis que 1,2 Mds€ sont consacrés aux dépenses d’interventions (principalement les formations à destination des chômeurs), 35,9 Mds€ aux allocations chômage et 2,7 Mds€ à l’ASS (Allocation spécifique de solidarité). Les excès de la politique des ressources humaines de Pôle Emploi, avec ses 53 095 agents, ont été dénoncés par la Cour des comptes et notamment les privilèges des dirigeants, des syndicats et des agents. La performance de l’action de l’agence, mal mesurée, masque l’inefficacité chronique des politiques publiques de retour à l’emploi : en 2017, selon l’INSEE, seul 12,9% des chômeurs déclaraient avoir retrouvé un emploi grâce à Pôle emploi.

Le maquis des dispositifs ciblés de retour à l’emploi, l’aide à l’embauche des jeunes (AEJ), la garantie jeune et les différents types de contrats aidés, dévoile surtout, dans ses comparaisons les plus fines, soit un effet de vase communiquant au profit des publics ciblés mais en défaveur d’autres populations, soit un impact très modéré sur le retour à l’emploi. Le PIC (Plan d’investissement dans les compétences), programme de formation professionnelle à destination des demandeurs d’emploi, réalisé en partenariat avec les régions, demeure mal connecté aux besoins des entreprises. Sur une période 6 à 18 mois mesurée à partir de leur entrée en formation, la moyenne du taux d’accès à l’emploi des demandeurs d’emplois formés est de 51% contre 44 % pour les non formés d’une population possédant des caractéristiques identiques.

En comparaison, le modèle allemand, mis en œuvre par les lois Hartz de 2003 à 2005 parait bien plus attractif : l’économie allemande a créé 2,5 millions d’emplois entre 2005 et 2013, ramenant le chômage à 5,3 % et portant le taux d’emploi de 64,9 à 72,4%.

Il est donc, dans un premier temps, nécessaire de responsabiliser les chômeurs sur le modèle allemand, d’instaurer des maximas sociaux en dessous du seuil de désincitation au travail (70% du SMIC par exemple) et des contrats flexibles de types mini-jobs.
Il est nécessaire de recommander la suppression des contrats aidés et de la majeure partie des dispositifs ciblés de retour à l’emploi, complétée par un choc de compétitivité en direction des entreprises, via notamment la baisse du coût du travail et des charges sociales. La formation professionnelle, plutôt que d’être pilotée directement par les pouvoirs publics, serait assurée par les entreprises, pour les plus importantes d’entre-elles, par des coalitions d’entreprises, ou par les branches, mais continuerait d’être cofinancées par l’État.

L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi
https://fr.irefeurope.org/Publications/Etudes-et-Monographies/article/L-echec-de-Pole-Emploi-et-des-politiques-actives-de-l-emploi

Vos commentaires

  • Le 4 octobre à 05:32, par Laurent En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    Il serait aussi de bon ton de ne pas mettre tous les services et le social entre les mains de la finance. Le vrai problème en France est que l’on fabrique un service public c’est pour engraisser un troupeau de fainéants qui dorment sur l’argent public et auxquels on fabrique de grosses rentes à vie. Paris ne se vautre que sur l’argent public avec toutes les fantaisies qui vont avec. Hélas la décentralisation à la Française a semé ce troupeau de fainéants et de profiteurs dans tout le pays.
    On avait de très bons systèmes sociaux mais qui ne peuvent jamais fonctionner si tous les fainéants caviar et la misère du monde vienne y puiser tous leurs besoins sans jamais cotiser.
    Le vrai problème n’est pas plus compliqué. Sans oublier que cette image de fainéants grassement payés fait tache et donne des idées à tous ceux qui n’osaient pas le faire.

  • Le 4 octobre à 05:37, par VIGNELLO En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    Pôle emploi, machin public qui tue l’emploi aussi surement que les 1000 offices HLM le logement. A quoi servent ces machins
    Nous avons des sociétés consulaires qui sont au courant et du marché et des entreprises donc de l’emploi, c’est de la compétence et de la responsabilité
    Les HLM faussent la concurrence des constructeurs et sont source de corruption et d’électoralisme

  • Le 4 octobre à 05:44, par zelectron En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    C’est plus qu’un échec, c’est un désastre : comment voulez vous qu’un fonctionnaire puisse comprendre le commerce, l’industrie, l’artisanat, l’agriculture et le monde des services, il n’a jamais mis ses mains, ni dans le cambouis, ni dans la bouse de vache !
    La seule chose qu’il sait dire c’est YAKAYFOKONYRESPUKA , c’est fou ce que ça fait avancer les choses avec ces mot magiques !
    A part la dissolution de cette monstruosité patente pour être remplacée par des unités légères au service d’abord et avant tout des entreprises et sous leur contrôle (syndicats exclus dé-fi-ni-ti-ve-ment, l n’’y a pas beaucoup d’autre choix !

  • Le 4 octobre à 09:29, par el samanoudy En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    VIGNELLO : HLM habitation à loyer modérer une honte c’est les logement les plus cher .dans le privée les logements sont abordable dommage que certains locataires soit désastreux.HLM devrais s’appeler HLA (habitation à loyer augmentable)

  • Le 4 octobre à 14:41, par Temese Marcelle ép. Gavino En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    Fille d’un Père enlève par le FLN le 24 octobre 1956 et jamais retrouvé. Je suis Pied Noir et fière de l’être

  • Le 4 octobre à 22:50, par Loumis En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    certains d’entre vous mettent des commentaires sans même savoir que l’anpe ( association loi 1901 service public crée en 1967 ,à but non lucratif ,de l’état) et l’assedic (organisme privé) ont fusionnés en 2008, et n’ont jamais eu le statut de fonctionnaire !!!!! Et il est bien connu que les agents de pôle emploi ont tous de superbes villas, des voitures de luxe et sont payés très très grassement à faire du tricot du matin au soir. Bref les margoulins il y en a pleins . Faite un seeting devant le ministère du travail. Mais pour ça il faut en avoir n’est ce pas ? Un agent qui est habitué au venin que vous déversez sur les autre par lâcheté. Regardez vous en face...

  • Le 6 octobre à 13:01, par Romain Delisle En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    Cher Monsieur,

    Comme vous le constaterez dans l’étude, il est clairement indiqué que la majeure partie des agents sont sous contrat de droit privé, mais avec certains droits propre au secteur public.

    En outre, il ne s’agit pas de brocarder qui que ce soit, mais de prouver l’échec global d’un système.

    Je vous prie, cher Monsieur, d’agréer l’expression de ma considération distinguée,

  • Le 15 octobre à 14:29, par Edmond En réponse à : L’échec de Pôle Emploi et des politiques actives de l’emploi

    Critiquer Pôle-Emploi c’est un peu comme critiquer les policiers pour la justice trop laxiste.
    Pôle-Emploi n’est qu’un instrument, et même s’il est certainement perfectible, il fait ce que les gouvernement successifs lui ordonnent de faire, et il le fait, finalement, plutôt efficacement.

    Je crois d’ailleurs que le tout premier rôle de Pôle-Emploi c’est de cristalliser le mécontentement. Pendant qu’on critique Pôle Emploi et qu’on raille ses employés, on oublie de critiquer le système qui génère six millions de demandeurs d’emploi.

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