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Protectionnisme rime avec chômage

mardi 3 avril 2018, par Jean-Baptiste Boone

Le protectionnisme est-il favorable à « nos » emplois ? Cette question est réapparue dans le débat français en réaction aux annonces de Donal Trump. Il semble que le président des Etats-Unis visait en réalité à engager des négociations avec la Chine, qu’il accuse de pratiquer un protectionnisme asymétrique. Mais en France, où le taux de chômage se trouve très nettement supérieur à celui de ses voisins, on s’est interrogé sur la possibilité de « préserver nos emplois » grâce au protectionnisme, à instaurer éventuellement, demandent ses partisans, au niveau européen. La littérature économique démontre très largement les nuisances du protectionnisme.

L’analyse du sous-emploi selon les pays vient le confirmer : les pays les plus ouverts aux échanges sont ceux dans lesquels le taux de chômage est le moins élevé. Grâce au classement Index of Economic Freedom élaboré par le Wall Street Journal et par Heritage Foundation, think tank américain, nous pouvons avoir une idée du degré de libre-échange accepté par pays. Le classement est établi en prenant en compte les barrières tarifaires (taxes, droits de douanes) et non tarifaires (réglementations, quotas). Une note sur 100 est calculée selon les droits de douane moyens à laquelle on enlève des points selon le niveau des barrières non tarifaires. L’exemple de la Chine montre pourquoi il est important de bien prendre en compte ces barrières non tarifaires : le taux moyen pondéré des droits de douane est de 3,4% seulement en Chine ce qui vaudrait une note de 93,2. Mais en raison de nombreuses réglementations visant à freiner le commerce, une pénalité de 20 points est appliquée.
Avec un score de 81,6, la France est 56ème pour la partie « libre commerce ».

Les pays les plus ouverts au commerce profitent d’un chômage faible

Les pays relativement importants les mieux classés sont la Suisse, le Chili et l’Islande. Les taux de chômage y sont respectivement de 4,8%, 6,8% et 2,4%. En France il se situe juste sous les 9%.
Les pays les moins bien notés sont tous des pays sous-développés ; la plupart des pays africains y figurent ainsi que d’autres comme le Laos, le Bangladesh, l’Iran ou le Venezuela.
De manière générale, on s’aperçoit que le chômage est globalement plus faible dans les pays qui sont les plus ouverts au commerce.

Taux de chômage moyen par tranche selon le classement Free Trade - Monde
Libre échange - classement par tranche Taux de chômage moyen
Top 5 3,92%
Top 10 4,46%
10-20 6,31%
20-30 7,64%
30-40 5,61%
40-50 8%
Source : Heritage Foundation, OCDE, Banque mondiale, Eurostat. Les pays non représentatifs ont été retirés (faible population, guerre)

La force de l’économie locale est globalement et en général proportionnelle à son ouverture au commerce mondial. C’est vrai pour les pays développés comme pour ceux qui le sont moins.

Taux de chômage moyen par tranche selon le classement Free Trade – Europe [1]
Libre échange -classement par tranche Taux de chômage moyen
Top 5 3,81%
Top 10 5,50%
10-20 6,82%
20-30 7,35%
Source : Heritage Foundation, OCDE, Banque Mondiale, Eurostat.

La France se situe avant dernière de ce classement (UE28 et affiliés) à égalité avec la Grèce. Quoiqu’une partie des règles commerciales soit imposée par l’Union européenne, ce qui nivèle les notes, la France réussit à se distinguer négativement.

Le libre-échange révèle notre vision du monde

Le critère du libre échange ne saurait expliquer à lui seul le niveau de chômage. Mais quoiqu’il en soit, les chiffres montrent avec certitude que le protectionnisme n’est pas un moyen de lutter contre le chômage. Ce sont bien dans les pays les plus ouverts au commerce international que le chômage est le plus bas.
En fait, les pays qui sont bien notés en ce domaine sont plus généralement « pro-business ». Ils ont une confiance dans l’économie bien plus importante : ils taxent moins et réglementent moins dans tous les domaines. C’est ce qui explique une santé économique supérieure.



[1Union européenne, Suisse, Norvège, Islande

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