Institut de Recherches Économiques et Fiscales

IREF Europe - Institut de Recherches Économiques et Fiscales

Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


Flashcode 2 url IREF - Institut de Recherches Économiques et Fiscales
Pour la liberté économique et la concurrence fiscale
https://fr.irefeurope.org/5621

par ,

Occultisme et argent public : bienvenue dans le monde de la Biodynamie

L’IREF, par l’intermédiaire de Laurent Pahpy, a démontré l’arnaque que constituait l’agriculture biologique. Mais il y en a une autre, farfelue et dénuée de sens scientifique, qui commence à se mettre en place dans des châteaux de Bordeaux, du Médoc, de Bourgogne ainsi que dans d’autres exploitations plus petites, qu’elles soient viticoles ou agricoles. Et cette forme d’agriculture a un nom : c’est la biodynamie.

La biodynamie, une pratique ésotérique et anti-scientifique

Les principes de la biodynamie ont été posés par l’allemand Rudolf Steiner, occultiste et fondateur de l’anthroposophie, à partir d’une série de huit conférences données en 1924 et retranscrites dans un livre Cours aux agriculteurs.

L’agriculture biodynamique exclut l’usage des produits chimiques, remplacés par des engrais d’origine organique, des préparations à base d’ortie, de fougère, de bouse de vache ou de silice, et également des cendres de mulots ou de lapins. L’agriculture biodynamique suit les cycles lunaires et planétaires, avec un « calendrier des semis »[1].

La « bouse de corne », est la préparation la plus importante et fondamentale de la biodynamie (voir la photo). La bouse de corne est élaborée en introduisant de la bouse de vache dans une corne de vache qui a vêlé au moins une fois. La corne remplie est ensuite enterrée à l’équinoxe d’automne et déterrée à l’équinoxe de printemps. Ensuite, on dilue le reste de la bouse déterrée dans de l’eau et on la brasse, ce qui s’appelle la « dynamisation » qui n’est autre que le principe de l’homéopathie. La préparation est pulvérisée sur les sols, dans l’heure suivant la dynamisation et obligatoirement après 17 heures[2]. Pour Steiner, la corne de vache est utilisée car elle a des propriétés qui font interagir les forces éthériques et les forces astrales.
Ces dernières ont une influence sur l’état du sol et de la matière organique. Qui plus est, la vache a des cornes « afin d’envoyer dans son propre corps les forces formatrices astrales et éthériques »[3]. Bien sûr !

La deuxième préparation la plus importante est à base de silice et se nomme « silice de corne ». Elle doit renforcer « la lumière solaire » et permet « une meilleure relation avec la périphérie cosmique, avec le cosmos tout entier »[4]. En somme, des travaux aux bases non-scientifiques et se référant uniquement à une croyance au pouvoir des astres et du cosmos.

En effet, Steiner explique que les forces cosmiques jouent un rôle sur les plantes, « la force de Jupiter colore les fleurs en blanc et en jaune ». D’ailleurs, la croissance et la fécondation des plantes ne se fait pas par l’effet du pollen sur le pistil mais par le travail de petits esprits, « des gnomes »[5].
De plus, quand on mange « une pomme c’est Jupiter que l’on mange, dans une prune c’est Saturne ». Les cornes des vaches ont un pouvoir spécial, tout comme d’autres parties des animaux. Par exemple, « la vessie du cerf (également utilisée pour des préparations) est une image reflétée du cosmos ». Et pour terminer, Steiner considère que « la masse cérébrale est tout simplement de la matière fécale conduite à terme »[6], oui oui…

La science et la technique sont rejetées par la biodynamie, non pas pour les raisons invoquées par l’agriculture biologique, de pollution des sols ou autres, mais parce qu’elles sont l’œuvre de forces maléfiques dénommées « entités ahrimaniennes »[7]. Ces forces du mal sont à l’origine des grandes découvertes scientifiques et technologiques. Ainsi, en agriculture biodynamique, on évite de rouler en tracteur et d’utiliser des produits chimiques, préférant s’en remettre aux forces des astres et des planètes, tellement plus fiables… Le Progrès technique, c’est le Mal pour les adeptes de la biodynamie.

Pour Rudolf Steiner, la science et la technologie ne sont rien d’autre que les œuvres d’Ahriman, leader des forces du Mal. Et cela s’étend à toutes les activités humaines ! Dans un livre écrit par un disciple de Steiner, Francis Paul Amberson, on découvre également que les ordinateurs constituent des supports dans lesquels se sont incarnés des démons.
Ce même auteur explique aussi que la Lune, expulsée de la Terre il y a des millénaires, reviendra vers notre planète et des monstres en forme d’araignées géantes, déjà̀ présentes dans nos ordinateurs, se manifesteront en tissant des toiles maléfiques dans le ciel… C’est donc pour cela que World Wide Web (WWW) signifie littéralement toile d’araignée mondiale ! Tout est lié…

Cette pratique et cette pensée pourraient faire sourire, mais ce qui est moins drôle, c’est qu’elles sont de plus en plus populaires (le château Yquem, propriété de Bernard Arnaud ou le château Pontet-Canet, se sont convertis à la biodynamie). Et qu’elles sont encouragées et financées par l’argent des contribuables.

L’ITAB et la mise en valeur de l’agriculture biodynamique

Un récent rapport parlementaire dénonçait la politique pro « bio » de l’Etat. L’ITAB, ex Institut Technique de l’Agriculture Biologique devenu l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques en 2019, en est l’un des vecteurs. Il fait la promotion de la biodynamie, à l’instar de Pierre Rabhi ou de Marie-Monique Robin[8], pourfendeurs des méchants de Monsanto mais pas des petits gnomes et de Saturne.

L’ITAB met en valeur l’agriculture biodynamique, et cela malgré la supervision de plusieurs membres de l’INRA... Il est financé à 70 % par le ministère de l’Agriculture français, via le CASDAR. Les 30 % restants proviennent des appels à projets, des cotisations versées par les adhérents, des publications ainsi que de l’organisation de colloques scientifiques. Ses ressources propres représentent 16 % de son budget, qui a atteint, en 2018, 2 millions d’euros. Pour couronner le tout, la gestion de l’institut s’inscrit bien dans la tradition française : il a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de grande instance de Paris en juin 2019 à la suite d’un déficit important en 2018.

L’ITAB valorise l’agriculture biodynamique en la présentant comme « une agriculture en synergie avec les forces de la nature », qui est un élargissement de « l’art » agricole, et présente Steiner comme un simple philosophe et comme un scientifique[9], alors qu’aucune de ses thèses n’est reconnue par la science et que lui-même rejetait cette dernière.

Mais surtout, l’ITAB fait la promotion de la formation en biodynamie, consacrée par un diplôme, reconnue par l’Etat et financée par les conseils régionaux.

Les régions Grand Est et Pays de la Loire financent la formation en biodynamie

Aujourd’hui, une seule formation débouche sur un diplôme en France pour la biodynamie : c’est un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) à orientation agriculture biologique et biodynamique. Deux établissements la proposent : les CFPPA d’Obernai (67) et de Segré (49). Elle délivre un enseignement de la méthode d’agriculture biodynamique basée sur la « science » de Rudolf Steiner et vise au « développement d’une relation intime et sensible avec le vivant par l’approche phénoménologique et goethéenne. »[10] Tout cela bien évidemment financé par les conseils régionaux du Grand Est et des Pays de la Loire, avec l’aval de l’Union européenne et du ministère de l’Agriculture.
A l’heure où l’agriculture française traverse sa plus grande crise, n’y-a-t-il pas autre chose à financer avec les deniers publics que des pratiques ésotériques ?

Pendant que des pays se penchent sur la recherche OGM, les futures techniques de traitement et de travail de la vigne, l’Etat français soutient, par l’argent des contribuables, une pratique ésotérique, digne de Panoramix, considérant le progrès technique comme le Mal, et sans aucune base scientifique et preuve d’efficacité réelle.

Sources :
https://www.agriculture-environneme ...
https://www.agriculture-environneme ...
https://www.agriculture-environneme ...
https://www.demeter.fr/preparation- ...
http://www.lafranceagricole.fr/actualites/bio-le-financement-de-la-recherche-al-itab-est-conforte-1,0,87052320.html
https://www.senat.fr/rap/r19-277/r1 ...
http://www.itab.asso.fr/downloads/A ...
https://www.cfppa-segre.com/bp-rea- ...

Partager cet article :

Autres lectures ...

Viticulture : plus d’innovations, moins de produits chimiques

Un rapport parlementaire dénonce enfin les désillusions subventionnées de l’agriculture « bio »
... un an après l’IREF


De l’âge de pierre au capitalisme, une histoire de problèmes écologiques

La charge réglementaire pour les viticulteurs cognaçais
- Témoignage -



Un message, un commentaire ?

Afficher le formulaire

Messages (1)

Mais certains des biodynamistes expérimentés ont des résultats probants

le 17 mars, 12:29 par JPR

Avec Laurent PAHPY il y a un problème de cohérence dans son discours quand les bio utilisent des molécules de synthèse comme le cu et le soufre suivant le cahier des charges avec des quantités limitées ...
Il les dénonce
Quand certains biodynamistes arrivent à s'en passer Ils dénoncent leurs méthodes...
même si je ne les connais pas ...au moins je leur tire le chapeau...

- Répondre -

 css js

FERMER

Suivez les publications de l'IREF,
inscrivez-vous gratuitement
à la lettre hebdomadaire

En continuant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation des cookies