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Les vieux face au Covid-19 : un rappel énergique du secrétaire général de l’ONU

Une dépêche des Nations-Unies nous a récemment appris que le Secrétaire Général des Nations-Unies, M. Antonio GUTERRES, avait publié le 1er mai dernier une note d’orientation contenant des analyses et des recommandations pour faire face aux défis auxquels sont confrontées les personnes âgées, notamment le taux de mortalité élevé parmi elles en raison de la pandémie de COVID-19. Voici les quatre messages du Chef de l’ONU à cet égard :
1- Personne, jeune ou vieux, n’est sacrifiable. Les personnes âgées ont les mêmes droits à la vie et à la santé que tout le monde. Les décisions difficiles concernant les soins médicaux vitaux doivent respecter les droits de l’homme et la dignité de tous.

2- Bien que le détachement physique soit crucial, il ne faut pas oublier que le monde est une communauté et que tout le monde est connecté. Un meilleur soutien social et des efforts plus intelligents sont nécessaires pour atteindre les personnes âgées grâce à la technologie numérique. Cela est vital s’ils veulent faire face à la grande souffrance et à l’isolement créés par les blocages et autres restrictions.

3- Troisièmement, toutes les réponses sociales, économiques et humanitaires doivent prendre en compte les besoins des personnes âgées, de la couverture médicale universelle à la protection sociale, au travail décent et aux pensions. La plupart de ces personnes sont des femmes, qui sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté et n’ont pas accès aux soins de santé.

4- Le monde ne devrait pas “traiter les personnes âgées comme des êtres invisibles ou impuissants” voir 1. De nombreuses personnes âgées continuent à travailler, à mener une vie familiale active et à s’occuper de leurs proches. “Leur voix et leur leadership comptent”.

Cette admonestation simple, brève et complète sonne comme un rappel utile et pressant aux actifs, dont ceux qui nous gouvernent, à manifester plus de considération et d’empathie pour le sort des anciens qui, en EHPAD ou ailleurs, demeurent quand même - et tant qu’ils sont vivants – le plus souvent leurs pères et leurs mères. On aimerait qu’à l’instar de l’admirable discours de la Reine d’Angleterre du 5 avril dernier, ce sobre rappel fasse désormais partie des lectures favorites de notre Président comme de tous ses ministres et de nos hauts fonctionnaires et même - pourquoi pas ? - qu’ensemble ils donnent sans tarder au peuple l’impression qu’ils ont enfin compris le message. En effet, on a beaucoup de peine à croire que le scandale du "débranchement prolongé" cyniquement imposé pendant plusieurs semaines aux EHPAD sévèrement coupés de l’hôpital public (cf. notamment le site de Médiapart) et allant jusqu’à manquer des sédatifs appropriés respecte bien le serment d’Hippocrate et que son résultat désastreux ne relève pas - moralement au moins - de la non-assistance à personne en danger. Or,
- si on y ajoute les horreurs que les personnes âgées ont pu ces derniers temps et sans plus de circonspection entendre débiter sur leur compte à longueur d’émissions ou d’interviews par des gens pour qui l’espérance de vie des anciens se résumait à des statistiques impitoyables et à une longue liste de "comorbidités". Et à vrai dire en passant d’un plateau à l’autre, où la plupart des sommités conviées déployaient tout autant leur ego que leurs contradictions, on n’a pas eu le sentiment que le sens de l’humain, ni l’impératif relationnel par rapport au malade et à sa famille, fassent bien partie des enseignements majeurs de la médecine moderne.
- si on dénonce le caractère scandaleux et intolérable de pratiques funéraires dévoyées qui infligeaient aux survivants des EHPADS enfermés à clef dans leurs chambres le miaulement sinistre de la visseuse fermant dans la chambre d’à côté la bière de leur ancien voisin (cf. l’édifiant témoignage de Léa, infirmière en EHPAD) et après lequel vous ne pourrez plus voir du tout cette crise comme la plupart des médias dominants ont osé vous la présenter) ;
- si enfin on conteste la présomption de culpabilité, dont on commence à vouloir un peu trop facilement charger par avance nos aînés en cas d’échec du déconfinement en cours,
on se dit que le rappel solennel du Secrétaire Général de l’ONU était devenu indispensable et qu’il avait directement à voir avec la grande déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que nos pères ont écrite. Mais cette fois-ci, quelle honte : ce sont leurs fils, ceux qui à tout bout de champ n’ont de cesse de brandir leurs fameuses "valeurs", qui bafouent sans vergogne les droits de l’Homme. Avec en plus la circonstance aggravante que la quasi-totalité des associations "droits de l’hommistes" avaient cette fois visiblement décidé de baisser le rideau, en espérant que ces droits s’éteindraient sans bruit avec leurs titulaires.
Indiscutablement, les quatre recommandations de M. GUTTERES sont donc opportunes et bienvenues. Après tous les mensonges qu’ils ont égrenés sur la prétendue disponibilité des masques, nos gouvernants pourraient même y saisir l’occasion de faire amende honorable au profit des prochains héros du confinement à durée indéterminée. Pourquoi donc ne pas opérer en faveur de nos anciens qui ne peuvent pas se déplacer, lourdement handicapés, et à raison de leur grande vulnérabilité, la distribution immédiate, gratuite, sans condition, au domicile et sans autre forme de procès de quelques masques bienvenus, dont malheureusement la plupart des pharmacies continuent à être dépourvues ? Mais, on le sait, il n’est évidemment pas question pour le pouvoir de prendre à la légère une initiative aussi lourde de conséquences, sans en débattre longuement avec les ineffables ARS (Agences Régionales de Santé), dont tout au long de cette crise tout le monde a pu - et jusque dans le soin méticuleux apporté au coloriage hésitant des premières cartes de France - apprécier le sérieux, la cohérence, la rigueur et l’agilité.
Non, non, ne toussez pas. Actuellement, c’est mal vu !

1 - On remarquera que cette recommandation rejoint le combat que nous menons sans répit dans ces colonnes depuis plusieurs années, afin que les 17 millions de retraités accèdent enfin à une véritable représentation officielle au sein tant des diverses instances publiques dédiées aux retraites (notamment Conseil d’Orientation des Retraites, Comité de Suivi des Retraites et accessoirement aussi Conseil Économique, Social et Environnemental), que de toutes les Caisses de retraites qui calculent et gèrent leurs droits. S’il ne veut pas continuer indignement à “traiter les personnes âgées comme des êtres invisibles ou impuissants" en violation d’ailleurs de l’article 21 de la Charte Européenne des Droits de l’Homme, le pouvoir se doit en effet d’admettre les retraités comme le troisième partenaire social des retraites. Et il est tenu à ce titre de leur conférer les mêmes droits de représentation et de négociation qu’aux deux autres "partenaires" traditionnels, lesquels aujourd’hui se réservent abusivement le monopole d’une double représentation des seuls actifs, via les syndicats de salariés et les organisations d’employeurs. Mais si, lors du dernier débat sur la réforme des retraites, cette proposition de justice et de bon sens portée par le Mouvement National de Défense des Retraités a réussi à mobiliser les amendements de 68 députés convaincus, elle a laissé de marbre un Gouvernement, dont le courage en matière de démocratie sociale ne va pas jusqu’à risquer de froisser ses interlocuteurs attitrés !

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