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En marche vers l’étatisation de l’immobilier parisien

lundi 6 juillet 2020, par Sébastien Chapotard

Après une campagne tendue, Anne Hidalgo a été réélue maire de Paris pour six années supplémentaires. C’est pourtant lestée d’un bilan très critiqué qu’elle s’est présentée face aux Parisiens : sujet majeur de propreté, difficultés de circulation, travaux incessants, endettement colossal ainsi que plusieurs scandales comme ceux d’Autolib’ et du Vélib’. Elle a en revanche pu compter d’une part sur le soutien d’associations très fortement subventionnées avec très peu de contrôle. Et d’autre part sur une augmentation des logements sociaux (+ 41 000), notamment dans les arrondissements clés, dont les occupants votent beaucoup plus majoritairement à gauche et pour l’équipe municipale qui leur a procuré le logement. Le bilan est néanmoins catastrophique en matière d’immobilier et les perspectives ouvertes par les propositions d’Anne Hidalgo laissent présager le pire.

Le logement, une dépense conséquente depuis 6 ans pour des résultats inexistants

Lors du vote du budget 2019, la mairie de Paris affichait fièrement le logement comme « priorité des priorités » et rappelait son très fort engagement financier sur le sujet : 400 millions d’euros dépensés par an en moyenne, soit 2,4 milliards d’euros pendant sa mandature. Au début, le prix moyen au m² dans la capitale s’élevait à 8400€ contre 10 580€ en juillet 2020. Soit une augmentation de 26% en un peu plus de 6 années. A ce niveau de prix, il est aujourd’hui clair que les classes moyennes ne peuvent plus devenir propriétaires à Paris.
Le problème persiste au niveau de la location pour ces mêmes classes moyennes. La réponse apportée par l’État est alors d’élargir la base des personnes qui peuvent bénéficier d’un logement social. Pour un couple avec un enfant le plafond de ressources annuel est ainsi de 47 000€ … bien au-delà du revenu moyen pour cette catégorie de la population. Ian Brossat, adjoint communiste au logement à la mairie de Paris, devrait être satisfait.
Paris se rapproche d’un système communiste pour le logement : une large partie de la population est désormais éligible à un logement public bien plus avantageux que dans le privé, les délais pour obtenir un logement social (7 ans) feraient pâlir un fonctionnaire de l’URSS et des logements restent à la disposition des apparatchiks du système. Les résultats sont si bons qu’il a été reconduit dans sa délégation. La maire de Paris veut même s’en prendre au marché privé, déclarant dans Le Figaro qu’elle « souhaite intervenir sur le marché libre ».

Les mesures existantes ou envisagées pour les prochaines années ne feront qu’aggraver le problème

Comme l’expliquait Jean-Philippe Delsol en 2017, la prolifération des logements sociaux participe à l’augmentation des prix de l’immobilier. Le principe est simple : les prix montent à Paris car l’offre est restreinte alors que la demande est importante. Préempter des logements privés pour les transformer en logements sociaux diminue l’offre disponible et favorise la hausse des prix. Ce principe élémentaire n’est pas intégré par la maire de Paris qui prévoit comme priorité de respecter la loi SRU, et donc d’atteindre le seuil de 25% de logements sociaux d’ici 2025. Principale méthode pour y arriver ? La préemption d’immeubles anciens !
Bien que n’ayant obtenu aucun résultat concret, la mairie de Paris s’entête et propose de nouvelles idées qui, si elles ont au moins le mérite de l’originalité, ne feront qu’aggraver le problème. Première idée, créer une société immobilière « Paris logement abordable ». L’objectif est de réserver des logements aux classes moyennes, loués 20% en dessous du prix du marché. Ces appartements proviendraient en partie de logements Airbnb rachetés par la mairie. D’où une diminution du parc privé locatif, ce qui entraînerait une hausse des prix tout en étatisant d’avantage encore le marché du logement dans la capitale. Seconde idée sortie peu avant la fin du mandat : créer une foncière de la ville de Paris qui permettrait de proposer 5 000 logements à moins de 5 000 euros du m2 « grâce à la dissociation du foncier et du bâti ». Ainsi, l’acheteur deviendrait propriétaire des murs, mais locataire du terrain. Cette proposition est en premier lieu une attaque contre le droit à la propriété : l’acheteur n’est in fine pas entièrement propriétaire de son bien. La foncière aurait vocation à construire des immeubles, notamment financés en fonds propres par le contribuable. Il serait pourtant beaucoup plus efficace d’avoir recours à des promoteurs privés qui créeraient des biens adaptés à la demande.
Les interventions de la mairie de Paris nuisent à l’efficience du marché. Surtout elles représentent un coût considérable pour le contribuable. S’entêter dans cette politique ne pourra que nuire aux Parisiens dans les prochaines années.

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Vos commentaires

  • Le 7 juillet 2020 à 09:54, par orldiabolo En réponse à : Classique...

    Eh bien, rien de nouveau : c'est du socialisme très classique, celui qui a toujours produit le contraire du but affiché...

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