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Brésil : le candidat Bolsonaro a compris qu’après la corruption et l’échec socialiste, c’est l’heure des réformes !
Entretien avec Paul Beaumartin

Les « progressistes » ont été choqués par le score du candidat Jair Bolsonaro aux élections présidentielles qui ont eu lieu aux Brésil. Avec 46 % des voix, il a failli être élu au premier tour ! Immédiatement, on a crié au loup en soutenant qu’il ‘agit d’un candidat d’extrême droite. On en est loin, surtout sur le plan économique car il est un adepte de la libéralisation, des privatisations – y compris de la grande société nationale Petrobras – et de l’ouverture à la concurrence.
Il veut combattre efficacement la corruption mais il n’a jamais dit qu’il allait changer la Constitution qui est très claire concernant les limites de l’intervention des militaires. C’est un libéral-conservateur qui a attiré les votes de toute une population lassée des échecs du socialisme et de la corruption des politiques, comme nous l’explique très bien Paul Beaumartin, investisseur français depuis de longues années au Brésil.

1. Vous êtes un entrepreneur français qui investit depuis des années au Brésil. Avez-vous remarqué des signes précurseurs au vote en faveur de Bolsonaro ? Qui sont ceux qui votent pour lui ?

Comme souvent, les sondages ne prennent en considération que des enquêtes sur le vif mais, depuis plusieurs années maintenant, un phénomène est venu bouleverser la donne : les réseaux sociaux. Dans ce domaine c’est BOLSONARO qui a le plus de suiveurs. Le nombre de ceux-ci s’élève à plus de 8 millions alors que le « très populaire » LULA depuis sa prison n’a atteint que 4 300 000.

Le gros bataillon des électeurs de ce candidat dit populiste est composé de tous ces braves gens qui travaillent et vivent dans des conditions précaires et qui ont été trompés par le Parti des Travailleurs ( que j’ai dénommé le Parti des Tripatouilleurs ) en raison des scandales qui l’ont éclaboussé, en particulier l’affaire PETROBRAS et les commissions occultes au Parlement. Le fils du dictateur équato-guinéen, Théodore OBIANG, a été récemment interpellé à l’aéroport de Brasília avec une fortune en billets de banque, destinés à financer le PT.

Environ 60 000 personnes sont tuées tous les ans au Brésil. Et le coupable n’est retrouvé que dans un cas sur dix !

Le peuple, la classe moyenne, passe des heures dans des transports en commun chaotiques pour aller gagner l’équivalent de 50 euros par mois alors qu’il assiste à la gabegie de la classe politique. De plus, il est la victime innocente des règlements de comptes entre les bandes criminelles qui gangrènent le quotidien. Environ 60 000 personnes sont tuées tous les ans au Brésil. Et le coupable n’est retrouvé que dans un cas sur dix !

Dans ces conditions, comment ne pas être sensible aux arguments de celui qui veut remettre de l’ordre dans la maison ?

2. Echec socialiste, corruption, insécurité... Les Brésiliens ont-ils peur de vivre le cauchemar des Vénézuéliens ?

L’adoption du plan Real en 1992, qui avait vaincu l’hyper-inflation, et les années sous la présidence de Fernando Henrique CARDOSO ( 1994-2002 ) avaient considérablement redressé le pays par des réformes libérales conduites par Pedro MALAN, diplômé de Berkeley.

À son arrivée, LULA a eu l’intelligence de ne pas remettre en cause les fondamentaux et avait suscité un immense espoir auprès des classes laborieuses, dont il est issu. La hausse du cours des matières premières l’avait bien aidé à financer sa politique sociale, mais les ors du pouvoir ont fait leur oeuvre.

Celle qui lui succéda, Dilma ROUSSEF, instaura un régime inspiré des vieilles recettes socialistes : protectionnisme, contrôle des mass medias, laxisme judiciaire, corruption, liens resserrés avec Cuba et le Venezuela. Le maquillage des comptes publics lui a été fatal, la mobilisation de la société civile ayant été déterminante.

Il apparaît nettement que les Brésiliens ne souhaitent pas vivre une situation à la vénézuélienne, sentiment renforcé par les incidents causés dans les zones frontalières en raison des migrants venus de ce pays voisin.

Il est clair que Jaïr BOLSONARO, un ancien militaire, a su ajuster son discours et prospérer sur cette déliquescence. Sans que personne puisse définir ce qu’est un populiste ( LULA ne l’était-il donc pas ? ), il peut être considéré comme tel par ses provocations.

S’il y a du TRUMP chez lui, il n’est pas d’extrême droite contrairement à ce que se plaisent à affirmer les mass medias aux ordres. Le qualificatif de conservateur autoritaire me paraît plus adapté. Sinon, 46% de l’électorat brésilien, soit 40 millions, seraient « fascistes » ?

3. En quoi le programme économique de Bolsonaro est-il libéral ? Va-t-il attirer les entrepreneurs et inciter les entreprises à créer des richesses ?

Vieux routier du Congrès, il s’est plutôt fait remarquer dans le passé par son étatisme mais il a évolué. Parmi les attaques portées contre lui figure celle d’être incompétent en économie mais il le dit lui-même !

Alors, il a pris pour principal conseiller Paulo GUEDES, un économiste reconnu, ancien de Chicago, fondateur de l’Instituto MILLENIUM, un think tank libéral d’inspiration « autrichienne ». C’est lui qui est pressenti pour occuper le poste de ministre de l’Économie, de quoi rassurer les marchés. Parmi les mesures préconisées on trouve privatisations, baisse d’impôts, retraite par capitalisation, entre autres. Ce programme ne peut qu’inciter la création de richesses car le Brésilien est entreprenant.

Même la ménagère qui vend sa petite cuisine au coin de la rue est à elle seule chef d’entreprise, malgré des moyens plus que réduits. Le sens de la débrouille est appelé jeito au Brésil, c’est un mouvement d’équilibriste permanent que pratique l’admirable peuple brésilien, qui ne demande rien de plus que la liberté et la sécurité et Jaïr BOLSONARO l’a bien compris.

Entretien réalisé par NL

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