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Suppression du chômage :
la CGT a la solution

La lutte contre le chômage est une priorité de tous les instants et de tous nos décideurs. Du moins dans les discours… Dans les faits, c’est rarement le cas. Ou alors la lutte prend la forme d’un maquillage des chiffres : des emplois jeunes par-ci, des formations par-là. Heureusement la CGT nous apporte sa contribution. Le syndicat de Montreuil ne fait pas que descendre dans la rue. Il réfléchit aussi, notamment au meilleur moyen de réduire le chômage. Et la solution est la réduction du temps de travail.

Effets des 35 heures sur les créations d’emplois

Holcman, Delalande et Lelièvre[1] estiment que le passage de 40 à 39 heures de travail en 1983 a permis de créer 70 000 emplois. Un chiffre largement plus élevé que celui de Marchand, Rault et Turpin[2] qui est compris entre 14 000 et 28 000.

S’agissant du passage de 39 heures à 35 heures en 1998 et 2000, les estimations sont plus resserrées, du moins chez les promoteurs de la réforme. Martine Aubry elle-même chiffre les créations d’emplois à 400 000, soit moins que l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) qui les estiment à 500 000. L’INSEE, comme la DARES (service statistique du ministère du Travail), parlent de 350 000 emplois créés.

Christian Gianella[3], économiste à l’OCDE, reconnaît que des emplois ont été créés entre 1998 et 2001, mais que le bilan réel des lois Aubry est la destruction d’emplois, à cause du coût du financement des allègements de charges et des effets de l’augmentation du Smic horaire.

La CGT fait fi de ces travaux et adopte le chiffre officiel de l’INSEE de 350 000 emplois créés.

On remarque ainsi que le passage de 39 à 35 heures a permis de créer 87 500 emplois par heure de travail en moins. Un rendement plus important que lorsque le temps de travail a été réduit d’une seule heure en 1983.

La centrale syndicale de Montreuil a donc fait une formidable découverte : plus on réduit le temps de travail, plus l’heure de travail en moins crée d’emplois.

La CGT soutient, par ailleurs que les 35 heures sont mal appliquées. Il existe des heures supplémentaires, des salariés qui sont en forfait-jours annuels et qui dépassent allègrement le plafond, etc. Si les 35 heures étaient vraiment appliquées uniformément partout, sans dérogations d’aucune sorte, on pourrait créer 2 millions d’emplois supplémentaires.

Ainsi le passage réel de 39 à 35 heures permettrait de créer, non plus les 350 000 emplois officiels, mais donc 2 350 000. Cela augmente considérablement le rendement de l’heure de travail en moins qui passe à 587 500.

Forte de tous ces travaux qui font progresser la science économique, la CGT préconise donc le passage aux 32 heures afin de créer 2 millions d’emplois supplémentaires. Comme vous le remarquerez immédiatement, le rendement de l’heure de travail en moins augmente encore pour atteindre 666 667 emplois. La formidable découverte de la CGT est donc vérifiée.

Mais alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

L’utopie de la réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage

Le nombre de demandeurs d’emplois en France est aujourd’hui officiellement de 6 484 200. Les mesures cégétistes, en créant 4 millions d’emplois, réduisent ce nombre à 2 484 200. Faisons donc un effort supplémentaire et réduisons encore de temps de travail de 3h. Avec un temps de travail de 28h par semaine, la question du chômage est définitivement réglée.

Bien évidemment, la situation de plein emploi que connaîtrait alors la France ne manquera pas d’attirer à nous les demandeurs d’emplois des pays voisins. Il y a même à parier que tout ce que l’Europe compte de chômeurs va rejoindre notre eldorado.

Il faut donc continuer de réduire le temps de travail. L’Union européenne compte aujourd’hui près de 22 millions de demandeurs d’emplois. La France n’en ayant plus après l’instauration des 28h de travail, il reste donc environ 15,5 millions de sans travail. En passant à 5 heures de travail hebdomadaire, nous pourrions ainsi résoudre le problème du chômage européen. Et en le réduisant encore de 5 heures, nous pourrions encore créer près de 3,5 millions d’emplois pour d’éventuels réfugiés ou migrants.

Amis lecteurs qui allez peut-être partir bientôt en vacances, vous avez compris la bonne nouvelle. Ne rentrez pas, restez définitivement en villégiature. Vous contribuerez ainsi à supprimer le chômage.

Continuez cependant à vous informer auprès de l’IREF. Nos chercheurs ont, en effet, décidé de continuer à travailler afin de faire des propositions, sérieuses celles-ci, pour une véritable prospérité économique.

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Messages (2)

La solution de la CGT pour faire baisser le chomage

le 12 juillet, 18:36 par liberal

La CGT oublie que les emplois créés de 350 000 sont le solde de 1 Million dans les services publics et une perte nette de 650 000 dans l'économie marchande et en particulier dans l'industrie (1 million)... et nous sommes à 58% du PIB en prélèvements sociaux !!
Mais il y a si longtemps que ces syndicalistes sont payés à ne rien faire qu'ils croîent que cela est possible pour tout le monde !!

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La CGT n'est pa un syndicat !

le 15 juillet, 14:18 par ROLET Bernard

Lors d'une longue carrière de plus de 37 ans dans l'industrie (production thermique d'électricité puis chimie lourde),carrière commencée en 1950,j'y ai vu évoluer la nature des rapports sociaux et le rôle des différents syndicats.

La croissance rapide des groupes industriels qui se reployaient après la deuxième Guerre mondiale et celle de leurs effectifs avaient mis fin aux habitudes des grands patrons sociaux qui favorisaient le dialogue direct avec le personnel en s'appuyant sur la hiérarchie intermédiaire et, plus particulièrement, sur les agents de maîtrise qui jouaient, dans l'industrie, l'un des rôles essentiels que jouent les sous-officiers dans l'armée.

Cette évolution a favorisé la montée en puissance des organisations syndicales, favorisée par la fréquente étroitesse d'esprit des directeurs du personnel, dotés ensuite du titre ronflant de "directeurs des ressources humaines", dont personne ne semble s'être alors aperçu que cette qualification traitait le personnel comme étaient traités les achats de matières premières.

Les DRH se focalisèrent sur les rapports avec les organisations syndicales qui, elles, mirent en place des systèmes juridiques et économiques leur permettant de dialoguer d'égal à égal avec les DRH assistés par les juristes et économistes des entreprises. Ce deux parties furent d'accord pour considérer comme définitivement périmées les méthodes des anciens patrons sociaux, qualifiées de "paternalistes" dans une acception clairement péjorative.

C'était oublier que le paternalisme avait été le meilleurs rempart contre le capitalisme sauvage de la fin du XIXème siècle et du début du XXème, forme du capitalisme née au Royaume Uni où vivait Karl Marx, qui théorisa ensuite le capitalisme sous cette seule forme déviante, en lui déniant toute volonté et toute capacité de s'auto-réformer.

Les réalisations efficaces de ce paternalisme furent nombreuses dans les domaines les plus divers (cf. celles du Chocolat Menier à Noisielle)
et ce furent bien les réalisaions paternalistes des Krupp qui inspirèrent les premières lois sociales du monde à Bismarck, dans un cadre parfaitement compatible avec le développement syndical.

Qu'est-ce donc qu'un syndicat ? Au départ il s'agissait d'organisations de type associatif, clandestines parce qu'illégales, auxquelles adhéraient volontairement des ouvriers pour être collectivement représentés vis à vis de leurs employeurs. Leur seul argument était alors l'organisation clandestine de grèves illégales, donc susceptibles de provoquer des réactions brutales des forces de l'ordre pouvant aller jusqu'à la fusillade.

Peu à peu tout cela s'est organisé. Les syndicats ont été reconnus par l'Etat et dotés d'un statut, et l'exercice de la grève reconnu comme légal à condition de respecter le droit du travail ainsi que la sécurité des personnes et des biens (Ce doit et ses limites ont été intégrés dans notre constitution actuelle).

Plusieurs organisations syndicales réformistes naquirent alors prônant le dialogue et ne recourant à la grève qu'en cas d'échec de ce dialogue.

Mais le Parti Communiste Français (PCF), inféodé à l'Union Soviétique et abondamment financé par elle, réussit à fomenter des scissions et des regroupements aboutissant à la formation de la Confédération Générale du Travail (CGT), tout autant inféodée à l'URSS que le PCF et tout aussi financée par elle.

La CGT cessa immédiatement de représenter les intérêts de ses adhérents pour ne véhiculer que son idéologie anticapitaliste et destructrice du monde industriel, en vue de préparer le "Grand Soir" du mythe marxiste-léniniste le plus orthodoxe.

Bien peu d'hommes politiques le comprirent et la seule opposition sérieuse fut interne : elle se traduisit finalement par une grande scission et la création du syndicat réformiste FO devenu totalement indépendant de Moscou.

Les adhérents de la CGT comprirent à leur tour et abandonnèrent en masse ce soi-disant syndicat qui, sauf dans certains bastions étatiques, malheureusement cogérés avec ce syndicat. Partout ailleurs la CGT cessa d'être représentative, ce qui provoqua une panique chez les DRH et dans les administrations concernées. Pour éviter la perte d'un interlocuteur faussement considéré comme indispensable, les Pouvoirs public ne trouvèrent rien de mieux que de déclarer la CGT représentative par la loi ce qui leur permit de continuer à la subventionner !

La CGT put ainsi survivre à l'effondrement de l'Union Soviétique et au collapsus du PCF. Elle est la seule organisation française s'obstinant à vouloir la destruction du monde industriel et dotée, par l'Etat, des moyens nécessaires à l'exercice de sa nuisance.

Nous assistons en continu à ses pratiques : grèves dites préventives, paralysie de sociétés en difficulté leur rendant impossible de se rétablir dans le cadre d'une procédure de redressement judiciaire et effrayant les repreneurs éventuels avec, comme seule issue possible, la liquidation judiciaire et le licenciement sec de l'intégralité de salariés, grève sauvages accompagnées de brutalités, de constructions de barricades et d'occupation illégale des locaux, voir de séquestration de cadres dirigeants, défilés urbains accompagnés de destruction, qui ne sont pas toutes dues à des casseurs intégrés dans ces défilés mais aussi à des militants CGT eux mêmes, prétention d'organiser une gouvernance par la rue au mépris des structures légales de l'Etat et des collectivités, etc.

Ces dernières, toujours à la recherche d'une concession de plus qui ne calmera rien mais provoquera une nouvelle surenchère, font mine de considérer ces exactions comme de menues plaisanteries.

Les français sont-ils devenus des masochistes impénitents où vont-ils enfin se mobiliser pour mettre fin à ces palinodies ?

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