Institut de Recherches Économiques et Fiscales

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Pour la liberté économique
et la concurrence fiscale


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Des fonctionnaires en moins :
Pour répondre à la question qui tue !

Lors du débat télévisé du 4 avril dernier réunissant les onze candidats à l’élection présidentielle, on est resté sidéré de l’opposition fondamentale et déclarée de plus d’un tiers des candidats non seulement à tout ce qui de près ou de loin pourrait ressembler à une économie de marché, mais et c’est plus grave à toute rationalité économique. En effet aucun d’entre eux n’a craint d’engager le carrosse de l’État dans des mesures toutes plus ruineuses les unes que les autres, sans jamais se soucier d’un financement qui ferait allègrement franchir à nos dépenses publiques la barre jamais atteinte des 60% du PIB.

Naturellement et comme on s’y attendait on a eu droit aux traditionnels couplets sur l’exception française, la nécessité de renforcer encore le service public tout spécialement lorsqu’il est défaillant comme à l’Éducation Nationale ou à la Santé et, pour faire simple, sur l’urgence de recruter quasiment partout quelques dizaines de milliers de fonctionnaires supplémentaires, chacun sachant bien que, mesuré à l’aune de la densité de notre fonction publique, la France est un pays notoirement sous-administré.

Des gisements considérables d’emplois publics

C’est ainsi qu’on assista une nouvelle fois à un assaut en règle contre les deux seuls candidats qui avaient eu l’impudence de proposer une diminution progressive et prudente des effectifs de nos fonctions publiques ( qui visent en réalité plus largement l’ensemble des emplois publics). Avec naturellement de la part de leurs opposants, la question qui tue répétée à l’envi devant des journalistes, qui la colportent complaisamment comme la preuve par neuf de l’impossibilité d’une telle réforme : "combien d’infirmières au chevet de nos malades, combien d’enseignants au sein de nos écoles, combien de policiers dans nos villes, combien de gendarmes dans nos campagnes, voulez-vous supprimer ?". Et on doit avouer que les réponses passablement embarrassées des deux candidats réformistes nous ont laissés sur notre faim et même avouons-le, presque dépités. En effet tous ceux qui suivent d’un peu près la chose publique savent que non seulement et de loin, notre pays est le plus fonctionnarisé du monde occidental, mais encore qu’il offre la redoutable particularité d’être celui où les principales fonctions sont entourées d’une épaisse gangue administrative non opérationnelle qui frappe de stupeur tous les observateurs étrangers :

> c’est ainsi que sur le quelque 1,2 million d’agents que compte le "mammouth", guère plus de 8 à 900 000 enseignent et encore pas tous ( équivalences syndicales) et pas tout le temps, ce qui veut dire que ce ministère détient sans doute le record mondial du taux d’encadrement administratif (entre 25 et 30%), alors que partout ailleurs les systèmes qui fonctionnent bien se contentent de taux inférieurs de moitié ou presque, tout en arborant pourtant des classements Pisa qui relèguent la France loin derrière eux ;

> c’est ainsi également que tout le personnel hospitalier opérationnel se plaint des ukases continus de phalanges administratives surdimensionnées et qui, sans jamais avoir soigné personne, savent parfaitement comment organiser par le menu le quotidien des personnels soignants, éreintés par le cumul des soins qui ne diminuent pas et des tâches administratives qui ne cessent de s’alourdir au-delà du raisonnable. Mais il est vrai que c’est entre autres à ces administrations, qu’on doit la désertification médicale du pays, avec le "succès" phénoménal de nos urgences qui craquent de toute part, tout comme ces médicaments qui font des milliers de victimes avant que ne débute la moindre alerte ;

> c’est ainsi aussi que si le nombre des exploitations agricoles a en moins de 15 ans été divisé plus que par deux (actuellement il n’en reste plus que 450 000 et pour combien de temps ?), les effectifs du Ministère de l’Agriculture ne connaissent pas la crise et il y a toujours quasiment autant -sinon plus- de fonctionnaires et autres agents (40 000) pour plomber la marche de nos exploitations agricoles en rajoutant sans cesse des normes insensées au corpus déjà exigeant des textes européens.

> ce sont ainsi enfin les forces de l’ordre qui, sans exception, se plaignent également de tâches administratives largement inutiles, de contraintes procédurales excessives et de gardes statiques sans intérêt, dont on alourdit inutilement leur quotidien en réduisant sans cesse les heures consacrées à l’exercice de leur cœur de métier.

Donc et sans qu’il soit plus besoin de multiplier à l’infini les exemples et quoi qu’en disent ceux pour qui la richesse et la puissance d’un État se mesure au nombre de ses fonctionnaires, il existe aujourd’hui :

> sans supprimer la moindre infirmière,

> sans supprimer le moindre enseignant,

> sans supprimer le moindre policier ou le moindre gendarme,

> sans mettre aucunement en péril l’alimentation des Français,

des gisements considérables d’emplois publics – plusieurs centaines de milliers sans aucun doute et le chiffre du candidat Fillon ne semble nullement insensé - dont une saine révision des politiques publiques ciblée sur le nécessaire repli sur le régalien permettrait sans mal (et même probablement avec un mieux sensible) pour le pays de faire très rapidement l’économie. D’ailleurs, avec les records d’absentéisme relevés ici ou là (avec de nombreuses pointes supérieures à 10%, notamment pour les fonctions publiques territoriale et hospitalière), il n’est nullement impossible que le secteur public tourne déjà effectivement aujourd’hui avec plusieurs centaines de milliers d’agents en moins. Nous sommes absolument stupéfaits que ces éléments connus de tous ceux qui s’intéressent d’un peu près à la chose publique demeurent très curieusement absents du débat public, comme s’il s’agissait de données sans intérêt et parfaitement subsidiaires.

Que veut-on à propos de la fonction publique ?

Car enfin à suivre tous ces procureurs, que veut-on exactement ? Un pays dont toute l’économie productive serait dévoyée à nourrir un emploi public frappé d’obésité et qui ne songe maladivement qu’à accroître sa puissance en même temps que ses effectifs, avec une dérive parasitaire qui inquiète tout véritable démocrate ? Naturellement, il est grand temps que la France recouvre ses esprits et qu’elle perçoive que les voies qui mènent sans résultat à toujours plus d’agents publics sont toujours, l’Histoire l’a suffisamment démontré, les voies de l’échec. Par contre, s’impose urgemment une réflexion commune et sans préjugé sur le nécessaire redéploiement d’une fonction publique qui gagnerait à une réforme en profondeur entreprise sans hargne, ni faiblesse, un travail plus intéressant, une rémunération plus élevée et aussi – c’est important - un regain très net de considération dans l’opinion de tous ceux qui la financent.

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Messages (1)

Le bon sens

le 3 mai, 08:12 par Astérix

500 000 fonctionnaires sous de Gaulle plus de 7 millions à ce jour !
sans compter toutes les associations subventionnées.
Afin d' assurer les salaires et charges des fonctionnaires, l'état prélève sur le privé 75 % contre 25 % sous de Gaulle !
résultat, le privé est étranglé alors que c'est ce secteur qui permet de faire vivre les fonctionnaires ! cherchez l'erreur !
Bienvenue en France, le Pays le plus bête du monde qui se demande pourquoi nous avons le taux de chômage le plus élevé ?!

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