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Une campagne sans débat est-elle encore une campagne ?

par François Turenne

Le tout nouveau candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron a déclaré, lundi 7 mars, en déplacement à Poissy, qu’il ne débattrait pas avant le premier tour. Ce n’était pas vraiment une surprise car ses proches l’avaient laissé entendre depuis plusieurs semaines. La guerre en Ukraine est l’argument principal de cette dérobade puisque le candidat-président « ne peut pas discuter avec Poutine le matin et débattre avec Poutou le soir » selon les dires d’un de ses soutiens. S’il est vrai qu’Emmanuel Macron doit continuer à assumer les responsabilités qui sont les siennes au sommet de l’État, le débat démocratique doit-il pour autant être occulté ?

Après un quinquennat marqué par les crises (Gilets jaunes, grèves contre la réforme des retraites, pandémie du covid 19 et enfin guerre en Ukraine), les Français ont besoin d’un débat démocratique. Surtout les candidats à la présidentielle doivent pouvoir s’exprimer et débattre avec le chef de l’Etat. Alors que les sondages le donnent largement en tête au premier tour et gagnant au second tour, Emmanuel Macron considère sans doute qu’il n’a aucun intérêt à se confronter aux autres candidats et risquer de perdre des électeurs. A moins qu’il ne craigne d’être critiqué sur son bilan, ou que son programme ne soit pas prêt (à Poissy, il n’a pas été moins flou que dans sa « Lettre aux Français »).

Les émissions télévisuelles déjà programmées ne prévoient pas la présence du candidat Macron. Lors des élections précédentes, le président sortant ou ses principaux soutiens avaient débattu avec les autres candidats. Plusieurs débats seront néanmoins organisés, dont le prochain entre Pécresse et Zemmour ce jeudi 10 mars. Mais, il n’y aura pas de débat avec l’ensemble des candidats comme en 2017, l’expérience confuse et peu adéquate ayant refroidi les chaînes.

Emmanuel Macron aurait tort de se soustraire aux débats d’avant le premier tour qui, malgré tous leurs défauts, permettent aux électeurs de conforter leur avis ou d’en changer. Une telle attitude, qui laisse croire que le premier tour est déjà joué, pourrait accroître encore l’abstention. A moins que les électeurs, se sentant méprisés, ne se mobilisent au contraire pour sanctionner le président sortant.

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4 commentaires

Daniel 1945 10 mars 2022 - 7:18

Une seule réponse à ce simulacre d’élection : abstention. Ne soyons pas complices.

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Maellys93 10 mars 2022 - 11:27

En toute logique, s’abstenir ou voter blanc c’est en définitive voter pour celui qui est élu.

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LAURENT46 10 mars 2022 - 7:36

Contrairement à Zemmour qui veut privatiser l’audiovisuel public Macron veut supprimer la redevance TV payée par seulement 2,5 millions de personnes pour la remplacer par un prélèvement qui va toucher tout le monde. Trouvez l’erreur ..et l’escroquerie.

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Obeguyx 10 mars 2022 - 10:33

Tous les dés sont pipés avec un peuple totalement émasculé. Si vous voulez que ça change : il faut voter ! Vote sanction s’il le faut, mais voter. Ceux qui prônent l’abstention ne font que conforter les politiciens en place qui prouvent depuis des décennies qu’il n’ont rien à faire du peuple. Le choix : c’est voter en masse (même pour POUTOU) ou ça finira en guerre civile. Vous imaginez un 2ème tour POUTOU – LE PEN. Là, vous pouvez être sûr qu’il y aura du changement. Il est sûr que certains vont serrer les fesses, mais pour mon compte personnel, je ne risque plus grand chose. Quand bien il y aurait 50 % d’abstentions (plus 10 % de non inscrits) un président serait élu, et il aurait toute sa légitimité. Alors ne pas allé voter c’est donner sa voix au futur élu, tout simplement.

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