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Si Macron ment aux Français, Piketty leur raconte des bobards

par Nicolas Lecaussin

Dans une interview accordée au Journal du Dimanche et intitulée « Macron ment aux Français », Thomas Piketty revient sur son soutien au programme économique de la Nupes, s’en prend aux riches (se pouvait-il qu’il en soit autrement ?), accuse le président Macron d’être à l’origine de tous les maux économiques qui accablent la France. A l’IREF, nous avons régulièrement critiqué Macron tout en évitant néanmoins de lui mettre sur le dos tous les problèmes français, de la crise du Covid  à l’inflation même s’il y a sa part de responsabilité… Piketty demande encore une hausse des impôts et affirme : « S’il suffisait de baisser les impôts pour devenir un pays prospère, les plus riches seraient la Bulgarie et la Roumanie, qui ont un taux d’imposition parmi les plus faibles en Europe ». Constat bizarre et inexact. M. Piketty le sait sûrement : les deux pays de l’Est se sont libérés du communisme après presque 45 ans et ont dû tout recommencer à zéro. Leur économie n’existait pratiquement pas en 1990. Aujourd’hui, avec, effectivement des taux d’imposition bas – une flat tax à 16 % en Roumanie et à 10 % en Bulgarie – ces pays se sont énormément enrichis : leur PIB/habitant a été multiplié par huit depuis 1990. Mais un autre exemple devrait inciter Thomas Piketty à un peu plus de réflexion. Il s’agit de l’Irlande, qui a été l’un des pays les plus pauvres d’Europe. Depuis les années 1960, son PIB/hab a été multiplié par…122. C’est aujourd’hui l’un des pays les plus riches d’Europe. L’une des raisons est qu’il a pratiqué l’un des taux d’imposition sur les sociétés le plus bas au monde : 12.5 %.

Enfin, on peut aussi rétorquer à M. Piketty : « S’il suffisait d’augmenter les impôts pour devenir un pays riche, la France, championne du monde des prélèvements obligatoires, serait, depuis bien longtemps, le paradis sur Terre ». Et Piketty n’aurait pas besoin de faire du militantisme auprès de Jean-Luc Mélenchon.

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9 commentaires

Maccandide 13 juin 2022 - 7:25

« Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi ? »
N’accordez-vous pas une importance démesurée (au sens littéral du terme) à cet autre… foutriquet ? Engoncé dans ses manipulations de données et ses contre-vérités, la charité ne commande-t-elle pas de le laisser tranquille, pour ne pas dire l’ignorer ?!

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Obeguyx 13 juin 2022 - 7:35

Bravo Nicolas, bien envoyé. Je ne vois pas où le sieur Piketti est un économiste. Il écrit des livres à la sauce soviets qui se vendent assez bien j’en conviens, mais au niveau « éco » c’est très largement creux (c’est peut-être pour ça que ça se vend bien). En France, plus c’est nul, plus les gens aiment (si seulement on pouvait se défaire de cette culture là !).

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Moulin 13 juin 2022 - 7:36

Court et percutant billet! Merci!

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Gilles Vedun 13 juin 2022 - 12:58

Le jour où ils sauront la vérité, vous savez comment ça finira !

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AlainD 13 juin 2022 - 2:10

C’est avec des économistes comme celui-là que Mélenchon a monté son plan, pas étonnant qu’il soit si mauvais.

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JR 13 juin 2022 - 2:54

Bonjour, excellent, rien à ajouter, si ce n’est que les 80 km/h, les malus à 50 000 € et l’inaction énergétique ralentissent notre économie. Et ça , c’est bien la faute à Macron et à ses complices. Merci. Bien à vous

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montesquieu 13 juin 2022 - 3:32

Piketty? Un malade de l’impôt prétentieux et ignare, une honte pour les économistes et la France.

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JR 14 juin 2022 - 5:33

Bonjour, tout parasite se nourrit d’un système sain ! La rupture actuelle est que les systèmes parasitaires sont devenus plus nombreux et plus gros que le système nourricier. Ils engloutissent la richesse avant même qu’elle ne soit créée, escrologie et essescrologie en tête. Merci. Bien à vous

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Guittat 20 juin 2022 - 4:35

Un des problème, sinon Le Problème selon moi, est que les centristes de gauche comme du centre ou de droite n’évoquent ni le pouvoir d’achat, ni le besoin de plus de libertés, ni la solidarité et encore moins la sécurité comme si c’étaient des gros mots ou que c’était secondaire. Or c’est le quotidien et les préoccupations d’une majorité de Français. Mais en lieu et place, comme l’a fait Bruno Lemaire, ministre de l’Économie et envoyé spécial du Gouvernement venu commenter les élections législatives, on est totalement “hors-sol” en parlant d’Europe, de guerre en Ukraine, de véhicules électriques, etc. Ministre de l’économie… pas des affaires étrangères ou de l’écologie ! Macron fait de même : les mots solidarité et sécurité ne font volontairement pas partie de son vocabulaire et l’on s’étonne alors que les votes extrêmes ne cessent de progresser chez ces gens qui n’on pas une réelle connaissance des extrêmes droite et gauche ou s’en fichent au point de vouloir parfois essayer !

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