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Liberté de la presse : Reporters sans frontières oublie l’indépendance financière

par Adélaïde Motte

L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a publié son rapport annuel sur la liberté de la presse. La France s’y classe 26e, et le rapport déplore une hostilité grandissante à l’encontre des journalistes “faussement assimilés aux autorités”. Il est vrai que les représentants de la presse sont de moins en moins appréciés. Ils évitent même, lorsqu’ils couvrent une manifestation, de donner leur nom, de peur d’être pris pour cible.

La violence à l’encontre des journalistes ne saurait être justifiée, mais si bien des Français les considèrent comme très proches du pouvoir, ce n’est pas forcément étonnant.

Le projet de loi de finances 2022 établissait les crédits du programme “Presse et médias” à plus de 350 millions d’euros, répartis entre l’AFP, les compagnies de radio et de télévision, les médias de proximité, et surtout les aides à la presse, qui captent la moitié de l’ensemble. En France, la presse nationale reçoit chaque année 18 millions d’euros d’aides pour la distribution. Le Figaro reçoit plus de 3,5 millions d’euros, Le Monde 3 millions, Libération presque 1,5 million et L’Humanité 270 000 euros. Il faut y ajouter les aides venant du fonds stratégique pour le développement de la presse, qui alourdit la facture de plus de 10 millions d’euros, et les aides aux titres nationaux à faibles ressources publicitaires. Ce dernier poste arrose de presque 12 millions d’euros des titres comme L’Humanité et Libération (3 millions), Courrier International, Le Monde diplomatique ou Alternatives économiques (entre 150 et 250 000 €). Une dépendance financière qui ne peut que difficilement garantir le pluralisme d’opinion, et qui se retrouve dans les médias audiovisuels publics, qui constituent une large part de l’offre.

Abreuvés de ce qu’ils considèrent comme l’argent de l’Etat et qui n’est que l’argent des contribuables, les journalistes peinent à se détacher d’une ligne éditoriale favorable à la main qui les nourrit, et évitent certaines affaires trop gênantes pour le pouvoir. La meilleure solution pour améliorer le traitement des journalistes, et donc la liberté de la presse telle que l’entend RSF, serait peut-être de privatiser les médias encore publics et d’arrêter de subventionner les autres.

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4 commentaires

BERNARD Serge 4 mai 2022 - 2:16

Bravo, c’est très juste, car il n’y a aucune raison de subventionner ces torchons politiques.
Si ils n’ont pas de lecteurs ou d’auditeurs qu’ils crêvent! Il n’y a aucune raison d’entretenir leurs délires politico-philosophiques. Un commerce, une industrie qui n’a pas de clients, ferme ses portes.
Pourquoi en est-il autrement pour la presse? Serge Bernard

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CLEMENT 4 mai 2022 - 3:40

Le soutien financier devrait être orienté vers les médias internet qui se lancent pour leur permettre de trouver leur équilibre financier et de voler de leurs propres ailes !

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JR 4 mai 2022 - 5:52

Bonjour, ces subventions payées indument par le contribuable sont scandaleuses. Avez-vous déjà lu, l’existence de la proximité entre le « cheval de troie » vert (vert dehors, rouge à l’intérieur) et Gazprom ? https://climatetverite.net/2022/03/04/on-a-retrouve-des-financements-dongs-par-gazprom/ . Plusieurs fois j’ai interpelé France info, sans réponse, leur position est insupportable et néfaste à l’information. Merci. Bien à vous

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Obeguyx 5 mai 2022 - 9:18

Le monde politique est un monde qui n’a pas de clients, mais il les achètent en distribuant l’argent du contribuable. Tout ça doit cesser. C’est de la pure gestion monarchique de droit divin (tout comme la justice).

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