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Réindustrialiser la France ? Laissons faire les entrepreneurs, pas les politiques !

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Ils veulent tous une France industrielle. Ils ne parlent que de souveraineté et de réindustrialisation. Aujourd’hui, ils sont tous gaullistes et se prennent pour les Sauveurs de l’économie. Ils, ce sont les politiques français, de gauche comme de droite. Et s’ils arrêtaient de « sauver », de vouloir réindustrialiser la France eux-mêmes alors qu’ils n’en ont pas les capacités, s’ils faisaient confiance aux entrepreneurs et aux libertés économiques ?

Le trou de mémoire des politiques français

Lorsque la pandémie du covid a commencé en France, au printemps 2020, l’Etat a décidé de s’occuper de la distribution de masques, de gels et de tests. L’échec a été total.  La pénurie s’est prolongée alors que, pour les aliments et les produits de première nécessité, elle a très vite été comblée par le secteur privé et le marché qui, eux, ont réagi rapidement et correctement. Mais les politiques n’en ont tiré aucune leçon. Plus tard, autre échec et nouvelle preuve de l’impuissance interventionniste : la France n’a pas été capable de produire un vaccin. Et le constat se répète : « ils » n’ont toujours pas compris. L’Etat continue à déverser des milliards pour « soutenir » l’industrie. Il les brandit, il s’en glorifie et se vante même… d’avoir réussi. Selon les dernières données gouvernementales, en 2021, l’industrie tricolore aurait enchaîné les succès. Ce serait une « année record », avec un solde positif de 120 usines nouvelles (176 créations et 56 fermetures).

L’an dernier les relocalisations d’entreprises, c’est-à-dire les rapatriements de production dont les entreprises françaises se chargeaient elles-mêmes ou sous-traitaient à l’étranger, ont « fortement augmenté » passant de 30 en 2020, à 87 en 2021, soit une progression de 290%. Avec 32.155 emplois nets créés en 2021, la production industrielle fait presque aussi bien que le numérique (33.535 emplois nets créés). Dans l’industrie, le premier secteur créateur d’emplois l’an dernier a été celui du cuir et de la chaussure. Mais quelque 5.513 emplois nets ont aussi été créés par des grands groupes comme LVMH et les aides massives y sont aussi pour beaucoup. Faut-il se vanter quand un emploi créé ou sauvé coûte une fortune aux contribuables ? Il faut se rappeler le « sauvetage » de l’usine Ascoval où les subventions massives ont fait qu’un emploi sauvé a coûté 350.000 euros d’argent public, alors même d’ailleurs que ces emplois ne semblent pas encore définitivement sauvés !  

 L’Etat est responsable de la désindustrialisation

Même si l’on constate un embellissement temporaire, la France n’en figure pas moins parmi les pays qui sont le plus désindustrialisés. Selon l’Insee, avant le covid, seuls 13,3 % des actifs travaillaient dans l’industrie.

Par ailleurs, selon l’OCDE, la contribution de ce secteur (y compris l’énergie) à la valeur ajoutée dans le PIB représentait 24% en Allemagne, 21% en Suisse, 19% dans la zone euro et seulement 13% en France. Hors énergie, le chiffre est proche de 10%. Les causes de cette désindustrialisation sont multiples.

  1. Le poids très excessif des prélèvements auxquels sont assujetties les entreprises, notamment au travers des impôts de production, sept fois plus importants en France (4,9 % du PIB en 2019) qu’en Allemagne (0,7 % selon Eurostat).
  2. L’insuffisance des capitaux mis à disposition de l’industrie française. C’est peut-être une des causes principales de ses difficultés à grandir. Les investissements en capital-risque se sont élevés à 156 Md$ en 2020 aux Etats-Unis ; à 12,5 Mds$ au Royaume-Uni. En France les startups ont levé la même année… 5,4 Md€ (soit environ 6,5 Md$).
  3. Le poids des normes et des réglementations. Même la majorité au pouvoir le reconnaît. Le député Guillaume Kasbarian, spécialiste des questions industrielles, avait, fin 2019, rendu un rapportéclairant sur le sujet. Il mettait en lumière plusieurs obstacles pour les industriels » : l’insécurité juridique ; l’opacité des procédures ; la complexité des démarches  ; le manque de prévisibilité en matière de délais  ; des exigences environnementales qui entraînent des complications sans fin. M. Kasbarian peut s’en prendre à ses collègues qui ont rajouté une loi qui étouffe encore plus les industriels : la loi Climat et Résilience de 2021. Un texte de 126 pages rempli de normes et de contraintes réglementaires. Aujourd’hui, le délai d’accès au foncier pour un entrepreneurpeut atteindre 18 mois, en comptant les expertises écologiques, études d’impact, fouilles archéologiques ou simplement la lenteur administrative.

Rappelons à ce propos l’essentiel de ce que détaillait notre collaborateur Aymeric Belaud dans un court article du 24 avril : le code Légifrance a enflé de 93,8% en vingt ans, gros maintenant de 44,1 millions de mots. Une augmentation qui suit le temps : + 93,8 % depuis 2002 ! Ce nombre de « mots » a augmenté de 5,7 millions sous Emmanuel Macron, soit plus que sous François Hollande (+ 5,4 millions) ou que sous Nicolas Sarkozy (+ 5,5 millions).

Que faire ? En finir avec le modèle social français

On peut aussi considérer que la France n’a pas besoin de plus d’industrie mais tout simplement de sociétés qui créent des emplois. Une étude comparative de l’IREF a montré qu’il n’y avait pas de corrélation entre emploi dans les secteurs industriels et manufacturiers, et chômage. La plupart des pays développés ont vu ce type d’emploi diminuer sans pour autant connaître une recrudescence du chômage. Ainsi, alors qu’en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, le nombre d’emplois industriels a largement diminué, le chômage n’a pas connu d’évolution identique dans chacun de ces pays. Nos voisins ont créé les conditions nécessaires pour que les entreprises créent massivement de nouveaux emplois. Il faudrait que la France, elle aussi, donne de l’air aux entrepreneurs. Les pistes sont pour la plupart connues.

  1. Supprimer des normes et des réglementations contraignantes et inutiles.
  2. Baisser la fiscalité qui pèse sur les entreprises afin que le fardeau fiscal soit, au moins, au même niveau que celui de l’Allemagne.
  3. Donner de la souplesse à notre Etat, ce qui le rendrait plus efficace. Il faut mettre fin au modèle social français, un ennemi de notre économie.  Tout comme les charges fiscales, les charges sociales sont très excessives – rappelons, encore une fois, que nous décrochons la timbale mondiale en matière de redistribution et de dépenses publiques.  Excessives au point d’entraver les forces vives de la France. L’Etat prétend maintenant sauver le pays de la désindustrialisation, mais c’est lui-même qui l’a provoquée. La part du secteur industriel dans le PIB était encore de 24 % en 1980. Elle est tombée à 10% en 2019, moitié moins qu’en Allemagne.
  4. Mettre un terme à cette folie des fonds publics. Ni la BPI (Banque publique d’investissement), ni la Caisse des dépôts ne savent mieux que les entrepreneurs ce qu’il faut faire et comment utiliser l’argent. C’est avec stupéfaction que l’on découvre, sur le site du ministère de l’Ecologie, le nouveau Label Greenfin qui « garantit la qualité verte des fonds d’investissement et s’adresse aux acteurs financiers qui agissent au service du bien commun grâce à des pratiques transparentes et durables. Le label a la particularité d’exclure les fonds qui investissent dans des entreprises opérant dans le secteur nucléaire et les énergies fossiles. » Donc, pas d’investissements, pas d’argent pour le nucléaire considéré comme un pestiféré, alors que c’est une source d’énergie vitale, aujourd’hui plus que jamais ! Drôle de façon de concevoir la souveraineté et la réindustrialisation du pays.  En vérité, ce dont nous avons besoin, ce sont de fonds de pension privés. Or en 2019 leurs actifs ne totalisaient que 20 Mds d’euros environ, soit 0.8 % du PIB, contre… 191 % du PIB aux Pays Bas, 141 % en Suisse,  123 % au Royaume-Uni, 89 % au Canada ! De quoi investir dans les entreprises nationales.
  5. Laisser agir la concurrence et le libre-échange. Les marchés stimulent la créativité, dopent la production et l’entrepreneur en a besoin pour réussir.

La réindustrialisation ne se décrète pas dans les bureaux, dans des réunions de technocrates, ne surgit pas des bonnes intentions de gens qui n’ont jamais mouillé leur chemise. Du moins, pas seulement. L’ingrédient essentiel, sans lequel rien n’est possible, c’est la liberté. La liberté des entrepreneurs, la liberté d’entreprendre.

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10 commentaires

JR 3 mai 2022 - 9:32

Bonjour, ce sont des menteurs professionnels, pour réindustrialiser la France, outre les mesures que vous préconisez, il est indispensable d’accéder à une énergie abondante et bon marché. Energie que l’UE désire chère et rare afin de ralentir l’économie, voire assurer une décroissance chère à Klaus Schwab. Et ce, toujours au nom de la chasse ruineuse et inutile au C02 présent à 0,04 %. Merci. Bien à vous

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VIGNELLO Daniel 4 mai 2022 - 5:39

C’est l’Etat qui tue la France ! La solution existe : supprimer le statut public sauf pour l’Armée.
Les politiques n’ont pas de trous mais savent le creuser car ins ne veulent pas scier la branche qui les porte. Ce sont les citoyens qui ont un trou, au lieu de réagir ils refusent de voter et ainsi les incapables et intouchables sont reconduits. Que représentent-ils ? Comme les syndicats : des dépenses et une représentation illusoire. Qui va sortir les marchands du Temple ?

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JR 7 mai 2022 - 8:30

Bonjour, certes, et surtout réintroduire l’ancienne rédaction de article 68, modifié en 2017, la nouvelle variante supprime la référence explicite à la haute trahison et intelligence avec une puissance étrangère « bizarre, vous avez dit bizarre »… Sans cela, il y en a qui aurait du souci à se faire, n’est-ce pas ! Jamais un gouvernement n’aura été aussi soupçonnable dans ce domaine. L’idéologie vert-de-gris fait partie intégrante de cette haute trahison au profit des puissances étrangères . La néo-religion climatique, aussi dénommée « le casse du siècle » ou le « Greta Recette » chère à Klaus Schwab est aussi dévastatrice que les deux fléau du siècle dernier, le communisme et le nazisme. Quoique le communisme revient en force avec Mélenchon en France et U.V.D. Leyen à l’UE. Le déclin est en MélenchoMarche, les Français sont déclassés, les dissidents seront privés de réseaux publiques (dits sociaux). Bien à vous

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Masson 4 mai 2022 - 7:39

Excellente recension des carences et fautes de l’Etat contribuant à la désindustrialisation de la France mais il y manque deux éléments essentiels : la surévaluation de l’euro qui pèse sur la compétitivité des produits made in France au même titre et sans doute bien davantage encore que la lourdeur des impôts de production et la faiblesse de l’enseignement technique de Bac- 2 à Bac +2, responsable d’une orientation insuffisante de la jeunesse vers les métiers de l’industrie.

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REMI 4 mai 2022 - 8:48

Un pays démocratique libéral, doit offrir aux entrepreneurs, (ceux qui « OSENT », ceux qui s’impliquent dans leurs projets à partir de leurs connaissances financières, techniques, culturelles, géo-économiques avec leurs approches et cultures managériales…) … un territoire d’appartenance et son espace pour créer et apporter de la valeur ajoutée…

Cette approche, ne peut s’appliquer lorsque le pays est ‘’mur’’ au libéralisme, mais la France s’inscrit dans l’assistanat, prisonnier de structures syndicales et administratives fermées, qu’il faut financer par l’impôt… Ce qui ramène le système à une forme se « socialisme fermé », qui encadre les entrepreneurs qui manquent d’air… Ils vont le chercher ailleurs, tout simplement…

Les intentions sont une chose que maitrise la France, leurs applications dans les faits, paraissent être encore un vœu pieux…

La France est « politique », mais pas « économique » aujourd’hui….
C’est aussi simple que cela…

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Astérix 4 mai 2022 - 12:44

Laissons faire les entrepreneurs mais ces pauvres entrepreneurs sont bridés, écrasés par les normes, règlementations et taxes en tout genre édictées par un état technocrate incompétent !
Ils sont donc condamnés tant que les Français ne comprendront pas qu’il faut à la France un véritable régime libéral SANS ETAT.
C’est peine perdue car le Français est inculte en économie. Il préfère les régimes socialo communistes qui mènent à la faillite.

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Picot 4 mai 2022 - 2:15

L’Etatisme dans toute sa splendeur : seule compte en France l’action du secteur public, entendons fonctionnaires, hauts fonctionnaires et politiques. L’entrepreneur, détesté par tout homme de gauche bien né, est un homme à abattre dans ce pays. Ce que vous dites est de bon sens Mr Lecaussin, mais il faudrait aussi sortir de l’UE et se débarrasser de Macron et consorts dont le seul but, cela crève les yeux, est de détruire la France et les Français.

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Jacques Peter 4 mai 2022 - 3:41

Que l’Etat se limite à son rôle de garant de la sécurité intérieure et extérieure et le marché pourra se développer et produire la prospérité.

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Obeguyx 5 mai 2022 - 9:49

Bravo Nicolas. Rien à redire. Je fus pendant 42 ans de ces entrepreneurs qui croyaient qu’il était possible de redresser la barre et d’empêcher la dégringolade. DCF pendant près de 30 ans, nous sommes intervenus à tous les niveaux de la société et quel que soit le bord politique (parmi les ministres rencontrés, seuls 2 ont prêté l’oreille : Raffarin et contre toute attente, déjà à l’époque, Mélenchon) : rien n’y a fait. Pour que la France puisse renaître, il faut qu’elle tombe en « cendres ».

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Nicolas Lecaussin 5 mai 2022 - 9:51

Merci à vous !

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