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Les agriculteurs transmettent de moins en moins l’exploitation à leurs enfants

par Benoît Chrétien
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L’image de la ferme familiale est progressivement en train de devenir obsolète en France. Il faut croire que la vocation agricole peine à se transmettre de parents aux enfants, car les reprises d’exploitation se font de plus en plus en dehors des familles.

En France, 40% des agriculteurs ont plus de 55 ans et partiront à la retraite d’ici 2030. Cette perspective pose donc la question de la poursuite des activités. Les statistiques estiment que seulement 1 agriculteur sur 5 ayant plus de 55 ans s’apprête à céder son exploitation à un membre de sa famille dans les trois ans. Ces sondages menés par le ministère de l’Agriculture s’inscrivent dans un panorama assez sombre d’une profession en perte d’attractivité.

Alors que les 35 heures semblent désormais s’inscrire dans le patrimoine génétique de chaque travailleur français et que nous sommes plus que jamais dans l’ère du divertissement, beaucoup estiment que c’est en raison de la charge de travail que les agriculteurs ne parviennent pas à trouver de repreneurs au sein de leur famille. Si cette analyse est juste, il est important de souligner un problème que l’IREF pointe du doigt depuis longtemps : le joug administratif qui pèse sur les agriculteurs.

Le mille-feuille administratif n’a jamais aussi bien porté son nom dans le secteur agricole. Les organismes publics et parapublics sont innombrables et regorgent de fonctionnaires (16 000 au total contre 900 en Allemagne). Les subventions pleuvent sur les exploitations alors que des torrents de contrôles, de normes et de règlementations s’abattent en même temps sur elles. Les agriculteurs consacrent en moyenne 9 heures de leurs 57 heures de travail hebdomadaires à traiter des formalités administratives.

La stratégie réglementaire punitive menée contre les agriculteurs accompagne une logique d’assistanat censée les aider. Mais est-il envisageable que le métier d’agriculteur puisse être attractif sans davantage de libertés et moins de contraintes ?

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Obeguyx 12 juillet 2022 - 9:49

Je vous rassure, il n’y a plus que dans la fonction publique que le « job » est transmis aux enfants, avec des passerelles tous azimuts. Dans le privé, il y a longtemps que c’est fini dans la grande majorité. Mes enfants n’ont pas voulu reprendre mon entreprise, l’une est, devinez, dans la fonction publique territoriale, l’autre est partie travailler à l’étranger où elle touche un salaire net multiplié par 2 (mini, car il y a les primes, les heures supp. en plus) pour le même boulot qu’en France. Par contre, ça ne rigole pas : il faut « bosser » et faire preuve d’assiduité. C’est sûr que les congés maladies sont mal vus, surtout lorsqu’ils sont répétitifs. Ce pays, que je ne citerai pas, fait partie des 5 premiers pays leaders de l’UE. J’ai un ami cher qui a 2 filles, toutes 2 sont expatriées en Suisse : même constat.
Alors cherchez l’erreur…

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