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La démocratie peut-elle survivre à un gauchiste avide de pouvoir ?

par Nicolas Lecaussin

C’est la question que se pose Mary Anastasia O’Grady, éditorialiste au quotidien The Wall Street Journal et spécialiste de l’Amérique latine. Elle analyse les élections qui viennent d’avoir lieu en Colombie où l’ancien révolutionnaire du M-19, Gustavo Petro, 62 ans, a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle avec 50,5% des voix. Son adversaire, l’homme d’affaires Rodolfo Hernández, a obtenu 47,3%. Le résultat est très serré et n’incite pas vraiment à un changement radical dans le pays. Mais le président élu est un populiste d’extrême gauche. Il a promis d’augmenter les impôts sur les entreprises, d’imposer de nouveaux droits d’importation, de mettre fin aux permis d’exploration pétrolière et de nationaliser de nombreuses entreprises. Selon lui, l’État, et non le marché, devrait diriger l’économie. La banque centrale colombienne est censée être indépendante, mais on s’attend à ce que M. Petro fasse pression sur elle pour qu’elle imprime des pesos imprudemment, à la manière de l’Argentine. Le capital a déjà commencé à fuir le pays.

M. Petro est craint par de nombreux Colombiens parce qu’il était membre du M-19 – un groupe de guérilla financé par Pablo Escobar – dans les années 1970 et 1980. Il a été un proche conseiller d’Hugo Chavez au début des années 2000, alors que le dictateur vénézuélien consolidait son pouvoir. Cela n’a pas pour autant permis à M. Hernández de gagner parce que, selon l’analyste du WSJ, ce dernier a été un challenger faible. Il a promis de vaincre la corruption mais, néophyte en politique nationale, il a souffert de la lassitude populaire envers le centre-droit, qui a échoué à plusieurs reprises lorsqu’il était au gouvernement pour stimuler la compétitivité et contribuer à une croissance rapide. Son score relativement fort s’explique donc plus par la crainte d’une présidence Petro que par l’adhésion à ses idées.

La Colombie est théoriquement une démocratie. M. Petro, reconnu coupable, en 1985, par un tribunal militaire, pour possession illégale d’armes, n’aurait pas dû, constitutionnellement, être candidat. Ses avocats ont pourtant réussi à faire en sorte qu’un tribunal résolve ce « problème »… Ce qui n’augure rien de bon pour la Colombie.

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Obeguyx 22 juin 2022 - 6:55

Dès que vous voyez un homme de gauche dans les dédales d’un quelconque pouvoir, c’est la démocratie qui se délite. Et oui, la Colombie peut avoir peur. merci Nicolas de le rappeler.

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