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Le gaz et le nucléaire éjectés de la taxonomie verte par le Parlement européen

par François Turenne

L’insertion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie verte européenne n’est décidément pas un long fleuve tranquille. En décembre dernier, à la dernière minute, la Commission européenne avait inclus le gaz et le nucléaire dans la taxonomie, les qualifiant d’énergie de transition. Néanmoins, les Allemands, soutenus par les Autrichiens, ont fait part de leur vive opposition à cette décision qualifiée d’acte délégué. Au Parlement, les commissions environnement et économie, compétentes sur le sujet, devaient décider soit de suivre la position de la Commission rejointe par la France soit de suivre la position allemande.

Coup de tonnerre, le 14 juin, les eurodéputés des deux commissions ont adopté à cet acte délégué de la Commission une motion d’objection à une courte majorité de 76 pour et 64 contre. Pour les Français qui ont bataillé férocement pour l’inclusion du nucléaire, le coup est dur. Les députés de la France insoumise Manon Aubry et Manuel Bompard se trouvaient parmi les votants et ont, sans surprise, préféré torpiller l’indépendance énergétique de la France au profit d’une dépendance accrue aux métaux rares et aux éoliennes chinoises.

Néanmoins, le parcours de cet acte délégué n’est pas terminé, les eurodéputés doivent se prononcer en séance plénière entre le 4 et le 7 juillet. Il est à craindre que le vote soit serré car la plénière a pour habitude de suivre les recommandations des commissions. Les tractations en coulisse vont débuter pour obtenir une majorité sur le texte. Mais les lobbys antinucléaires sont très influents à Bruxelles. Un rejet début juillet de l’acte délégué retarderait fortement le déblocage des subventions pour le nucléaire et le gaz alors que la guerre en Ukraine place les européens dans une situation de fragilité énergétique. Or si nous réduisons notre consommation de gaz, il faudrait compenser par une hausse de la consommation électrique que le nucléaire est seul capable d’assurer de manière équilibrée, pilotable et durable.

Souhaitons que la raison scientifique finisse par l’emporter sur l’idéologie et sur la peur des Allemands qui ne cessent d’agiter le spectre de Tchernobyl. Une peur qui les a poussés dans les bras de Vladimir Poutine avec les conséquences que l’on connaît en matière d’approvisionnement pétrolier et gazier.

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2 commentaires

Christian 22 juin 2022 - 6:02

Soyons un minimum sérieux. Les députés européens parlent de paquet climat. Mais les mêmes décident de retour du charbon pour l’Europe. Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Autriche ont décidé de remplacer le gaz russe par du charbon et même de le subventionner ! L’impératif écologique est devenu juste une pompe à fric.
Nos produits importés ne sont pas en reste. L’Inde et la Chine viennent d’augmenter massivement leurs extractions de charbon.

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Obeguyx 22 juin 2022 - 6:52

Le fou aurait tout perdu sauf la raison, l’homme politique c’est le contraire.

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