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Des députés LREM dénoncent la faiblesse du Parlement durant le quinquennat

par François Turenne

C’était un secret de polichinelle : le travail parlementaire a été fortement mis à mal durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Annie Genevard, député LR du Doubs, nous avait expliqué l’année dernière combien Emmanuel Macron n’avait eu de cesse de contourner les représentants politiques ou sociaux institutionnels légitimes. Il est, cependant, plus troublant que ce soit des députés de la majorité qui le dénoncent avec force. Plus d’une trentaine d’entre eux a annoncé ne pas se représenter en juin prochain. Ils sont nombreux, à l’instar d’Hugues Renson ou d’Annie Chapelier, à regretter le manque de sens de leur action et l’écrasement de leurs prérogatives par l’exécutif. Les députés LREM, élus dans le sillon d’Emmanuel Macron en 2017, étaient nombreux à être issus de la société civile. Ils voulaient tout changer et faire avancer les choses. Après cinq ans à l’Assemblée nationale beaucoup déchantent et jettent l’éponge. Annie Chapelier a publié un livre racontant son expérience. Elle y parle de “parlement en toc” et explique que “les députés ne sont là que pour tamponner les lois, sans autre pouvoir : le gouvernement les ignore quand il y a désaccord”. Il est vrai que sous cette législature, peu d’amendements de la majorité ont été acceptés par le gouvernement. Quant à ceux de l’opposition, n’en parlons pas…

Pourtant, dès 2017, ces députés savaient où ils mettaient les pieds puisqu’Emmanuel Macron expliquait qu’aucun “candidat investi ne pourrait exprimer de désaccord avec le cœur de notre projet”. Le Président, dans sa campagne de 2022, a refait le coup en plaidant pour la constitution d’un parti unique qui regrouperait toutes les sensibilités qui voudraient travailler pour lui. Il semble oublier que la démocratie libérale est fondée sur le respect du pluralisme politique. Mais les propos et les actes d’Emmanuel Macron n’ont pas ému outre mesure. Le Président accapare de nombreux pouvoirs et le Parlement s’affaiblit sans bruit. Le risque est que l’opposition finisse par s’exprimer dans la rue… et violemment.

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3 commentaires

montesquieu 5 mai 2022 - 6:46

Démocrate Macron? Pas vraiment. Et Mélenchon non plus bien sur. Les français rêveraient ils d’un régime autoritaire?
On est bien mal parti!

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Obeguyx 5 mai 2022 - 9:57

Les français ne rêvent pas pas d’un régime autoritaire n’ayant pas élu Marine LE PEN. Je crois que c’est pire que ça, hélas !!!

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Teisserenc 5 mai 2022 - 4:30

Et quoi pire que ça ? Achevez votre pensée, c’est peut-être cela qui nous intéresse !

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